UE : la Commission revient sur ses prévisions et redoute «des mois difficiles» pour les 27

L’UE va entrer en récession en fin d’année et subir une inflation plus forte que prévu. La crise énergétique qui frappe les 27 est en partie liée à une forte détérioration des relations avec la Russie depuis le début de son offensive en Ukraine. «Nous avons des mois difficiles devant nous», a déclaré le commissaire européen à l’Economie, Paolo Gentiloni, lors d’une conférence de presse le 11 novembre.

Issu d’une lignée aristocratique, celui qui a évolué au sein de la social-démocratie italienne avant d’accéder à la Commission européenne prédit aujourd’hui une contraction de l’activité sur le dernier trimestre de 2022 et le premier de 2023, et donc une «récession» à la fois pour l’UE, la zone euro et «la plupart des Etats membres».

En conséquence, la progression du PIB l’an prochain a été fortement revue à la baisse, à seulement 0,3% pour les pays partageant la monnaie unique, contre 1,4% attendu jusqu’ici, même si un retour de la croissance est attendu au printemps.

La Commission européenne admet avoir fait des mauvaises prévisions  La Commission européenne a souligné dans un communiqué que l’UE faisait partie «des économies avancées les plus touchées» du fait de «sa proximité géographique avec la zone de guerre et de sa forte dépendance aux importations de gaz en provenance de Russie».

L’inflation continue de dépasser nos prévisions Comme le rapporte l’AFP, la reprise enregistrée depuis l’an passé, après la récession historique de 2020, a résisté jusqu’à cet été même si elle s’est ralentie. La zone euro a encore enregistré 0,2% de croissance au troisième trimestre, surprenant les analystes.

De quoi relever de 0,5 point la prévision pour 2022, à 3,2%. «Le choc de la guerre est en train de prendre le dessus […] L’inflation continue de dépasser nos prévisions, la forte érosion du pouvoir d’achat a fait chuter la confiance des consommateurs, comme celle des entreprises qui sont confrontées à des coûts de production élevés, des difficultés persistantes d’approvisionnement et un resserrement des conditions de financement», a déploré Paolo Gentiloni, selon qui «l’incertitude reste exceptionnellement élevée».

Le spectre de la désindustrialisation Les entreprises sont alarmées par les prix de l’énergie bien supérieurs en Europe à ce qu’ils sont aux Etats-Unis ou en Asie. Des usines et des projets d’investissements menacent de déserter l’UE, faisant craindre un décrochage économique.

«Ce risque de désindustrialisation existe […] mais il ne me conduit pas à des prédictions catastrophiques, car les choix d’implantations industrielles dépendent de nombreux facteurs, pas seulement des prix de l’énergie», a argumenté Paolo Gentiloni. Il a insisté sur la nécessité pour les 27 pays membres de l’UE de rester solidaires. «Si, en Européens, nous sommes capables de rester unis, nous pourrons surmonter cette période difficile avec succès et en ressortir plus forts», a-t-il estimé.

L’Allemagne, première économie européenne, devrait enregistrer l’an prochain la plus faible performance des pays de l’UE, avec un recul de 0,6% de son PIB, contre une croissance de 0,4% en France, de 1% en Espagne et de 0,3% en Italie.

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