Economie, vaccins, Sénat, immigration… : Biden bénéficie de l’immunité médiatique et peut dire ce qu’il veut

Entre 2016 et 2020, ils dégainaient plus vite que leur ombre pour flinguer l’ancien président Trump. Journalistes, experts, correspondants… haletaient dans l’attente du moindre tweet, de la moindre déclaration, qu’ils déchiquetaient la plupart du temps sans rien vérifier. Aujourd’hui, la donne a changé. Depuis que Biden a été élu, l’Amérique est devenue une sorte de paradis où la nouvelle administration fait des miracles tous les jours. Le nouveau président semble touché par la grâce… médiatique comme on a pu le constater le 25 mars dernier, lorsqu’il a tenu, enfin, sa première conférence de presse.

Bien sûr, personne n’a osé l’interroger, mais n’on avait jamais vu une conférence de presse aussi tardive après l’élection. Personne n’a osé non plus – il s’agissait d’une rencontre non-mixte entre zélateurs « bidenisés » – faire remarquer certaines déformations de la réalité ou promesses inquiétantes.

Biden s’attribue la croissance économique et le succès de la vaccination

A 78 ans, après 36 ans passés au Sénat et 8 ans en tant que vice-président, Joe Biden est un pur produit de la politique. Il considère qu’il faut surtout dépenser de l’argent public. Exécution avec d’abord un plan de relance de 1900 milliards de dollars (ou 9 % du PIB) annoncé en janvier au moment où l’économie américaine avait déjà repris sa vitesse de croisière. Comme il savait qu’on n’allait pas le contredire, il n’a pas manqué de soutenir que si l’économie se porte mieux c’est grâce à… son plan de relance.

Oui, l’Amérique n’avait jamais eu un tel plan, d’une telle ampleur, depuis plus de 50 ans. Mais non, elle ne l’a pas attendu pour redémarrer : on l’a senti dès le mois de juin 2020 et les prévisions d’un taux de croissance à plus de 6 % en 2021 faisaient déjà l’unanimité avant la fin de l’année passée. En fait, le plan Biden, ainsi que celui qu’il consacre au « Green New Deal » (2 000 milliards de dollars), va très probablement plutôt ralentir la croissance et empêcher la création d’emplois.

Car il est à prévoir qu’une inflation va suivre. Les quelque 410 milliards ou plus qui vont être distribués, notamment sous forme de chèque individuel de 1 400 dollars, à près de 90 % des Américains, que la crise les ait affectés ou non, ne vont pas les inciter à chercher un emploi. Pour voir une aussi rapide hausse des déficits, il faut remonter jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale.

M. Biden s’est aussi attribué le succès de la vaccination en Amérique. Très osé, de la part de celui qui, le 22 octobre 2020, lors du débat avec Trump, avait moqué l’optimisme de son adversaire en affirmant qu’un vaccin anti-Covid ne serait disponible que, peut-être, vers le milieu de l’année 2021. Si plus de 100 millions de doses de vaccin ont déjà été administrées, si deux tiers, au bas mot, des plus de 65 ans ont reçu au moins une injection, c’est grâce à l’opération « Warp Speed » mise en place par l’administration Trump qui a commandé des centaines de millions de doses de trois vaccins différents (Pfizer, Moderna, J&J) avant même leur validation par l’autorité de régulation américaine.

Obstruction au Sénat, drames à la frontière mexicaine : Biden manipule les médias

De même, Biden a affirmé qu’il était contre l’obstruction législative (la flibuste) au Sénat et le seuil de 60 voix, pour emporter certaines décisions importantes, qu’il considère comme un héritage raciste (promulgué par les états du sud de l’Amérique). On aurait pu lui rappeler qu’il a lui-même profité de ce système, en 2005-2006 lorsqu’il était sénateur, et que les Démocrates l’ont utilisé plusieurs fois sous la présidence Trump.

La vérité est que les Démocrates veulent avoir les coudées franches dans les deux chambres alors qu’ils n’ont jamais eu une aussi courte majorité. Menés par Nancy Pelosi (les Républicains surnomment Biden son « premier ministre »), ils s’activent pour changer les résultats des élections perdues (à la Chambre) dans l’Iowa ou changer les modes de scrutin en Géorgie. Sans le moindre scrupule. De toute façon, à part les Républicains et quelques médias courageux, comme le Wall Street Journal, personne ne proteste.

Le comble de l’impudence a été atteint lorsque le président Biden a nié sa responsabilité dans la terrible crise humanitaire qui se déroule à la frontière avec le Mexique. Après avoir soutenu que l’Amérique allait régulariser tous les immigrés, des dizaines de milliers de Mexicains ont voulu passer la frontière.

Plus de 97 000 arrestations ont été effectuées en février alors que ce chiffre était en moyenne de 30 000 par mois au cours des dix dernières années. Les centres de détention et d’accueil sont débordés, les conditions d’hébergement y sont très difficiles, en particulier pour les enfants. Une situation qu’on avait reproché ad nauseam à Trump mais qui existait déjà sous Obama, ce que les médias se sont bien gardés de révéler. Curieux que Biden ait « suggéré » aux journalistes de ne pas visiter les centres de détention des jeunes immigrants…

Journaliste ou militant, il faut choisir !

On ose à peine imaginer le déchaînement médiatique qu’aurait entraîné un tel comportement de la part d’un Donald Trump succédant à Joe Biden. Il faut toutefois accorder à ce dernier le mérite d’une certaine dureté à l’international et beaucoup de courage pour avoir traité Poutine de « tueur ». Attendons les actes, surtout en ce qui concerne la Chine, un partenaire très sensible, encore plus après les révélations sur les affaires très douteuses de son fils avec ce pays et dans lesquelles il est, très probablement, impliqué lui-même.

Fin janvier, l’institut RealClear Politics, relevait 20 points de différence entre les Américains qui approuvent la politique de Joe Biden et ceux qui la désapprouvent. Après sa conférence de presse, la différence n’était plus que de 10 points. Les Américains sont-ils en train de comprendre que ses options économiques pourraient causer beaucoup de tort à l’Amérique ?

Possible, mais avec des médias qui l’aspergent d’eau bénite et des journalistes militants qui ont oublié que l’objectivité est, ou plutôt était, l’un des fondements de leur métier, Biden n’a pas beaucoup de souci à se faire. Pour le moment.

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