Le gauchisme conduit la France à la catastrophe

A peine déconfinée, la France se trouve déjà submergée de revendications gauchisantes que le coronavirus avait reléguées à leur juste rang de futilités. Cette hystérie emprisonne l’opinion publique et empêche de débattre des sujets essentiels, analyse l’essayiste Grégory Roose. 

Le déconfinement progressif ne s’applique pas au champ du militantisme idéologique.

Les Français s’habituent doucement au goût de la liberté d’aller et venir au-delà du kilomètre qui sépare leur domicile de la liberté, mais déjà le gauchisme, allergique au bon sens et nourri d’idéaux factieux qu’il impose, fait une rentrée en fanfare dans l’espace politico médiatique.

La France a subi une grave crise sanitaire qui va provoquer des troubles économiques sans précédents, mais l’idéologie gauchiste ressort ses vieilles antiennes prétendument antiracistes, inclusives et pro-diversité en faisant fi de la nécessité d’une trêve idéologique dans une France qui a davantage besoin d’une entente cordiale que de discordes.

Les revendications ubuesques de ceux qui appellent au partage de l’argent des autres se succèdent.

Des syndicalistes demandent aux élus de renoncer à leurs indemnités pour « récupérer leurs congés », mécaniquement réduites pendant le confinement, plus de 5 000 sans-papiers manifestent à Paris, suite à un appel de 195 organisations de gauche et malgré l’interdiction de la préfecture de police, pour obtenir une régularisation massive au nom d’absconses « valeurs de solidarité », les médias officiels repartent en guerre contre Donald Trump, Greta Thunberg, inaudible pendant la crise du Coronavirus, tente de revenir sur la scène médiatique en prédisant la  « fin du monde » dans un clip et la planète de gauche, autour de laquelle tournent 90% des médias français, pleure la mort d’un politi-comique suranné qu’elle érige en génial héraut de la tolérance.

L’idéologie gauchiste est présente dans tous les espaces du pouvoir, médias, justice, éducation culture, et s’arroge le droit d’imposer sa vision du monde à l’ensemble des Français, de manière à les culpabiliser face à des situations souvent inacceptables qu’elle souhaite normaliser, aidés par des gages tant moraux que galvaudés de solidarité, fraternité, « vivre-ensemble » ou tolérance.

Galvanisés dans une course à la vertu, les gauchistes exigent l’accueil et la régularisation des migrants de tous pays (musulmans de préférence), la parité dans tous les corps de métier où le sexe féminin n’est pas déjà surreprésenté, la mixité ethnique dans tous les domaines, particulièrement sur nos écrans, pour afficher le bonheur factice et non-représentatif de couples où l’ébène au masculin prend possession de l’ivoire au féminin (et surtout pas l’inverse), la présence du voile islamique dans les lieux publics comme un vecteur de libération de la femme (sic), la reconnaissance de l’islam comme partie intégrante de la culture française, ce qui est une hérésie à laquelle ils s’accrochent néanmoins.

Le gauchisme agit comme un pompier qui, ignorant son utilité, allume sournoisement des contre-feux pour détourner l’attention sur les dangers qui viennent. 

Roger Marchand signait en 2002 un ouvrage très instructif, La France en danger d’islam, dans lequel il partage sa connaissance fine de ce « dogme politico-religieux » et sa vision pessimiste de la France sous le joug croissant de cette dynamique religion conquérante.

Il y avance notamment que le grand danger qui guette notre pays s’explique principalement par la méconnaissance par les Français de l’Islam et des musulmans qui eux, connaissent presque tout de nous.

En cela, les gauchistes agissent de bien plus vile manière. Ils prétendent connaître l’islam et les migrants, mais ne les agitent en alibi que pour satisfaire leur insatiable besoin de scintiller de vertu, de glaner une place de choix dans la hiérarchie valorisante du camp du bien autoproclamé dont l’appartenance n’exige aucune sorte d’effort intellectuel, de courage ni de renoncement.

Pis, en saturant l’espace politico-médiatique de débats futiles et ubuesques sur la « précarité menstruelle », la discrimination des personnes « non-genrées » ou l’écriture inclusive, l’idéologie gauchiste ne laisse que peu de place aux réflexions de fond sur le pouvoir d’achat, l’indépendance de la justice ou de la presse, les dangers de l’immigration et de l’islam, la délinquance, le changement de population.

Le gauchisme confine l’opinion publique dans une brume hystérique qui empêche de débattre sur les sujets essentiels pour l’avenir de la France. Cet aveuglement imposé conduit irrémédiablement les Français à la catastrophe, celle des peuples qui ont refusé d’affronter les dangers, préférant les occulter par confort ou par couardise.

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En 2019, les migrations internationales représentaient 89% de la croissance observée de la population.

Le phénomène le plus frappant pour 2019 est la baisse constante du nombre de naissances: 115.565 en 2019.

Malgré la tendance baissière du solde naturel, la population totale continue de croître. Ce sont donc surtout les migrations internationales qui constituent le moteur de croissance persistante de la population.

En 2019, les migrations internationales représentaient 89% de la croissance observée de la population.

L’accroissement de la population au niveau national est principalement dû à deux facteurs démographiques.
Un ‘solde naturel’ positif, les naissances étant plus nombreuses que les décès, ce qui représente 11,0% de l’accroissement démographique total, mais surtout par le solde migratoire positif.

L’immigration dépasse l’émigration. Ce solde explique de loin la majeure partie de ce taux de croissance (89,0%).

Statbel.be

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Loi Avia: «il est urgent de mettre un coup d’arrêt à ce projet orwellien»

Passée en dernière lecture à l’Assemblée nationale, la Loi Avia attend la décision finale du Conseil constitutionnel.
Un groupe de webmilitants n’a pourtant pas envie de patienter: Damoclès veut peser dans ce jeu institutionnel, et inciter les juges à prononcer l’irrégularité du texte. Un pari risqué? Entretien avec son porte-parole, Samuel Lafont.

Votée en dernière lecture à l’Assemblée nationale le 13 mai, la Loi Avia n’a plus qu’à passer l’épreuve du Conseil constitutionnel. La partie n’est pas jouée d’avance pour ce texte polémique, mais l’organisation Damoclès ne veut rien laisser au hasard: cette association qui se fait connaître pour ses méthodes de communication choc veut peser dans la décision des juges:

«Les membres du Conseil constitutionnel doivent faire un choix historique: valider une spirale orwellienne de destruction de nos libertés ou protéger la liberté d’expression des Français», affirme son porte-parole Samuel Lafont à Sputnik.

Damoclès se veut un «média de mobilisation», qui permettrait aux Français de «reprendre le pouvoir via les nouvelles technologies.» Son arme, c’est la pétition, outil que l’on pourrait croire démodé face à la montée en puissance des réseaux sociaux. Mais en préparant des plates-formes d’envoi massif d’emails protestataires aux députés, ce média veut rappeler aux parlementaires l’opinion de leurs électeurs.

Un spamming citoyen, en quelque sorte. Face à la Loi Avia, ils sont 70.000 internautes à avoir signé la pétition envoyée aux élus. Certes, le ton pour le moins critique employé par Damoclès avait de quoi provoquer des crispations dans la majorité, mais peu d’effets réels.

Par contre, le renversement fut flagrant chez les Républicains: 74 députés LR se sont prononcés pour la loi lors du premier vote en juillet 2019. Ils étaient 98 contre en dernière lecture en mai. Samuel Lafont pense avoir «contribué au retournement des députés LR».

Selon nos sources au sein des Républicains, de tels procédés ont en effet, dans l’absolu, un impact. Et si la cause principale du changement de ligne face à la loi Avia se trouverait avant tout dans le besoin d’afficher une opposition à la majorité, les campagnes de Damoclès ont quand même apporté quelques arguments: «soit sur les députés qui veulent coller au terrain, soit sur les députés un peu trouillards qui se disent qu’il faut faire attention».

100.000 emails envoyés aux membres du Conseil constitutionnel

Mais cela ne suffisait pas. Une fois le vote des députés acté, l’association a créé une plate-forme identique, destinée cette fois aux juges du Conseil constitutionnel. Une première en France: en quelques jours, 100.000 emails leur ont été envoyés.

«Un record de mobilisation!», se félicite Samuel Lafont, convaincu que cela prouve à quel point «les Français sont attachés à leurs libertés.» Reste à savoir si les sages seront aussi sensibles que des parlementaires à une telle pression ou si celle-ci s’avérera contre-productive, car trop agressive.

«Vouloir laisser les juges décider seuls, c’est imaginer que les membres du Conseil constitutionnel ne subissent aucune autre influence!», ironise Samuel Lafont au micro de Sputnik.

«Il y a de réels soutiens à cette censure de grande ampleur dans notre pays», estime-t-il, renvoyant aux propos de Philippe Coen, fondateur de l’association Respect Zone, qui regroupe 80 avocats spécialisés dans le harcèlement en ligne, lequel a affirmé que «la Loi Avia est déjà dépassée, elle ne prend pas en compte les messageries privées. Or, on sait par notre travail de terrain que tout se passe en privé

La haine, un concept flou?

Des propos qui inquiètent Samuel Lafont: «ils veulent maintenant s’attaquer à vos conversations privées!» Et le porte-parole de Damoclès de dénoncer une dynamique qu’il juge dangereuse:

«Il y a une véritable tendance à la diminution de la liberté d’expression depuis l’élection de ce Président de la République. D’abord prétendument pour lutter contre les “fake news”, tout en maintenant au gouvernement Sibeth Ndiaye. Désormais pour “lutter contre les propos haineux”, en faisant porter incongrûment la loi par Laetitia Avia, empêtrée dans une nouvelle affaire.»

Et le webmilitant de vouloir ainsi «mettre un coup d’arrêt juridique et symbolique à ce processus» en stoppant la Loi Avia. À l’en croire, le texte est traversé de failles béantes: «personne n’a été capable d’apporter une définition claire à ce concept de “contenu haineux”, alors qu’il est central dans la loi

Un tel manque de clarté juridique qui se double d’une méconnaissance des nouvelles technologies: selon Lafont, la masse de messages échangés sur Internet est telle que le contrôle de chacun d’entre eux est impossible, même aux géants du Web.

«Les plates-formes devront donc faire usage d’algorithmes, incapables de percevoir les intentions individuelles. Sous la menace de lourdes amendes [jusqu’à 50 millions d’euros, ndlr], il n’y a qu’une stratégie payante: la censure préventive. Au moindre signalement par un tiers, le contenu publié risque donc d’être supprimé», explique Samuel Lafont.

Une incitation à l’autocensure?

Une censure mécanique, digne des pires scénarios de science-fiction? Peut-être, mais une autre ne manquera pas d’advenir selon Samuel Lafont: «si vous avez peur qu’un contenu que vous souhaitez publier soit supprimé ou soit la cause d’un blocage de votre compte, vous n’allez peut-être pas le publier

En clair: l’autocensure, peut-être la pire atteinte à la liberté d’expression. La balle est maintenant dans le camp du Conseil constitutionnel, dont la décision est attendue avant le premier juillet.

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Un nouveau fruit empoisonné du Document sur la fraternité humaine

https://citoyens-et-francais.ru/un-nouveau-fruit-empoisonne-du-document-sur-la-fraternite-humaine/

Vatican News rapporte que « le pape François s’est uni à l’invitation du Haut Comité pour la Fraternité Humaine à prier le 14 mai 2020, pour la fin de la pandémie de Covid-19 ». A l’issue du Regina cœli, le dimanche 3 mai 2020, François « a salué cette initiative rappelant que “la prière est une valeur universelle” ».

L’invitation concerne « les croyants de toutes les religions » afin qu’ils « s’unissent spirituellement en une journée de prière, de jeûne et d’œuvres de miséricorde », dans le but « d’implorer Dieu d’aider l’humanité à vaincre la pandémie ».
Pour bien comprendre cette initiative, il convient d’en connaître l’origine et les fondements intellectuels.

Au commencement, le concile Vatican II

La cause première de ce type d’initiative remonte aux textes du concile Vatican II, plus spécialement à la Déclaration sur la liberté religieuse (Dignitatis humanae, 7 décembre 1965). La doctrine de ce document aboutit à un certain indifférentisme, puisqu’il relativise la nécessité d’appartenir à l’Eglise catholique pour être sauvé.

De plus, le Concile inaugure un dialogue avec les religions chrétiennes par le Décret sur l’œcuménisme (Unitatis redintegratio, 21 novembre 1964), et avec les religions non chrétiennes par la Déclaration sur les relations de l’Eglise avec ces dernières (Nostra aetate, 28 octobre 1965).
Ces orientations ont pour effet de dissoudre l’esprit missionnaire dans des “dialogues” interminables qui corrompent la volonté de convertir les hommes à Jésus-Christ.

Une étape importante fut franchie le 27 octobre 1986, lorsque le pape Jean-Paul II réunit 130 représentants de diverses religions à Assise, afin de prier pour la paix dans le monde. Mgr Marcel Lefebvre a dénoncé cette atteinte au premier commandement de Dieu, à l’unicité du salut qui ne se trouve en aucun autre qu’en Jésus-Christ.

Par la suite s’est développé un “esprit d’Assise” – comme il y a un “esprit du Concile” – qui a inspiré des réunions semblables à travers le monde. Le pape Benoît XVI a organisé une pareille rencontre à Rome le 6 avril 2011, mais en supprimant le moment de prière commune.
Le pape François, à l’occasion du 30e anniversaire de la rencontre d’Assise, y a réuni, le 20 septembre 2016, 450 dignitaires de 9 religions différentes.

Le document sur la fraternité humaine

Mais le pape François met désormais en œuvre une nouvelle dimension de l’inspiration conciliaire initiale.
Le 4 février 2019, à Abou Dhabi, il a cosigné avec le grand imam de l’université Al-Azhar un “Document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune”. Le texte fut justement dénoncé comme une impiété, puisqu’il affirme que « le pluralisme et la diversité des religions » sont « une sage volonté divine ».

A la suite de cette rencontre, un Haut comité pour la fraternité humaine a été créé le 20 août 2019 dans le but de mettre en pratique la déclaration. La première réunion a eu lieu à la Maison Sainte-Marthe, au Vatican, le 11 septembre suivant.

Les membres du Comité sont Mgr Miguel Ángel Ayuso Guixot, président du Conseil Pontifical pour le dialogue interreligieux ; le professeur Mohamed Hussein Mahrasawi, recteur de l’université Al-Azhar ; Mgr Yoannis Lahzi Gaid, secrétaire personnel du pape François ; le juge Mohamed Mahmoud Abdel Salam, conseiller du Grand-Imam ; Mohamed Khalifa Al Mubarak, président du Département de la culture et du tourisme d’Abou Dhabi ; le docteur Sultan Faisal Al Rumaithi, secrétaire général du Conseil musulman des anciens, et l’écrivain Yasser Hareb Al Muhairi.

Le Comité a lancé le 15 novembre le projet d’une “Maison de la famille abrahamique”, une structure commune regroupant une synagogue, une mosquée et une église. Les trois lieux de culte seront unis par des fondations uniques et placés à l’intérieur d’un jardin, évoquant le nouvel Eden. Un quatrième bâtiment abritera le siège du centre d’études et de recherches sur la fraternité humaine.

Le 4 décembre, les membres du Haut comité ont rencontré Antonio Guterres, secrétaire général des Nations Unies, pour demander la création d’une Journée mondiale de la fraternité humaine. M. Guterres a manifesté son soutien en désignant un conseiller spécial, Adama Dieng, pour être le représentant de l’ONU auprès du Haut comité.

Une journée de prière interreligieuse

Une autre initiative du Haut comité est donc l’invitation du 14 mai 2020 à une prière unissant les croyants de toutes les religions. Le pape François l’a tout naturellement saluée et encouragée. Mais il n’est pas le seul.

En effet, le patriarche Bartholomée de Constantinople a apporté son soutien, ainsi que le secrétaire général de l’ONU. Tous deux, a déclaré le cardinal Ayuso Guixot, « seront comme tant d’autres en communion le 14 mai prochain pour vivre ce moment d’unité de la famille humaine ».

La date choisie, le 14 mai, était celle que le pape François avait initialement prévue pour la réunion du « pacte éducatif » qu’il a lancé dans le sillage de l’encyclique Laudato si’ et du Document sur la fraternité humaine. En raison de la pandémie, cette réunion a été reportée en octobre prochain.

Une branche religieuse des Nations Unies

La “communion” avec l’ONU marque une nouvelle étape dans le développement d’une conception mondialiste de la religion.
Le pape François, dans la droite ligne du Concile qui en a déposé le germe, ne conçoit plus la religion catholique que comme une sorte de Mouvement d’animation de la démocratie universelle – ou MASDU, selon l’heureuse formule de l’abbé Georges de Nantes.
C’est pourquoi il multiplie les initiatives à visée terrestre, en négligeant gravement son devoir de Vicaire du Christ.

Cela correspond au but recherché par la Franc-Maçonnerie depuis sa fondation. L’humanité doit remplacer l’Eglise et la chrétienté.
C’est elle qui est la société de salut universel. Les droits de l’homme doivent remplacer l’évangile.
La forme terrestre du royaume de Dieu est la démocratie mondiale. L’Eglise n’est plus qu’une ONG parmi d’autres, y assurant l’apport d’une vague spiritualité pour ceux qui croient en Dieu.

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Marek Halter: «Je m’énerve quand je vois qu’il n’y a pas de solidarité de l’Europe occidentale avec la Russie»

Chaque année, la Russie commémore le 9 mai la victoire sur le nazisme et pleure ses vingt-six millions de victimes. «En Occident, c’est un non-événement», déplore Marek Halter, écrivain et grand spécialiste de l’histoire du peuple juif, au micro de Sputnik.

8 ou 9 mai? Derrière cette différence de date marquant la fin de la Seconde Guerre mondiale, deux visions de la victoire sur le nazisme s’opposent de plus en plus: l’occidentale et la russe.
Pour expliquer que ce fossé se creuse, Marek Halter, écrivain prolifique –notamment sur l’histoire du peuple juif– ne craint pas de citer Aristote, qui disait à Alexandre le Grand que «l’Histoire est écrite par ceux qui l’écrivent». Il nous demande donc d’accepter le fait que «chacun de nous a la liberté de réécrire l’Histoire

«L’Histoire est écrite selon des choix idéologiques. Et le général de Gaulle a été le seul qui, en 1945-46, reconnaissait le rôle essentiel de l’URSS dans la victoire sur le nazisme, parce qu’il s’opposait aux projets de l’Otan et aux Américains, qui avaient comme plan d’occuper le terrain ravagé par la guerre et un marché qui s’appelait l’Europe occidentale», assure Marek Halter à Sputnik France.

Mais l’auteur de Je rêvais de changer le monde. Mémoires, (Éd. Robert Laffont/XO) soulève une objection à cette possible «liberté de traitement», puisqu’il y «a encore des témoins de la guerre de 1939-45», dont il fait partie.

«Je m’énerve quand je vois qu’il n’y a pas de solidarité de l’Europe occidentale avec la Russie, qui a perdu 26 millions de vies pour notre liberté, développe Marek Halter. Qu’est-ce que serait l’engagement occidental sans Stalingrad, Koursk ou Leningrad?»

Marek Halter ne cache nullement son humeur grincheuse, qu’il n’hésite pas à partager dans son blog. Ses paroles sont crues et directes: il rappelle que «ces Russes» qui lui ont tendu la main en 1940 quand, enfant juif de Varsovie, il «était condamné par les nazis à devenir une savonnette», sont «mal-aimés en France».

«Pourquoi cette volonté d’exclure la Russie d’un moment aussi important de l’histoire de l’Humanité?» se demande Marek Halter.

Pour Marek Halter, il est clair que face à la Russie, «une grande puissance comme il n’y en a pas beaucoup dans le monde», les dirigeants européens ont commis plusieurs impairs.

Rejet de la Russie: l’Europe a misé sur l’économie

Lourd symbole, ils ont ainsi invité Angela Merkel à l’anniversaire du Débarquement en 2019 sans inviter Vladimir Poutine, qui représentait pourtant «la Russie qui a gagné la guerre».

«L’Europe aurait pu être une grande puissance, mais malheureusement, aussi bien Jean Monnet que Robert Schumann ont mal commencé: ils ont commencé par l’économie, qui ne réunit pas les gens, mais crée la concurrence, assure Marek Halter. Ils auraient dû commencer par la culture!»

Tout en soutenant que «la culture aurait pu être le ciment de l’Europe», Marek Halter admet qu’«à l’époque [de la création de la CEE, ndlr], on avait peur de la Russie».

L’affrontement idéologique

Faisant référence à son histoire personnelle et à sa libération, Marek Halter rappelle qu’«un million de juifs ont trouvé refuge en Russie». Il ne se voile pourtant pas la face en reconnaissant que «Staline a envoyé la plupart d’entre eux en Sibérie ou en Asie centrale», comme ce fut le cas pour ses parents. Mais l’idéologie était centrale dans l’histoire de l’époque.

«Le monde a été coupé en deux en 1945 entre le monde communiste et le monde capitaliste. Dans cette opposition, on ne voulait pas partager ces moments de gloire sur le Mal», explique l’écrivain.

L’écrivain regrette par ailleurs qu’après la fin de la Guerre froide, malgré la visite de François Mitterrand à Moscou en 1986, en France «on a raté l’occasion d’inviter Gorbatchev» et celle d’une «alliance avec la Russie, un rêve depuis les tsars» et qu’une «petite partie de la société espérait».

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Un médicament efficace contre le coronavirus élaboré? Des statistiques prometteuses en Russie

Un médicament qui pourrait devenir l’un des plus efficaces contre le nouveau type de coronavirus a été évoqué par directeur général du Fonds russe pour les investissements directs qui a partagé des statistiques prometteuses.

Un médicament prometteur contre le coronavirus, après des essais cliniques, a été évoqué par Kirill Dmitriev, directeur général du Fonds russe pour les investissements directs (RFPI).

Selon lui, les premiers résultats de l’étude clinique du médicament Favipiravir montrent qu’il pourrait devenir l’un des plus efficaces dans le traitement du Covid-19.

«D’après les 60 premiers patients issus de six centres, nous voyons des statistiques très encourageantes qui indiquent que 60% des patients qui prennent le médicament ont déjà un test négatif au coronavirus au cinquième jour de la thérapie», a-t-il expliqué.

En outre, il a ajouté que l’effet positif de ce médicament avait été confirmé par des essais cliniques chinois qui ont montré qu’il réduisait la durée de la maladie de 11 jours à quatre ou cinq.

Les étapes précédentes

En mars, le Conseil du Fonds russe pour les investissements directs a approuvé la création d’une co-entreprise avec le groupe KhimRar pour la production de Favipiravir, qui a prouvé son efficacité contre le coronavirus en Chine.

L’étude en est menée dans des centres approuvés par la Russie partout dans le pays, impliquant 330 malades.

Les autres initiatives

Il ne s’agit pas de la seule initiative du Fonds dans la lutte contre le coronavirus. Auparavant, le RFPI avait lancé un certain nombre d’initiatives essentielles dédiées à cet objectif. En particulier, il a investi dans la production de tests de dépistage rapide du Covid-19 en Russie et s’est chargé de ceux destinés aux habitants de Moscou et sa région.

En mars 2020, le RFPI a été l’un des promoteurs de la création de l’Alliance pour la lutte contre le coronavirus, dont les membres comptent également l’Union russe des industriels et entrepreneurs, Yandex, le groupe Mail.ru et l’agence MIA Rossiya Segodnya.

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Face au Covid-19, que le gouvernement «essaie de rouler la population dans la farine, ça, ce n’est pas possible»

Selon les deux tiers de la population, l’exécutif français n’a pas été à la hauteur dans la gestion de l’épidémie de Covid-19. Pourquoi les Français sont-ils plus critiques que leurs voisins européens à l’égard de leur gouvernement? Le politologue et essayiste Guillaume Bigot analyse ce désamour profond pour Sputnik France.

Alors que le déconfinement débute en France à partir de ce 11 mai, un sondage Odoxa pour Le Figaro et France Info a posé plusieurs questions à un millier de Français, 500 Britanniques, 500 Italiens, 500 Espagnols et 500 Allemands.

Il s’agissait notamment de savoir si ceux-ci pensaient que leur gouvernement avait été «à la hauteur de la situation» dans la crise liée à la pandémie de coronavirus. Et le résultat s’avère désastreux pour la France, dont seulement 34% de la population ont une opinion favorable de l’action du gouvernement d’Édouard Philippe.

Poser cette même question aux cinq pays européens les plus durement frappés par la crise semble pertinent à l’aune du nombre de victimes.

En Italie (30.595 morts) ou en Grande-Bretagne (31.587 morts), 50% et 63% de la population juge respectivement de façon favorable l’action de leur gouvernement.
Avec 7.369 décès, le gouvernement d’Angela Merkel a été approuvé par 60% des Allemands.

Des résultats au rebours de ceux observés en Espagne et en France, qui sont très critiques envers leur gouvernement, Madrid affiche le taux le plus bas, avec 32% de satisfaits.

Ces deux pays partagent d’ailleurs un nombre de décès brut relativement semblable, autour des 26.000 victimes, pour, il est vrai, environ 20 millions d’habitants en plus en France.

Cette étude, réalisée les 5 et 6 mai, a proposé les affirmations suivantes aux sondés: «le gouvernement a dit la vérité aux habitants», «pris les bonnes décisions au bon moment», «a fait ce qu’il fallait faire pour équiper les hôpitaux et les soignants», «a montré qu’il savait où il allait» et «a été clair». Pour les Européens, ces propositions ont recueilli en moyenne 43 à 46% d’approbation, contre seulement 23 à 25% chez les Français.

L’«inconséquence» du gouvernement

Guillaume Bigot est politologue et auteur de La populophobie ou le gouvernement de l’élite, par l’élite et pour l’élite (à paraître chez Plon en septembre 2020). Pour cet ancien conseiller de Charles Pasqua, la crise n’a fait qu’amplifier une perte de confiance dans l’exécutif déjà présente avant la crise.

«Qu’il y ait eu, comme dans beaucoup d’autres pays, une impréparation, c’est un fait. Qu’il y ait eu des erreurs commises dans des situations complexes, c’est un autre fait. Mais comme le rappelle bien le sondage, les dirigés dans d’autres pays peuvent accepter cela.

Ce que les dirigés ne peuvent pas accepter, c’est que le gouvernement montre son inconséquence, sa légèreté, qu’il en accuse la population et qu’il essaie de la rouler dans la farine, ça, ce n’est pas possible.»

Comme l’Allemagne, l’Italie ou la Grande-Bretagne, la France aurait également bénéficié d’un sursaut, d’un «réflexe légitimiste, consistant pour la population à se grouper autour de quelque chose qui rappelle symboliquement l’autorité, c’est-à-dire le pouvoir exécutif.»

Une réaction classique en temps de crise, qu’il s’agisse d’attentats terroristes ou a fortiori de guerre. Ainsi, le politologue rappelle-t-il l’épisode de la Première guerre du Golfe, qui a bénéficié à François Mitterrand.

Plus récemment, la popularité de François Hollande s’est passagèrement améliorée durant les attentats terroristes de 2015. Selon le tableau de bord IFOP-Fiducial pour Paris Match/Sud Radio réalisé après les attentats du 13 novembre, la cote de confiance du Président de la République de l’époque avait grimpé de 22 points, atteignant la barre des 50% d’opinions favorables.

Les ratés de Macron face à l’épidémie

S’il admet que les Français sont un peuple «difficilement gouvernable», Guillaume Bigot n’épargne pas cette «caste» qui dirige le pays depuis des dizaines d’années, constituée d’«énarques liés au CAC 40, qui ne projettent plus la France sur l’avenir».

Depuis 2017, celui-ci distingue enfin trois séquences, peu à l’avantage du Président de la République: l’affaire Benalla, les Gilets jaunes et cette crise sanitaire et économique très grave, qui risquerait de compromettre définitivement sa réélection.

«Oui, il y a aura des conséquences drastiques lors de la prochaine Présidentielle, c’est-à-dire que la question pour Emmanuel Macron n’est plus d’être réélu, même si on dit qu’en politique tout est possible et que les phénix renaissent de leurs cendres, mais la question pour Emmanuel Macron, c’est de finir son quinquennat. S’il arrive à finir son quinquennat, c’est déjà le bout du monde.»

Au lieu d’être renforcée, la légitimité de l’exécutif s’est effritée, observe Guillaume Bigot, qui explique ce résultat «contre-intuitif» par le fait que «pour exercer une autorité, il faut respecter ceux que l’on dirige»:

«Toute crise a normalement pour effet de renforcer le lien avec la population, à une seule condition, c’est que la population attend une protection du gouvernement, un effet d’autorité. L’autorité est absolument incompatible avec le mépris, le mensonge, ou la volonté de manipuler l’opinion.

C’est bien évidemment le mensonge sur les masques, les mensonges répétés sur les tests, les tentatives de manipulation extrêmement grossières de l’opinion publique par le gouvernement qui ont non seulement affaibli la parole publique, mais qui ont considérablement fragilisé le lien de légitimité.»

Ainsi, le politologue fustige-t-il les hauts-fonctionnaires, les «sachants» qui dirigent la France comme «dans une relation hiérarchique, s’adressant à des administrés», expliquant qu’«on n’a pas besoin de savoir toute la vérité».

Les deux axes de la politique d’Emmanuel Macron, consistant à «adapter la France à la globalisation et à accélérer la construction européenne» ne seraient soutenus que par le socle LREM, que Guillaume Bigot évalue entre 25 et 30% du corps électoral.

Une politique réformiste que les Français «supportent depuis 30 ans et ils la supportaient encore depuis 2017 avec Emmanuel Macron pour une raison essentielle. Ils se disaient que “certes ce n’est pas la politique que nous voulons” […], mais en même temps, ils sont compétents».

Cet argument de la «solidité de la technocratie» se serait ainsi brisé sur la pandémie du coronavirus, durant laquelle les Français «sont tombés de très, très haut», comprenant que cet argument de «compétence ne valait pas un clou». L’essayiste utilise enfin une métaphore cruelle:

«Ça fait vraiment penser à “La Vérité si je mens 2”. Dans l’usine de textile en Tunisie, ils font la visite à un entrepreneur: “regardez, c’est formidable, il y a des ordinateurs partout, c’est extrêmement solide”. La crise de la pandémie a joué un révélateur terrible, elle a montré que derrière les ordinateurs, il y avait des chèvres et des moutons et qu’il n’y avait pas grand-chose.»

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Allemagne : ouverture du procès d’une esclavagiste germano-tunisienne, veuve d’un célèbre rappeur germano-ghanéen reconverti dans le djihadisme

Allemagne : ouverture du procès de la veuve d’un rappeur jihadiste tué en Syrie

Le procès de la veuve d’un célèbre ex-rappeur allemand devenu jihadiste, soupçonnée notamment d’avoir détenue une enfant esclave en Syrie, s’est ouvert lundi à Hambourg, dans le nord de l’Allemagne.

Omaima A., une Germano-Tunisienne de 35 ans, s’était rendue en Syrie en 2015 avec ses trois enfants pour rejoindre le groupe Etat islamique (EI). Elle était revenue un an plus tard en Allemagne. Elle a été arrêtée en septembre 2019. Elle est entre autre accusée d’ »appartenance à un groupe terroriste étranger », de traite d’êtres humains et de « crimes contre l’humanité ».

[…]

Elle est notamment poursuivie par le parquet fédéral pour avoir détenu pendant plusieurs mois en Syrie une jeune fille yézidie de 13 ans, « rendue esclave » par l’Etat islamique.

[…]

En 2016, après un an de vie commune avec Cuspert, elle avait quitté la Syrie avec ses enfants pour retourner en Allemagne. L’ex-rappeur est mort deux ans plus tard, en 2018, tué par une frappe aérienne.

Avant d’être arrêtée, l’accusée vivait discrètement à Hambourg où elle travaillait dans une agence événementielle et comme interprète

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L’Orient du Jour

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Victoire dans la Seconde Guerre mondiale: «Même sans cette aide matérielle américaine, l’URSS aurait gagné»

Victoire dans la Seconde Guerre mondiale: «Même sans cette aide matérielle américaine, l’URSS aurait gagné»

Qui a vaincu l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale? Si les historiens d’après-guerre ont admis le rôle prééminent de l’Armée rouge, guerre froide oblige, l’historiographie actuelle met plus en avant les combats des troupes anglo-américaines. Laurent Henninger, historien militaire, analyse pour Sputnik ce retournement de point de vue.

Le déferlement de l’armée allemande sur la Pologne en septembre 1939, les victoires spectaculaires sur les pays de l’actuel Benelux et sur la France… tout portait à croire l’Allemagne invincible et destinée à dominer l’Europe.

Or, cinq ans plus tard, le régime nazi se rendait sans condition et son armée démoralisée essuyait douloureusement l’humiliation d’une défaite totale.

Si dans l’après-guerre, les historiens mettaient en avant le rôle majeur de l’Armée rouge dans la défaite de l’Allemagne nazie, le rôle des États-Unis est devenu plus valorisé durant la guerre froide.

Pourtant, c’est bien l’Armée rouge qui est rentrée à Berlin. Laurent Henninger, historien militaire, juge ce revirement d’appréciation «absolument extraordinaire» pour l’armée soviétique qui, en cette année 1945, «revient de loin, dans tous les sens de cette expression».

«Entre 1941 et 1945, l’Armée rouge a été reconstruite deux fois, puisque quasiment détruite à deux reprises par les Allemands. C’est une armée qui a terriblement souffert, déjà du fait des purges staliniennes. Malgré tout, elle a réussi à survivre et à renaître à chaque fois d’une manière toujours plus puissante», souligne l’historien.

Trois des quatre quartiers généraux de groupe d’armée de la Wehrmacht ont été déployés contre l’Union soviétique dans le cadre l’opération Barbarossa. 3,5 millions de soldats de la Wehrmacht ont étés alloués à la campagne orientale qui a démarré le 22 juin 1941. Malgré le nombre comparable de forces armées des deux côtés de la frontière, prise par surprise, l’Armée rouge a essuyé une série de défaites militaires, jusqu’au revirement spectaculaire de la bataille de Moscou, à l’hiver 1941.

La planification, outil indispensable en temps de guerre

Pour M. Henninger, l’Armée soviétique a puisé la force «dans l’héroïsme et le patriotisme des peuples de l’URSS, qui se sont dressés pour se défendre»: les uns pour «protéger les conquêtes de la Révolution d’octobre», les autres pour «protéger la Mère Russie» et «pour la majorité, par simple réflexe de survie.»

«D’une façon paradoxale, on peut dire –et je le souligne– qu’indirectement, cette force a été puisée dans la sauvagerie et la barbarie absolue des Allemands. Ils n’ont pas laissé le choix aux populations, parce que même les Soviétiques qui se rendaient étaient traités d’une façon atroce», ajoute Laurent Henninger.

La «force de l’esprit» n’aurait pas suffi sans une base matérielle et une réorganisation économique, que l’on a surnommée «transfert de l’industrie sur des rails militaires». Pour l’historien militaire, l’Armée rouge a également puisé sa force dans «certains atouts du système soviétique, qui avait beaucoup de faiblesses, mais avait une force extraordinaire, le principe de planification.»

«La planification économique et industrielle présente beaucoup de défauts en temps de paix, mais devient un outil extrêmement utile pour une nation en temps de guerre. La preuve, les États-Unis et l’Angleterre, deux pays éminemment capitalistes, ont eu une économie partiellement planifiée lors de la Seconde Guerre mondiale.

Et l’une des causes de la défaite des Allemands est qu’ils n’ont pas su bien planifier leur économie», assure M. Henninger.

Enfin, une base théorique est venue compléter cet effort matériel: l’expert souligne «une réflexion théorique à l’état-major de l’Armée rouge sur l’évolution de l’art militaire pour les nouvelles guerres mécanisées et industrielles», mise en place à partir des années 1920-1930.

Une pensée théorique militaire «extraordinaire»

Bien que Laurent Henninger juge que «cette réflexion n’était pas parfaite», il la considère comme «la plus avancée et extraordinaire de tout le XXe siècle», avec des théoriciens de très haut niveau au sein de l’école soviétique, «mille fois supérieure aux théoriciens allemands, français ou britanniques».
Malgré le fait qu’«une partie de ces théoriciens ont étés éliminés pendant les purges de 1937-38, ils ont semé des graines qui allait germer progressivement dans l’Armée rouge à partir de 1943, pour parvenir cette année à la création d’une machine de guerre étonnante.»

«En 1945, l’Armée rouge a déjà beaucoup d’expérience au niveau de ses généraux et même au niveau de la troupe. Les soldats qui ont survécu en 1945 savent combattre, le haut commandement soviétique est devenu très compétent et maîtrise bien les techniques de tactique et de stratégie», insiste l’historien.

L’expert rappelle également que «dans la dernière année de la guerre, Staline laisse les commandants militaires tranquilles, il cesse de leur mettre la pression et d’intervenir dans leurs décisions, il fait confiance à leurs compétences professionnelles». Avec néanmoins un revirement d’attitude «au moment de la bataille de Berlin», pour des raisons politiques, face aux Américains et Anglais aux portes de la capitale allemande.

L’ouverture d’un «second front» et l’aide des Alliés

L’expert souligne notamment que l’Armée rouge a «réussi grâce à la planification industrielle, elle bénéficie d’une production énorme d’armements et va noyer les Allemands par le nombre de chars, de canons, d’avions».
L’ouverture en juillet 1943 d’un «second front» par le débarquement des Anglo-Saxons en Sicile est également complétée par leur aide en chars, camions, locomotives et wagons de chemin de fer, en matières premières, essence, rations de nourriture. «Les Américains ont fourni environs 3.000 chars, mais les usines soviétiques ont produit dix fois plus, la proportion est ridicule», nuance toutefois l’historien.

«Je pense que même sans cette aide matérielle américaine, l’URSS aurait gagné. Beaucoup plus difficilement, avec un ou deux ans supplémentaires, avec beaucoup plus de pertes, mais elle aurait gagné quand même», certifie Laurent Henninger.

Pour M. Henninger, «la vérité est à mi-chemin» entre le discours soviétique des années 1950-60 «non, l’aide américaine n’a compté pour rien» et le discours inverse, pratiqué en Occident, «sans l’aide américaine, les Soviétiques n’auraient rien pu faire.»

La vision de la victoire soviétique est brouillée par la guerre froide

Pour l’historien, le rôle de l’URSS dans la victoire a été revu pendant la guerre froide «par anticommunisme et antisoviétisme».

«À partir de 1947-49, les Anglais et les Américains ont commencé à tenir tout un discours consistant à minimiser l’effort soviétique et le rôle des Soviétiques dans la destruction du nazisme. Ils ont systématiquement cherché à le diminuer», rappelle l’expert.

Mais, l’historien rappelle également un autre aspect: «à partir des années 1950, les Anglais et les Américains ont systématiquement mis en avant le point de vue allemand», puisqu’ils créaient la République fédérale allemande et la Bundeswehr, une armée ouest-allemande, «qui à l’époque des années 1950-60, était commandée par d’anciens généraux de la Wehrmacht», lesquels ont «fait passer dans l’Otan, avec la complicité et la bénédiction des Anglais et Américains», une vision allemande de la guerre germano-soviétique.

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Confinement, violence, haine anti-flics… Comment les banlieues font leur loi

Depuis le début du confinement, les quartiers sensibles s’embrasent dans l’indifférence des médias et le déni du pouvoir, qui, pour masquer son impuissance, a préféré conserver les yeux grands fermés. Jusqu’à la tragédie de Colombes.

Il pleure. Ou plutôt, il fait mine de pleurer sur le sort de ces deux motards de la police nationale que Youssef Tillah a pris pour cible lundi 27 avril dans l’après-midi.

Bientôt, il ne peut réprimer un fou rire et arrache même des larmes à son complice qui enregistre la scène avec son portable. L’attaque terroriste à la voiture bélier n’a encore fait l’objet d’aucune dépêche d’agence que déjà un petit caïd de Colombes (Hauts-de-Seine) se met en scène comme s’il foulait les planches du Jamel Comedy Club avant de poster son misérable numéro sur les réseaux sociaux.

La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre dans une version numérisée du téléphone arabe. À Colombes, La Courneuve, Roubaix, Strasbourg, Grenoble, Toulouse, dans chaque cité sensible, il se trouve quelqu’un pour célébrer cet acte odieux. Sur Twitter, certains assurent « sabrer le champagne ». « 1 partout, la balle au centre. »

À lire les commentaires postés sur les réseaux sociaux, on pourrait croire à une simple égalisation dans un match de football. L’auteur présumé de cette double tentative de meurtre n’a pas encore revendiqué son allégeance à Dae’ch ni expliqué sa volonté d’agir en solidarité avec le peuple palestinien que dans les banlieues son geste est perçu comme la juste réponse à la blessure de leur camarade dans un accident avec une voiture de police à Villeneuve-la-Garenne.

La loi du talion était remise au goût du jour. « Œil pour œil », se félicitaient encore nombre de racailles. Depuis le 18 avril, les appels se multipliaient sur Internet pour le venger. Sous le hashtag #MortsAuxPorcs, l’ultragauche, de concert avec les petites frappes de banlieue, en appelait même à l’insurrection.

Depuis la mise en œuvre du confinement, le feu couve dans de nombreuses cités sensibles. Encore que le pouvoir, depuis le début de la crise sanitaire, fait mine de ne pas voir ce qui se passe sous ses yeux grands fermés.

En déplacement à Pantin, le 7 avril, Emmanuel Macron, alors que la Seine-Saint-Denis est l’un des départements les plus touchés par l’épidémie de coronavirus et que les urgences hospitalières sont saturées, félicite les Séquano-Dionysiens qui « respectent le confinement de manière remarquable ». On croit rêver.

La réalité est tout autre que cette fable présidentielle. Pour preuve encore, les vidéos que postent, soir après soir, les “jeunes” de ces zones de non-droit. On les voit organisant des guets-apens contre les forces de l’ordre et les pompiers qu’ils attirent au pied de leurs immeubles après avoir mis le feu à des véhicules. Ils se filment dans des rodéos sauvages.

Christophe Castaner en flagrant délit d’euphémisation de la violence

Les médias multiplient les reportages sur ces Français qui ne respectent pas un confinement strict et s’adonnent à des joggings et à des promenades sans respecter les gestes barrières les plus élémentaires, mettant en péril les efforts du personnel soignant, en première ligne pour combattre le Covid-19. Mais les journaux télévisés se gardent bien d’évoquer la situation dans les banlieues.

Le coronavirus occupe l’intégralité du temps d’antenne disponible. À croire que les tirs de mortier qui visent les forces de l’ordre n’existent que sur Internet.

Le gouvernement, quant à lui, se montre implacable à l’encontre de ceux qui s’aventureraient hors de chez eux sans leur dérogation. Des drones sont utilisés pour traquer les contrevenants.

Dans les Vosges, c’est un hélicoptère qui survole les forêts pour débusquer les randonneurs. L’artillerie lourde est employée pour faire respecter le confinement sur les bords de plage. Les amendes pleuvent à l’encontre de ceux qui se pensent en vacances.

Mais, dans les quartiers sensibles, consigne est passée aux préfets de ne pas intervenir. Pire, sur le terrain, les policiers qui seraient tentés d’interpeller des délinquants reçoivent par radio l’ordre de rebrousser chemin.

À Asnières (Hauts-de-Seine), Manuel Aeschlimann, le maire Les Républicains (LR), est contraint d’envoyer la police municipale pour ramener l’ordre dans les quartiers difficiles de la ville après avoir constaté que la police nationale avait ordre de se tenir à l’écart.

Quand, pour la première fois après plusieurs jours de troubles partout en France, Christophe Castaner est interrogé, le 23 avril, au micro de Jean-Jacques Bourdin, il minimise l’embrasement des banlieues et pratique volontiers la culture de l’excuse.

Le ministre de l’Intérieur évoque des « tensions qui ne sont pas d’un niveau de gravité exceptionnel » et prévient des risques que prennent ces individus à tirer des feux d’artifice. S’il est vrai, comme le constate le criminologue Xavier Raufer, que cette flambée de violence est d’une banalité confondante pour qui suit l’actualité de ces zones de non-droit, l’euphémisation de la réalité par le pouvoir et le silence des médias sur l’apparition d’une justice tribale est sidérante.

« La logique de la vengeance qui s’impose dans ces quartiers est le signe de l’effondrement de l’État de droit », nous confiait, amer, François-Xavier Bellamy en réponse au déni du ministre de l’Intérieur. « Soyons clairs : personne ne se contenterait de parler d’“incidents” — et heureusement —, si, après un attentat, certains se cherchaient une vengeance à coups de mortiers et de cocktails Molotov contre des mosquées…

Alors pourquoi minimiser ainsi quand la vie de dizaines de policiers est menacée pour venger une fracture de la jambe ? », ajoutait l’eurodéputé LR. C’était dimanche. Le lendemain, à Colombes, deux policiers étaient victimes de la folie de Youssef Tillah autant que du déni de l’État.

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Coronavirus. Olivier Babeau : «La crise accélère le déclassement des classes moyennes»

Les conséquences économiques de la pandémie frapperont d’abord les plus modestes, estime Olivier Babeau, professeur en sciences de gestion à l’université de Bordeaux.

Selon lui, le processus de démocratisation des conditions de vie observé au XXe siècle est en passe de se refermer, laissant la place à un essor brutal des inégalités.

[…] Le confinement aura éprouvé en priorité les urbains habitant dans de petites surfaces. Jamais le mètre carré supplémentaire et le bout de jardin n’auront eu une telle valeur.

Les salariés du secteur tertiaire auront eu la ressource du télétravail ; pas ceux, en majorité moins bien payés, dont la tâche est manuelle ou implique des services à la personne. […]

L’école à la maison n’a pas posé de problèmes aux familles éduquées et férues de transmission culturelle. Elles auront constaté que deux heures de préceptorat rigoureux égalaient aisément une journée de classe. […] La décroissance est peut-être un thème qui fait rêver certains cercles intellectuels de la rive gauche, sa réalité est, nous allons nous en rendre compte, beaucoup moins séduisante. […]

C’est tout un standard de vie que l’on avait pris l’habitude de tenir pour acquis qui va devenir inaccessible à beaucoup de Français.

La consommation locale au détriment du commerce international signifiera dans bien des cas, si elle devient réalité, un renchérissement des produits qui deviendront hors de portée pour beaucoup. Nous devrons dire adieu aux tee-shirts à un euro…

Beaucoup de produits high-tech deviendront hors de prix. Plus taxés et découragés, les produits venant de loin seront réservés à une élite. […]

Le Figaro

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Coronavirus en France : hausse historique du nombre de chômeurs au mois de mars.

Le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté de 7,1% au mois de mars en France, dans le contexte du confinement lié à la pandémie.

Le ministère du Travail a annoncé vouloir engager une réflexion avec les partenaires sociaux face à cette situation.

Le ministère du Travail a annoncé ce 27 avril dans un communiqué vouloir engager «une réflexion avec les partenaires sociaux» pour «adapter rapidement» les règles d’assurance chômage à la «situation exceptionnelle» créée par le coronavirus.

Le nombre de chômeurs (de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A, très précisément) a enregistré une hausse historique sur le mois en mars (+246 100, soit +7,1%) pour s’établir à 3,732 millions, selon les chiffres dévoilés ce 27 avril par Pôle emploi.

Les syndicats réclamaient unanimement – dès avant la crise sanitaire et encore plus depuis – que le gouvernement abandonne entièrement sa réforme de l’assurance chômage.

Au début de la crise, l’exécutif a suspendu jusqu’en septembre le second volet de la réforme de l’assurance chômage qui durcit le calcul de l’allocation pour les travailleurs précaires, alternant contrats courts et périodes de chômage, et qui devait entrer en vigueur au 1er avril.

Interrogé sur les contours de la réflexion à venir, le ministère n’a pas souhaité apporter de précisions. «On verra ce qu’ils vont dire, s’ils abrogent ou pas le décret» de l’ensemble de la réforme, a réagi Michel Beaugas (FO), négociateur assurance chômage, interrogé par l’AFP.

Le ministère fait valoir que «le chômage augmente parce que les entreprises, dans le contexte actuel, n’embauchent plus, mais pas parce qu’elles licencient massivement».

Le gouvernement a également suspendu la mesure sur la dégressivité des allocations au bout de six mois pour les demandeurs d’emploi ayant eu de hauts salaires, qui pouvait en théorie commencer à s’appliquer au 1er mai.

Le 27 avril, il a précisé que «la prolongation des droits pour les personnes en fin de droits sera[it] également effective pour le mois de mai», notamment pour les intermittents du spectacle.

En revanche, la règle entrée en vigueur au 1er novembre qui durcit les conditions d’accès au chômage (avoir travaillé six mois sur les 24 derniers mois au lieu de quatre mois sur les 28 derniers mois) est toujours en vigueur.

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Covid-19 : 10% de décès en réanimation ? Une étude avance des chiffres nettement supérieurs

Selon les données du Réseau européen de recherche en ventilation artificielle, consultées par Le Monde, le chiffre de 10% de décès du Covid-19 en services de réanimation annoncé par Jérôme Salomon serait largement sous-estimé.

Alors que le directeur général de la santé Jérôme Salomon a avancé le 17 avril le chiffre d’environ 10% de décès du Covid-19 en services de réanimation en France, ce chiffre pourrait en réalité être trois à quatre fois plus élevé, selon une étude consultée par Le Monde.

Le quotidien a en effet eu accès aux données d’une étude, pas encore publiée, menée par le Réseau européen de recherche en ventilation artificielle (REVA).

L’organisme, qui a suivi pendant 28 jours environ 1 000 patients entrés en réanimation avant le 28 mars, estime que le vrai taux de mortalité en réanimation du Covid-19 en France se situe entre 30% et 40%.

Cette étude, précise Le Monde, est inédite par son ampleur et va être soumise à une «grande revue médicale» pour être publiée en mai.

S’ils s’avéraient exact, ces chiffres seraient beaucoup plus élevés que les taux de décès de la grippe H1N1 (pandémie de 2009) pour les cas les plus graves (environ 25%).

Le journal vespéral a par ailleurs contacté plusieurs médecins de services de réanimation, qui ont jugé cette estimation vraisemblable.

La différence avec les chiffres avancés par Jérôme Salomon serait due au fait que l’estimation de 10,37% de décès par Santé Publique France concerne un groupe de patients dont seuls 55% ont été placés sous respiration artificielle, contre 80% pour le groupe étudié par REVA.

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/france/74539-covid-19-10-deces-reanimation-etude

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«La colère ne faiblit pas» : les renseignements redouteraient un embrasement post-confinement.

Un climat de contestation intense rythme l’actualité française depuis l’émergence des Gilets jaunes. Malgré une apparente accalmie, les services du renseignement territorial français s’inquiètent d’un embrasement post-confinement selon Le Parisien.

Selon des notes confidentielles révélées le 11 avril par Le Parisien, le Service central du renseignement territorial (SCRT) effectue depuis quelque temps un «suivi de l’impact du Covid-19 en France».

D’après le quotidien francilien, ses agents alertent aujourd’hui sur «un risque d’embrasement de la contestation sociale à la sortie du confinement». Blouses blanches, Gilets jaunes : «un risque de transversalité des luttes»«Le jour d’après est un thème fortement mobilisateur des mouvances contestataires.

Le confinement ne permet plus à la grogne populaire de s’exprimer, mais la colère ne faiblit pas et la gestion de crise, très critiquée, nourrit la contestation», peut-on ainsi lire dans des notes datées des 7, 8 et 9 avril, citées par Le Parisien. Selon le SCRT, le concept de «jour d’après» ne manquerait pas de séduire les syndicats traditionnels, ainsi que les victimes économiques de la crise qui «pourraient être tentées de descendre dans la rue».

A partir de ses observations effectuées sur les réseaux sociaux, le SRCT s’inquiéterait particulièrement d’«une transversalité des luttes [associant] Gilets jaunes et blouses blanches».

Les auteurs de ces notes auraient par exemple constaté la diffusion d’une «attestation de déplacement révolutionnaire» éditée par un média alternatif bordelais se revendiquant des Gilets jaunes. Le document en question comporterait des cases à cocher du type «déplacements entre le domicile et le pouvoir indispensables à l’exercice d’émeutes», ou encore «participation à des commandos sur demande des assemblées populaires».

Un cas parmi d’autres qui fait redouter aux agents du SRCT «la création de comités de lutte entre personnes d’un même immeuble», mais aussi «une organisation commune à distance». Toujours selon Le Parisien, le SRCT estime que les acteurs d’un potentiel embrasement post-confinement seraient issus de mouvances qualifiées d’«ultra», de droite comme de gauche.

Ces révélations interviennent deux jours après l’audition du ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, par les députés, lors de laquelle il avait notamment fait part de ses inquiétudes quant à de nouvelles formes de délinquance et pointé l’existence de «réseaux d’ultra-droite et d’ultra-gauche […] actifs sur le net et qui préparent des actes à la sortie du confinement». «Notre vigilance contre les actes terroristes reste en outre toujours aussi forte», avait ajouté le membre du gouvernement.

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/france/73963-colere-ne-faiblit-pas-renseignements-redouteraient-embrasement-post-confinement-france

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Coronavirus: face à la mondialisation, «le protectionnisme n’est pas synonyme de passéisme»

Dans son édito pour Russeurope Express, Jacques Sapir se penche sur le nouvel essai de son invité Yves Perez, consacré aux politiques économiques protectionnistes à travers l’histoire. Un ouvrage qui, à l’image des pratiques qu’il décrit, entre en résonance avec l’actualité de la pandémie de Covid-19.

Un édito de Jacques Sapir à retrouver en podcast dans l’émission Russeurope Express du 6 avril.

En ces temps d’épidémie et de confinement, la meilleure chose que l’on puisse faire, c’est de lire. Et certains livres sont comme des bouffées d’air frais. Il en est ainsi de l’ouvrage que l’économiste Yves Perez, professeur émérite de l’Université catholique de l’Ouest à Angers, a fait paraître au début de l’année: Les Vertus du protectionnisme (L’Artilleur, 2020).

Le livre d’Yves Perez est assez iconoclaste en son genre. Pensez donc, écrire sur les vertus du protectionnisme! Peu de gens l’oseraient aujourd’hui. Oui mais voilà, Yves Perez est un économiste avec une immense culture, fruit justement de nombreuses lectures et d’une curiosité sans cesse en éveil.

Il a construit son ouvrage à partir d’une grande quantité de sources et développe une idée qui, pour être à contre-courant, n’en est pas moins fort profonde: le protectionnisme, qui n’est nullement l’autarcie, a été pendant près d’un siècle pour l’économie française un mode efficace de gestion des crises.

Un instrument au service du changement

Au cœur de cette idée, une démonstration rigoureuse que le protectionnisme ne fut pas une alternative au changement mais au contraire un instrument de celui-ci. De même, Yves Perez démontre que le protectionnisme ne ralentit pas la croissance, mais souvent l’encourage et lui permet de se déployer bien mieux que le libre-échange.

La démonstration commence par une analyse de l’ensemble des chocs et des crises que l’économie française a dû affronter depuis les années 1860. Liste longue, bien entendu, mais dans laquelle Yves Perez met en lumière la ressemblance de certains de ces épisodes avec des chocs de ces dernières années. La politique économique a dû sans cesse s’adapter, et le protectionnisme lui a offert des instruments efficaces.

L’auteur poursuit alors sa démonstration par une étude fine du rôle joué par la stratégie protectionniste dans la gestion des crises. Il montre que cette stratégie, qui s’oppose frontalement à une stratégie de libre-échange et de mondialisation, permet en réalité aux gouvernements, qu’ils soient de droite ou de gauche, de faire évoluer l’économie et de la rendre mieux capable d’affronter les nouveaux défis.

Le point est important. On l’a dit, le protectionnisme n’a pas été synonyme de stagnation ou de passéisme, bien au contraire. L’une des raisons est sans doute son intégration dans une stratégie globale de l’État.

Une autre raison est que le protectionnisme, en garantissant la continuité de certaines institutions, en constituant par lui même une de ces méta-institutions qui encadre une économie, a permis l’émergence d’un mode de régulation relativement spécifique à l’économie française.

Le point est important. Les économistes qui pensent en termes de modes de régulation décrivent en général des systèmes communs à plusieurs pays. Yves Perez s’intéresse, lui, aux continuités de longue durée dans l’économie française. Il montre que le système protectionniste permet une répartition originale des gains et des pertes entre acteurs économiques.

Ruse de l’histoire?

Il est alors intéressant de se pencher sur les chapitres où Yves Perez analyse les ressorts de la productivité de l’économie française, une économie caractérisée par une faiblesse d’avantages comparés. Faiblesse que le protectionnisme, justement, a très bien su compenser.

La crise actuelle, issue d’une crise sanitaire, repose les questions fondamentales de l’arbitrage entre protectionnisme et libre-échange. Emmanuel Macron a défendu le 31 mars l’idée que la France puisse redevenir indépendante pour certaines productions.

Très clairement, et même si une indépendance totale, autrement dit une capacité d’autarcie, n’est pas nécessairement souhaitable, le niveau de dépendance actuelle, issu du libre-échange et d’une doctrine économique «mondialiste», n’est plus tolérable. Ruse de l’histoire, et si c’était un virus venu de Chine qui nous ramenait aux pratiques du protectionnisme?

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Scandale de l’euthanasie: Le docteur Serge Rader témoigne « On achève nos personnes âgées dans les Ehpad par sédation au Rivotril » grâce à un décret du 29 mars, et pour ne pas prescrire de chloroquine (Vidéo)

L’interdiction de la chloroquine ne suffisait pas, il fallait que Macron légalise l’euthanasie par injection de Rivotril dans les Ehpad.

Ainsi, le gouvernement français aurait  choisi une variante de la « méthode hollandaise » pour traiter les personnes âgées atteinte de coronavirus et ne pouvant être hospitalisés faute de place.

Depuis le décret du 29 mars, les médecins sont ainsi autorisés à administrer du Ritrovil aux personnes ne pouvant bénéficier d’assistance respiratoire, ce qui revient à les laisser mourrir par sédation pour éviter l’engorgement des système de soins débordés.

Il faudrait s’assurer que ces patients « euthanasiés » dans l’abandon le plus total de leurs proches et famille soient bien comptabilisés dans les « statistiques » de décès suite au virus…

>>> Lire le décret du 29 mars autorisant l’usage du Ritrovil ici

On n’en croit pas nos yeux, pas nos oreilles… Et, en attendant, on écoute les médecins, les pharmaciens comme Serge Rader qui dénonce avec véhémence ce qui se passe dans les Ephad. Serge Rader est un ancien pharmacien, lanceur d’alertes sur les médicaments… et notamment sur les substances dangereuses qui n’ont rien à y faire que l’on trouve dans les vaccins…

Dans cette interview faite par André Bercoff, Serge Rader glisse aussi en passant quelques mots sur l’interdiction de la chloroquine totalement incompréhensible sauf à vouloir privilégier d’autres traitements plus couteux aidant ainsi certains groupes pharmaceutiques

« Les médecins n’auront pas le choix, ils devront utiliser le Rivotril pour alléger la douleur du patient. Ils n’ont pas de lits d’urgence, pas de respirateurs… donc faute de moyens ils vont utiliser le Rivotril, alors que le scénario catastrophe était prévu depuis longtemps. »

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Face au risque de pénurie alimentaire, les Français sont-ils bien protégés ?

Porter un masque pour lutter contre un virus, pourtant respiratoire, serait donc inutile. Face au risque de pénurie alimentaire, le gouvernement osera-t-il affirmer qu’il n’est pas efficace de se nourrir pour lutter contre la faim ?

Le risque de pénurie alimentaire mondiale est devenu une réalité tangible. Cette information délivrée un premier avril a pu laisser un parfum de mauvaise blague aux Français confinés depuis des semaines dans l’immobilité astreinte de leur existence. Ou peut-être leur a-t-elle semblé exagérée, lointaine, rassurés par le va-et-vient incessant des camions de livraison qui bravent ce silence imposé sur l’ensemble du territoire pour entretenir l’illusion de l’abondance.

Pourtant, l’ONU, l’OMS et l’OMC ont été unanimes dans leur avertissement conjoint : « Les incertitudes liées à la disponibilité de nourriture peuvent déclencher une vague de restrictions à l’exportation », provoquant elle-même « une pénurie (alimentaire) sur le marché mondial ».

La pandémie de Coronavirus répand dans son sillage les graines d’un cataclysme économique et financier dont l’Europe goûtera à peine les fruits amers quand elle se pensera sortie de crise.

La loi de Murphy est ainsi faite que voici poindre une autre menace, celle de la pénurie alimentaire, rejetée par les dirigeants français d’un revers de main il y a encore quelques jours. Au sein du gouvernement, cette posture du déni est une constante depuis le début de la crise.

Alors que l’OMS alertait très tôt des risques de pandémie de Covid-19, qui a finalement provoqué le confinement de près de la moitié des habitants de la planète, nos dirigeants ne prenaient pas toute la mesure du danger qui pesait déjà sur le pays. « Le risque d’introduction en France (du coronavirus) est faible », déclarait la ministre de la Santé Agnès Buzyn, le 21 janvier 2020.

Cinq jours plus tard, elle minimisait le danger de ce coronavirus que le gouvernement considérait finalement « moins grave » que ce qu’il pensait initialement. Notre quotidien nous apprend qu’il a fait preuve d’une once de légèreté sur ce point. La veille du confinement, le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, déclarait qu’« il n’y a pas et il n’y aura pas de pénurie alimentaire en France face à la propagation du coronavirus ».

Quinze jours plus tard, il est donc démenti. La question, désormais, est de savoir si le gouvernement prend à sa juste mesure le risque de pénurie alimentaire annoncé conjointement par trois organisations internationales pas franchement réputées pour leur catastrophisme.

Des tonnes de pommes de terre invendues pourrissent dans les hangars agricoles, les arrêts de travail pleuvent dans le secteur agro-alimentaire

Dans leur déclaration conjointe, les trois organisations internationales qui traitent de la santé, de l’alimentation et du commerce mondiaux, relèvent que les perturbations dues au Covid-19 affectent déjà les chaînes d’approvisionnement, ce qui pourrait mécaniquement entraîner une pénurie alimentaire précédée par un gâchis massif de produits périssables. En France, nous y sommes déjà.

Des tonnes de pommes de terre invendues pourrissent dans les hangars agricoles, les arrêts de travail pleuvent dans le domaine de la grande distribution par crainte de contracter le coronavirus. Le ministre du Budget de la 6e puissance économique mondiale lance une cagnotte (sic) pour venir en aide aux plus démunis.

Dans certaines régions, l’absentéisme du secteur agro-alimentaire atteint 30 % et plus de 200 000 personnes vont manquer dans les champs pour les trois prochains mois. Pour « sécuriser nos assiettes », une campagne a même été lancée, soutenue par les préfets, afin de trouver la main d’œuvre nécessaire pour des travaux agricoles et viticoles.

Les récoltes des produits frais, qui commenceront dans les prochaines semaines, pourraient être très affectées : des milliers de tonnes d’aliments seront gaspillées faute de débouchés suffisants pour les écouler. En bout de chaîne, la raréfaction des semences pour les années suivantes, l’endettement des producteurs, les faillites.

L’Etat-Nation tient une occasion historique de retrouver sa légitimité

Face à ces signes précurseurs de la pénurie alimentaire qui s’annonce, aucune mesure sérieuse ne semble être prise. Quid de la sécurisation de la chaîne d’approvisionnement, de la constitution de stock nationaux et régionaux stratégiques et de leur protection, de la chasse au gaspi, de l’écoulement des matières premières alimentaires ?

Gouverner, c’est prévoir. Si le risque de pénurie semble loin pour qui se promène dans les rayons toujours bien garnis de nos supermarchés, la simple rumeur pourrait l’accélérer.

Les Français attendent un Etat protecteur en cette période de crise qui démontre l’incapacité de l’UE à mettre en place la chimérique « solidarité européenne ». L’UE s’est excusée de son inaction auprès de l’Italie, mais le mal est fait. Elle a failli, encore.

Dans cette nouvelle crise qui s’annonce, l’Etat-Nation tient une occasion historique de retrouver sa légitimité.

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Le directeur général de Novartis : « la chloroquine est le plus grand espoir de traitement »

L’hydroxychloroquine (dérivé de la chloroquine) est le plus grand espoir de traitement contre le coronavirus, estime le directeur général de Novartis Vas Narasimhan dans une interview publiée par la SonntagsZeitung (1).

Novartis, dont la division de médicaments génériques Sandoz fabrique ce médicament aujourd’hui prescrit contre le paludisme, le lupus ou l’arthrite, s’est engagé à faire le don de 130 millions de doses si les nombreux essais cliniques en cours confirment l’efficacité de ce traitement contre le coronavirus chinois, la pneumonie virale provoquée par le coronavirus SARS-CoV-2 apparu en Chine en novembre dernier.

Des premières données encourageantes

« L’hydroxychloroquine tue le coronavirus

« Les études précliniques chez l’animal ainsi que les premières données des essais cliniques montrent que l’hydroxychloroquine tue le coronavirus », déclare Vas Narasimhan à la SonntagsZeitung. « Nous travaillons avec les hôpitaux suisses sur de possibles protocoles de traitement pour l’utilisation clinique de ce médicament, mais il est trop tôt pour affirmer quoi que ce soit de définitif. »

Novartis, ajoute-t-il, est en recherche d’ingrédients actifs afin de fabriquer davantage de doses au cas où les essais cliniques seraient concluants.

Trois autres médicaments testés

Trois autres médicaments produits par le laboratoire suisse – Jakavi contre le cancer, Gilenya contre la sclérose en plaques et Ilaris contre la fièvre – sont également étudiés pour leurs effets contre le Covid-19, précise le directeur général de Novartis.

Tous les groupes pharmaceutiques comme Sanofi, Bayer, Teva ou Roche testent actuellement certains de leurs produits contre le coronavirus.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Christian Larnet pour Dreuz.info.

  1. https://finance.yahoo.com/news/novartis-ceo-says-malaria-drug-072752054.html
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Michel Onfray : « Je ne suis pas bien sûr qu’avec le confinement, les Français garderont leur calme. C’est ainsi que les régimes tombent, je ne dis pas les gouvernements, mais les régimes »

Depuis la chute du mur de Berlin en 1989, la disparition de l’Union soviétique en 1991 et le traité de Maastricht en 1992, l’Etat maastrichtien, qui aspire à l’empire sans rencontrer d’opposition, a pu imposer sa loi. En 1989, Francis Fukuyama a même pu parler de fin de l’histoire et du triomphe sans partage du marché libre sur toute la planète.

Le coronavirus est le premier adversaire sérieux de l’Etat maastrichtien. Et que découvre-t-on ? Que cet Etat est un tigre de papier… Il s’agissait de créer un monstre économique, or un virus arrive et le monstre économique n’est même pas capable de fournir les personnels soignants en masques, en tests de dépistage afin de protéger ses peuples.

Dans l’empire maastrichtien, la santé publique en France en est à ce point que les médecins trient les vieux à l’entrée des hôpitaux pour les laisser à leur sort afin de s’occuper de sauver les personnes rentables. (…)

Je ne suis pas bien sûr qu’après quinze jours, sinon deux fois quinze jours de confinement, les Français garderont leur calme. C’est ainsi que les régimes tombent, je ne dis pas les gouvernements, mais les régimes…

Marianne

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Coronavirus : #IlsSavaient, #OnNoublieraPas… Sur les réseaux sociaux, défiance envers les élites et fracture sociale

De nombreux internautes reprochent à l’exécutif de ne pas avoir anticipé l’épidémie de coronavirus et de ne pas être suffisamment transparents dans la gestion de la crise sanitaire.

« Le hashtag #IlsSavaient est apparu sur Twitter le samedi 21 mars, juste après la déclaration d’Agnès Buzyn qui assurait avoir prévenu le gouvernement de la gravité de l’épidémie de Covid-19, dès le mois de janvier », explique Pascal Froissart, maître de conférences à l’Université de Paris VIII et chercheur au Centre d’études sur les médias, les technologies et l’internationalisation (CÉMTI).

Les propos de l’ancienne ministre de la Santé ont abondamment été repartagés, et ont rapidement mis le feu aux poudres sur les réseaux sociaux. « #IlsSavaient et n’ont rien fait.

Des têtes doivent tomber rapidement » ou encore « #IlsSavaient et essaient de nous rendre responsable de leur incurie (…)

La macronie nous oblige à aller bosser, pour essayer de sauvegarder les intérêts de la finance », ont ainsi tweeté certains internautes. […]

Cette crise semble aujourd’hui révéler une fracture sociale bien présente dans le pays. «Ces mots-clés rassemblent tout le mécontentement de ceux qui ont le sentiment d’avoir été trompés. Le ‘ils’ désignent ‘les élites’ qui ont tardé à agir malgré leurs informations et qui, aujourd’hui, manquent de transparence dans la gestion de l’épidémie du coronavirus», explique l’écrivain Philippe Pascot, l’une des figures du mouvement des gilets jaunes, auteur du livre Mensonges d’Etat (Max Milo Editions).

«Une sorte de mobilisation est en train de naître sur les réseaux sociaux. Il y a un ras-le-bol général de ces politiques qui ont des passe-droits [pour se faire dépister ou se faire traiter à la chloroquine], de ces Parisiens nantis qui ont fui en province, de ceux qui doivent travailler alors que d’autres restent chez eux !» […]

Pour certains, le contenu des messages relayés sous la bannière « #IlsSavaient » rappellent également ceux massivement partagés en 2018 sur les réseaux sociaux par les « gilets jaunes ». «Il y a en effet beaucoup de militants et de groupes Facebook de gilets jaunes qui repartagent quotidiennement ces hashtags», reconnaît Philippe Pascot.

«Mais c’est beaucoup plus profond. C’est tout le peuple français qui hurle. Même la couche moyenne supérieure qui défendait encore un peu Macron et sa politique est aujourd’hui en colère !». […]

20 minutes

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Le vrai but du confinement n’est pas celui qu’on croit

Pour beaucoup de français, le but du confinement est strictement sanitaire. C’est ce qu’on leur dit, mais évidemment, ce n’est pas vrai. D’abord, le pouvoir n’est sans doute pas terrorisé par le nombre de morts.

En effet, chaque année, le nombre de morts de la grippe est de l’ordre de 7000 à 9000 personnes. Tant que l’on n’atteint pas ce chiffre, pense probablement le gouvernement, l’épidémie du coronavirus restera à peu près « dans les clous ».

Et puis, si on avait « feuilletonné » jusqu’ici, comme le Ministre le fait chaque soir, le nombre de contaminés et de morts de la grippe « classique », personne n’oserait jamais sortir de chez soi entre Décembre et Avril.

D’abord, le pouvoir n’est sans doute pas terrorisé par le nombre de morts. Et puis, si on avait « feuilletonné » jusqu’ici, comme le Ministre le fait chaque soir, le nombre de contaminés et de morts de la grippe « classique », personne n’oserait jamais sortir de chez soi entre Décembre et Avril.

Enfin, chaque année, les maladies cardiovasculaires font de l’ordre de 140 000 victimes, et le cancer environ 150 000. Cela n’empêche visiblement personne de s’offrir de temps en temps une belle cochonnaille (pleine de cholestérol…) avec une bonne bouteille de vin, et le gouvernement, s’il nous incite à l’activité physique, ne nous interdit pas pour autant la liberté de nos repas. Et si nous craignons le cancer, il ne nous empêche pas pourtant d’essayer de vivre heureux.

Et les campagnes contre le cancer, s’il les prend au sérieux, ne tétanisent pas non plus le gouvernement. Que craint donc le gouvernement ?

Le gouvernement craint plus la crise médiatique que sanitaire

Ce que craint le gouvernement, ce n’est pas la crise sanitaire, mais c’est la crise médiatique.

En effet, le virus, à défaut d’être beaucoup plus létal que la grippe, en tout cas dans les pays où il est correctement traité, en-dehors de la catégorie des personnes âgées, et sous réserve que les statistiques veuillent dire quelque chose (puisque les méthodes de dépistage sont très différentes d’un pays à l’autre), est au moins, c’est avéré, nettement plus agressif.

Cela veut dire que la contagion, lorsque les « mesures barrières » sont insuffisantes, se transmet beaucoup plus vite d’un sujet à l’autre. Le pic est plus rapide, d’où le risque (contrairement à une grippe classique, où le pic semble moins brutal, ou même aux maladies cardiovasculaires ou aux cancers, où les morts sont répartis sur toute l’année) que l’on ait, à un moment donné, le spectacle désastreux de ce que l’on cherchait justement à cacher : le délabrement de notre système hospitalier, avec les médecins et infirmières débordés, les malades couchés dans les couloirs, les camions militaires évacuant les morts, etc…

Plus que le nombre de morts, ce que craint le gouvernement, c’est la médiatisation d’un scénario à l’italienne mettant son impréparation au grand jour. C’est ça, sa crainte. Et, malheureusement pour lui, c’est bien ce qui se passe.

La preuve que ce ne sont pas les morts qui semblent être sa préoccupation principale, c’est, par exemple, l’appel désespéré des députés de Mayotte, où l’on craint une véritable hécatombe, et où pourtant le gouvernement reste sourd, en tout cas jusqu’ici, parce que Mayotte restera sous les radars médiatiques.

Mais l’autre crainte du gouvernement, la principale, sans doute, c’est la future crise économique. En effet, le gouvernement n’est pas plus préparé au sauvetage des milliers de PME qui risquent de se trouver rapidement en faillite, qu’il ne l’est concernant la crise sanitaire.

Par contre, il sait que si la crise sanitaire est passagère (elle ne devrait pas résister à l’été, selon les experts), la crise économique, elle, sera permanente. Elle durera jusqu’en 2022, date de la future élection présidentielle.

Par conséquent, le gouvernement a beaucoup plus à craindre de la seconde que de la première, d’où ses injonctions contradictoires, incitant d’une part les français à se confiner du mieux possible, et d’autre part, à continuer à travailler autant que possible, en télétravail, mais aussi en direct, lorsqu’ils y sont obligés. Deux injonctions contradictoires, qui ne peuvent être menée de front, parce que chacune invalide l’autre : on ne peut vraiment travailler tant qu’on est confiné, ni être vraiment confiné tant que l’on travaille. Aucun des objectifs ne sera atteint.

En confinant les contestataires, la situation actuelle a malgré tout un côté très pratique pour le gouvernement

De cela, on peut tirer un certain nombre de conclusions : d’abord, le but du confinement n’est pas uniquement sanitaire. Il est aussi, évidemment, politique. En effet, pour le gouvernement, malgré la crise sanitaire, et le spectacle permanent de son impréparation, la situation a malgré tout un côté très pratique : les contestataires, les politiques de l’opposition, les « dissidents », les Gilets Jaunes, les syndicats, les mécontents, même les Black Blocks, tous les « empêcheurs de gouverner en rond » sont confinés.

Tout le monde chez soi, personne dans la rue. Seul le Président, tel Clémenceau, « fait la guerre », et fait campagne dans les « tranchées » des hôpitaux…

Mais le confinement a un autre intérêt. En effet, le gouvernement sait maintenant que sa stratégie première a raté, puisqu’il n’a pas pu éviter la « montée en crise » sanitaire (dont nous aurons les effets maximums dans 15 jours, puisque tous les malades d’aujourd’hui sont encore issus de la période précédente préconfinée), que par ailleurs, chaque jour de confinement qui passe creuse un peu plus la vague de la crise économique à venir, et qu’enfin, il ne peut tenir sur la durée, avec le confinement, les deux stratégies de front : sauver les malades et sauver les PME. La situation actuelle n’est pas tenable, il doit impérativement en sortir rapidement.

Vu sous cet angle, le confinement permet donc au gouvernement de gagner du temps. A l’abri momentané, pourrait-on dire, du confinement, il peut préparer la deuxième réponse, celle qu’il a négligée de prime abord : fournir tous les masques nécessaires, non pas seulement aux personnes exposées ou fragiles, mais à tous les Français.

En effet, le masque est évidemment l’arme absolue, puisqu’il est le « geste barrière » parfait, et qu’il permet le « confinement sans confinement », individuel. Avec les masques, on peut aller travailler sans contaminer tout le monde. Avec les masques, plus de contradiction entre stratégie sanitaire et stratégie économique.

Le confinement permet au gouvernement de gagner du temps

L’autre réponse, ce sont les dépistages. Le gouvernement a quelques semaines pour s’équiper en kits, et s’organiser pour faire pratiquer les dépistages massifs au niveau des médecins traitants, comme c’est fait en Allemagne.

Ainsi, évidemment, le nombre de malades identifiés bondira (alors qu’aujourd’hui, on fait tout pour les cacher, et les dépister le plus tard possible, ce qui multiplie la contamination générale).

Mais dans ce cas, puisqu’on les dépistera beaucoup plus tôt, on les confinera aussi plus vite, ce qui évitera peut-être, pour chacun d’eux, la contamination de toute leur famille. Et surtout, dans ce cas, on pourra aussi arrêter le confinement des autres, ceux qui sont sains.

C’est la stratégie « masques/kits pour tous » qui permet seule de sortir du piège mortel du confinement dans lequel nous sommes. Avec, peut-être, en plus, l’effet retardant de la chloroquine, si son caractère bénéfique est finalement reconnu.

On remarquera que les pays qui s’en sortent le mieux ont pris résolument cette direction. C’est aussi ce qu’a commencé à faire le Pr Raoult à Marseille, montrant le chemin du bon sens.

Si c’est bien ce que le gouvernement cherche maintenant à faire, on peut supposer qu’il va maintenir le confinement officiellement, mais qu’il va l’arrêter dès que la stratégie de deuxième réponse sera en place, dès qu’il aura ses produits, ses plans et sa logistique.

Si le gouvernement agit ainsi, il sera intelligent, et il limitera la casse. Mais il faudra aussi qu’il « mange son chapeau », qu’il reconnaisse qu’il s’est trompé jusque-là sur toute la ligne : dans l’évaluation de la crise, dans sa préparation, dans son choix stratégique initial, dans ses stocks de matériel, dans sa chaîne de commandement, dans son organisation, dans sa communication plus qu’hasardeuse, et finalement dans sa critique, qui n’a pas encore cessé, de tout ce dont il va finalement avoir besoin.

Aura-t-il cette sincérité et ce courage ? C’est bien ça qui est la principale question.

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«Ce sont eux qui sont coupables» : Poutine évoque le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale

A l’occasion d’une interview pour l’agence russe Tass, le président russe est revenu sur la question du révisionnisme historique. Il a notamment rappelé la responsabilité de certains pays européens dans le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

Lors d’un entretien accordé à l’agence de presse russe Tass – le dernier d’une longue série consacrée à sa présidence diffusé le 10 mars – Vladimir Poutine a de nouveau réagi à l’adoption, le 19 septembre dernier, de la résolution européenne «sur l’importance de la mémoire européenne pour l’avenir de l’Europe».

Ils crient toutes sortes d’âneries au Parlement européen sur la responsabilité égale d’Hitler et de StalineCe texte qui met sur le même plan le fascisme, le nazisme mais aussi le communisme et le stalinisme affirme notamment que la signature du pacte germano-soviétique en 1939 y soit désignée comme cause principale du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

Une écriture des faits historiques qui avait notamment suscité l’indignation de nombreux historiens et eurodéputés. Elle avait également déjà fait réagir le président russe : «On peut jeter l’anathème sur le stalinisme […] Mais mettre l’URSS et l’Allemagne fasciste sur le même plan ?», s’était-il alors interrogé qualifiant la résolution de «totalement incorrecte».

Cette fois, le président russe a déclaré : «Ce ne sont que des gens stupides qui ne savent ni lire ni écrire. Ils crient toutes sortes d’âneries au Parlement européen sur la responsabilité égale d’Hitler et de Staline. C’est vraiment n’importe quoi.»

Revenant sur les événements précédant la Seconde Guerre mondiale, Vladimir Poutine a souligné que Staline n’avait jamais eu de contacts avec Hitler contrairement à d’autres dirigeants européens : «Il faut examiner l’évolution de la situation, depuis 1918-1919 : comment tout cela s’est déroulé, qui a signé quel accord avec Hitler…

Peu importe le jugement que vous portez sur Staline – c’était un tyran et ainsi de suite – mais il ne s’est jamais sali les mains par des contacts directs avec Hitler. Il n’y a aucun document signé à la fois par Staline et Hitler, alors que des documents ont été signés par Hitler et le Premier ministre britannique, Hitler et le Premier ministre français, Hitler et le dirigeant polonais.»

Et d’ajouter : «Ils ont travaillé avec lui, avec Hitler, ont eu de nombreuses réunions avec lui et ont trahi la Tchécoslovaquie.» «Et puis ils veulent nous expliquer qui est coupable ! Ce sont eux qui sont coupables à partir de 1938

Le président russe fait ainsi référence aux accords de Munich de septembre 1938. Signésentre l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l’Italie respectivement représenté par Adolf Hitler, Edouard Daladier, Neville Chamberlain et Benito Mussolini, ils ont permis à l’Allemagne d’annexer la région tchécoslovaque des Sudètes majoritairement habitée par des Allemands.

S’appuyant sur les archives, Vladimir Poutine a par ailleurs rappelé les velléités irrédentistes de la Pologne sur la Tchécoslovaquie et de son entente secrète avec l’Allemagne pour son partage : «La Pologne a partagé la Tchécoslovaquie avec Hitler.

Ils ont convenu d’envoyer les troupes en Tchécoslovaquie. Hitler a émis une seule réserve : « [Ne le faites] pas le même jour que nous, il ne faut pas se gêner les uns les autres.

Nous ne revendiquons pas ce que vous revendiquez : la Silésie de Cieszyn ». C’est une collusion manifeste !», a-t-il analysé. «Et puis ils veulent nous expliquer qui est coupable ! Ce sont eux qui sont coupables à partir de 1938. Ces fameux accords de Munich étaient le premier pas vers le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale», a-t-il conclu. La mémoire de la Seconde Guerre mondiale constitue un sujet de tensions entre Moscou et Varsovie depuis une dizaine d’année.

Chaque commémoration est ainsi l’occasion de nouveaux désaccords entre les deux nations. Dernier épisode en date : le président polonais Andrzej Duda a refusé de se rendre au Forum sur la Shoah organisé au mémorial Yad Vashem de Jérusalem, le 23 janvier, car il était absent du programme des prises de parole.

Il s’est insurgé contre le fait de ne pas pouvoir répliquer à une éventuelle attaque du président russe et a, en conséquence, boudé la cérémonie. Lors de ce rassemblement, Vladimir Poutine n’a pourtant prononcé le mot «Pologne» qu’une seule fois au cours de son allocution principale, pour rappeler que les «peuples slaves» avaient été eux aussi «visés par les nazis» dans leur quête d’un espace vital à l’Est.

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/international/72237-ce-sont-eux-qui-sont-coupables-poutine-evoque-declenchement-seconde-guerre-mondiale

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Réponse du ministère des Affaires étrangères Maria Zakharova à une question médiatique sur les exercices de l’OTAN

🇷🇺 Foreign Ministry Spokesperson Maria Zakharova’s answer to a media question about NATO exercises

❓ Could you comment on the reports about NATO plans to conduc…Afficher la suite

Réponse du ministère des Affaires étrangères Maria Zakharova à une question médiatique sur les exercices de l’OTAN

❓ Pourriez-vous commenter les rapports sur les plans de l’OTAN pour mener des exercices militaires dans les environs immédiats des frontières de la Russie ?

💬 Maria #Zakharova : En avril-mai 2020, l’exercice prévu de l’#OTAN#Europe 20 aura lieu dans un certain nombre de pays européens le long de la frontière occidentale de la Russie. Il est indicatif que ces manoeuvres, visant à pratiquer les opérations de combat de l’Alliance, impliquant plus de 20,000 troupes américaines et dizaines de milliers d’unités d’équipements militaires en plus des troupes européennes de l’OTAN, seront les plus grandes depuis la fin de la fin de l’ Guerre froide.

Citant leurs engagements de l’OTAN comme prétexte, les États-Unis élargissent constamment leur groupe de forces armées en Europe de l’Est dans les environs immédiate de la frontière de notre pays et augmentent régulièrement le financement de ses programmes militaires. Ni l’OTAN ni #Washington ne cachent maintenant le fait que la #Russie est le « adversaire potentiel » dans les exercices.

Cette attitude a été directement confirmée dans une déclaration faite par le secrétaire de la défense américaine Mark Esper lors d’un briefing tenu le 5 mars que l’objectif de Defender-Europe 2020 est d’envoyer un signal à la Russie pour qu’elle change son  » mauvais comportement. » Il n’a pas pu expliquer ce qu’est le mauvais comportement. Il est évident que notre pays ne menace personne, et que l’OTAN est le parti qui rassemble une force d’assaut à la frontière russe.

Aussi remarquable est la décision de mener ces manœuvres à grande échelle à un moment où la Russie célébrera le 75 e anniversaire de la victoire dans la Grande Guerre patriotique – une guerre déchaînée par l’Allemagne nazie sous prétexte de certaines accusations infondées contre l’Union Soviétique .. Washington utilise des tactiques similaires à l’heure actuelle en essayant de faire pression sur la Russie.

▪️ Cependant, ce genre de tactique ne forcera pas la Russie à changer le cours de sa politique étrangère. Tout au long de son histoire, la Russie a été menacée plusieurs fois avec une telle flexion musculaire. Toutes ces tentatives se sont terminées de manière ingénieusement.

Bien sûr, les intentions agressives des États-Unis et de l’OTAN seront prises en compte dans le développement militaire russe. Nous recommandons que l’OTAN pense aux conséquences de leurs actions agressives, qui ne font qu’augmenter les tensions internationales.

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RUSSIE : Notes sur une patience enfuie…

Manifestement et dès le titre, ces Notes d’analyse enchaînent sur notre texte du  19 février 2020 sur une « Danse autour de la patience russe », pour constater qu’effectivement cette patience est arrivée à son terme.

Si les Russes, et Poutine en particulier, n’abandonnent certes pas leur démarche de prudence mesurée qui est la mère de l’habileté dans ce monde déchiré par le chaos, il semble apparaître désormais assuré qu’une certaine fermeté, sinon une fermeté certaine a remplacé la patience dont nous parlions.

Le titre d’un texte de Tom Luongo, du  6 mars 2020, sur un des signes les plus puissants de cette nouvelle posture russe, est significatif à l’égard du thème que nous voulons développer : « Russia Just Told the World, “No” » (“La Russie a simplement dit ‘Non’ au reste du monde”).

Luongo parle en effet de la position inattendue et extrêmement ferme prise par les Russes lors de la réunion de l’OPEC+, lorsqu’ils ont annoncé qu’ils ne réduiraient pas leur production d’énergie pour empêcher la chute du prix du pétrole.

Les Russes ne veulent pas faire ce cadeau aux producteurs de pétrole et de gaz aux USA, et l’on penserait plutôt qu’en réalité ils veulent le scalp de cette industrie qui ne résistera pas longtemps à un baril dont le prix s’effondre ($27 le baril aujourd’hui !) alors qu’il en coûte autour de $50 et plus pour l’extraire par les moyens (par ailleurs, catastrophiques pour l’environnement) du  fracking.

Nous allons donc passer en revue et, si possible, analyser selon notre perception, d’une part les signes de ce changement d’attitude des Russes, d’autre part notre estimation des causes de ce changement d’attitude. Nous cherchons, pour ce dernier point, l’aspect fondamental de ce changement, et nous trouvons plusieurs éléments de réponse que nous avons tendance à rassembler bien plus qu’à en choisir l’un ou l’autre au détriment du reste.

Nous ne prétendons pas tout analyser de l’attitude russe de ces dernières semaines, mais les éléments qui nous arrêtent nous paraissent suffisamment importants, et de plus cela remis dans le contexte critique général que l’on sait, pour appuyer une conclusion générale d’une inflexion très significative de la politique produite et suivie par la Russie. Par ailleurs, le “contexte critique général”, d’une puissance colossale et qui semble aussi inarrêtable que les chutes du Niagara ou celles du Lac Victoria, joue un rôle essentiel dans notre jugement, contexte qui s’est précipité depuis le tout début de l’année en assimilant, en intégrant toutes les crises en plein développement. 

“Contexte critique général” ?… L’assassinat de Soleimani du 3 janvier considéré comme « Un assassinat métahistorique » bouleversant symboliquement et opérationnellement tout le champ de la Grande Crise d’Effondrement du Système, se poursuivant et s’incarnant dans la  dynamique crisique de la pandémie Covid-19. Désormais, les chocs se succèdent les uns les autres.

Syrie : Poutine règne

Il est bien que l’épisode de la fin du mois de février, avec l’attaque turque pour repousser l’armée syrienne et retrouver les limites initiales de l’“enclave turque” en Syrie, ait montré une faiblesse, sinon une erreur, de la part de la coalition Syrie-Iran-Russie, suivie d’un redressement, d’une contre-attaque, avec Erdogan  allant à Moscou le 5 mars pour demander un cessez-le-feu qui entérine les (re)conquêtes de la coalition.

La maîtrise des Russes dans cette affaire, leur position incontestée par personne (même pas par les USA et l’UE), tant du point de vue militaire que du point de vue de l’arbitrage politique, ont été affirmées sans ambages et apparaissent comme plus impressionnantes que jamais.

Poutine n’a pas hésité à désintégrer ostensiblement le projet turc d’un sommet à quatre (Allemagne, France, Russie, Turquie) à Ankara le 5 mars pour une rencontre bilatérale serrée à Moscou, le 5 mars, avec un Erdogan penaud à qui Poutine à sauvé la face avec des pincettes.

Personne n’a protesté, et les USA ont “riposté” en s’opposant selon une conception d’adolescent dans une cour de récréation au vote d’une motion de soutien de l’ONU à ce même cessez-le-feu. La domination russe de la zone est désormais un état de fait et la Russie l’affirme presque avec insolence. Sur ce point, il n’est plus question ni de patience, ni de prendre des gants.

…Et la Russie frappe

Là-dessus, on fait l’hypothèse que nul n’ignore l’effondrement du prix du pétrole enregistré aujourd’hui, avec le prix du baril chutant à $27 dans sa course vers les abysses. Il s’agit d’une nouvelle crise qui s’inscrit dans la cataracte crisique qui écrase le monde avec Covid-19, une crise annexe si l’on veut, ou bien une crise complémentaire. Mais il s’agit surtout, pour notre propos, d’un événement voulu par la Russie, sciemment exposé par la délégation russe à la réunion de l’OPEP+ (OPEP avec la Russie en plus) à Vienne.

Cette partie de la tragédie a donc eu lieu vendredi, où les événements furent déclenchés par une intervention de la Russie qui prit tout le monde par surprise. Comme il a été suggéré par la suite, les Russes en prenant leur décision de ne pas réduire leur production de pétrole qui enclenchait indirectement une mécanique destinée à casser les reins de l’industrie US du “fracking”, – incapable de tenir un tel rythme à la baisse en raison du coût de l’extraction, – entendaient ainsi rendre aux USA la monnaie de leur pièce après leur intervention pour saboter le gazoduc NordStream-2 et leurs sanctions contre la société publique de production de pétrole Rosneft…

Ainsi le rapporte ZeroHedge.com :

« L’OPEP+ n’existe plus, après 24 heures torrides au cours desquelles la Russie a renversé l’équilibre des pouvoirs dans le monde pétrolier, laissant les membres de l’OPEP+ hébétés et confus, choquant les Saoudiens qui sont maintenant confrontés à des troubles sociaux avec le prix du pétrole bien en dessous du budget de Riyad, et, – dans une répétition du massacre de l’OPEP de Thanksgiving 2014, – faisant chuter les prix du pétrole au plus bas depuis la crise financière. […]
» 

Alors que les craintes mondiales concernant le coronavirus ont déjà eu de graves répercussions sur le marché du pétrole (en baisse de 30% depuis le début de l’année), et que les Russes ont surpris les ministres du pétrole réunis au siège de l’OPEP en abandonnant soudainement un plan destiné à maintenir les prix du pétrole à un niveau stable, le plus grand choc a été ressenti par les Saoudiens, car comme l’écrit Bloomberg, Poutine vient de pousser effectivement le prince héritier MbS à  déclencher une guerre contre l’industrie américaine du pétrole de schiste :
» [le ministre russe] Alexander Novak a déclaré à son homologue saoudien, le prince Abdulaziz bin Salman, que la Russie n’était pas disposée à réduire davantage sa production de pétrole.

Le Kremlin avait décidé qu’un soutien des prix à mesure que le coronavirus ravageait la demande énergétique serait un cadeau à l’industrie américaine du schiste. Les frackers ont ajouté des millions de barils de pétrole sur le marché mondial alors que les compagnies russes cessaient l’exploitation de nombre de puits. Il est temps maintenant de faire payer les Américains.
» ”Après cinq heures de négociations polies mais infructueuses, au cours desquelles la Russie a clairement exposé sa stratégie, les pourparlers ont échoué.

Le prix du pétrole a chuté de plus de 10 %. Les traders n’ont pas été les seuls à être pris au dépourvu : les ministres étaient tellement choqués qu’ils ne savaient plus quoi dire, selon une personne présente dans la salle. La réunion a soudainement pris l’allure d’une veillée funèbre, a dit un autre. »

On peut donc reprendre ici le texte de Tom Luongo du  6 mars 2020  signalé plus haut, et entièrement consacré à l’attitude de la Russie plutôt qu’à la crise générale du prix du pétrole ainsi générée, – « Russia Just Told the World, “No” ».

Les Russes ont, dans cette occurrence et pour ce qu’on en peut apprécier à ce moment des événements, une attitude d’une fermeté implacable, selon une décision calculée avec minutie et sang-froid. Au reste, ils ont été fort prompts à réagir,  dès aujourd’hui, à la nouvelle de l’effondrement des cours des prix ce même jour, exactement comme l’on s’apprête à la riposte dans un conflit, – “la guerre du pétrole” en l’occurrence, que la Russie n’a pas cherché une seconde à éviter : « Les fonds souverains russes disposent de réserves suffisantes pour couvrir le déficit budgétaire pendant des années, même si le prix du pétrole reste entre 25 et 30 dollars le baril, a annoncé le ministère des finances en marge de l’effondrement spectaculaire du marché pétrolier… »

N’arrêtez pas les sanctions !

Cette position de la Russie, si elle s’inscrit dans un formidable courant crisique en manifestant une riposte sans aucun doute contre les USA et le Système, et les USA en tant que bras armé du Système, cette position est certainement confortée par une situation intérieure singulière. Nous n’allons pas parler ici de chiffres, de la sorte qu’affectionnent les économistes. Nous nous intéressons plutôt à des échos obtenus de sources particulièrement fiables, provenant de la Russie elle-même.

Il s’agit de l’effet des sanctions contre la Russie, que ce soit des USA ou de l’UE. L’effet immédiat avait été, dès 2014, extrêmement sévère mais l’effet à moyen et long terme, dans un sens complètement inverse, se fait désormais nettement sentir.

Il s’agit du développement national d’une myriade de productions jusqu’alors importées, qui ont pris leur place sur le marché et fonctionnent à merveille. Il existe même un sentiment de fierté nationale à acheter des produits fabriqués en Russie à la place des produits importés.

En quelque sorte, la Russie a évolué vers une situation tendant à l’autarcie, sans pour autant en épouser l’esprit ni la philosophie, mais en s’en dotant des moyens. A la lumière de la crise Covid-19 et de tout ce qu’elle induit comme constats catastrophiques de l’actuelle situation générale de la globalisation, la démarche russe représente une véritable dé-globalisation.

La situation en est à un point, nous disent ces sources que certains économistes jugent que la levée des sanctions serait une très mauvaise chose et une chose risquée, susceptible, si elle ramenait à la situation d’avant les sanctions, de provoquer des chocs du type que ceux qu’a connus la Russie d’Eltsine, des années 1990. Mais au train où vont les choses avec Covid-19, levée des sanctions ou pas, il paraîtrait très étonnant que l’on parvienne à rétablir la situation antérieure, ni même qu’on y songe…

On observera par ailleurs que cette évolution intérieure accompagne une diversification des ressources et des activités russes fondamentales, marquée notamment par la diminution de l’importance des ressources en énergie dans l’économie russe.
C’est ce que Poutine désigne dans des réponses à des questions de l’agence Tass, dans une série nommée “Vingt Questions à Vladimir Poutine”, comme la  réduction de l’addiction au pétrole de la Russie : « Au fait, nous nous débarrassons progressivement de notre dépendance[du pétrole]. Nous nous en éloignons vraiment, car la part des revenus non pétroliers et non gaziers augmente. Mais cela demande du temps, et cela ne peut pas se faire d’un claquement de doigt. »


Source : dedefensa.org

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« Russiagate » : la campagne Trump poursuit en justice CNN, le New York Times et le Washington Post pour faire cesser les fake news

La campagne pour la réélection de Donald Trump poursuit CNN pour avoir publié un article d’opinion qui soutenait que Trump n’avait pas empêché la Russie d’aider la campagne lors de l’élection présidentielle.

Le procès en diffamation, intenté devant le tribunal de district américain pour le district nord de la Géorgie, soutient que CNN a publié l’article sur les liens de la campagne avec la Russie malgré « un dossier complet de déclarations de la campagne et l’administration désavouant expressément toute intention de demander l’aide de la Russie ».

La campagne de Trump a également intenté des procès en diffamation contre le Washington Post et le New York Times au cours des dernières semaines. Ces poursuites, de même, portaient sur des articles d’opinion concernant l’ingérence russe dans les élections de 2016.

L’article de CNN a été écrit par Larry Noble, un contributeur de CNN et ancien avocat général de la Commission électorale fédérale. Il a été publié dans la section opinion du site web de CNN. Il y est dit que la campagne de M. Trump « a évalué les risques et les avantages potentiels d’un nouveau recours à l’aide de la Russie en 2020 et a décidé de laisser cette option sur la table ».

Fox News a fait état de ce procès pour la première fois vendredi. L’équipe juridique de Trump a demandé à CNN de retirer l’éditorial et de publier une correction, mais le réseau a refusé. L’article est toujours en ligne sur le site de CNN. La campagne de Trump réclame des millions de dollars dans son procès.

« La campagne n’a donc pas eu d’autre choix que d’intenter ce procès pour : établir publiquement la vérité, informer correctement les lecteurs et le public de CNN (et le reste du monde) des faits réels, et chercher des remèdes appropriés pour le préjudice causé par les faux reportages de CNN et son incapacité à se rétracter et à s’excuser pour cela », indique le procès.

Ce procès est le dernier exemple en date de la relation antagoniste que l’équipe de M. Trump et le président lui-même ont entretenue avec le réseau et la presse en général. Trump s’insurge régulièrement contre CNN et ses « fake news » sur lui et son administration.

The Guardian

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Syrie: l’hypocrisie atlantiste et la Russie encore une fois accusée … de lutter contre le terrorisme

La position des pays de la coalition américaine en Syrie a été toujours plus qu’ambigüe: d’une part, le spectacle de la lutte contre le terrorisme est parfaitement réglé par les médias et les déclarations politiques, d’autre part jusqu’à l’intervention de la Russie à la demande d’Assad, les groupes terroristes se sont continuellement développés.

Maintenant, c’est la Turquie, autre pays de l’OTAN, qui tente de défendre les intérêts de ces groupes terroristes dans la région d’Idlib, dernière place forte des groupes islamistes.

Et étrangement, c’est la Russie et Assad qui sont accusés de provoquer une catastrophe humanitaire en luttant contre eux, alors que la Turquie menace l’Europe de cette arme … Ne faut-il donc pas lutter contre le terrorisme ? Puisqu’il s’agit quand même de cela … Dans ce cas, nous sommes en droit de nous demander quelle est la mission réelle de ces groupes dans la région, pour bénéficier d’un tel soutien.

Malgré un accord tendu entre la Turquie et les Kurdes obtenu par la Russie à Sotchi en octobre 2019 (voir notre texte ici), qui devait repousser les groupes terroristes dans la zone d’Idlib, la situation se détériore à vue d’oeil ces derniers jours. Et sans aucune surprise, le doigt est pointé sur la Russie, qui a la mauvaise idée de lutter contre les terroristes, et sur Assad, qui défend l’intégrité territoriale de son pays. 
Un rapport de l’ONU tombe à pic pour pleurnicher sur la catastrophe humanitaire en Syrie, sans même soulever la question du massacre de Raqqa par la coalition américaine, oubliant que des corridors humanitaires ont été ouverts à Alep et que la ville n’a pas été abandonnée, à la différence de Raqqa, après avoir été libérée.

Par ailleurs, le risque de vague de réfugiés suite, rappelons-le, à l’opération militaire menée par la Turquie (qui provoque aussi un départ massif des Kurdes), selon le centre russe de réconciliation, concerne une population de 35 000 personnes de cette région, qui depuis le début de la crise sont réfugiées en Turquie et en grande partie sont les familles de terroristes.

La zone qui fut le théatre de l’opération militaire turque comporte en gros 150 000 personnes. Ce qui est un chiffre important, mais ce risque justement aurait dû être limité par la zone de désescalade. Ce qui montre encore une fois qu’un conflit ne trouve une solution politique qu’à partir du moment où il est militairement épuisé.
Il semblerait en général que tout le monde en Occident veule oublier qu’en Syrie, la guerre est menée contre des groupes terroristes islamistes.

Des groupes, dont l’on voit les tentacules en Europe, où ils commettent des attentats. Ce qui permet de répéter la valse à trois temps des larmes – bougies – « je suis ». Et ensuite d’accuser avec le choeur médiatique les salauds de Russes et de Syriens, qui osent lutter contre l’opposition démocrate islamiste extrémiste en Syrie. Logique.
Magnifique article en ce sens sur le site de France Info, qui réussit le miracle de parler d’Idlib et de la guerre en Syrie sans parler une seule fois de terroristes islamistes. En revanche, est mis au pilori de la bonne conscience médiatique « le régime d’Assad », qui n’a pas encore réussi à reprendre Idlib.  
Dans le même style, nous avons eu droit aux élucubrations de François Hollande, qui a bien du mal à exister politiquement (il a déjà rempli son contrat), s’excitant contre la Russie, manifestement responsable pour lui de la crise humanitaire en Syrie.

Pourtant, l’on se demande pourquoi l’aide humanitaire occidentale est principalement orientée vers les zones tenues par les terroristes (voir notre texte ici) … Il est également étonnant que la presse oublie si vite toutes ces armes de production des pays de l’OTAN que l’on retrouve après la fuite des terroristes (voir notre texte ici).

Etrange aussi ces hôpitaux pour les terroristes islamistes (les civils n’étaient pas soignés), bien équipés et approvisionnés par différents pays Occidentaux, dont la France (voir notre texte ici)… Etrange …

Et avec tout cela, comme le rappelle le ministère russe de la Défense, l’Occident ne veut pas voir l’augmentation de l’activité militaire de la Turquie, qui au lieu de gérer la zone de désescalade, envenime le conflit et renforce les groupes islamistes dans la région d’Idlib, notamment en fusionnant les postes militaires et ceux des terroristes, qui attaquent ensuite les zones civiles et la base russe.

Le tout en faisant un chantage aux réfugiés à l’Europe, qui s’écrase à nouveau et … soutient la Turquie. 
Cette guerre en Syrie atteint vraiment le summum de l’hypocrisie occidentale. Mais pourquoi s’en inquiéter, après tout nous avons heureusement notre coronavirus, qui permet de ne plus réfléchir.

Par exemple de se demander quel rôle finalement jouent réellement les groupes terroristes islamistes en Syrie, pour bénéficier d’une telle protection du clan atlantiste … Comme ce fut le cas à Alep, à La Ghouta, à Deir-ez-Zor … L’histoire se répète à chaque fois de la même manière. Etrange.

Publié par Karine Bechet-Golovko

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Au moins 13 000 migrants affluent vers la frontière gréco-turque pour rejoindre l’Europe.

Le nombre de migrants affluant vers la frontière gréco-turque continue de grossir. Selon l’Organisation internationale des migrations (OIM), au 29 février 2020, ils sont au moins 13 000 à tenter de quitter la Turquie pour gagner l’Europe.

Quelque 13 000 migrants ont convergé vers la frontière gréco-turque après les menaces proférées par le président turc, Recep Tayyip Erdogan, de laisser sortir les réfugiés voulant se rendre en Europe, a annoncé le 29 février l’Organisation internationale des migrations (OIM). L’agence onusienne précise que parmi les migrants figurent «des familles avec de jeunes enfants».

L’OIM a en outre fait savoir que ses équipes suivaient le mouvement de personnes depuis Istanbul et fournissaient de l’aide aux plus vulnérables d’entre elles. «Les équipes qui travaillent le long de la frontière de 212 kilomètres entre la Turquie et la Grèce […] ont décompté 13 000 personnes rassemblées aux points d’entrée officiels de la frontière à Pazarkule et Ipsala, ainsi qu’en d’autres endroits», a fait savoir l’OIM, ajoutant que les groupes de migrants étaient constitués «de plusieurs douzaines à plus de 3 000 personnes».

«Le nombre de migrants venant d’Edirne [nord-ouest de la Turquie] pour traverser la frontière grossit au cours de la journée, à mesure que les voitures, taxis et bus arrivent à Istanbul», a constaté le chef de la mission turque de l’OIM, Lado Gvilava, qui s’est dit aussi «préoccupé par ces gens fragiles et exposés» en raison notamment des températures glaciales.

Selon des journalistes de l’AFP présents sur place, au moins 2 000 migrants supplémentaires sont arrivés le 1er mars à la frontière grecque pour tenter de gagner l’Europe. Ce nouvel afflux de migrants au sud de l’Europe intervient après un énième coup de semonce, le 28 février, de Recep Tayyip Erdogan. «Qu’avons-nous fait hier ? Nous avons ouvert les portes.

Nous n’allons pas fermer les portes», avait-il menacé en l’absence d’un soutien de l’Union européenne à l’opération militaire menée par la Turquie dans le nord de la Syrie où Ankara a affirmé avoir perdu 33 de ses soldats dans des frappes aériennes attribuées à l’armée syrienne.

Le même jour, un haut responsable turc avait averti que la Turquie n’empêcherait plus les migrants qui tentent de se rendre en Europe de franchir la frontière.De l’autre côté de celle-ci, sur l’île grecque de Lesbos, la crise migratoire suscite colère et inquiétudes. Le 27 février, plus d’un millier de ses habitants ont manifesté à Mytilène contre l’installation d’un nouveau camp de migrants au lendemain de violents affrontements entre manifestants et policiers.

Plusieurs associations de commerçants de Lesbos et des syndicats proches du Parti communiste grec, à l’origine de la manifestation, ont également appelé à la poursuite de la grève sur l’île.

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/international/71784-au-moins-13-000-migrants-affluent

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L’immigration de masse transforme les communautés en ghettos, révèle un rapport accablant du gouvernement

Des régions entières sont devenues des ghettos parce que les administrations successives n’ont pas été en mesure de traiter les questions d’immigration massive, a révélé un rapport commandé par le gouvernement.

Une étude d’un an commandée par le Premier ministre de l’époque, David Cameron, en 2015, et présidée par Dame Louise Casey, a révélé que le pays se divisait de plus en plus à mesure qu’il se diversifiait.

Le sort des femmes a été particulièrement mis en évidence dans le rapport, qui a constaté que les femmes étaient souvent marginalisées en raison de leurs faibles connaissances de l’anglais, et qu’elles étaient soumises à « un contrôle coercitif, à la violence et à des actes criminels d’abus, souvent perpétrés au nom de valeurs culturelles ou religieuses ».

Le rapport de 198 pages a également constaté que les communautés étaient de plus en plus divisées selon des critères religieux et raciaux, ce qui augmentait la probabilité de l’extrémisme.

Certaines régions du pays ont également du mal à faire face au rythme des changements dus à l’immigration, et le rapport a constaté qu’il y avait encore de grands écarts sociaux et économiques entre les groupes ethniques.

Le rapport a fustigé les institutions publiques qui « ignorent ou même tolèrent des pratiques culturelles et religieuses régressives, divisives et nuisibles » par crainte d’être « étiquetées comme racistes » ou « en espérant que cela puisse changer ».

Cet échec, selon le rapport, a souvent fait « le jeu des extrémistes ».

Le rapport initial avait été entamé en juillet 2015 mais avait été retardé par crainte qu’il n’embarrasse les ministres.

L’examen a fait plusieurs recommandations pour intégrer les groupes ethniques, notamment en mêlant les jeunes à des activités telles que le sport et en introduisant un « serment d’intégration » qui consacre les valeurs britanniques pour les personnes occupant des fonctions publiques.

Les écoliers devraient recevoir un enseignement sur les « valeurs britanniques » afin de favoriser la cohésion sociale à mesure que la « ségrégation ethnique » s’accroît.

Evidemment, cela ne s’applique qu’au Royaume Uni – je plaisante.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Christian Larnet pour Dreuz.info.

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Plan contre le «séparatisme dans la République»: Céline Pina dénonce le double langage du gouvernement

Le gouvernement part-il en guerre contre «le séparatisme dans la République»? Un plan a été annoncé pour le mois de mars. Céline Pina, militante laïque et républicaine, doute de la réelle volonté gouvernementale, et accuse l’exécutif de double langage. Entretien.

«Il y a un certain nombre d’endroits dans notre pays où il y a du repli communautaire, une volonté de se séparer de ce que sont les valeurs et les lois de la République», a admis Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement sur LCI, dimanche 9 février. «Dans ces endroits où il y a une volonté manifeste de certains -qui notamment usent de l’islamisme politique pour définir une forme d’alternative à la République-, on doit être capables d’y répondre». 

Qu’attendre de ce plan gouvernemental? Sputnik a posé la question à Céline Pina, ancienne élue locale et conseillère régionale (PS), engagée en faveur de la laïcité. Elle a fondé le mouvement Viv(r)e la République et publié l’essai Silence coupable (Kero, 2016).

© AFP 2019 CHARLY TRIBALLEAULe phénomène est de plus en plus anxiogène. 150 quartiers seraient tenus par les islamistes en France, selon une note confidentielle de la DGSI, évoquée par le JDD le 19 janvier dernier. C’est Christophe Castaner qui avait ordonné un état des lieux aux préfets après l’attentat au couteau de Villejuif du 3 janvier dernier, qui avait fait un mort et deux blessés.

Sputnik France: Il y a un an, en mars 2019, vous aviez signé dans Le Figaro la «tribune des 100 intellectuels contre le séparatisme islamiste». Or, l’Etat semble désormais avoir acté ce séparatisme: jusqu’ici, il s’agissait de propos tenus par un Président ou par un ministre de l’Intérieur sur le départ. Est-ce un tournant -et pour vous une forme de victoire- de voir le gouvernement admettre ce phénomène?

Céline Pina: «On va dire que c’est un progrès pour plusieurs raisons. D’abord, parce qu’il acte le fait séparatiste et, malheureusement pour ceux qui le vivent au quotidien ou dans les établissements scolaires, c’est important.

La deuxième chose, c’est qu’il prononce le mot «islamiste». On s’arrêtait souvent au communautarisme pour éviter d’évoquer l’offensive islamiste à l’intérieur de l’Europe. Or, toutes les formes de communautarisme ne présentent pas le même danger, surtout en termes de rejet de la France et du modèle occidental, de son histoire, de ses principes. Toutes ne développent pas un discours violent et ne suscitent pas des passages à l’acte haineux ou meurtrier. Toutes ne veulent pas imposer un autre modèle de société sur notre propre sol. L’existence d’un communautarisme asiatique est très visible dans le XIIIe arrondissement à Paris par exemple, mais il ne s’en est jamais pris à notre contrat social. »

«Malheureusement, la parole du gouvernement et celle du Président n’ont plus de valeur…»

Sputnik France: Quel crédit apporter à cette prise de position du gouvernement?

Céline Pina:« Malheureusement, la parole du gouvernement et celle du Président n’ont plus de valeur, d’abord parce que le Président de la République a trop usé du «en même temps»–il peut dire blanc le matin, noir le soir, et gris le lendemain. Ensuite, parce que la parole engendre rarement l’action dans ce gouvernement. On communique comme si cela remplaçait l’action. Or, les Français ne font plus confiance sur parole, ils paient pour voir.»

«Quand on voit l’affaire Mila et le résultat des sondages concernant la défense de la liberté d’expression, on observe que les gens ont été infusés par l’idéologie islamiste.»

Sputnik France : Juste avant les élections municipales, un plan contre le «séparatisme dans la République» est annoncé. Quel est jusqu’ici et selon vous le bilan de la présidence Macron en la matière?

Céline Pina: «Je pense qu’on n’a pas de bilan politique en la matière. On a un bilan institutionnel: certaines institutions font bien leur travail, par exemple la police face au djihadisme. Mais quant à lutter contre l’islamisme comme idéologie, à essayer de défaire toutes les casemates plantées dans le pays, à l’intérieur des mosquées ou des centres cultuels et culturels, à réarmer les institutions pour faire face au noyautage, à conforter ceux qui sont en première ligne face à l’offensive: instituteurs, policiers, personnel hospitalier, le bilan est extrêmement maigre.

Aujourd’hui, quand on voit l’affaire Mila et le résultat des sondages concernant la défense de la liberté d’expression, on observe que les gens ont été infusés par l’idéologie islamiste, au point de ne plus comprendre ce qu’est la liberté de conscience. On n’est plus capables de défendre une enfant de 16 ans menacée de mort au nom du soi-disant respect d’une religion. On en est à ne plus connaître nos fondamentaux, à renier nos idéaux, et ça se traduit par l’abandon d’une enfant.»

Marlene Schiappa

© AFP 2019 LUDOVIC MARIN«Je souhaite que justice soit rendue suite au cyber-harcèlement violent subi par la jeune Mila, à qui j’ai adressé mon soutien» a déclaré Marlène Schiappa. Mais dans l »affaire Mila: l’opinion française semble parfaitement scindée en deux. Dans un sondage IFOP pour Charlie Hebdo, 50 % de l’échantillon interrogé se dit défavorable au «droit de critiquer, même de manière outrageante, une croyance, un symbole ou une religion», et 50 % favorable.

Sputnik France: Après avoir déclaré que «l’insulte à la religion c’est évidemment une atteinte à la liberté de conscience, c’est grave», Nicole Belloubet, Garde des Sceaux, est revenue sur ses propos. Cela ne vous a pas suffi?

Céline Pina: «Belloubet a essayé de rattraper sa faute. Mais si un politique veut vraiment rattraper une erreur, il va au 20h. Une tribune dans Le Monde ne cible pas l’ensemble de la population. Le but du jeu était de rendormir les CSP+, socle de l’électorat de Macron, un peu chagrinés de voir le gouvernement se soumettre à la force et à la menace, en défendant en creux l’interdiction du blasphème. Mais il ne fallait surtout pas remettre en cause les gages donnés aux islamistes pour se rallier le vote musulman.

Cette tribune est une imposture. Dans les faits, elle ne change rien: aujourd’hui, critiquer l’islam vous met en danger et le gouvernement ne protégera pas ses citoyens sur cette question, Mila le prouve. Certes, Marlène Schiappa a pris sa défense, mais la ministre de la Justice, c’est un autre poids que la ministre du Droit des femmes. Surtout, on ne peut gouverner si au sein de la même entité, des opinions incompatibles cohabitent sans que rien ne soit tranché: c’est illisible et cela donne l’impression aux citoyens d’être pris pour des bulots.

Le fait que la ministre de la Justice fasse une boulette énorme, que derrière le Premier ministre ne dise rien, ou que le Président de la République ne se soit pas adressé à nous comme père de la nation, alors que symboliquement, c’est la protection d’une enfant de son peuple qui se jouait, c’est très choquant.»

«Aujourd’hui, critiquer l’islam vous met en danger et le gouvernement ne protégera pas ses citoyens.»

Sputnik France: Vous disiez que pour s’attaquer véritablement à l’islamisme, il fallait nommer vraiment les choses. Vous semblez déçue par le manque de détermination gouvernementale, est-ce bien cela?

Céline Pina: «Il y a une manière très simple de montrer la détermination contre l’islamisme, c’est qu’un ministre de la Justice, ou de l’éducation, aille dans le lycée de Mila et leur dise «vous croyez être dans le camp du respect de l’autre, dans le camp des tolérants, mais ce n’est pas vrai, vous avez choisi le camp des salauds!» Pour s’attaquer à l’islamisme, il faut faire preuve de courage et de clarté. Ce sont des actes symboliques comme ça qu’il faudra poser. »

Sputnik France: Et on n’en prend pas le chemin, selon vous… 

Céline Pina: «Si j’ai autant de doutes, c’est parce que le gouvernement dit vouloir agir contre le séparatisme alors qu’il travaille, avec la Fondation pour l’Islam de France, à mettre en place un outil qui va l’accentuer, le rendre incontournable et même le mettre en scène: la taxe halal. Cet outil qui aidera à distinguer les purs et les impurs, est vu par le gouvernement comme le moyen de financer un islam de France. Mais comme il ne peut mettre en place une telle taxe lui-même, il fait porter le projet par l’Association musulmane pour l’islam de France (AMIF), qui se rêve en certificateur des certificateurs.»

«Derrière le halal, il y a chez les fondamentalistes le rêve d’un jihad économique.»

Sputnik France: Alors, quel est selon vous l’objectif de l’AMIF?  

Céline Pina: «En fait, il s’agit là encore de répondre à une obsession des islamistes. Ils veulent que la communauté musulmane se distingue en tout, via des pratiques alimentaires différentes, mais aussi des façons de s’habiller, de pratiquer les loisirs, d’emprunter, de consommer… à terme pour les islamistes, l’idée est de créer une société fermée et codée et de faire en sorte qu’elle n’accepte que des produits halal. Dans ce type de représentation, tout ce qui qui n’est pas halal est donc impur, la société française et son mode de vie en premier. Derrière le halal, il y a chez les fondamentalistes le rêve d’un jihad économique.»

Sputnik France: vous accusez le gouvernement de double langage. En effet, une taxe sur les produits halal a été proposée en 2018 par l’Institut Montaigne pour financer les mosquées et éviter les financements étrangers. Mais le gouvernement a répondu le 24 janvier dernier qu’il n’avait pas l’intention de mettre en place une telle taxe.

Céline Pina: «En effet, mais en concluant: « rien ne s’oppose à ce que le prélèvement d’une telle contribution financière résulte d’une initiative privée, par les protagonistes du marché « halal » et soit reversé à une association dont l’objet serait de financer le culte musulman. » Comment croire des gens qui disent vouloir combattre le séparatisme alors qu’ils sont en train de mettre en place l’outil idéal pour que le séparatisme devienne réalité?

Avoir confié à un organisme privé comme l’AMIF le soin de la mettre en place est dangereux et destructeur pour notre modèle social, l’AMIF étant largement aux mains des Frères musulmans, qui ont aussi la main sur les principaux réseaux de mosquée. Autrement dit, le gouvernement crée les conditions pour que le séparatisme soit financé sur notre sol via les islamistes et que ce processus enrichisse et renforce ceux qui ne se cachent pas de vouloir nous détruire en tant que civilisation.»

Sputnik France: Qu’attendez-vous du plan de l’Etat?

Céline Pina: «Une prise de conscience, mais surtout des mesures fortes : l’abandon de la taxe halal, l’interdiction des Frères musulmans et des salafistes sur notre sol, l’interdiction des financements étrangers pour la construction de mosquées, plus de contrôle des prêches, une fermeture immédiate des mosquées contrôlées par les salafistes ou les Frères musulmans, la fermeture des écoles confessionnelles, plus de latitude pour licencier ceux qui ne respectent pas nos lois : refus de serrer la main des femmes, port d’un insigne refusant aux femmes l’égalité, comme le voile…

Et surtout que le gouvernement arrête de vouloir créer un islam de France, car ce n’est pas son rôle. Le Président n’est pas théologien et n’a aucune légitimité pour faire cela ou pour susciter une telle émergence. Il faut aussi renforcer notre arsenal répressif: réfléchir à la déchéance de nationalité, au concept d’indignité nationale. à un moment donné, ce n’est pas tout de dire qu’il faut respecter la loi, il faut la faire respecter effectivement. Avec Mila, la loi s’est couchée devant la force et la foi, et ceux qui paradent à l’intérieur du lycée de Mila sont ceux qui l’ont menacée de mort ou qui soutiennent ses harceleurs.»

«Une violence archaïque régit de plus en plus les rapports sociaux.»

Sputnik France: Le piège que tendent les terroristes islamistes à la France, c’est que toute critique devient islamophobie et nourrit potentiellement la victimisation et donc la radicalisation des jeunes musulmans. Que faire?

Céline Pina: «Oui, c’est malheureusement très juste. Mais en fait, je suis très pragmatique. La première solution serait de ne rien faire et d’espérer que les choses s’arrangeront d’elles-mêmes. Cela a été le premier choix de nos politiques. Au terme de plus de 260 morts sur notre sol, de l’explosion des violences antisémites et de la multiplication des actes anti-chrétiens, tandis que la religion la moins touchée par les agressions en France est l’islam, on pourrait quand même reconnaître que la politique de l’autruche et une erreur: elle ne résout rien et elle nous affaiblit collectivement. C’est en réalité la dernière chose à faire, puisque le séparatisme n’attend que ça. Par crainte d’être taxé de racisme, nous n’avons rien fait. Résultat: une violence archaïque régit de plus en plus les rapports sociaux. »

Sputnik France: vous plaidez donc pour la fermeté?

Céline Pina: «La deuxième solution, c’est de transmettre nos idéaux et principes et d’être fiers de ce que l’on est. Beaucoup de gens sont venus dans notre pays par désir de liberté, d’égalité, de laïcité, de démocratie. Eh bien, nous devrions être fiers de ce que nous incarnons et arrêter de baisser les yeux devant des personnes qui proposent un modèle de société tellement mauvais qu’il ne nourrit même pas ses enfants et que ceux-ci ont dû migrer pour survivre.

Nous devrions regarder en face ce que sont les sociétés islamiques: pas de démocratie ou seulement de façade, inégalités liées au sexe, à la couleur de peau, à la confession, inégalités sociales, misère économique et sexuelle, carcan religieux, corruption, violence… Ces sociétés ne sont pas désirables, n’apportent pas la prospérité et sont étouffantes, c’est vraiment cela le modèle de société devant lequel nos dirigeants se couchent ? Il est temps que nous nous tenions debout. Je pense que nous n’avons pas le choix. « On risque de finir face à face », avait dit Gérard Collomb. Il évoquait là la guerre civile. Dans un vieux pays comme le nôtre, se voir ramener à la barbarie est assez difficile à vivre.

French Interior Minister Gerard Collomb, arrives for a hearing with the deputies of the Laws Commission concerning the case of President Macron's security aide Alexandre Benalla, at the National Assembly in Paris, France, Monday, July 23, 2018.

© AP Photo / Francois Mori«Comment peut-on éviter la partition? Car c »est quand même ça qui est en train de se produire: la partition», avait déclaré François Hollande (Un Président ne devrait pas dire ça, Stock 2016). «On vit côte à côte, je crains que demain on ne vive face à face, nous sommes en face de problèmes immenses», avait quant à lui prévenu Gérard Collomb en octobre 2018, alors qu »il quittait le ministère de l »intérieur.

À force d’avoir peur d’agir, on laisse les islamistes mettre sous le boisseau une population d’origine arabo-musulmane, qui mérite tout autant qu’une autre l’émancipation, qui est parfois même venue la chercher. Les abandonner au séparatisme islamiste, je ne vois pas ça comme de la tolérance, mais comme du racisme ou de la condescendance. Je trouve dommage de laisser nos compatriotes arabo-musulmans aux mains de fascistes et de présenter cela comme le respect de leur culture. Parce que les islamistes, ce sont eux les fascistes les plus authentiques aujourd’hui.»

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Nous risquons de disparaître de la même manière que les Romains

« Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre » ou encore l’Histoire se répète toujours deux fois, « la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce ». Les citations déplorant l’incapacité des Hommes à tirer les leçons de l’Histoire sont pléthore. La décadence et la disparition de l’Empire romain ont fait l’objet de tant de livres et d’analyses qu’on en a oublié l’essentiel.

Rome avait de nombreux ennemis, parmi lesquels Carthage est sans doute le plus célèbre. Mais c’est la politique migratoire incontrôlée, l’échec de la politique d’assimilation des étrangers, couplée à une « concaténation de causes multiples », écrivait Paul Veyne1, qui ont causé sa perte.

La France et l’Europe, héritières de l’Empire romain, commettent les mêmes erreurs, à un rythme qui pourrait causer leur chute bien plus rapidement.

Carthago Delenda. Il faut détruire Carthage

Carthago Delenda. Deux mots qui rugissent depuis le tréfonds du temps la volonté d’un peuple à survivre, son entêtement à vaincre un ennemi qui menace son existence.

Deux mots qui nous rappellent également que même si Carthage fut détruite, Rome n’a pu échapper au même destin.

Carthage, l’ennemi de l’extérieur, cristallisait les craintes et les ambitions de Rome. Mais son véritable adversaire, celui qu’elle ne voyait pas ou ne voulait pas voir, évoluait sous de multiples formes à l’intérieur même de la société romaine : déclin de la puissance militaire et économique, décadence des mœurs, influence croissante de l’immigration barbare à l’intérieur et aux marches de l’Empire.

Considérée pourtant comme «une immigration salutaire», comme l’affirmait en 2008 la directrice générale du Palazzo Grassi qui avait organisé à Venise une exposition sur Rome et les Barbares, cette invasion progressive, accompagnée par le pouvoir, a précipité la chute de l’Empire romain. Le deuxième sac de Rome, en 410, a été facilité par des années de délitement sociétal et identitaire sous le poids d’une immigration barbare incontrôlée, devenue incontrôlable.

« Une ruée d’immigrants venue de pays sous-développés »

Les invasions barbares ont achevé de détruire l’Empire romain, puissant et millénaire. Mais ces incursions ne sont pas des attaques perpétuelles et destructrices, ni même des campagnes systématiques de conquête. Il s’agissait plutôt d’une sorte de « ruée d’immigrants venus des pays sous-développés du Nord vers les riches terres méditerranéennes », affirme l’historien irlandais Peter Brown, spécialiste de l’histoire romaine et de l’Antiquité tardive.

Cette « ruée d’immigrants venue de pays sous-développés » n’avait pas le projet de détruire l’Empire romain. Ils voulaient simplement profiter et s’emparer des richesses produites par cette civilisation, « faute d’avoir été capables d’adopter les disciplines qui en avaient permis la production, et ils en provoquèrent, par leur irruption violente, la dislocation ».

Ces influences réciproques n’ont en rien désarmé la violence de la confrontation. Car le point décisif est que Rome avait montré sa faiblesse en admettant sur son territoire des peuples qu’elle n’avait pas été capable de soumettre et qu’elle avait régularisé leur présence sans les avoir vaincus sur le terrain.

– Michel De Jaeghere, historien, Auteur de Les derniers jours : La fin de l’empire romain d’Occident

Nous y sommes

Un esprit contradicteur pourrait être tenté de répliquer que les enjeux que doit relever une civilisation sont de multiples ordres : économique, culturel, financier, écologique, scientifique, agricole, etc. Il aurait raison. Mais tous ces enjeux doivent être considérés comme secondaires si le socle même d’une civilisation, c’est-à-dire son identité, est menacé de péril. Agir sur ces champs est vain si la civilisation est menacée, si son organisation, sa structure et son devenir risquent la disparition.

La France millénaire, l’Europe, l’Occident, subissent depuis plusieurs décennies les incursions permanentes d’immigrants majoritairement africains mus par l’espoir d’une vie meilleure que celle offerte dans leur pays d’origine. La richesse de l’Occident, son confort de vie et son inaptitude à protéger ses frontières sont autant de motifs d’y pénétrer pour le quidam allogène désirant rejoindre l’Occident « riche et privilégié » à peu de frais.

Incapable de contrôler l’immigration et de faire respecter son intégrité territoriale, la France et au-delà, l’Europe, envoient un signal de faiblesse potentiellement fatal à long terme.

La France ne peut pas assimiler des millions d’individus qui ne voient en elle qu’un pays étranger où l’on peut vivre comme chez soi

Le problème de l’immigration, c’est d’abord et surtout le nombre. Qui se plaindrait d’une France culturellement enrichie d’un folklore venu d’ailleurs, dont les représentants seraient tellement peu nombreux qu’il faille aller gaiement à la rencontre de cette diversité plutôt qu’elle ne s’impose d’elle-même dans l’espace public, massivement, agressivement, partout et tout le temps ?

La nation française avait la capacité d’absorber une partie limitée d’immigration extra-occidentale, désireuse de se fondre dans le creuset national au prix d’une reconstruction identitaire, gage d’une assimilation rendue possible. Mais la France ne peut pas assimiler des millions d’individus qui ne voient en elle qu’un pays étranger où l’on peut vivre comme chez soi.

L’importance des flux migratoires composés d’individus extra-européens aux mœurs radicalement étrangères aux nôtres et aux motivations principalement économiques a provoqué la formation de diasporas dans les grandes villes et leur banlieue dès les années 1960.

Depuis, ces flux se répandent dans les villes moyennes et dans les villages de France et d’Europe. Le communautarisme « ethnique », qui impacte la géographie du territoire, est la réaction spontanée de cette assimilation non-désirée à une nation qui ne représente, pour nombre de Français d’opportunité, rien d’autre qu’un confort matériel, qu’une terre de résidence ne méritant ni reconnaissance ni respect.

Communautarisme, cohabitation forcée et islamisation

Dans ces conditions, les Français de souche, à qui la doxa politico-médiatique refuse ce qualificatif correspondant pourtant à une réalité historique et génétique, sont contraints de cohabiter avec des individus reproduisant le mode de vie d’un pays qu’ils ont quitté, imposant à l’autochtone de se soumettre à ses contraintes et usages culturo-religieux, sous peine d’être marqués du sceau de l’intolérance et du racisme, synonyme de bannissement social, dans son propre pays.

Au communautarisme ethnique, qui annihile les chances d’assimilation des immigrés et enfants d’immigrés dans notre pays, s’ajoute le problème de l’Islam, système politico-religieux dont la finalité ultime est de dominer le monde, qu’il divise en deux parties : le Dar al-Islam ou « domaine de la soumission à Dieu » et Dar al-Harb, le « domaine de la guerre ». Tant que son islamisation ne sera pas parfaite, la France appartient au Dar al-Harb.

Les statistiques ethniques et religieuses n’existent pas en France. Mais les évaluations, notamment fondées sur des marqueurs identitaires tels que l’attribution de prénom arabo-musulmans, permettent d’évaluer l’explosion du nombre de naissance liées à l’immigration musulmane en quelques décennies. Ainsi, l’analyse de l’octroi de prénoms musulmans pour les naissances en France révèle qu’un enfant sur cinq, né en 2017, portait un prénom musulman, soit 20 % des naissances en France. Ce taux était de 6,5% en 1997.

Il est impossible de connaître le nombre exact de musulmans vivant en France. Ce qui est néanmoins possible de dire, c’est que la caste politico-médiatique nous impose la fourchette dogmatique et constante de 4 à 6 millions de musulmans depuis les années 1990, ce qui apparaît comme étant démographiquement, sociologiquement et mathématiquement impossible.

Islamisation de la France irréversible d’ici 2050

Le 11 septembre 2018, Ahmet Ogras, président du Conseil français du culte musulman (CFCM), déclarait sur Radio France Maghreb 2 « Aujourd’hui, nous avons plus de dix millions de musulmans en France. ».

Quelques semaines plus tôt, le 22 juin 2018, Nikoletta Incze, chercheuse au Center for Study of Political Islam, annonçait à la télévision publique hongroise, en s’appuyant sur une étude de Harvard, le seuil au-delà duquel l’islamisation d’un pays devenait irréversible :« l’islamisation d’un pays est irréversible si la population musulmane atteint 16% ».

Selon une étude du très sérieux institut de recherche américain Pew, reconnu pour ses recherches en matière de démographie religieuse, la France est le pays européen qui compte le plus de musulmans. La proportion variera, selon les hypothèses, de 12,7 % à 18 % de la population nationale en 2050. L’islamisation de la France serait donc, d’après ces chiffres, irréversible en d’ici 30 ans.

Le problème central pour l’Occident n’est pas le fondamentalisme islamique. C’est l’islam, civilisation différente dont les représentants sont convaincus de la supériorité de leur culture et obsédés par l’infériorité de leur puissance.

  • Samuel Huntington in Le choc des civilisations (the clash of civilisations) (1996),  édition odile jacob, 2007, p. 239 –

Inutile d’attendre 2050 pour constater l’islamisation déjà bien engagée de notre pays. Les vagues d’immigration successives que subissent la France et les Français depuis les années 1960 bouleversent la physionomie de nos rues, de nos étals, portent atteinte à nos coutumes, nos traditions, nos libertés individuelles.

Par souci d’apaisement et d’égalitarisme avec nos nouveaux voisins de l’intérieur, la classe politique se plie progressivement à cette revendication incongrue qui consiste à vouloir vivre en France comme on vit en Afrique centrale ou au Maghreb, ne manquant pas de culpabiliser, voire de punir, quiconque verra cette inflexion culturelle et cultuelle d’un œil critique.

Le dénominateur commun des communautarismes est le rejet de toute forme d’assimilation culturelle

Dans le paysage politico-médiatique, la mièvrerie égalitariste supplante le bon sens et l’instinct de survie, légitimement égoïste, de notre civilisation menacée de l’intérieur par une immigration hétérogène mais qui trouve néanmoins, dans l’opposition au concept d’assimilation, un motif pour faire converger leur intérêts respectifs en faisant survivre leur culture originelle dans leur pays d’accueil, parfois même après trois générations de résidence en France.  Le dénominateur commun des communautarismes est le rejet de toute forme d’assimilation culturelle.

Une partie des autochtones encourage par ailleurs ces nouveaux arrivants à refuser leur assimilation, à revendiquer leur droit d’imposer leur culture d’origine dans le pays d’accueil, celui-ci devant mettre la sienne en retrait au nom d’un principe maintes fois détourné et dévoyé : les Droits de l’Homme.

Le sursaut ou le soubresaut

Rome périt de n’avoir su imposer ses lois et ses dogmes à une population étrangère, de plus en plus nombreuse, qu’elle accueillait en son sein. Le même destin funeste nous guette, nous Français, nous Européens, nous Occidentaux.

Davantage, il guette nos enfants, ceux qui ne s’inscriront pas idéologiquement dans un système-monde ou le concept de nation, de lien à la terre, aux anciens, au passé est la racine de tout avenir. Ceux pour qui le mos majorum est le socle d’une vie sur terre, notre terre. Ceux pour qui la vie ne se résumera pas à jouer aux apprentis sorciers de la finance, déracinés, vagabondant d’aéroports en salles de marché dans un village global ou toutes les villes se ressemblent : cosmopolites, menaçant les identités et les cultures forgées par des millénaires d’histoire.

A l’échelle du monde, la diversité des peuples est une richesse. A celle d’un pays, la Diversité est un poison qui détruit l’identité de son hôte.

Notre France se délite. Elle se dissout lentement dans un magma multi-culturel, soumise aux exigences de communautarismes religieux, ethniques, sexuels auxquels elle accède néanmoins pour démontrer au monde sa vertu et sa tolérance qui la caractérisent depuis 1789.

Nous avons un choix individuel et collectif à faire. Le sursaut ou le soubresaut.

Le sursaut implique lucidité, courage et sacrifice. Le soubresaut sera nourri de notre léthargie, de nos inconséquence, lâcheté et aveuglement collectifs face à l’insidieux processus de soumission de notre société à l’immigration de masse, au système politico-religieux qu’est l’islam, face à la montée des communautarismes et au Grand Renoncement collectif devant ces menaces.

Le sursaut, qui précède la renaissance, ou le soubresaut qui précède la mort.

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Russie. Alexandre Latsa analyse le « projet Poutine et Post Poutine » 2018-2024

L’année 2020 sera vraisemblablement, historiquement, l’année qui ouvrira le cycle d’après, celui d’une époque au sein de laquelle  Vladimir Poutine ne sera plus le président de la fédération de Russie.

La nomination de Mikhail Michoustine est une illustration de l’avenir que Vladimir Poutine envisage pour la Russie et surtout des elites qu’il souhaite pour diriger le pays.

Un avenir bien différent de celui que nous promettait la grande majorite des commentateurs et soit disant spécialistes de la Russie de 2000 à 2020.

Ancien chef du Service fédéral des impôts depuis  2010, Mikhail Michoustine  est crédité d’avoir concu et réalisé l’extraordinaire numérisation des services fiscaux russes, permettant d’augmenter les recettes fiscales russes de 20 a 35% du produit intérieur brut et surtout de faire en sorte que « les impôts cessent d’être un problème pour les entreprises russes ».

Ingénieur de formation, il aurait de fortes connaissances sur les technologies importantes, telles que la blockchain et l’intelligence artificielle. Selon le PDG de Sberbank, German Gref, Mishustin serait rare, talentueux et polyvalent et l’un des managers les plus efficaces et les plus qualifiés du pays. Pour le chef de la Chambre des comptes, Alexei Kudrin,  Mishustin a le doigt sur le pouls de la numérisation.

:)

En plus d’ètre un conservateur sur le plan sociétal, c’est un musicien hors pair qui a concu certaines des chansons de Grigory Leps (ici et ici).
Anecdocte, il n’avait pas de page Wikipedia avant sa nomination … La Kremlinologie est une science qui ne pardonne pas

Cette digititalisation de l’administration russe ne concerne pas que le Service fédéral des impôts mais l’ensemble des services administratifs.
Conséquence, la capitale, ville pilote de cette digitatlisation est devenue aujourd’hui l’une des villes les plus connectées du monde, via notamment le travail de l’actuel maire de la Ville Serguey Sobyanine.

Depuis le début du redressement national, entame en 1999, Vladimir Poutine avait réussi la création d’un système politique de rassemblement, fédérant les clans et permettant un équilibre des intérêts. Comme l’a absolument parfaitement ecrit Jean Robert Raviot : « En menant, selon la tradition soviétique, une politique des cadres destinée à sélectionner les hommes les plus compétents, mais aussi les plus loyaux, le président russe cherche à consolider les bases du système corpocratique que d’aucun qualifieraient de «capitalisme d’état» — qu’il a instauré, système dont la pérennité lui importe sans doute davantage que son destin personnel après 2024. »

La résignation du gouvernement Medvedev, sanctionné pour n’avoir sans doute pas suffisamment initié les réformes permettant la réalisation de la stratégie 2020 est un signe qu’au Kremlin, on a compris, a un niveau élevé, le défaut de politique intérieure , mission du gouvernement russe. La figure de Medvedev et de son gouvernement, relativement impopulaire en Russie n’etait sans doute pas le meilleur binôme pour les prochaines élections législatives dans un contexte global qui voit un effritement de la confiance envers Russie Unie, sur fond de contestations principalement sociales. Pour autant, ami d’enfance du président et homme de première confiance, les nombreux commentateurs qui ont mis Dimitry Medvedev « au placard » font une grosse erreur d’analyse, le Poutinisme fonctionne en grande partie sur le binôme « : confiance / loyauté.

Fait par contre absolument impossible à envisager il y a même 5 ans : la Russie dispose d’un gouvernement dont la moyenne d’âge est de 45 ans, une génération de technocrates, moins politiques, une génération qui n’appartient pas à l’entourage historique du président russe, ni aux réseaux de « Leningrad ». Hormis Lavrov et Shoigou, hommes forts du précédent gouvernement et proches de Vladimir Poutine, seul l’ancien ministre des finances survit en tant que figure des « libéraux » kremlin-compatibles issus de la période Medvedev.

Fait encore plus incroyable : les modifications de la constitution que le président a initié verront l’obligation pour les fonctionnaires, ministres et candidats à la présidence russe l’obligation de n’avoir ni double nationalité, ni d’avoir résidé et obtenu à l’étranger un document de séjour ou résidence ; et surtout d’avoir vécu en Russie 25ans, contre 10 ans aujourd’hui.
Les enfants de la grande majorité de l’élite russe actuelle, qui étudient à l’ étranger sont donc déjà hors-jeu des sphères de gouvernance de la Russie post-Poutine. Ne seront pas Tsars de Russie les enfants dont le logiciel mental aura été faconné à Yale, Stanford ou la Sorbonne, dieu merci pour la Russie ; exactement comme c’est le cas en Chine.

Une réelle transition, en profondeur, est en cours,scénario  qui va totalement à l’encontre du narratif prevu par le mainstream, pris une fois de plus de cours par la stratégie des élites russes dont on ne sait plus trop combien elles ont de coups d’avance.

Une autre chose importante est passé relativement inapercue des commentateurs sur la Russie : les changements de la constitution comprennent un amendement qui affirme que désormais la loi nationale, russe est prééminente sur les décisions des stances juridiques internationales telles que la Cour européenne des droits de l’homme et du Conseil de l’Europe .

C’est une petite révolution qui ne fait que confirmer les tendances de fond initiées en 2014 : le voyage épique de la Russie vers l’Europe a cessé et  les élites russes sont passés de la fascination à la compassion envers l’Occident et surtout l’Europe », comme l’a si magnifiquement écrit Vladislav Surkov en 2018.

*

Sans surprise, les premières déclarations du nouveau premier ministre auront été tournées vers la nécessité de refaire augmenter le pouvoir d’achat des russes qui a baissé continuellement depuis 2014 et le début de l’ère des sanctions. Il faudra regarder si la tendance à la hausse constatée en fin d’année dernière pour la première fois depuis 2014 est une tendance lourde ou pas.

Les faibles revenus d’une part importante de la population sont un problème «particulièrement aigu» qui constitue une «menace directe» pour l’avenir démographique de la Russie en ne permettant pas aux familles de faire des enfants qu’elles souhaiteraient, a savoir 2,5 enfants / famille selon les études faites ; ceci explique la dimension absolument incroyable du volet social et démographique que les autorités russes vont déployer au cours des prochaines années.

Lors de son premier discours à la Douma, le nouveau Premier ministre a nommé six priorités pour son poste de premier ministre: le lancement d’un nouveau cycle d’investissement; utiliser efficacement les ressources allouées aux projets nationaux (que nous détaillons ci dessous); développer le complexe militaro-industriel; stimuler le développement technologique de l’économie; favoriser l’expansion du secteur agricole; et développer les infrastructures de transport pour réduire les disparités régionales.

La décision du Tsar Poutine de rompre l’architecture du Tandem  sous sa forme actuelle aura été une surprise pour tous les experts de la Russie et autres kremlinologues avertis ; on imagine ce qu’il en sera pour la succession, qui selon tout vraisemblance, est déjà organisée.

Le départ du président russe de sa fonction ne signifie sans doute pas pour autant son départ complet de la scène politique russe. S’il semble désornais quasi certain que Vladimir Poutine ne sera pas président de la Russie de 2024 à 2030 sauf force majeure ; il semble cependant plausible qu’il continuera à occuper une position dominante qu’elle soit au sein du conseil de sécurité, ou ailleurs.

Le Tandem « pourrait » se retrouver à diriger les deux conseils, de sécurité et d’état, afin d’ assurer un accompagnement de la nouvelle gouvernance présidentielle et législative qui émergera des législatives de 2021 et de la présidentielle de 2024.

La mission pour le Tsar sera sans doute ailleurs : assurer durant un laps de temps le bon fonctionnement de la transition, et plausiblement poser les derniers fondements nécessaire pour permettre au Poutinisme de survivre à Vladimir Poutine et ainsi permettre « à l’État, cette grande substance secrète de l’histoire russe qui en 1991 bascula dans le gouffre et fut réduite en cendres, de continuer a se relever, lentement, sûrement, de plus en plus rapidement, inébranlable et invincible dans son mouvement ascendant, car en lui, en l’État, agit le destin. Et cet État a choisi Poutine pour conduire le processus historique en Russie.
Ce n’est pas Poutine qui construit l’État, c’est l’État qui construit Poutine. »

***

Details des projets nationaux 2020 – 2024

Les projets nationaux sont un Grand Projet initié par le gouvernement russe en 2019, nouvelle version des projets prioritaires de 2005, et devant être réalisés durant la période 2019-2024 (soit au cours du dernier mandat de Vladimir Poutine) et pour la réalisation duquel a été attiibué 25 trilions de roubles soit 350 milliards d’euros au cours du 02 02 2020 sur 6 ans.

Les projets comprennent :

Le plus gros lot est celui des infrastructures « magistrales » notamment
– Les routes ;
– Les routes transfédérales notamment les autoroutes et les axes entre la Russie et la Chine ;
– Les ports ;
– La construction de 8 brise glaces ;
– La route maritime du nord et ses infrastructures ;
– Les voies férrées ;
– Les canaux ;
– Augmenter le transport de fret par 8 ;
– Augmenter de 50% la capacité globale de transport containers du pays ;
– Amélioration de l’indice de performance logistique du pays pour passer de la 75-ième à la 50-ième place mondiale ;
– Augmentation de 35% des vols domestiques pour que la Russie passe de 105 millions à  140 millions de passagers en 2024, depassant l’Allemagne et le Japon et arrivant au niveau de l’angleterre ; Augmenter de 50% le nombre de vols inter-régions ne passant pas par Moscou.
– Developper les infradtructures energetiques ;
– Installer une premiere centrale nucleaire flottante en chukotka ;
– Créer de nouveaux bouquets d’oléoducs et gazoducs


La démographie

Vladimir Poutine a annoncé la prolongation jusqu’en 2026 du programme de stimulation de la natalité appelé «Capital maternel», lancé en 2007 et qui devait à l’origine prendre fin en 2021.

L’objectif est deredresser le taux de natalité a 1,7 enfants / femmes (comme en 2016, contre 1,5 en 2019).

Le programme consistait en une dotation accordée à partir du deuxième enfant, mais les statistiques montrent que si le MatKapital a eu un effet tres positif sur la démographie au cours des 10 dernières années, désormais le problème n’est plus le second enfant, mais le premier. Le nombre de second, troisième, quatrième enfant augmente, mais le nombre de premier enfant lui diminue depuis 2017.

Le Matkapital (la dotation) sera désormais accessible dès le premier né et représentera dès janvier une somme de 466 617 roubles (6 820 euros) à laquelle seront ajoutés 150 000 roubles (2 192 euros) à la naissance du second. Les familles qui comprenaient déjà un enfant avant cette mesure et attendent la naissance d’un nouvel enfant percevront en une seule fois la somme cumulée pour les deux, soit près de 9 000 euros. Enfin, pour le troisième enfant, la législation russe continuera de proposer un remboursement des crédits immobiliers à hauteur de 450 000 roubles (6 577 euros), soit pour trois enfants jusqu’à un million de roubles de versements (un peu moins de 15 000 euros).
(source)

Il est également prévu d’augmenter les allocations familiales mensuelles par enfant qui n’étaient jusqu’ici versées que pour des enfants de moins de trois ans, l’âge d’éligibilité étant repoussé à sept ans. Ces allocations, qui devraient passer de 5 500 roubles en 2020 à 11 500 roubles en 2021, continueront toutefois d’être réservées aux familles dont le revenu ne dépasse pas le minimum vital fixé en 2019 à 11 000 roubles (160 euros) par mois et par personne. Ce montant varie en fonction des régions et de la situation socio-démographique (différents taux pour les enfants, les retraités et les personnes en âge de travailler).
(source)

Ce programme devrait concerner 1,3 milions  de familles.

En plus les allocations pour les familles avec un enfant handicapé passeront de 5.500 à 10.000 roubles par mois. L’allocation d’invalidité ne s’applique qu’aux familles dont le parent ne travaille pas. En moyenne, 470.000 personnes reçoivent ce paiement par an.

Enfin les familles avec trois enfants ou plus bénéficieront désormais de déductions supplémentaires pour les taxes foncières et foncières ; Vladimir Poutine a également promis d’exempter les grandes familles de l’impôt foncier sur les parcelles allant jusqu’à six acres. Si une grande famille achète une parcelle de 10 acres, elle sera taxée comme si elle n’était que de quatre.

Ecologie
C’est le troisième lot le plus doté ; les objectifs principaux sont la mise en place d’un dispositif fédéral operationnel et fonctionnel de gestion, le traitement et tri des déchets ; la mise en place d’un programme d’amélioration de l’air ; de l’eau et acquisition de nouvelles technologies (eco-tech).


Route et sécurité routiere

visant a la construction de nouvelles infrastructures ; réduire la mortalité sur la route par  3,5 afin de rendre la circulation routière en Russie plus sure qu’en Allemagne (!)
NDLA : voir les nouvelles lois TRES sévères visant à discipliner les comportements au volant.

Santé
visant à baisser de 25% les décès pour maladies cardiovasculaires ; baisser de 25% la mortalité infantile ; developper une production nationale d’équipement médical.

Education
avec en objectifs principaux : la digitalisation de l’enseignement ; multiplier par quatre le nombre de spécialistes de l’IT et que la Russie passe du 17-ième au 10-ième rang sur 500 des universités mondiales.

Culture
Visant au developpement  des librairies et bibliothèques du pays.

Logement et environnement urbain :
Diminuer les taux d’interets pour l’acquisition immobilière a < 8% et developper des programmes d’aides pour l’acquisition de la propriete ; augmenter la construction d’immobilier de logement de 79 millions à 120 millions de mètres carrés ; Mise en place d’un programme pour rentre plus belles les villes et l’environnement urbain.

Science :
Faire entrer la Russie das le top5 des nations en terme de publication d’articles dans les domaines scientifiques prioritaires (la Russie est aujourdhui 12-ième) ; tripler le nombre d’instituts scientifiques ; doubler le nombre de revues scientifiques et faire passer le pourcentage de chercheurs de moins de 39 ans de 43 à 5%.

Économie numérique et digitale
Augmenter les dépenses informatiques de 1,7% à 5,1% du PIB ; Augmenter l’accès Internet à haut débit de 73% à 97% des foyers russes (c’est-à-dire aux niveaux scandinaves les plus élevés du monde) ; assurer l’acces au tres haut débit à tous les objets d’infrastructure importants (hôpitaux, cliniques rurales, écoles, etc.) d’ici 2024 ; generaliser la 5G dans toutes les villes d’un million d’habitant ; Faire que la Russie passe de 1% à 5% de part de marché dans les technologies du cloud.

Business
Augmenter la part des entrepreneurs / petites et moyennes entreprises de 22,3% à 32,5% du PIB ; accroître l’accès au crédit pour les PME; créer des centres d’entrepreneuriat; etc.

Productivité
Eduquer le caital humain pour augmenter la productivité ;

Commerce international

Augmenter l’export de production nationale, notamment les machines, la production chimique, métallurgique, pharmaceutique, les services, l’agriculture et la production de bois.

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Sources :

https://mailchi.mp/bearmarketbrief/mishustin-impossible?e=71a962082d

https://www.unz.com/akarlin/russias-13-plans/

http://fincan.ru/uploadfiles/articles/bdee320f562e05931c223681a89008ff/source/byudzhet-nacionalynyh-projektov-1.jpg

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Londres : il jette du 4e étage une ado qui avait refusé ses avances et poignarde deux personnes, pas de tentative de meurtre selon le jury

Yusef Ali, 19 ans, organisait une fête avec son ami dans un appartement de luxe à Empire Square East, Bermondsey, dans le sud de Londres, le 4 août dernier. Cependant, la vidéo Snapchat de la scène le montre en train de devenir irrespectueux et agressif pendant la fête.

La victime, 18 ans, est arrivée avec ses amis et Ali a commencé à lui faire des avances inappropriées. Il a mis sa main dans une déchirure de son jean au niveau de la cuisse et a agressivement placé son bras autour de son cou en disant « c’est ce que je fais dans la chambre ».

Il s’est impliqué dans une bagarre avec un groupe qui est arrivé à la fête. Alors qu’ils s’enfuyaient, il a pris un couteau et a poignardé deux invités dans la mêlée. La fille a appuyé frénétiquement sur le bouton d’un ascenseur pour s’échapper, mais Ali s’est précipité sur elle et l’a poussée par-dessus le balcon intérieur.

Elle est tombée de 15 mètres, se cassant le cou et le bas du dos, ce qui lui a valu d’être hospitalisée pendant plusieurs semaines et de passer un certain temps en fauteuil roulant.

Ali a été arrêté alors qu’il tentait de quitter l’immeuble et il est maintenant reconnu coupable de blessure volontaire, de rixe et de possession d’un objet tranchant. Un jury de la Cour de la Couronne de Croydon l’a déclaré non coupable de tentative de meurtre.

Le procureur Kathryn Iyer a déclaré : « C’était un acte de violence insensé pendant une fête qui a mal tourné. Ali a affirmé qu’il n’avait pas poussé la victime et n’avait pas vu qui l’avait fait. Mais contrairement à toutes les autres personnes qui ont descendu les marches, il ne s’est pas arrêté pour regarder la victime en détresse sur le sol, il a plutôt relevé son T-shirt sur son visage et a quitté le bâtiment juste au moment où les policiers entraient.

La victime a eu beaucoup de chance d’avoir survécu à la chute. J’espère qu’elle continuera à se rétablir et qu’elle saura tourner la page après cette condamnation ». L’agent détective Tom Waller a déclaré : « Ali ne se souciait pas de savoir qui il avait blessé cette nuit-là et était clairement déterminé à blesser quiconque se trouvait sur son chemin. »

« Les personnes présentes à la fête sont restées terrifiées et nous sommes reconnaissants envers ceux qui ont fourni leurs propres témoignages et ont dû revivre ce qui s’est passé. Grâce à eux et au travail dévoué de nos agents, Ali a été traduit en justice et risque maintenant de passer un bon moment en prison ».

Il recevra sa peine le 5 mars.

Metro.co.uk

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Le message du président russe à l’Assemblée fédérale en 2020. Déclarations et réactions

Le premier message adressé à l’Assemblée fédérale a eu lieu au début de l’année immédiatement après les vacances du Nouvel An. C’est le régime de travail du président pour l’année à venir.

Les principaux thèmes du discours du Président à l’Assemblée fédérale : questions de démographie et de soutien aux familles avec enfants, élargissement du programme d’immobilisations maternelles, repas scolaires, co-paiement aux chefs de classe, augmentation des places budgétaires dans les universités, expansion du réseau postes d’obstétrique paramédicale dans les régions, résoudre le problème de la pénurie et le contrôle des médicaments, la situation économique, l’écologie, la science, l’armement, l’indexation des pensions.

Il a également noté que la Russie devrait jouer un rôle de premier plan dans le maintien de l’ordre mondial. Poutine a souligné que les responsables devraient être patriotes non seulement dans les mots, mais aussi dans la pratique et toujours mettre les intérêts de leur pays au-dessus des intérêts de la communauté mondiale.

Il a proposé d’inscrire la priorité du droit russe sur le droit international pour notre pays.En 2020, le 75e anniversaire de la victoire de la Seconde Guerre mondiale sera célébré, de sorte que le président a abordé ce sujet.

Vladimir Poutine a ordonné la création de l’ensemble le plus grand et le plus complet de documents d’archives, de films et de photographies sur la Seconde Guerre mondiale.

À la fin du discours, le Président a soulevé la question de la modification de la Constitution et des changements dans le système politique, conçu pour transférer une partie des fonctions au gouvernement.

Le message s’est terminé par la déclaration du Président sur la nécessité d’être d’accord avec le peuple avec tous les changements proposés à la Constitution.

ИА Красная Весна
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Suisse : un vote en mai pour gérer de manière autonome l’immigration, ce serait la fin de la libre circulation avec l’UE

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Lors de sa séance hebdomadaire, le gouvernement a fixé au 17 mai le vote sur l’initiative populaire « Pour une immigration modérée » qui demande que « la Suisse règle de manière autonome l’immigration des étrangers » et qui, si elle est acceptée, aboutirait à la résiliation de l’Accord sur la libre circulation des personnes entre la Suisse et l’UE.

En 1992, les Suisses ont voté « non » à l’entrée de leur pays dans l’Espace Economique européen, qui résulte d’un accord signé par les Etats membres de la Communauté européenne, l’ancêtre de l’UE, et les pays membres de l’Association européenne de libre-échange (AELE).

Depuis, Berne et Bruxelles ont signé de multiples accords bilatéraux. Mais leurs relations se sont tendues après un vote populaire en février 2014 au cours duquel les Suisses se sont prononcés en faveur de l’introduction de quotas annuels de migrants.

Afin de ne pas froisser l’UE, les autorités suisses avaient fini par adoucir le texte de mise en oeuvre de l’initiative. Adopté en 2016 par le Parlement suisse, il donne une préférence nationale à l’embauche et établi des formalités supplémentaires pour les employeurs basés en Suisse voulant faire venir des employés européens.

L’initiative sur laquelle les Suisses voteront en mai exige désormais que le gouvernement suisse mette tout en oeuvre, par la voie de la négociation, pour que l’Accord sur la libre circulation des personnes (ALCP) conclu avec Bruxelles en 1999 cesse d’être en vigueur dans un délai d’un an ou, en cas d’échec, qu’il dénonce unilatéralement cet accord.
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La Tribune

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Manipulation macronienne ? Le score de LREM devrait être artificiellement embelli aux municipales

Selon France 2, l’Intérieur, sous l’égide de Christophe Castaner, a modifié les règles de calcul des scores de chaque parti en vue de la publication des résultats nationaux pour les municipales. LREM devrait être la grande gagnante.

Le ministère de l’Intérieur a préparé son coup médiatique pour favoriser les scores de La République en marche lors des municipales des 15 et 22 mars. Alors que les premiers résultats seront connus peu après 20 heures, France 2 a constaté que Bauveau, actuellement dirigé par Christophe Castaner, avait choisi de modifier les règles de calcul du score de chaque parti politique au soir des résultats.

«96% des communes ne seront pas prises en compte dans les résultats nationaux, ce qui pourrait bien grossir artificiellement les scores du parti présidentiel», note le média public.

Ainsi, une circulaire a été adressée aux préfets pour modifier les nuances politiques des villes de plus de 9 000 habitants. Toutes les communes en-dessous de ce seuil ne bénéficieront d’aucune classification et seront donc effacées des résultats nationaux.

Cela concerne ainsi 96% des communes et 54% des électeurs. Un électeur d’une ville de moins de 9 000 habitants qui souhaiterait adresser un message politique en sanctionnant La République en marche (LREM) ne verra donc pas son vote pris en compte pour la moyenne nationale.

Interrogé par France 2, le politologue Pascal Perrineau confirme que cette opération devrait logiquement favoriser LREM : «Cette France de plus de 9 000 habitants, oui, c’est une France plus macroniste, c’est une France moins lepéniste.

Donc là il y a peut-être la tentation de cacher la faiblesse inévitable de La République en marche aux élections municipales.»

Le parti présidentiel devrait être d’autant plus avantagé lors des municipales qu’il a apporté son soutien dans de nombreuses villes de plus de 9 000 habitants aux favoris (et donc aux maires sortants) – qu’ils soient encartés chez Les Républicains (Toulouse, Rueil-Malmaison, Sartrouville, etc.) ou au Parti socialiste (Clichy-sous-Bois, Pontault-Combault, Le Creusot, etc.).

LREM, ne présentant évidemment pas de candidats face à eux, emploie toutes les manœuvres possibles pour se targuer au maximum d’avoir remporté ces élections.

source

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/france/70320-manipulation-macronienne-score-lrem-devrait-etre-artificiellement-embelli-aux-municipales

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Le pétrole, ciment d’un nouveau partenariat stratégique entre l’Algérie et la Russie

La Sonatrach, compagnie algérienne d’hydrocarbures, et le groupe pétrolier russe Lukoil ont engagé des discussions pour mettre en œuvre un partenariat stratégique. En plus du développement de champs pétroliers en Algérie, les deux entreprises prévoient de s’engager à l’international.

2020 devrait être l’année du renforcement de la présence russe dans le secteur énergétique algérien. Après Gazprom, qui est présent depuis 2006 et qui a réalisé une importante découverte de gaz dans le bassin de Berkine, c’est au tour de Lukoil de marquer son intérêt pour l’Algérie.

Les discussions entre la Société nationale pour la recherche, la production, le transport, la transformation et la commercialisation des hydrocarbures (Sonatrach) et Lukoil ont débuté à Moscou, en marge de la 21e réunion du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF), qui s’est tenue au mois d’octobre 2019.

«La délégation algérienne était conduite par Rachid Hachichi, ex-PDG de la Sonatrach, et celle de Lukoil par son PDG Vaguit Alekperov. Ce premier contact a été très intéressant car il a permis de jeter les bases du futur partenariat entre les deux groupes. Les parties ont pu délimiter le cadre général d’une collaboration dans des domaines aussi divers que l’exploitation pétrolière, l’off-shore ou la transformation des hydrocarbures», indique un haut responsable du ministère de l’Énergie algérien qui a requis l’anonymat.

Selon notre source, la Sonatrach est à la recherche de partenaires solides et expérimentés afin de développer certaines activités très précises. La recherche et l’exploitation d’hydrocarbures dans la région sud et les Hauts Plateaux sont une priorité pour l’entreprise algérienne, mais le développement du domaine pétrolier off-shore reste un objectif essentiel à court et moyen termes.

Lukoil devrait se révéler un partenaire intéressant pour la Sonatrach car il maîtrise tous les métiers du secteur de l’énergie, de la recherche à la distribution de produits pétroliers raffinés en passant l’exploitation et la transformation. Pour sa part, le groupe russe devrait tirer profit du potentiel important du sous-sol algérien et de la situation stratégique de ce pays d’Afrique du Nord. La possibilité d’une coopération à l’international a également été évoquée lors du premier round de discussions.

«Les changements opérés au sommet de la Sonatrach et l’élaboration de la nouvelle loi relative aux hydrocarbures ont provoqué quelques retards dans les processus de négociations avec certains partenaires. La situation est maintenant plus stable et les discussions avec Lukoil devraient reprendre sous peu

Les changements opérés résident essentiellement dans la baisse de la pression fiscale exercée sur la compagnie nationale et ses partenaires, qui passe de 85% à 60%. C’est d’ailleurs grâce à ce nouvel environnement fiscal que Gazprom devrait pouvoir exploiter et rentabiliser le champ de gaz naturel découvert dans le bassin de Berkine.

Lukoil devrait bénéficier d’un climat tout à fait favorable en entrant en Algérie. Le refus des autorités locales de permettre au français Total de racheter les actifs d’Anadarko et le gel de l’accord entre la Sonatrach et ExxonMobil met le géant pétrolier russe dans une situation plutôt confortable. Reste la perception d’un tel partenariat stratégique au niveau international.

Interrogé par Sputnik, le professeur Yahia Zoubir, directeur de recherche en géopolitique à la Kedge Business School (Marseille, France) et chercheur-résident au Brookings Doha Center (Qatar), une coopération Sonatrach-Lukoil ne devrait pas déranger les intérêts des grands groupes internationaux.

«Il est vrai que l’Algérie et la Russie sont liées par un partenariat stratégique dans le domaine militaire. Mais dans ce cas précis, nous sommes dans un tout autre registre. Lukoil est une société spécialisée dans pétrole, contrairement au russe Gazprom qui est dans le domaine du gaz naturel. Le gaz est un élément essentiel pour les pays européens et on se souvient encore des vives critiques qu’avait soulevé l’accord entre la Sonatrach et Gazprom pour la création d’un cartel du gaz», souligne Yahia Zoubir.

Le futur partenariat Sonatrach-Lukoil s’inscrira donc dans le cadre de la nouvelle loi sur les hydrocarbures. La question de l’attractivité du domaine pétrolier algérien, notamment dans son volet fiscal, était au cœur du processus d’amendement du dispositif législatif. La nouvelle loi impose toujours le principe de la règle dite 51/49 qui permet à la Sonatrach de rester majoritaire dans les contrats de participation ainsi que dans les contrats de partage de production.

Selon le professeur Zoubir, l’Algérie offre à Lukoil un certain nombre d’avantages économiques, notamment «la présence de réserves en hydrocarbures, la possibilité d’investir dans le raffinage et une proximité avec l’Europe et l’Afrique pour exporter les produits raffinés».

L’économie de l’Algérie reste encore très dépendante de ses ressources en hydrocarbures. L’augmentation de la consommation interne et les engagements internationaux obligent la Sonatrach à engager un vaste programme d’exploration pour trouver et développer de nouveaux gisements. Des actions qui nécessitent des fonds importants et une grande expertise que le groupe algérien est tenu de se procurer en dehors des frontières algériennes.

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Derrière le jihadisme français, 20 ans d’islamisme dans des « enclaves » négligées

Le jihadisme sanglant de 2015 n’est pas le fruit d’une génération spontanée, mais de plus de 20 ans d’essor de l’islamisme dans quelques « enclaves » françaises et belges négligées et dans les prisons, selon une étude à paraître jeudi.

Fin février 2019, Hugo Micheron, chercheur au CNRS, met une toute dernière main à sa thèse sur le jihadisme français lorsqu’il apprend la mort des frères Clain, tués dans le dernier réduit syrien tenu par le groupe Etat islamique (EI).

Le chercheur a notamment interrogé 80 jihadistes en prison et enquêté dans leurs principaux fiefs: les régions toulousaine, parisienne, niçoise et du nord de la France, ainsi que Bruxelles-Molenbeek en Belgique qui sera très impliquée dans les attentats du 13-Novembre. […]

L’arrivée dans les années 90 de prêcheurs islamistes, issus notamment des filières afghane et algérienne, sera selon M. Micheron le premier facteur de basculement de ces « enclaves » dans le jihadisme. « A Trappes, Toulouse, Strasbourg, Roubaix… ils vont continuer leurs prédications. Et leurs relais locaux, comme les Clain à Toulouse, vont mettre en place un maillage du territoire avec des écoles hors contrat, des associations loi 1901« , explique M. Micheron.

Les autorités s’en inquiètent d’autant moins qu’entre 1996 et 2012, aucun attentat n’a lieu en France, souligne M. Micheron. Et lorsque survient Mohammed Merah en 2012, elles le présentent un peu vite comme un « loup solitaire », oubliant qu’il est un pur produit de la filière toulousaine des années 2000. […]

Si l’EI a aujourd’hui disparu territorialement, la menace idéologique perdure en France, souligne M. Micheron, notamment dans les prisons, « premier réservoir humain de la mouvance« , avec 500 jihadistes incarcérés et 1.200 autres prisonniers radicalisés.

news.yahoo

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Saint-Nicolas : légendes et traditions d’Europe

La Saint-Nicolas est une fête empreinte de traditions, qui diffèrent selon les régions, et qui est célébrée dans de nombreux pays d’Europe, durant la nuit du 5 au 6 décembre. La légende raconte que c’est en Lorraine que le Saint-Nicolas réalisa sa première « bonne action ». Trois enfants, partis cueillir quelques fruits, se perdirent sur le chemin du retour. Voyant au loin de la lumière dans une maison, ils décidèrent d’aller demander l’hospitalité pour la nuit. Pierre Lenoir, un boucher, leur ouvrit et accepta leur demande. Finalement, il les tua pour les transformer en petit salé, un plat typique de la région. Une légende faisant un peu écho à celle d’Hansel et Gretel…

Saint-Nicolas, passant dans les environs, toqua lui aussi à la porte du boucher. Ce dernier n’osa pas refuser l’entrée à un évêque et l’invita donc à dîner. Le saint homme demanda alors un petit salé, mettant le boucher dans l’embarras et avoua finalement son crime. Saint-Nicolas décida alors de ressusciter les trois enfants, et devint ainsi le Saint protecteur des enfants. Mais pour punir le méchant boucher, l’évêque l’enchaîna à son âne, et devint alors le Père Fouettard, chargé de réprimander les garnements. […]

En Belgique bien sûr, où le Saint (Sinterklaas en Région flamande et aux Pays-Bas) se charge de venir offrir quelques douceurs telles que des spéculoos ou des mandarines, aux gentils enfants pendant la nuit, si ceux-ci ont pris la peine de préparer sa venue en déposant un verre de vin et une carotte pour son âne. […]

Aux Pays-Bas aussi, Saint-Nicolas est bien fêté. 2 semaines avant le 6 décembre, il arrive en bateau à vapeur depuis l’Espagne. Chaque année, les autorités nationales choisissent une ville différente pour accueillir le bateau, qui fera ensuite sa tournée à travers le pays. Mais la soirée du 5 décembre a lieu le Pakjesavond, la soirée des paquets surprises. Ces paquets sont distribués par les cheminées ou les paliers des maisons et sont souvent accompagnés de poèmes retraçant les éléments de l’année. […]

En France, et particulièrement en Lorraine, la fête est d’autant plus célébrée puisque le Saint est le saint-patron de la région depuis 1477. Jusque dans les années 60, la Saint-Nicolas était bien plus importante que Noël. Dans toutes les grandes villes de la région comme Metz, Nancy ou Verdun, le cortège de Saint-Nicolas est une véritable tradition. Il passe ainsi de porte-en-porte pour distribuer quelques friandises aux enfants. A Saint-Nicolas-de-Port, la fête prend une toute autre dimension. C’est dans cette ville qu’une relique, l’os du doigt de Saint-Nicolas, est conservée dans la basilique. A lieu alors une grande procession de cierges à travers les rues de la ville. Lors de cette marche, le Saint, le boucher et les trois enfants de la légende sont présents.

En Allemagne, c’est Nikolaus qui descend du ciel avec sa luge et ses cadeaux à distribuer aux gentils enfants allemands. Les enfants sont invités à déposer une chaussure au pas de la porte de leur chambre avant d’aller se coucher. Si le soulier est rempli de cadeaux et de friandises le lendemain, cela veut dire qu’ils ont été sages ! Cette tradition marque le début des fêtes de fin d’années en Allemagne.

En Autriche, selon les régions, le nom du Saint change. Dans l’est du pays, il est appelé Nikolo ou Niglo, tandis que dans le Tyrol, il est nommé SantaKlos ou Klos. Mais peu importe la région, partout en Autriche, le soir du 5 décembre, le Saint défile traditionnellement dans les rues et questionne les enfants sur leur catéchisme. S’ils répondent correctement, les enfants reçoivent des noix et des pommes. Ici, le Saint n’est pas accompagné du Père Fouettard (dont les verges trouveraient leur origine dans les rameaux de fécondité) mais des Krampus, des créatures venues des Enfers, chargées de punir les enfants dont les réponses sont erronées. Il irait même jusqu’à les emmener en Enfer avec lui, en les mettant sans sa hotte appelée Buckelkraxen. Dans une autre région encore, en Haute Styrie, Saint-Nicolas est accompagné des Schnabs, qui claquent leurs fouets pour chasser les démons de l’hiver. […]

Saint Nicolas est le protecteur des marins, des voyageurs, des pêcheurs, des constructeurs de ponts, des colons germaniques s’installant de l’Oder au Golfe de Finlande. Devenu au fil des temps le saint patron des voyageurs que guettaient bien des périls, Saint Nicolas a fini également par étendre sa protection aux voleurs et aux brigands. […]

Dans beaucoup d’autre pays d’Europe est célébré Saint-Nicolas, comme en Pologne, en Hongrie, en Suisse (où Saint-Nicolas passe pour être lié à Sainte-Lucie déesse de la végétation) […] On peut lire dans l’Encyclopedia Oosthoeks: “La fête de famille [de la Saint-Nicolas] provient de la fête religieuse (y compris les surprises pour les enfants) qui, elle, a sa source dans des éléments pré-chrétiens. Saint Nicolas, qui chevauche au-dessus des toits, est le dieu païen Wotan [Odin]. (…) Saint Nicolas était aussi le chef de la chasse sauvage au cours de laquelle les âmes des morts rendent visite à la terre.

En effet, les Teutons croyaient qu’Odin, ou Wotan, le plus important de leurs dieux, conduisait les âmes des morts en une furieuse chevauchée à travers champs pendant les “douze mauvais jours” qui séparent Noël et l’Épiphanie (6 janvier). Le grand vent qu’il soulevait emportait les semences du produit des champs, ce qui stimulait la fertilisation. Quant aux pommes, aux noix, aux noisettes, aux amandes et aux autres fruits d’automne distribués à la “Saint-Nicolas”, ils étaient des symboles de fertilité. Les anciens croyaient pouvoir apaiser la colère de leurs dieux en leur faisant des cadeaux pendant les jours froids et sombres de l’hiver. Ils en obtiendraient une plus grande fertilité pour l’homme, l’animal et le sol.

Odin était accompagné par son valet Eckhard, le prédécesseur de Pierre le Noir, qui, lui aussi, portait une verge. Pas plus tard qu’au Moyen Âge, il était courant d’admettre que certains arbres et plantes pouvaient rendre les humains féconds et qu’une femme pouvait tomber enceinte simplement si elle était frappée avec une branche d’un de ces arbres.

Le livre Feest-​en Vierdagen in kerk en volksgebruik (Fêtes et cérémonies dans l’Église et dans les coutumes populaires) cite quelques autres similitudes entre Odin et “saint” Nicolas: “Wotan, lui aussi, remplissait bottes et sabots placés près de la cheminée, mais avec de l’or. Pour le coursier de Wotan, on plaçait également dans le sabot du foin et de la paille. En outre, la dernière gerbe des champs était réservée au cheval.”

Sint Nicolaas, de B. van den Aardweg, signale encore d’autres similitudes frappantes: “Saint Nicolas: personnage grand et puissant monté sur un cheval blanc. Il porte une longue barbe blanche, tient une crosse à la main et il est coiffé d’une mitre (…) et revêtu d’une cape d’évêque, large et flottante.

“Wotan: personnage de haute stature et à la barbe blanche. Il porte un chapeau à larges bords enfoncé sur les yeux. Il tient à la main une lance magique. Il est enveloppé d’une grande cape et monte son fidèle cheval gris, Sleipnir.

Il y a plus que ces similitudes visibles: Wotan menait son cheval gris à travers les airs, et les gens, tout tremblants, lui offraient des gâteaux fourrés, de la viande et des produits des champs. Saint Nicolas, à cheval, passe au-dessus des toits, et les enfants préparent du foin, des carottes et de l’eau pour sa monture. Les gâteaux secs au gingembre et la baguette étaient des symboles de fertilité longtemps avant l’apparition des fêtes de saint Nicolas.

Un certain nombre d’autres coutumes ayant trait à “saint” Nicolas trahissent elles aussi leurs origines païennes. Par exemple, dans les régions nordiques, le 4 décembre, les garçons de 12 à 18 ans se répandent dans les rues. Masqués et affublés de costumes grotesques décorés de plumes, de coquillages et d’autres objets régionaux, ils représentent les “petits saints Nicolas”, ou Sunne Klaezjen. Le lendemain soir, c’est au tour des hommes de 18 ans et plus. En début de soirée, ils rôdent dans les rues où, armés de balais, de cornes de bœufs et de gourdins, ils font fuir toute femme, jeune fille ou petit garçon qui croise leur chemin. Ils forcent les jeunes filles à danser ou à sauter par-dessus une baguette.

À quoi servent toutes ces manifestations? Encore à la fertilité — invariable préoccupation des cultures antiques. En effet, l’hiver était une époque sombre et angoissante, souvent considérée comme une période de sommeil ou de mort pour le dieu de la fertilité. On pensait que, par divers moyens, l’on pouvait redonner vie à ce dieu ou à cette déesse, ou tout au moins l’aider quelque peu. Les cadeaux, les danses, le tapage, les coups de baguette étaient, pensait-​on, autant de façons de chasser les mauvais esprits et de rendre plus féconds les humains, les animaux et le sol.

C’est pourquoi, lorsqu’aujourd’hui les jeunes filles sautent par-dessus une baguette, elles imitent leurs aïeules qui croyaient que plus haut elles sautaient, plus haut pousserait le lin. En chassant les femmes et les enfants, les jeunes hommes répètent le rite de la chasse aux mauvais esprits.

Le Figaro & Le Soir & Encyclopédie Oosthoek & DBNL

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Finkielkraut : « Les Européens de l’Est ne veulent pas devenir des citoyens de sociétés multiculturelles »

Dans son dernier livre, «A la première personne», Alain Finkielkraut répond à ceux qui le traitent de réactionnaire. L’occasion d’interroger le philosophe, ancien directeur de la revue «Le Messager européen», sur ces trente années écoulées, durant lesquelles la mondialisation débridée a déferlé sur l’ancien glacis soviétique à l’est de l’Europe.

« (…) La France n’est pas programmé pour devenir une juxtaposition des communautés, accompagnée d’une certaine gestuelle religieuse et identitaire dont le port du voile islamique est l’une des principales marques. Est-ce que cela vaut aussi pour l’Europe? Je pense que oui. »

« (…) La cassure entre l’Europe occidentale et l’Europe centrale ou orientale est évidente. Hier, c’était un rideau de fer politique. Aujourd’hui, c’est un fossé culturel. Les Européens de l’Est ne veulent pas devenir des citoyens de sociétés multiculturelles. Ils veulent préserver l’héritage européen. Je vois bien que, derrière cela, des tentations politiques autoritaires sont aussi à l’œuvre, mais nous devons cesser de regarder ce qui se passe là-bas avec condescendance! J’ai entendu un ancien conseiller de Vaclav Havel, ancien président tchèque et grand défenseur des libertés, me dire qu’il ne souhaitait pas voir sa ville, Brno, devenir «la Marseille de l’Europe de l’Est». »

« (…) L’Europe de l’Ouest a été traumatisée, et elle le reste, par l’apocalypse nazie. Tout vient de là. Notre partie de l’Europe est sortie de son histoire dans l’espoir de ne pas retomber dans la folie. Les Européens ont voulu ne plus exclure, par peur d’emprunter de nouveau la voie raciste. Nous nous sommes aveuglés pour ne pas voir cette dimension de l’existence qu’est l’identité. On a donc créé – et l’intégration communautaire y a contribué – une sorte d’«homo economicus» européen standard et formaté. Les Européens de l’Est, eux, n’ont pas grandi dans cette obsession de l’apocalypse. »

(…) Le Temps

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Macron et Castaner visés par une plainte à la Cour pénale internationale pour «crime contre l’humanité» (vidéo)

Francis Lalanne s’est rendu le 11 juin à la Cour pénale internationale afin d’y déposer une plainte pour « crime contre l’humanité » contre le Président français et son ministre de l’Intérieur. Comme l’explique l’avocate Sophia Albert-Salmeron, ils étaient les « donneurs d’ordres » lors des manifestations des Gilets jaunes.

Une plainte a été déposée le 11 juin à la Cour pénale international (CPI) contre Emmanuel Macron et Christophe Castaner, informe le groupe Facebook « Vécu, le média du gilet jaune ».

Le requérant dans cette affaire est Francis Lalanne, chanteur et Gilet jaune qui avait lancé il y a trois mois une pétition sur change.org afin de soutenir une procédure contre le Président et son ministre de l’Intérieur qu’il accuse de « crimes contre l’humanité ». Au moment de la rédaction de cet article, cette pétition a recueilli environ 100 000 signatures.

Lors de son déplacement à La Haye, M.Lalanne était accompagné par les avocats Sophia Albert-Salmeron et Ghislain Mabanga. Ce dernier est l’avocat agréé de la CPI qui sera en charge du dossier.

Comme l’a expliqué Mme Albert-Salmeron sur la chaîne YouTube Audiovisuel Créativ’Arts, Emmanuel Macron et Christophe Castaner sont les « donneurs d’ordres » qui ont autorisé les forces de l’ordre à avoir recours à des armes « répertoriées comme armes de guerre » lors des manifestations des Gilets jaunes. Elle a notamment cité l’utilisation des LBD et des grenades de désencerclement.

Sophia Albert-Salmeron a indiqué que les Présidents ne peuvent pas invoquer l’immunité devant la CPI.

«Il a une immunité au niveau interne et c’est pour ça qu’existe la Cour pénale internationale, parce qu’on peut saisir cette Cour […] contre un chef d’État et ses ministres», a-t-elle précisé.

Ils devraient recevoir d’ici un mois une réponse sur la recevabilité de ce dossier.

Source: Sputnik News

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