«Une politique qui frise le racket» : Moscou s’insurge contre un projet de sanctions américaines

Pour Moscou, le nouveau projet de sanctions contre la Russie présenté au Congrès américain le 13 février répond à une politique commerciale des Etats-Unis qui s’affranchit des règles internationales et «frise le racket».

Le projet de loi présenté le 13 février par les sénateurs républicain Lindsey Graham et démocrate Bob Menendez, intitulé «Loi sur la défense de la sécurité américaine contre l’agression du Kremlin», a suscité une réponse incisive du porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.

Selon le diplomate, ce projet de loi est fondé sur «une politique commerciale précise, pragmatique et agressive qui n’a rien à voir avec les règles commerciales internationales». «Cette politique frise parfois le racket. Je parle de diverses dispositions du projet de loi visant à perturber des projets d’entreprises russes dans le secteur énergétique, en s’attaquant aux activités des banques russes qui disposent de la participation de l’Etat», a-t-il insisté dans des propos rapportés par l’agence de presse Tass le 14 février.

«Le gouvernement a déjà mis au point et adopté un certain nombre de mesures efficaces pour se prémunir contre de telles « attaques par racket »», a assuré le porte-parole du Kremlin en réponse à une question sur l’impact de ses éventuelles nouvelles sanctions américaines. Dmitri Peskov a par ailleurs souligné que l’économie russe s’était déjà adaptée aux sanctions existantes et avait même réussi à se développer «malgré ces restrictions injustes».

Pour Dmitri Peskov, il est peu probable que cette logique de sanctions américaines prennent fin : «[La Russie] espère le meilleur mais se prépare au pire.» Compte tenu de l’ambiance actuelle à Washington, le porte-parole du Kremlin ne voit toutefois aucun espoir d’«une amélioration des relations [américano-russes] ou, au moins, d’une rémission durable de la maladie russophobe».

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L’islamisation du monde chrétien conquis par le djihad s’est surtout faite grâce à la charia appliquée aux unions mixtes

Il y a peu de transformations dans l’histoire du monde plus profondes que la conversion des peuples du Moyen-Orient à l’Islam. À partir du début du Moyen Âge, le processus s’est étendu sur plusieurs siècles et a été influencé par des facteurs aussi variés que la conquête, la diplomatie, la conviction, l’intérêt personnel et la coercition.

Il y a cependant un facteur qui est largement oublié mais qui a joué un rôle fondamental dans l’émergence d’une société typiquement islamique : les unions mixtes entre musulmans et non-musulmans.

Pendant une grande partie de la première période islamique, le mélange des musulmans et des non-musulmans était largement fondé sur un déséquilibre fondamental du pouvoir : Les musulmans formaient une minorité dirigeante d’élite, qui avait tendance à exploiter les ressources des peuples conquis – reproductifs et autres – pour croître en taille et s’enraciner au sein des populations locales.

Vu sous cet angle, la conversion forcée était beaucoup moins un facteur de changement religieux à long terme que des pratiques telles que les mariages mixtes et le concubinage.

Les règles régissant les familles religieusement mixtes se sont cristallisées assez tôt, du moins du côté musulman. Le Coran permet aux hommes musulmans d’épouser jusqu’à quatre femmes, y compris les  » gens du Livre « , c’est-à-dire les juifs et les chrétiens. Les femmes musulmanes, cependant, n’étaient pas autorisées à épouser des hommes non musulmans et, à en juger par les preuves historiques, cette interdiction semble avoir été maintenue.
L’injonction reposait sur l’idée que le mariage était une forme d’esclavage féminin : si une femme était liée à son mari comme un esclave l’est à son maître, elle ne pouvait être soumise à un infidèle.

En dehors du mariage, les conquêtes des VIIe et VIIIe siècles ont vu un nombre considérable d’esclaves capturés en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et en Asie centrale. Les femmes esclaves d’origine non musulmane, au moins, étaient souvent contraintes à servir sexuellement leurs maîtres musulmans, et nombre de ces relations donnaient naissance à des enfants.

Comme les hommes musulmans étaient libres de garder autant d’esclaves qu’ils le souhaitaient, les rapports sexuels avec des femmes juives et chrétiennes étaient considérés comme licites, tandis que les rapports sexuels avec des Zoroastriens et d’autres personnes extérieures au  » peuple du Livre  » étaient techniquement interdits.
Après tout, ils étaient considérés comme des païens, dépourvus d’une écriture divine valide, équivalente à la Torah ou à l’Evangile. Mais comme tant d’esclaves au début provenaient de ces communautés  » interdites « , les juristes musulmans ont mis au point des solutions de rechange pratiques.
Certains écrivains du IXe siècle, par exemple, soutenaient que les femmes zoroastriennes pouvaient être incitées ou même forcées à se convertir, et ainsi devenir disponibles pour le sexe.

Qu’ils soient issus du mariage ou de l’esclavage, les enfants issus d’unions mixtes religieuses sont automatiquement considérés comme musulmans. Parfois, des hommes juifs ou chrétiens se convertissaient après avoir déjà fondé une famille : s’ils se convertissaient avant que leurs enfants aient atteint l’âge de la majorité légale – sept ou dix ans, selon l’école de la loi islamique – ils devaient suivre la foi de leur père.
Si les conversions ont eu lieu après, les enfants étaient libres de choisir. Même lorsque les pères et les enfants changeaient de religion, les mères pouvaient continuer à être juives et chrétiennes, comme c’était leur droit en vertu de la charia.

Le mariage et le concubinage mixtes ont permis aux musulmans – qui constituaient un infime pourcentage de la population au début de l’histoire islamique – de s’intégrer rapidement à ceux qui leur étaient assujettis, de légitimer leur domination sur les territoires nouvellement conquis et de les aider à se développer en nombre.
Elle a également fait en sorte que les religions non musulmanes disparaissent rapidement de l’arbre généalogique. En effet, étant donné les règles qui régissent l’identité religieuse des enfants, les groupes de parenté mixtes n’ont probablement pas duré plus d’une ou deux générations.

C’est précisément cette perspective de disparition qui a incité les dirigeants non musulmans – rabbins juifs, évêques chrétiens et prêtres zoroastriens – à s’opposer au mariage mixte et à codifier les lois visant à le décourager.
Étant donné que les musulmans font partie de l’élite, qui bénéficie d’un meilleur accès aux ressources économiques que les non-musulmans, leur taux de fécondité est probablement plus élevé.

Bien sûr, la théorie et la réalité ne concordaient pas toujours, et les familles mixtes sur le plan religieux bafouaient parfois les règles établies par les juristes.
Les biographies des martyrs chrétiens du début de la période islamique, un groupe peu connu qui fait l’objet de mon livre, Christian Martyrs under Islam (2018), constituent l’un des témoignages les plus riches de ces familles.
Beaucoup de ces martyrs ont été exécutés pour des crimes tels que l’apostasie et le blasphème, et un grand nombre d’entre eux venaient d’unions religieuses mixtes.

Un bon exemple est Bacchus, un martyr tué en Palestine en 786 – environ 150 ans après la mort du prophète Mahomet. Bacchus, dont la biographie a été enregistrée en grec, est né dans une famille chrétienne, mais son père s’est converti à un moment donné à l’Islam, changeant ainsi le statut de ses enfants.
La mère de Bacchus, qui priait pour le retour de son mari et qui, entre-temps, semble avoir exposé ses enfants musulmans aux pratiques chrétiennes, était en grande détresse. Finalement, le père mourut, libérant Bacchus pour qu’il devienne chrétien. Il a ensuite été baptisé et tonifié comme moine, ce qui a mis en colère certains parents musulmans qui l’ont fait arrêter et tuer.

Des exemples similaires viennent de Cordoue, capitale de l’Espagne islamique, où un groupe de 48 chrétiens ont été martyrisés entre 850 et 859, et commémorés dans un corpus de textes latins.
Plusieurs des martyrs de Cordoue sont nés dans des familles religieusement mixtes, mais avec un aspect intéressant : un certain nombre d’entre eux ont vécu publiquement en tant que musulmans mais ont pratiqué le christianisme en secret.
Dans la plupart des cas, cela semble avoir été fait à l’insu de leurs pères musulmans, mais dans un cas unique, celui de deux sœurs, cela se serait produit avec le consentement du père.
L’idée que l’on aurait une identité juridique publique en tant que musulman mais une identité spirituelle privée en tant que chrétien a produit une sous-culture unique de « crypto-christianisme » à Cordoue.

Cela semble s’être étendu sur plusieurs générations, alimenté par la tendance de certains « crypto-chrétiens » à chercher et à épouser d’autres comme eux.

Dans le Moyen-Orient moderne, les mariages mixtes sont devenus rares. L’une des raisons en est le succès à long terme de l’islamisation, qui fait qu’il y a tout simplement moins de juifs et de chrétiens à marier.
Une autre raison est que les communautés juives et chrétiennes qui existent aujourd’hui ont survécu en partie en vivant dans des environnements homogènes sans musulmans, ou en établissant des normes communautaires qui pénalisent fortement le mariage.
Contrairement au monde d’aujourd’hui, où les frontières entre les communautés peuvent être fermées, le Moyen Orient médiéval était un monde de étonnamment poreux en ce qui concerne la chambre à coucher.

aeon.co

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Lors d’un entretien téléphonique, Vladimir Poutine apporte son soutien à Nicolas Maduro

Lors d’un entretien téléphonique, Vladimir Poutine a apporté son soutien au Président légitime du Venezuela Nicolas Maduro et a estimé indispensable de surmonter les différends existant au sein de la société vénézuélienne par le dialogue.

Vladimir Poutine a eu ce jeudi un entretien téléphonique avec le Président légitime du Venezuela Nicolas Maduro.

«Le Président a exprimé son soutien aux autorités légitimes du Venezuela dans le contexte de l’aggravation, par des forces extérieures, de la crise politique dans ce pays d’Amérique latine», vient d’annoncer le service de presse du Kremlin.

Vladimir Poutine a également souligné que l’ingérence extérieure destructrice violait «grossièrement les normes fondamentales du droit international».

«Il a préconisé la recherche d’une solution dans le respect de la Constitution vénézuélienne et a estimé indispensable de surmonter les différends existant au sein de la société vénézuélienne par le dialogue», a encore noté le Kremlin.

«Le Président vénézuélien a pour sa part donné son évaluation des développements dangereux que connaît la situation dans son pays au cours de ces derniers jours et a remercié [Vladimir Poutine, ndlr] pour la position de principe de la Russie», a-t-il ajouté.

Les deux interlocuteurs «ont confirmé leur intention réciproque de poursuivre la collaboration russo-vénézuélienne dans différents domaines», a ajouté le service de presse de la présidence russe.

L’opposant Juan Guaido, renvoyé mardi du poste de président de l’Assemblée nationale vénézuélienne sur décision de la Cour suprême, s’est autoproclamé mercredi «Président en exercice» du pays et a prêté serment. Donald Trump l’a reconnu comme «Président par intérim» et a déclaré qu’il utiliserait tous les outils économiques et diplomatiques pour «rétablir la démocratie au Venezuela».

Nicolas Maduro a estimé que Washington avait essayé d’organiser un coup d’État au Venezuela et a rompu les relations diplomatiques avec ce pays, donnant 72 heures à ses diplomates pour quitter le territoire vénézuélien. M.Maduro a qualifié M.Guaido de Président non-constitutionnel.

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Les gilets jaunes devraient exiger la fin du mondialisme économique et migratoire

La crise actuelle est le fruit attendu de la politique injuste du Système. Décennie après décennie, l’oligarchie a en effet imposé aux Français une idéologie contraire à leurs aspirations qui les a progressivement appauvris, déracinés et marginalisés.

Aussi, pour retrouver leur dignité de peuple, les gilets jaunes doivent-ils aujourd’hui mettre en cause la pensée unique et exiger la fin du mondialisme économique et migratoire. Pour qu’il débouche sur un grand changement, il est dès lors important que chacun comprenne clairement la portée réelle de ce mouvement et ne se trompe ni sur sa nature ni sur ses causes profondes.

La France fragmentée

S’agissant de l’origine des manifestants, les médias les rattachent à une France périphérique qui serait oubliée des pouvoirs publics. Cette analyse, au demeurant exacte est cependant largement incomplète car elle n’appréhende pas et de loin la totalité de la situation dans laquelle se trouve les Français d’aujourd’hui. Notre pays est en réalité fragmenté en trois entités : celle des métropoles, celle des banlieues et celle de la périphérie.

Les minorités dominantes : l’oligarchie et les immigrés

La France des métropoles est celle de l’oligarchie et de ses affidés. Il s’agit des membres du Système et des bobos qui partagent son idéologie politiquement correcte. Ceux-là ne sont pas pénalisés par le libre-échangisme ni par l’immigration et tous communient dans le projet mondialiste cher au cartel de Davos. Tournés vers l’étranger, axés sur le sauvetage de la planète, ils ne se préoccupent plus vraiment de la France si ce n’est pour l’adapter à la mondialisation et au changement climatique.

À l’autre bout de l’échelle sociale, dans les banlieues, on trouve les immigrés ou les personnes originaires de l’immigration. Ils ne sont pas affectés non plus par la mondialisation puisqu’elle leur a permis de venir en France où ils vivent beaucoup mieux que dans leur pays d’origine. Et cela d’autant plus qu’ils sont soutenus par l’oligarchie qui leur donne la priorité sur les Français de souche aussi bien à travers son discours sur le vivre ensemble que par les aides financières massives qu’elle leur apporte. Désireuses de vivre chez nous comme elles vivent chez elles, ces populations n’éprouvent que peu d’intérêt pour la France.

La majorité marginalisée : les Français des classes moyennes et populaires

Enfin, dans la périphérie des métropoles, dans les villes moyennes et dans les zones rurales vivent les Français des classes moyennes et populaires. Ils sont oubliés du Système, ignorés de l’oligarchie, et, bien que majoritaires, marginalisés dans leur propre pays. Eux subissent de plein fouet les effets destructeurs de la mondialisation aussi bien à travers l’immigration avec laquelle ils sont en contact qu’en raison du libre-échangisme sauvage qui provoque un chômage massif dont ils sont les premières victimes. Pis, ce sont eux qui assurent par leur nombre l’essentiel des rentrées fiscales et sociales alors que beaucoup d’entre eux n’ont pas accès aux aides publiques, celles-ci étant pratiquement toutes attribuées sous condition de ressources. Ajoutons qu’ils sont, quant à eux, très attachés à la France et qu’ils constituent la réalité du peuple français.

Les gilets jaunes : le peuple français en colère

On comprend dès lors pourquoi la France est oubliée : les seuls qui s’y intéressent encore, les Français des classes moyennes et populaires, sont étouffés et occultés. Avec les gilets jaunes, clairement issus de cette France périphérique, ce sont donc les Français qui se réveillent. C’est le peuple français en colère qui reproche à la classe dirigeante de l’ignorer et de le pénaliser au profit des minorités que sont les immigrés et, dans un autre registre, les membres de l’oligarchie.

L’oligarchie impose le choix idéologique du mondialisme

S’agissant par ailleurs des causes de la révolte, il y a là encore un manque flagrant de discernement. On nous explique en effet que le problème viendrait d’une insuffisance de pouvoir d’achat résultant d’une mauvaise gestion de l’économie. Ce n’est malheureusement pas la réalité.

Si la situation ne cesse de se dégrader, ce n’est pas en raison des erreurs de gestion de nos dirigeants mais à cause de leurs choix idéologiques, des choix qui les conduisent contre toute raison à soumettre notre économie au mondialisme et notre société à l’immigration.

C’est pourquoi les Français ne connaissent pas un simple problème de pouvoir d’achat mais un processus majeur d’appauvrissement. Le libre-échangisme sauvage que nous subissons depuis des décennies par la faute de nos dirigeants a en effet provoqué un transfert continu de richesse de la France vers les pays émergents. La concurrence sauvage et déloyale imposée à nos entreprises a engendré avec la désindustrialisation et le chômage de masse un appauvrissement général du pays. Un appauvrissement encore accentué par la charge financière considérable de l’immigration.

Le Système organise l’appauvrissement du pays

Pour traiter ce processus sans renoncer au mondialisme, la classe politique a d’abord cherché à le compenser par le recours à l’emprunt. Mais la dette se creusant, la Commission de Bruxelles se faisant plus pressante, cette politique de court terme n’était plus réellement possible.

Dès lors, deux solutions se présentaient à nos dirigeants. Renoncer au mondialisme, stopper l’immigration, établir des écluses douanières aux frontières de l’Europe et réindustrialiser notre pays pour créer à nouveau de la richesse sur notre sol tout en allégeant le poids de l’immigration. Mais pour nos gouvernants totalement inféodés à la pensée unique, une telle option est évidemment idéologiquement impensable.

Aussi ne leur reste-t-il que la seconde option qui consiste à accepter l’appauvrissement du pays et même à l’organiser. C’est ce choix purement idéologique que les dirigeants du Système ont fait au mépris des Français et c’est ce choix que Monsieur Macron et ses soutiens ont entrepris de mettre en œuvre. Dès lors tout s’enchaîne car, pour organiser l’appauvrissement, il faut en effet augmenter les prélèvements et diminuer les prestations ainsi que les services publics et donc réduire le niveau de vie des Français

Les gilets jaunes : en finir avec le mondialisme

Face à cette situation absurde qui voit le pouvoir œuvrer contre le peuple, il était logique que ce dernier se réveille et manifeste sa colère. Tel est le sens du mouvement des gilets jaunes : ils sont le peuple français victime du mondialisme économique et migratoire voulu par la classe politique. Aussi la réponse à leur colère réside-t-elle dans le rétablissement des frontières afin de stopper l’immigration et de mettre un terme à la concurrence sauvage qui appauvrissent notre pays. Bref, pour répondre aux gilets jaunes, il faut sortir de la pensée unique.

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Ce que les GJ refusent d’entendre : ils s’appauvrissent à cause de l’immigration !

Ce grand débat est une foutaise qui va coûter une quinzaine de millions et n’aboutira à rien. Un bel exercice de communication pour Macron, qui  tente de redorer son blason avec le soutien indéfectible de la presse, qui rivalise de louanges pour saluer l’exercice. .

Entouré majoritairement de lèche-bottes qui sifflent dès qu’une question gênante est posée par un élu courageux, Macron se pavane en terrain conquis.   https://youtu.be/nqRqkPxpHUU . https://youtu.be/nqRqkPxpHUU .

Gilets jaunes tenus à l’écart par un dispositif policier musclé, maires triés sur le volet pour faire la claque et ovationner l’artiste, questions gênantes évacuées du débat, on ne peut pas dire que Macron prenne beaucoup de risques et travaille sans filet. .

C’est du sur mesure concocté pour notre premier de la classe, qui peut ainsi “débattre” devant les Français sans affronter le moindre contradicteur. .

D’ailleurs, la Commission nationale du débat public, la CNDP, le confirme. . « Depuis que l’exécutif a repris en mains l’organisation du grand débat, il n’y a plus de garantie de neutralité et d’indépendance » ! C’est tout dire ! . « Un questionnaire ciblé a remplacé la plateforme très ouverte ». . Une mascarade grotesque. On mélange dans un chapeau des papiers roses et des papiers blancs et on  dit  aux maires : « Tirez un papier rose ». .

Pourtant, si quelques maires courageux posaient les bonnes questions, Macron aurait déjà jeté l’éponge, faute d’arguments  crédibles, dès le deuxième épisode de Souillac. .

Pourquoi les Gilets jaunes diffèrent leurs soins faute de moyens, alors que les sans-papiers sont couverts à 100 % par l’AME qui coûte  1 milliard ? (question posée par la maire de Montauban). .

Mais il y en a d’autres : le coût de l’immigration de 2000 euros par Français, bébés compris, la fraude sociale de 14 milliards, les milliers de mariages blancs pour accéder à la nationalité française, les fausses reconnaissances de paternité, la même carte Vitale qui permet d’accoucher 4 fois dans l’année, les dizaines de milliers de polygames qui ne vivent que du social, comme le célèbre polygame malien de Bobigny avec ses 4 femmes et ses 46 gamins, la délinquance étrangère qui remplit nos prisons, deux détenus sur trois sont musulmans selon Jack Lang, les retraites payées à des centenaires étrangers disparus depuis des lustres, les retraites payées à des étrangers de 65 ans qui n’ont jamais travaillé ni cotisé en France, les déboutés du droit d’asile jamais expulsés, etc. .

La France est en train de couler à pic, les Gilets jaunes sont en train de crever. . 25 000 de nos paysans sont en quasi faillite, mais on a dépensé plus de 2 milliards pour accueillir 25 000 mineurs isolés dont 60 % sont des fraudeurs majeurs. . 140 000 SDF dorment sous les ponts mais on loge 25 000 clandestins à l’hôtel, où les contrôles d’identité sont impossibles. .

Pourquoi les Gilets jaunes sont les derniers servis au guichet social ? . C’est la question à laquelle Macron devrait répondre dans le détail. . Le PIB 2018 vient de tomber. ( source FMI ) . Afrique, Maghreb compris = 2085 milliards de dollars pour  53 pays. . France = 2794,7 milliards de dollars. .

Un Français est 20 donc fois plus riche qu’un Africain. Les GJ travaillent ! . Macron veut-il que les Gilets jaunes s’appauvrissent encore davantage en partageant le fruit de leur travail avec toute la misère du monde ? .

Car si l’immigration augmente mécaniquement le PIB, comme le dit doctement l’inénarrable Moscovici, elle diminue aussi mécaniquement le PIB par habitant ! . Ce que Moscovici se garde bien d’évoquer. .

En quoi un milliard d’Africains, incapables de mettre en valeur le plus riche continent de la planète, pourraient-ils être une richesse pour la France ?

Gérard Pince a calculé que la contribution au PIB d’un immigré était deux fois moindre que celle d’un  natif. . La part de social dans les revenus d’un immigré africain atteint 24 % alors qu’elle n’est que de 4 % pour un natif ( source Insee ) .

L’immigration extra-européenne est un désastre économique et social qui entraîne la France par le fond. . De plus, la fracture identitaire et l’islamisation du pays nous préparent des lendemains tragiques, comme l’a dit Gérard Collomb. . Tout autre discours est un mensonge.

Il n’existe nulle part au monde de société multiculturelle paradisiaque. Macron mène la France au chaos et à la ruine totale. .

Jacques Guillemain

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Comment la France s’est vendue aux Gafam, par Tarik Krim

Pour le pionnier du Web français Tariq Krim, l’histoire du déclin du numérique français est une tragédie en 3 actes. Il existe pourtant une sortie de crise.

Par Tariq Krim *

Pourquoi la France est-elle passée du statut de pays leader dans la technologie à celui beaucoup moins enviable de nation consommatrice de smartphones obligée de mendier un peu d’oxygène aux grandes plateformes pour développer ses projets  ?

L’histoire du déclin du numérique français est une tragédie en trois actes. Il y eut d’abord les «  30 honteuses du numérique  », où une petite élite arrogante et dénuée de vision stratégique a démantelé notre industrie informatique et électronique grand public. Elle a débranché les travaux de recherches les plus intéressants et laissé nos meilleurs développeurs partir à l’étranger faute de pouvoir les associer à des projets ambitieux.

Vient ensuite la capitulation vis-à-vis des grands acteurs américains. Ainsi, de nombreux politiques et hauts fonctionnaires français leur ont permis d’intégrer leurs technologies au cœur des prérogatives régaliennes de l’État : défense, renseignement, éducation, sécurité, mais aussi culture. Plusieurs d’entre eux quitteront leurs fonctions pour aller rejoindre ces sociétés.

Le troisième acte se joue en ce moment. Alors que nos dirigeants se préparent à une vente à la découpe, il reste cependant un mince espoir d’inventer une autre manière d’utiliser le réseau plus en phase avec nos principes et nos valeurs. Mais pouvons-nous encore changer la doctrine des politiques numériques de la France  ? Quand on écoute nos hommes politiques, le déclassement de l’Europe vis-à-vis de l’Internet est présenté comme une fatalité. Un accident de l’Histoire à l’issue duquel les clés du monde de demain auraient été données aux États-Unis et à la Chine.

La réalité est beaucoup plus douloureuse. En 1993, les États-Unis lancent le projet des «  Autoroutes de l’information  » qui fera notamment de l’Internet et du numérique le fer de lance de leur nouvelle stratégie de croissance. Au même moment, l’Europe décide de miser sur les industries traditionnelles… et le diesel propre  ! Vingt-cinq ans plus tard, les Gafam dominent aujourd’hui le monde et le patron d’Audi a été arrêté pour avoir faussé les mesures de pollution de ses moteurs. En France, les Gilets jaunes ne comprennent pas pourquoi ils sont taxés sur le diesel alors que pendant des années on les a massivement incités à acheter les voitures utilisant ce type de carburants.

Nous aurions pu avoir un autre destin, car si les États-Unis avaient la vision et l’argent, c’est en Europe qu’ont été inventées deux des briques fondamentales de l’Internet : Linux et le Web. Mais à la différence du standard GSM, ces dernières ont eu le malheur d’être conçues par des individus talentueux hors des grandes institutions. Snobés chez nous, ces deux projets deviendront le moteur des plateformes numériques américaines et chinoises et l’instrument de leur domination mondiale. Car c’est bien de la détection précoce des technologies d’avenir et des talents que viennent les succès de sociétés comme Google, Apple, Facebook, Amazon ou Microsoft. La France ne voit pas les choses de la même manière, notre élite méprise ce qui est marginal, différent ou simplement trop petit. Le scénario de «  dénumérisation  » de la France suivra toujours le même schéma. Nous vendrons à la casse nos sociétés, ou les dilapiderons alors qu’elles possédaient en interne les technologies qui, si elles avaient été mieux valorisées, nous auraient permis d’influencer la direction prise par l’Internet.

Tout commence dans les années 70, avec l’abandon du réseau Cyclades de Louis Pouzin au profit du Minitel. Louis Pouzin en est le concepteur et il est l’inventeur de la segmentation des données en «  Datagramme  ». Il sera récompensé (avec Tim Berners-Lee et Vinton Cerf) par la reine d’Angleterre pour ses contributions essentielles à la création de l’Internet et il reste à ce jour un inconnu du grand public en France. Il faudra attendre 1994 pour que nos chercheurs acceptent enfin de s’intéresser à autre chose qu’à des technologies incompatibles avec l’Internet. Dans les années 90, c’est au tour du Premier ministre de l’époque Alain Juppé d’expliquer, au journal de 20 heures, sa décision de vendre à la casse Thomson Multimédia au coréen Daewoo : «  Thomson, ça ne vaut rien, juste un franc symbolique. » Le gouvernement obsédé exclusivement par le volet social de l’entreprise ignore que Thomson multimédia dispose d’une grande partie des brevets sur la musique (le fameux MP3) et la vidéo en ligne qui seront utilisés quelques années plus tard dans tous les smartphones. Sa branche grand public sera démantelée et vendue au chinois TCL et ses meilleurs ingénieurs partiront chez Google.

Quasiment au même moment, Alcatel décide de transférer ses usines vers la Chine. Son PDG veut appliquer la stratégie du «  fabless  », à savoir délocaliser la production tout en conservant le design en France. Ce sera une grossière erreur d’analyse. Lorsque les smartphones deviennent un succès international, la France n’a plus de capacités industrielles dans ce secteur, alors qu’elle était l’un des principaux fabricants dans le monde. Nokia, le champion européen du GSM, sera lui aussi vendu à Microsoft puis mis à mort quelques années plus tard. Seuls la Corée et le Japon qui ont su conserver leurs sociétés dans le domaine profiteront pleinement de l’arrivée d’Android. Après avoir sabordé notre électronique grand public, tout sera fait pour empêcher la création d’une industrie indépendante de l’Internet en France.

Alors que la Silicon Valley parie sur les talents et les start-up, la France préfère s’embourber dans des grands projets institutionnels sans avenir. Mais ces projets permettent aux politiques de faire des annonces et aux industriels déjà établis de bénéficier de la manne de l’argent public. Ainsi, le projet Quaero, qui visait à créer un «  Google Européen  », a été lancé par Jacques Chirac. Il terminera rapidement dans les oubliettes technologiques. Plus récemment, le Cloud souverain, qui se targuait d’être la réponse française à Amazon et Microsoft, sera abandonné en rase campagne puis revendu (et sans ironie aucune)… au chinois Huawei. Au final, beaucoup d’argent aura été dépensé soit pour concurrencer l’Internet lui-même soit pour contourner les start-up qui voulaient développer des solutions alternatives aux Gafam. C’est une génération entière d’entrepreneurs et de chercheurs que l’on a écartés pour redéfinir la politique industrielle du secteur. Tout récemment, le rapport sur l’intelligence artificielle de Cédric Villani n’a pas fait mention des deux meilleures solutions open sources dans le domaine : SciKit Learn et Keras qui se trouvent être… françaises.

L’acte deux commence avec le quinquennat Hollande. Un changement d’attitude va s’opérer vis-à-vis des grandes plateformes. La défaite est désormais entérinée en coulisses. Il ne s’agit plus d’exister au niveau mondial, mais de négocier avec les Gafam tout en faisant mine de s’indigner publiquement de leurs abus de position dominante. Place à la stratégie «  Ferrero Rocher  » : tapis rouge, petits fours, quasi-visites d’État et quasi-sommets diplomatiques avec les Gafam. L’exigence de souveraineté numérique n’est plus un rempart. Un partenariat entre Cisco et l’Éducation nationale est mis en place par Manuel Valls. Ceci alors que cette société est au cœur du complexe militaro-industriel américain. Son patron sera d’ailleurs nommé par Emmanuel Macron ambassadeur mondial de la French Tech. Et il «  accompagnera  » les start-up françaises notamment pendant le voyage présidentiel en Inde. Si John Chambers est bien l’un des meilleurs patrons de la Tech mondiale, le signal donné par sa nomination est déroutant pour l’entrepreneuriat français. Ce n’est tristement pas le seul. Microsoft est devenue le partenaire de l’Éducation nationale, et Google le parrain de la Grande École du Numérique. La société de Big Data Palantir, proche des services secrets américains, a conclu un contrat avec la DGSI (et peut-être la DGSE  ?), et elle est également présente chez Airbus. Enfin, à l’échelon des collectivités territoriales, les régions vont s’appuyer sur Facebook pour «  la formation au numérique  ».Comment, dans ces conditions, se plaindre des conséquences des réseaux sociaux et de l’impact des Gafam sur notre démocratie quand nous leur avons ouvert si largement les portes de l’État  ?

Ce qui nous amène à l’acte 3. La plupart de ces partenariats ont été signés à une époque où le succès des Gafam ne pouvait pas être remis en question. Mais depuis l’affaire Snowden, de nombreux scandales ont montré les failles morales de ces sociétés dans la gestion de nos données personnelles ainsi que dans l’utilisation «  non-éthique  » des technologies de l’intelligence artificielle. La France peut d’ailleurs se targuer d’être la seule démocratie occidentale à ne pas avoir ouvert de commission d’enquête à la suite de l’affaire Cambridge Analytica. Le gouvernement a préféré annoncer une collaboration rapprochée avec Facebook. Il s’agit de maintenir l’illusion que l’on peut gérer l’État comme une start-up, tout en feignant d’oublier que la majorité d’entre elles échoue dans les deux ans qui suivent leur création. En effet, ce gouvernement prend un risque inconsidéré en pariant notre avenir sur une hypothétique transformation numérique autour de «  l’intelligence artificielle  ». Si nous ne nous donnons pas les moyens de réguler la manière dont ses entreprises et ce type de technologies fonctionnent, nous pourrions détruire notre modèle social en tentant de copier ceux de la Chine ou des États-Unis. L’ironie du sort veut que, désormais, certains industriels et chercheurs américains s’appuient sur l’Europe et sa réglementation sur les données personnelles pour sortir d’un modèle numérique qui n’est pas «  durable  ». Aux États-Unis, le ministère de la Santé a ainsi lancé une grande étude sur l’impact des écrans et le Sénat a analysé, dans un rapport très détaillé, les manipulations des réseaux sociaux qui ont eu lieu lors de la dernière campagne présidentielle.

Il existe pourtant un scénario de sortie de crise. En effet, la meilleure réponse à la crise de confiance systémique vis-à-vis des Gafam est de soutenir les mouvements autour des technologies «  éthiques  ». Il s’agit d’un nouveau terrain de croissance industrielle pour l’Europe, comme le Bio l’a été pour l’agriculture. De nombreux entrepreneurs réfléchissent à d’autres façons de concevoir la technologie, s’appuyant beaucoup moins sur la donnée et créant moins d’intrusions vis-à-vis de leurs utilisateurs. C’est le mouvement autour des logiciels éthiques et du Slow Web. Ce mouvement, qui s’est réuni en septembre dernier à Copenhague, souhaite définir un meilleur équilibre entre usage numérique et monde réel pour ne pas rendre ces technologies aliénantes. Il prône notamment l’arrêt de certaines pratiques toxiques comme le profilage (micro targeting) ou la manipulation de nos émotions via des messages ciblés sur nos mobiles dont nous avons vu les conséquences désastreuses lors du référendum sur le Brexit ou l’élection américaine. Parce que nous avons laissé le numérique devenir un sujet politique de second plan, et que nous avons nommé des communicants à la tête des institutions qui devaient s’en occuper, il n’y a pas eu de véritable débat sur la digitalisation de l’État, et sur les conséquences que ces technologies peuvent avoir sur chacun d’entre nous. Nous devons désormais exiger que les choix technologiques faits par l’État (comme les décisions politiques dans ces domaines) soient lisibles et compréhensibles par l’ensemble des citoyens… Car s’il s’agit de faire de la France une colonie numérique des plateformes et qui ne profiterait qu’à une petite bourgeoisie d’Internet, alors il faudra le dire clairement  !

Il est temps également de voir émerger une nouvelle forme de résistance citoyenne. Car l’usage de ces technologies n’est pas neutre, la substitution de l’action de l’État par des algorithmes rend caduque l’égalité de traitement entre chaque Français. Le remplacement de nos services publics par un «  État plateforme  » totalitaire (à l’instar du «  Crédit social  » qui voit chaque Chinois recevoir une note qui détermine leur capacité à se déplacer ou à obtenir un crédit) n’est pas la vision que nous souhaitons promouvoir. C’est pourtant ce qui se prépare dans certains cabinets ministériels lorsqu’il est question d’État plateforme… En espérant que la France reprenne le dessus sur ces questions, il faut saluer l’action de la commissaire européenne danoise Margrethe Vestager qui a su faire preuve d’un véritable leadership sur la régulation des plateformes. Il sera important lors des prochaines élections européennes de lui permettre de s’appuyer sur un parlement qui sera capable de l’aider à poursuivre sa tâche.

* Tariq Krim, pionnier du Web français, fondateur de Netvibes, Jolicloud et de la plateforme de Slow Web dissident.ai.

Source :Le Point, Tarik Krim, 05-01-2019

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Italie : arrestation de 15 trafiquants qui organisaient des traversées de combattants djihadistes en les faisant passer pour des réfugiés

Après avoir reçu des informations d’un ancien djihadiste, la police italienne a arrêté 15 passeurs appartenant à une organisation soupçonné d’avoir aidé des djihadistes à entrer clandestinement en Europe en tant que demandeurs d’asile, via des traversées en bateau.

Les arrestations ont eu lieu cette semaine dans les villes de Palerme, Trapani, Caltanissetta et Brescia.

L’ancien djihadiste a fait sauter le couvercle de l’opération en disant à la police : « Il y a une armée de kamikazes en Italie ».

Les procureurs ont ajouté que l’organisation, qui a en grande partie fait passer clandestinement des djihadistes de Tunisie, « constitue une menace actuelle et concrète pour la sécurité nationale car elle est capable de fournir à plusieurs migrants illégaux un passage maritime caché, sûr et rapide.’

(…)

Il Giornale

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Echirolles (38) : Une école « salafiste » devant le tribunal correctionnel

Un procès rarissime s’est déroulé mardi devant le tribunal correctionnel de Grenoble, qui a vu comparaître le directeur d’une école musulmane d’Échirolles et, au titre de personne morale, l’association qui la gère.

Le directeur de l’école Philippe-Grenier, fondée en 2016 et accueillant 104 élèves dans ses locaux de la rue du 19-Mars-1962, est prévenu d’avoir tenté de se soustraire à un contrôle de l’Education nationale, l’école interdisant l’entrée des inspecteurs pendant environ une heure, le 4 décembre 2017.

(…) Par la voix du procureur Olivier Nagabbo, le ministère public a rejeté l’hypothèse du manque d’expérience, ou de la seule incompétence, pour appeler un chat un chat : « C’est une école que l’on doit qualifier d’école salafiste.

Les contrôles de l’Éducation nationale ont pour but de s’assurer des objectifs de la scolarité obligatoire : développer le corps et l’esprit des élèves, les élever vers une vie d’adulte autonome et enrichissante. Garantir les instruments fondamentaux du savoir. Mais il y a tellement de carences dans cette école…

Les connaissances sont rabâchées, il n’y a pas de production orale et écrite, pas d’enseignement artistique, pas de travail de groupe, pas d’ouverture sur le monde, pas d’encouragement à développer l’esprit critique. C’est de l’obscurantisme, du lavage de cerveau. Cette école est nocive. »

Il a requis une peine d’amende pour le directeur et l’école, et, surtout, a requis la fermeture définitive de l’établissement avec mise à exécution provisoire.


www.ledauphine.com

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David Wood explique le Syndrome de Stockholm face à l’Islam « Plus les islamistes tuent et plus les européens louent l’Islam et condamnent ceux qui critiquent cette idéologie » (Vidéo)

David Wood explique le Syndrome de Stockholm face à l’Islam « Plus les islamistes tuent et plus les européens louent l’Islam et condamnent ceux qui critique cette idéologie ».

C’est également ce qu’explique Alexandre Del Valle sans son dernier livre « La Stratégie de l’Intimidation : Du terrorisme djihadiste à l’islamiquement correct« 

Alexandre del Valle est un géopolitologue renommé, spécialiste entre autres de la menace islamique, professeur à l’IPAG et à Sup de Co La Rochelle, qui intervient souvent dans les médias. Il est connu, en particulier, pour avoir tenu tête, lors d’un débat, à M. Mélenchon et à M. Plenel, qu’il a récemment qualifié de « collaborateur de l’islamisme » dans l’émission « Salut les Terriens » de Thierry Ardisson, le 22 mars dernier.

Lire aussi : Entretien avec Alexandre Del Valle : La Stratégie de l’Intimidation, du « terrorisme jihadiste à l’islamiquement correct » 1/3

Entretien avec Alexandre Del Valle : La Stratégie de l’Intimidation « Plus on tue au nom de l’Islam et plus on fait de la publicité pour l’Islam » 2/3

Cliquez sur l’image pour acheter ce livre

Son dernier livre, La Stratégie de l’intimidation : du terrorisme jihadiste à l’islamiquement correct( Éditions L’Artilleur) est remarquable. Clair, précis, charpenté, touffu, bien écrit, il présente la menace islamique et l’accompagnement de celle-ci par une stratégie, malheureusement trop souvent efficace, de mise en accusation de l’Occident.

Les attentats sont, certes, commis par une minorité, mais la majorité des musulmans a une attitude qu’on peut qualifier d’ambiguë. Le but suprême de beaucoup de fidèles du prophète étant d’islamiser le monde, tous les moyens sont bons pour arriver à ce résultat. Une des tactiques est incarnée par l’expression « alsam taslam » (= soumets et tu auras la paix).

Des groupes violents persécutent, voire tuent ceux qui dénoncent les « dérives » de la religion du prophète (Salman Rushdie, l’écrivain sri lankais Taslima Nasreen, Pim Fortuyn, Theo van Gogh, Charlie Hebdo…). Du fait de cette campagne de terreur, plus personne n’ose s’élever contre l’islam, alors qu’on continue à critiquer sans retenue et à moquer un christianisme autrement pacifique.

À côté de ces extrémistes qui sèment la mort existe une galaxie d’organisations qui dénoncent les attentats du bout des lèvres, mais surtout mènent une campagne virulente contre une islamophobie largement imaginaire dans le seul but de renverser les rôles. L’Occident n’est plus victime mais coupable, et c’est sa prétendue intolérance qui crée les terroristes.

On ajoute deux arguments. Le premier : au Moyen Âge et à l’époque moderne, les États musulmans (califat, Al-Andalus, Empire ottoman) étaient des modèles de tolérance et de respect des autres religions, contrairement à la « barbarie » chrétienne qui a donné l’Inquisition et l’expulsion des Juifs et des Maures d’Espagne. Pourtant, l’Espagne mahométane a connu de nombreux pogroms antijuifs et des persécutions sanglantes de chrétiens. Et vers 1230, tous les non-musulmans ont été collectivement expulsés d’Al-Andalus.

Deuxième argument aussi fallacieux : les Occidentaux ayant oublié, après la chute de l’Empire romain, les auteurs grecs et latins, ce sont les savants musulmans qui leur ont transmis les manuscrits des Anciens et permis la Renaissance.

En réalité, les auteurs antiques n’ont jamais été oubliés. Constantinople, la Sicile normande, l’Espagne chrétienne ont contribué bien plus que les musulmans à diffuser les manuscrits antiques. En outre, l’incontestable bouillonnement intellectuel du califat est dû, en grande partie, aux Perses sassanides et à des savants chrétiens ou juifs, originaires du Moyen-Orient ou d’Espagne.

Cette intimidation islamique connaît une grande réussite. Des dirigeants occidentaux (MM. Bush, Obama, entre autres, mais la liste est longue) ont tenu des discours de repentance sur un supposé racisme occidental, nous désarmant intellectuellement.

Beaucoup d’intellectuels, nombre de manuels scolaires développent les thèses fausses de la tolérance d’Al-Andalus et de la dette imaginaire de l’Occident envers les savants musulmans. Plus virulents, des leaders de gauche épousent quasiment les thèses islamiques et présentent les musulmans comme le nouveau prolétariat opprimé par le capitalisme. De plus, l’antisionisme est proche de l’antisémitisme. La haine d’Israël amène certains à justifier les attentats, même contre des civils. Le courant islamo-gauchiste est influent dans les médias et impose souvent une vision faussée du problème musulman.

On ne peut que recommander la lecture de ce livre décapant. Espérons qu’il donnera le signal d’une prise de conscience et d’une révolte nécessaire de l’Occident. Sinon, le pire est possible.

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Le mouvement des Gilets jaunes ne risque-t-il pas de virer vers un Euromaïdan ukrainien ?

Un Euromaïdan à Paris ? L’acte VIII des Gilets jaunes est lancé sur Paris et ailleurs en France pour ce samedi 5 janvier 2019. La France est plongée dans une situation très dangereuse alors que le monde l’est aussi devenu.

Des Etats ont été détruits par des guerres civiles ou sont en guerre depuis 2011 : Libye, Syrie, Ukraine. Justement des Gilets jaunes prennent, si c’est dans leur volonté d’exprimer une réponse à un président sourd -en exemple- le-dit soulèvement populaire en Ukraine, répétant les arguments de la  »Lügenpresse » :  La Russie a annexé l’Ukraine.

Le mouvement des Gilets jaunes est salutaire car la pauvreté est forte en France et une forme d’élite cosmopolite, qui pourtant a pour devoir de s’occuper du pays et qui est grassement payée par le peuple, le laisse mourir.

La misère en France est en 2019 durablement installée chez de nombreux enfants, étudiants, adultes et retraités. ….

La colère est si profonde dans le peuple français que justement  »un soulèvement national avec des armes » semble être réellement possible. 

Un soulèvement national avec des armes ?

Tout est possible. La situation est volatile en France comme d’ailleurs dans d’autres pays européens. Le peuple français voit un président qui le méprise depuis le début et qui en rajoute une couche durant ses voeux du Nouvel An en traitant les Gilets jaunes comme des moins-que-rien qui doivent être punis.

Au lieu d’aller vers le peuple français qui souffre, le gouvernement français applique une nouvelle loi appliquée en Allemagne et qui fait régner la terreur là-bas pour contrôler, menacer, sanctionner (punir) les chômeurs qui ne trouvent pas un travail.

Pour de nombreux chômeurs, ils peuvent  »traverser la rue » comme l’avait dit Macron avec mépris, ils n’en trouveront pas. Le peuple de France a ouvert les yeux et compris qu’une élite mondialiste est à la tête du pays et ne pense pas à l’intérêt des Français.

Ce même peuple n’est pas dupe et sait que les média mentent et le manipulent pour protéger les intérêts de la finance. Il suffit de voir l’état des bouches de nombreux Français quand vous leur parler pour comprendre leur situation au quotidien.

Il est triste et révoltant de voir les Français ne pas pouvoir se soigner correctement les dents alors que Macron adore présenter sa dentition parfaitement blanche au peuple qui souffre et qui n’en peut plus.

Le mépris a assez duré contre le peuple et en effet ce peuple n’a plus rien à perdre.

« Beaucoup de gens dans ce mouvement sont prêts à perdre la vie pour que notre futur soit meilleur. Des gens préparent un soulèvement national avec des armes »,

a annoncé Maxime Nicolle dans une vidéo

Eric Drouet a, comme de nombreux Gilets jaunes, partagé le documentaire sur l’Euromaïdan. Le peuple ne semble voir qu’une seule réponse au mépris de Macron ce qui est bien sûr dangereux et certainement inutile quand on voit ce qui s’est passé à Kiev.

Car c’est le petit peuple qui a donné de sa vie et la révolution du peuple a été récupéré, d’ailleurs téléguidé, par la finance et les U.S.A.

[…]

L’Euromaïdan comme modèle ?

Si le peuple français a largement raison de se faire entendre par les manifestations des Gilets jaunes, il ne faudrait cependant pas prendre pour modèle l’Euromaïdan qui fut organisée par les services secrets U.S. pour attaquer la Russie en brisant l’Ukraine et son peuple (les civils ukrainiens recrutés de force dans l’armée vont mourir pour la finance contre leurs frères slaves russes).

Cependant les Gilets jaunes expriment par l’emploi de cette image – ce film Winter on Fire consacré à la révolution ukrainienne de fin 2013-début 2014- une nouvelle phase car Macron continue de le mépriser. Le peuple ukrainien est manipulé par la haute finance avec à sa tête l’oligarque Porochenko, l’ami de Soros qui vient de mettre sa fondation à Berlin après avoir quitté Budapest. 

Mains arrachées, yeux crevés, des morts !

La police de Macron et de son équipe ont massacré leur peuple qui ne faisait qu’exprimer son mécontentement dans son droit à -l’expression démocratique de la manifestation.

La situation est grave. Le président français n’écoute pas les Français et continue d’insulter le peuple. Déjà dans le passé Macron avait qualifié les Français de  »Mafieux, d’alcooliques, d’illettrés ».

C’est trop. Macron a dépassé la ligne rouge et c’est un président qui ne pourra pas marcher seul dans la rue en France. « Manu, il y a des gens qui ne lâcheront pas, ils ne veulent plus être pacifistes, car ils ont vu que tu as envoyé des flics taper leurs gosses, leurs grands-mères, leurs grands-pères, leurs frères, leurs soeurs…

Des flics qui ont tué des gens.. », dit Maxime Nicolle. Oui, le peuple ne va pas laisser un tel gouvernement avec un tel président massacrer ses enfants et parents.

Le peuple français a une grande tradition démocratique mais aussi de révolte. La souffrance est trop lourde, sa patience est terminée. Le peuple a compris qu’il est méprisé, exploité depuis plus de 40 ans et en raison de la répression il ne sera pas prêt à reculer.

Macron est allé trop loin dans l’insulte, le mépris, la violence envers le joli peuple de France. Au comportement du président français nous avons celui des média qui mentent sur la réalité du terrain pour satisfaire la finance et l’équipe au pouvoir.

Depuis des années déjà la colère et les germes de la révolte sont là. Ces germes, actuellement, poussent arrosés du sang versé par le peuple dans tout le pays. Et la nouvelle arrestation d’Eric Drouet est une action de trop.

Mais la France appartient au peuple et Macron est au service de ce peuple car ce dernier est souverain.

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Malmô (Suède) : un migrant libyen condamné pour le viol brutal d’une fillette de 9 ans

Mohammed a été condamné pour viol brutal sur une fillette de 9 ans – mais il ne sera pas expulsé à vie

Le migrant était à la recherche d’une fille ou d’un enfant à violer.

Le Libyen, âgé de 30 ans, qui a été accusé d’un viol brutal contre une fillette de 9 ans à Malmö plus tôt cette année, a aujourd’hui été condamnée par le tribunal de district pour viol grave commis sur des enfants. La sanction sera de six ans d’emprisonnement et d’expulsion, mais pas à vie.

Fin octobre, une fillette de 9 ans a été victime d’un viol grave dans une cour de Malmö.

Voici ce qu’a écrit le procureur lors du procès:

‘Il a piégé la plaignante dans une salle à ordures qu’il a ensuite verrouillée en l’attrapant au sol, en lui frappant le visage, en retirant ses vêtements du bas du corps et en lui tenant les jambes. Elle a ressenti de la douleur, a subi une ecchymose au niveau de son cou et avait des difficultés à respirer. Il a ensuite menacé de la battre si elle n’arrêtait pas de crier. ‘

Selon le tribunal, il ressort clairement que l’homme était dans la région ce jour-là ‘pour chercher une fille à violer, qu’il se fichait totalement de savoir si la fille était un enfant (…).

Selon l’Office des migrations, ce citoyen libyen réside dans le pays avec un permis de séjour permanent depuis novembre 2010. Il a trois enfants mineurs en Suède et a déjà été reconnu coupable de violence et de crimes d’admission plusieurs fois, mais sans avoir été expulsé.

Le migrant est également condamné pour voies de fait graves, deux affaires concernant des agressions sexuelles, des vols, de petites infractions liées à la drogue et des violations de la loi sur les couteaux. (oui il a fallu un viol sur une enfant pour que le tribunal l’expulse… merveilleuse justice n’est-ce pas?)

Friatider

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L’invasion de la France par l’islam fait partie de l’histoire de France qui n’est plus enseignée

Les musulmans sont entrés pour la première fois en 714 dans l’espace géographique qui deviendra la France.

• Ils se sont emparés de Narbonne, qui est devenue leur base pour les 40 années suivantes, et ont pratiqué des razzias méthodiques. Un razzia consistait à piller, violer, voler, tuer et capturer des esclaves. Si cela vous évoque les exactions en meute qui ont été commises le jour de l’An 2016 en Allemagne, en Suisse, en Finlande et en Autriche, c’est que vous avez tout compris de leur mode opératoire.

• Ils ont ravagé le Languedoc de 714 à 725, détruit Nîmes en 725 et ravagé la rive droite du Rhône jusqu’à Sens.

• En 721, une armée musulmane de 100.000 soldats mit le siège devant Toulouse, défendue par Eudes, le duc d’Aquitaine (tableau ci-dessus). Charles Martel envoya des troupes pour aider Eudes. Après six mois de siège, ce dernier fit une sortie et écrasa l’armée musulmane qui se replia en désordre sur l’Espagne et perdit 80.000 soldats dans la campagne. On parle peu de cette bataille de Toulouse parce que Eudes était mérovingien. Les capétiens étaient en train de devenir rois de France et n’avaient pas envie de reconnaître une victoire mérovingienne.

• Les musulmans ont conclu alors qu’il était dangereux d’attaquer la France en contournant les Pyrénées par l’est, et ils ont mené leurs nouvelles attaques en passant à l’Ouest des Pyrénées.

• 15.000 cavaliers musulmans ont pris et détruit Bordeaux, puis la région autour de la Loire, et mis le siège devant Poitiers, pour être finalement arrêtés par Charles Martel et Eudes à vingt kilomètres au nord de Poitiers, en 732.

• Les musulmans survivants se sont dispersés en petites bandes et ont continués à ravager l’Aquitaine. De nouveaux soldats les rejoignaient de temps en temps pour participer aux pillages. (Ces bandes n’ont finalement été éliminées qu’en 808, par Charlemagne).

• Les ravages à l’Est ont continué jusqu’à ce qu’en 737 Charles Martel descende au sud avec une armée puissante, et reprenne successivement Avignon, Nîmes, Maguelone, Agde, Béziers et mettent le siège devant Narbonne. Cependant, une attaque des Saxons sur le nord de la France a obligé Charles Martel à quitter la région.

• En 759 enfin, Pépin le Bref reprit Narbonne et écrasa définitivement les envahisseurs musulmans. Ces derniers se dispersèrent en petites bandes, comme à l’Ouest, et continuèrent à ravager le pays, notamment en déportant les hommes pour en faire des esclaves castrés, et les femmes pour les introduire dans les harems d’Afrique du Nord, où elles étaient utilisées pour engendrer des musulmans.

• La place forte des bandes se situait à Fraxinetum, l’actuelle La Garde-Freinet. Une zone d’environ 10.000 kilomètres carrés, dans les Maures, fut totalement dépeuplée.

• En 972, les bandes musulmanes capturèrent Mayeul, Abbé de Cluny, sur la route du Mont Genève. Le retentissement fut immense. Guillaume II, comte de Provence, passa 9 ans à faire une sorte de campagne électorale pour motiver tous les Provençaux, puis, à partir de 983, chassa méthodiquement toutes les bandes musulmanes, petites ou grandes.

• En 990, les dernières furent détruites.

Elles avaient ravagé la France pendant deux siècles.

La pression musulmane ne cessa pas pour autant

• Elle s’exerça pendant les 250 années suivantes par des razzias effectuées à partir de la mer. Les hommes capturés étaient emmenés dans des camps de castration en Corse, puis déportés dans les bagnes du Dâr al islam, et les femmes d’âge nubile dans les harems. Les repaires des pirates musulmans se trouvaient en Corse, Sardaigne, Sicile, sur les côtes d’Espagne et celles de l’Afrique du Nord.

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Toulon a été totalement détruite par les musulmans en 1178 et 1197, les populations massacrées ou déportées, la ville laissée déserte.

• Finalement, les musulmans ayant été expulsés de Corse, Sicile, Sardaigne, du sud de l’Italie et de la partie nord de l’Espagne, les attaques sur les terres françaises cessèrent mais elles continuèrent sur mer.

• Ce n’est qu’en 1830 que la France, exaspérée par ces exactions, se décida à frapper le serpent à la tête, et à aller en Algérie détruire définitivement les dernières bases des pirates musulmans. Vous savez ce qu’est devenue ensuite l’Algérie, et l’histoire ne s’est pas figée.

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l’islam ne renonce jamais. C’est la raison de sa présence en Europe

Ce qu’il y a de frappant, c’est qu’entre 714, la première entrée, et 1830, l’écrasement définitif des pirates barbaresques, il s’est écoulé plus d’un millénaire, ce qui montre que l’islam ne renonce jamais. C’est la raison de sa présence en Europe.

Ce qui est encore plus frappant, c’est qu’on a tendance à faire remonter la première vague d’invasion par les musulmans à 1973, sous Giscard d’Estaing.

Et finalement, le plus frappant de tout, c’est que rien de ceci n’est enseigné dans les livres d’histoire – et faites confiance à la France complice pour faire en sorte que le monde les oublie.

L’islam tente maintenant de se faire passer pour une religion de paix d’amour et de tolérance. Elle n’a qu’à se baisser pour trouver des complices qui vous traitent de racistes s’il vous prenait l’idée de demander si c’est en distribuant des roses qu’elle a conquis 22 pays devenus islamistes, et 35 autres à dominante musulmane.

Vous avez le droit de poser la question.

Mais vous devenez alors islamophobe.

Les Français, c’est une réalité, ne semblent pas en mesure de regagner le terrain perdu avec le ventre de leurs femmes. La victoire peut très bien arriver par les mêmes vecteurs que l’invasion musulmane contemporaine : l’entrisme culturel, le barrage de l’islam radical par les bienfaits de l’occident. C’est ce que nous avons de mieux à offrir.

Combien de musulmans se sont détournés du coran par ignorance ou rejet, tout en se disant toujours musulman ?

La meilleure lutte contre le danger intégriste n’est-il pas d’encourager les musulmans à suivre cette route ?

Je n’affirme rien. J’ouvre des portes de réflexion car je ne vois nulle part poindre de proposition réaliste.

Encore un effort, une grosse tape dans le dos pour les aider, et nos valeurs pourraient bien vaincre l’obscurantisme des Tarik Ramadan, et les neutraliser. Ce serait toujours mieux qu’une guerre civile dont l’issue, contrairement aux horreurs qui l’accompagne, est loin d’être connue.

Reproduction autorisée avec la mention suivante et le lien ci dessous :

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

http://unnouveaumondelibre.ning.com/group/islam/page/xx-elements-communs-entre-le-socialisme-total-et-l-islam?xg_source=activity

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Les exportations de blé russe de 2018 battraient les records mondiaux de ces 30 ans

Les exportations russes non énergétiques et de produits autres que des matières premières pourraient se monter cette année à 128,5 milliards d’euros, tandis que celles de céréales devraient atteindre 42 millions de tonnes, a déclaré le Centre russe des exportations.

À l’issue de 2018, les exportations non énergétiques et de produits autres que des matières premières pourraient atteindre le chiffre record de 128,5 milliards d’euros, a annoncé ce vendredi le directeur général du Centre des exportations de Russie, Andreï Slepniov.

«La croissance des exportations autres que les matières premières est à l’heure actuelle le plus important axe du développement stratégique de l’économie russe», a-t-il souligné.

Le dernier record avait été enregistré en 2013 avec 125,5 milliards d’euros.

Les deux dernières années ont permis d’enregistrer d’importants succès dans différents secteurs. Ainsi, Andreï Slepniov a relevé une croissance record d’exportations de produits alimentaires au mois d’octobre. Un record historique sera établi à la fin de l’année par le secteur forestier.

Les exportations de céréales devraient, elles, dépasser de presque 30% le record de 2017 pour atteindre plus de 42 millions de tonnes, a indiqué le Centre, ajoutant qu’aucun pays du monde n’avait enregistré de tels chiffres au cours des 30 dernières années.

En outre, la Russie élargit sa présence sur les marchés de l’usinage du bois, des engrais, de la pâtisserie et des matériaux de construction, a indiqué Andreï Slepniov.

Après avoir élaboré le projet Collaboration internationale et exportations, le Centre a révisé les mesures et le montant du soutien des exportations russes. D’ici 2021, grâce à l’augmentation des représentations du Centre, ces produits seront accessibles aux exportateurs des 85 régions russes.

Le programme de partenariat a été rejoint notamment par la région de Smolensk, la Mordovie, la Karatchaïévo-Tcherkessie et la Tchouvachie. En outre, trois nouvelles représentations ont été ouvertes à l’étranger: en Chine, en Inde et en Ouzbékistan.

The Wall Street Journal avait précédemment constaté que, ces trois dernières années, la Russie avait par deux fois été le plus grand exportateur mondial de céréales.

Plusieurs observateurs avaient indiqué que les céréales russes, de bonne qualité et à des prix inférieurs aux prix américains, faisaient que plusieurs pays importateurs de blé préféraient désormais la Russie aux États-Unis.

source

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Le Pacte mondial sur les migrations ratifié à une très forte majorité à l’ONU

L’Assemblée générale de l’ONU a ratifié aujourd’hui à une très forte majorité le Pacte mondial pour les migrations, destiné à renforcer la coopération internationale pour une « migration sûre, ordonnée et régulière » et qui avait été entériné au Maroc début décembre par 165 membres des Nations unies.[…]

Le Figaro

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Syrie : Trump envisage un retrait complet des troupes US

«Nous avons vaincu le groupe Etat islamique en Syrie, la seule raison pour moi pour laquelle nous étions présents pendant la présidence Trump», a tweeté le président américain.

Le président des Etats-Unis Donald Trump, qui estime avoir atteint son objectif de « vaincre » le groupe Etat islamique (EI) en Syrie, envisage désormais un retrait complet des troupes américaines stationnées dans ce pays.

«C’est un retrait total», qui interviendra «aussi rapidement que possible», a indiqué mercredi à l’AFP un responsable américain sous couvert d’anonymat, précisant que la décision avait été prise mardi.
Quelque 2.000 soldats américains sont actuellement déployés dans le nord de la Syrie, essentiellement des forces spéciales présentes pour combattre l’EI et entraîner les forces locales dans les zones reprises aux jihadistes. […]

Nombre d’observateurs mettent régulièrement en garde contre un retrait américain précipité qui laisserait la voie libre en Syrie aux alliés du régime de Bachar el-Assad, à savoir la Russie, grande rivale des Etats-Unis, et l’Iran, véritable bête noire de l’administration Trump.

Cette annonce, qui intervient à un moment où les tensions entre Ankara et Washington sont vives, pourrait par ailleurs placer la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) dans une situation très délicate. Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’est dit lundi déterminé à « se débarrasser » de ces milices dans le nord de la Syrie si leur parrain américain ne les contraignait pas à s’en retirer. […]

Donald Trump, élu sur le slogan « l’Amérique d’abord », a, à plusieurs reprises, exprimé le souhait de « ramener les troupes à la maison ». Ses arguments, maintes fois avancés sur les estrades de campagne? L’engagement des Etats-Unis au Moyen-Orient coûte des milliards de dollars, qui seraient mieux dépensés au profit du contribuable américain, et il faut laisser « d’autres », notamment les pays arabes du Golfe, faire le travail sur place.

Mais plusieurs membres de son administration ont exprimé leurs différences sur ce dossier sensible. […]

A plusieurs reprises, le ministre américain de la Défense Jim Mattis a lui aussi mis en garde contre un départ précipité de la Syrie, évoquant le risque de « laisser un vide qui puisse être exploité par le régime d’Assad ou ses soutiens».

Le sénateur républicain Lindsey Graham a immédiatement exprimé ses réserves mercredi, estimant sur Twitter que «le retrait de cette petite force américaine en Syrie serait une énorme erreur, façon Obama« . « Le groupe EI n’est pas vaincu en Syrie, en Irak, et certainement pas en Afghanistan, où je viens d’effectuer une visite», a-t-il martelé.

«Retirer nos troupes de Syrie ne constitue pas une stratégie pour le Moyen-Orient», a de son côté estimé Wendy Sherman, qui fut la principale négociatrice américaine de l’accord sur le nucléaire iranien, dont Donald Trump s’est retiré.
«Il y eu des progrès sur l’EI, mais la Russie reste à la manœuvre, Israël est toujours en danger et Assad, dirigeant cruel, est conforté. Pas de véritable stratégie sur l’Iran (…) Beaucoup de questions. Peu de réponses».

L’Orient-Le Jour

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Les Etats-Unis veulent fonder dans le monde un “nouvel ordre libéral” s’opposant à la Russie, la Chine et l’Iran, a déclaré le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo

Les Etats-Unis veulent fonder dans le monde un “nouvel ordre libéral” s’opposant aux projets de pays comme la Russie, la Chine et l’Iran, a déclaré mardi à Bruxelles le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo.

Pour barrer la route à ces “mauvais acteurs” de la vie internationale, le président Donald Trump n’hésitera pas à renforcer ou au contraire à se débarrasser d’accords internationaux conclus par le passé, a-t-il ajouté dans un discours prononcé devant des diplomates européens.

Washington, a souligné Mike Pompeo, tient toujours à tenir son rôle de première puissance mondiale mais entend refonder le système issu de la Seconde Guerre mondiale en s’appuyant sur les Etats souverains et non plus les institutions internationales.

Dans les plus belles traditions de notre grande démocratie, nous rassemblons les nations pour construire un nouvel ordre libéral capable de prévenir la guerre et d’assurer une plus grande prospérité”, a lancé le chef de la diplomatie américaine.

Nous agissons pour préserver, protéger et promouvoir un monde libre, ouvert, juste et transparent d’Etats souverains.”

Il a notamment évoqué les accords de commerce internationaux qui, a-t-il dit, profitent à la Chine et sont “le fruit empoisonné du recul américain”.

Il a ajouté que le président Trump poussait la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) à cesser de financer des pays comme la Chine, qui ont déjà accès aux marchés financiers pour lever des fonds. […]

Donald Trump, a-t-il dit, ne détruit pas l’ordre libéral, il le réforme.

Mike Pompeo a cité comme exemple le Brexit pour illustrer l’échec, selon lui, des organisations supranationales.

Il a dénoncé les “bureaucrates” pour qui le multilatéralisme “est une fin en soi” et s’est interrogé sur les rapports entre les structures de l’Union européenne et les peuples des pays de l’Union.

Le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas, a répondu à ces critiques en soulignant que l’exécutif européen était contrôlé par les peuples, via le Parlement de l’Union et les gouvernements des Etats membres. […]

La haute représentante de l’UE pour la politique étrangère, Federica Mogherini, faisant allusion à un discours prononcé par Donald Trump lundi à Cambridge, dans le Massachusetts, a dit craindre qu’un jour “la loi de la jungle” ne vienne remplacer l’Etat de droit. […]

Reuters

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Le président serbe relégué hors de la tribune officielle du 11 novembre : la Serbie a pourtant perdu les 3/4 de ses effectifs durant cette guerre

Le président serbe Aleksandar Vucic a regretté le traitement qui lui a été réservé dimanche à Paris comparé à celui de son homologue kosovar, lors des cérémonies du centenaire de l’Armistice de 1918.

La presse serbe a publié des photos montrant le Kosovar Hashim Thaçi derrière le Russe Vladimir Poutine, l’Américain Donald Trump, le Français Emmanuel Macron et l’Allemande Angela Merkel, alors que Aleksandar Vucic avait été installé dans une autre tribune.

« Vous pouvez imaginer comment je me sentais », a déclaré Aleksandar Vucic, expliquant avoir eu « la gorge serrée » selon les médias locaux.

« Il me semble que je regardais tout le temps le sol et l’écran, ne croyant pas ce que j’étais en train de voir devant moi, et sachant le sacrifice payé par le peuple serbe dans la Première Guerre mondiale », a-t-il dit.

Les plus lourdes pertes

Proportionnellement, l’armée serbe a subi les pertes les plus terribles durant ce conflit: 130’000 morts et 135’000 blessés, les trois quarts de ses effectifs.

« J’ai dû prendre la décision en un instant: faire quelque chose ou ne rien faire, rester sur place, se taire, pour pouvoir serrer la main de Trump, de Poutine », « pour parler de la Serbie », a expliqué Aleksandar Vucic.

« Accueil grandiose »

Aleksandar Vucic a promis un accueil « grandiose » à Emmanuel Macron, annoncé en Serbie début décembre par la presse locale. « Je vais inviter des milliers de nos gens pour le saluer, lui montrer ce que c’est l’hospitalité serbe et comment nous voyons l’amitié », a-t-il dit.

(…)

RTS

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Le Pacte de l’ONU « institue l’idée radicale que l’immigration doit être encouragée et protégée. C’est la dissolution des frontières, et aucun désaccord ne sera toléré »

  • Répétons-le, cet accord ne vise pas les réfugiés qui fuient les persécutions et ont besoin de la protection du droit international. Non, l’accord institue l’idée radicale que la migration – quelle qu’en soit la raison – doit être encouragée, autorisée et protégée.
  • L’ONU n’a aucun intérêt à admettre que son accord fait la promotion de la migration en tant que droit de l’homme ; jusqu’à récemment, il y avait peu de débats à ce sujet. Plus de publicité aurait pu compromettre l’ensemble du projet.
  • Les États membres des Nations Unies ne sont pas seulement censés ouvrir leurs frontières aux migrants du monde entier ; ils doivent aussi les aider à choisir leur pays de destination en fournissant des informations complètes sur tous les pays où un migrant souhaite s’établir.

Presque tous les États membres de l’ONU signeront, dans le cadre d’une cérémonie officielle qui se tiendra au Maroc, en décembre prochain, un accord de l’ONU qui fait de la migration un droit de l’homme.

Le texte final de l’accord intitulé Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, est officiellement non contraignant mais il « inscrit fermement la migration dans l’agenda mondial. Ce document constituera un point de référence pour les années à venir et induira un réel changement sur le terrain … » a indiqué Jürg Lauber, représentant de la Suisse auprès de l’ONU qui a dirigé les travaux avec son homologue du Mexique.

(…) Les migrants sont, à l’évidence, les citoyens d’un monde nouveau, un monde où tous les pays doivent porter secours et assistance à ceux qui ont choisi de voyager et de séjourner ici ou là pour une raison ou une autre.
Les frontières existent peut-être en théorie, mais l’ONU – et presque tous les gouvernements du monde – se sont donnés la consigne de les dissoudre.

L’accord précise également que les pays d’accueil doivent doter les migrants « de tous les moyens susceptibles d’aider à l’intégration et à la cohésion sociale » (objectif 16). Ce qui signifie, entre autres, que les pays d’accueil doivent :

« Promouvoir le respect mutuel des cultures, traditions et coutumes des populations d’accueil aussi bien que des migrants par l’échange et la mise en œuvre les meilleures pratiques en matière de politiques, programmes et activités d’intégration, y compris sur les moyens de promouvoir l’acceptation de la diversité et de faciliter la cohésion et l’inclusion sociales. »

(…) Les auteurs de l’accord ne s’attendent évidemment pas à ce que tout se passe bien entre migrants et populations d’accueil. Un accord pour faciliter une migration de masse de l’ensemble de la planète en direction des pays occidentaux (pour l’essentiel, car il n’y a pas de migration en sens inverse) peut en effet être générateur de chocs pour les occidentaux.

L’accord spécifie donc clairement qu’aucun désaccord ne sera toléré et que les États signataires s’emploieront à lutter contre les « récits trompeurs générant une perception négative des migrants ».

Pour que cet objectif devienne une réalité, les États signataires s’engagent également à :

« Promouvoir des reportages indépendants, objectifs et de qualité dans les médias et sur Internet, mais aussi à sensibiliser et à informer les professionnels des médias sur les questions migratoires et la terminologie adaptée, en mettant en place des normes éthique pour le reportage et la publicité, et en privant de subventions ou d’aide matérielles tous les médias qui promeuvent systématiquement l’intolérance, la xénophobie, le racisme et d’autres formes de discrimination à l’égard des migrants, le tout dans le plein respect de la liberté des médias. » (Objectif 17)

De l’Orwell sur stéroïdes. Presque tous les États membres de l’ONU vont signer un accord stipulant que les médias en désaccord avec les politiques gouvernementales ne seront plus éligibles aux aides et subventions.

Bizarrement, l’accord ajoute noir sur blanc que cet objectif a été conçu « dans le plein respect de la liberté des médias », sans doute parce que cela va mieux en le disant, peu importe que cela soit crédible ou non.

Deuxièmement, les États signataires s’engagent à:

« … éliminer toutes les formes de discrimination ; condamner et contrer les expressions, actes et manifestations de racisme, de discrimination raciale, de violence, de xénophobie et toutes les formes d’intolérance à l’égard des migrants, conformément à la législation internationale sur les droits de l’homme. » (Objectif 17)

De manière bien pratique, l’accord se garde de définir le « racisme » ou la « xénophobie » dans un contexte de migration de masse.

Que signifient « toutes les formes d’intolérance » par exemple? Et la critique des politiques migratoires des Nations Unies peut-elle être qualifiée « d’intolérance » ?

(…)

Gatestone Institute

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Des Talibans à Moscou pour discuter de la paix en Afghanistan… sans l’Europe

 

Quel sera l’avenir politique de l’Afghanistan? Difficile à dire, mais les Talibans* et le Haut conseil afghan pour la paix se sont réunis le 9 novembre dernier dans un hôtel 4* de Moscou pour discuter d’un éventuel processus de réconciliation. Et les Occidentaux, Europe en tête, n’étaient pas les bienvenus.

L’avenir politique de l’Afghanistan pourrait se décider dans les couloirs feutrés de l’hôtel President, l’un des plus luxueux de Moscou. Le gouvernement russe y a en effet organisé le 9 novembre une rencontre entre les Talibans* et le pouvoir afghan —du moins ses représentants officieux- en vue d’entamer des négociations de paix entre les autorités et le mouvement considéré comme terroriste par la plupart des pays.

C’est donc au cœur de la capitale russe que les deux délégations afghanes ont été rassemblées par le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov. Le gouvernement russe avait également invité les représentants des puissances régionales —Chine, Iran, Inde et Pakistan- ainsi que ceux des anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale: Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan, Tadjikistan et Turkménistan.

Une initiative saluée par Hajji Din Mohammed, le chef de la délégation du Haut conseil afghan pour la paix, qui représente en sous-main le gouvernement afghan. Ce dernier a déclaré à Sputnik:

«C’est positif […] Les pays limitrophes disent tous qu’ils sont disposés à trouver une solution pour l’Afghanistan, qu’ils ne veulent pas interférer».

Ce qui étonne, c’est l’absence de représentants occidentaux dans le processus de réconciliation et de reconstruction d’un pays dans lequel ils sont massivement intervenus au nom de la guerre contre le terrorisme. Les États-Unis, pourtant invités, n’ont dépêché à Moscou qu’un observateur, tandis qu’aucun représentant de l’Union européenne ou de ses membres n’a été convié à l’événement.

Dès 2001, une grande coalition regroupant 49 pays, dont 26 pays de l’Union européenne, a été mise sur pied par les États-Unis dans le cadre de l’Otan. Si elle a rapidement chassé les Talibans* du pouvoir en Afghanistan, elle n’a pas permis de trouver une solution politique au conflit en plus de 13 ans sur place.

Un communiqué publié par le ministère russe des Affaires étrangères annonce d’ailleurs que les Européens ne seront pas davantage conviés à participer aux prochaines réunions entre les représentants des Talibans* et la délégation du Haut conseil afghan pour la paix, puisque les deux parties se disent satisfaites du format actuel.

«Les participants à la réunion ont noté la pertinence du format de Moscou et sont convenus de poursuivre les consultations dans le cadre de ce mécanisme», informe le communiqué auquel a eu accès Sputnik.

Fidèle à sa doctrine multilatéraliste, c’est donc entre puissances régionales que la Russie tente de nouer un dialogue pour résoudre l’un des conflits les plus emblématiques du XXIe siècle.

*Organisation terroriste interdite en Russie

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Macron aurait-il sapé la rencontre Poutine-Trump à Paris?

Emmanuel Macron aurait empêché la tenue d’une rencontre plein format entre Vladimir Poutine et Donald Trump en marge des célébrations du centenaire de l’armistice du 11 novembre à Paris, a suggéré une source du journal russe Kommersant précisant que le Président français n’aurait pas voulu que cette rencontre attire toute l’attention du public.

Alors que le Kremlin a annoncé que Donald Trump et Vladimir Poutine auraient une brève rencontre à Paris le 11 novembre au lieu d’un entretien plein format, un interlocuteur du journal russe Kommersant a suggéré que ce changement pourrait provenir de la volonté d’Emmanuel Macron.

Ainsi, selon la source diplomatique européenne proche du dossier, la partie française ne voulait pas que les négociations des deux leaders attirent toute l’attention du public en laissant les célébrations du centenaire de l’armistice moins appréciées.

«Alors que tout le monde se demande à quoi est lié ce changement de format de la rencontre (…) et invente des réponses dans le style de la haute politique, tout s’est avéré être trivial: Emmanuel Macron a demandé à Moscou et à Washington de ne pas tenir de discussions plein format à Paris afin de ne pas « occulter » les événements et les réunions préparées par l’Elysée», lit-on dans le média.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a «laissé sans commentaire» les informations obtenues par Kommersant. Il a également assuré qu’à Paris Vladimir Poutine et Donald Trump «se croiseraient d’une manière ou d’une autre et conviendraient de leur prochaine rencontre afin de discuter plus en détail».

Le Président Trump avait précédemment déclaré que sa rencontre avec M.Poutine, qui devait se dérouler à Paris, n’aurait pas lieu, avant de confirmer son intention de discuter avec le Président russe lors du sommet du G20 en Argentine fin novembre.

Une éventuelle rencontre entre Vladimir Poutine et Donald Trump, le 11 novembre à Paris, avait été précédemment évoquée par le conseiller du Président russe, Iouri Ouchakov, et le conseiller à la sécurité nationale américaine, John Bolton.

Les chefs d’État et de gouvernement de près de 80 pays sont attendus à Paris le 11 novembre pour le centenaire de l’armistice de 1918. Au total, plus de 120 dignitaires étrangers représentant les États belligérants de la Première Guerre mondiale, les Nations unies et d’autres organisations internationales seront réunis devant l’Arc de triomphe.

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Crise entre l’Italie et l’UE: «L’Italie fera défaut et sortira de l’euro»

L’Italie a entamé un bras de fer avec Bruxelles. Il lui reste deux semaines pour présenter un budget 2019 qui satisfasse la Commission européenne. Mais les jours passent et Rome ne flanche pas. Pour Olivier Delamarche, membre des Éconoclastes, le but des dirigeants italiens est de sortir de l’euro, tout en rendant l’Europe responsable.

«Tout cela va mal finir. L’idée derrière la tête des dirigeants italiens, c’est au final de sortir de l’euro. Le tout en mettant la responsabilité sur l’Europe.»

Olivier Delamarche, dirigeant de Triskelion Wealth Management, propose une analyse «Éconoclaste» de la crise que traverse Bruxelles et Rome. Depuis que la Commission européenne a refusé le budget présenté par l’Italie pour 2019, une première, les relations entre les deux parties se sont quelque peu tendues. Bruxelles ne veut rien entendre. Les 2,4% de déficit proposés par le projet italien sont loin des 0,8% promis en juin dernier.

Du côté de Rome, la coalition au pouvoir veut appliquer les réformes promises aux électeurs. Création d’un revenu citoyen de 780 euros pour les plus défavorisés, réduction des impôts, baisse de l’âge de départ à la retraite, relance de l’investissement public sont autant de points que le Mouvement 5 étoiles de Luigi Di Maio et la Ligue de Matteo Salvini veulent appliquer. Depuis, la liaison Bruxelles-Romme grésille. La Commission veut une nouvelle mouture d’ici mi-novembre. Les Italiens ne souhaitent pas, pour le moment, changer la moindre virgule de leur budget. Le clash est-il inévitable et qui portera le chapeau?

«Tout cela ne va pas être un long fleuve tranquille. Une sortie non préparée, non organisée de l’euro, ce n’est pas quelque chose qui se fait la fleur au fusil. Ils ont tout intérêt politiquement à rendre l’Europe responsable pour l’opinion publique», prévient Olivier Delamarche.

Mais la Commission pourrait elle-même se retrouver en posture délicate. Il lui est difficile de céder: cela créerait un dangereux précédent. Si l’Italie peut sortir des clous budgétaires, demain d’autre pays en délicatesse avec leurs finances pourraient en faire de même.

Cependant, le Portugal et l’Espagne ont d’ores et déjà pris leurs distances avec les velléités d’indépendances italiennes, de peur de se faire sanctionner par les marchés. Ces derniers n’ont pas encore mis de pression insurmontable sur l’Italie. Le «spread» (différentiel entre les taux sur les obligations à 10 ans allemandes et italiennes) n’a pas encore atteint le seuil jugé critique. Véritable boussole qui indique la confiance des marchés, il évolue au-dessus de 300 points depuis le début du mois d’octobre. C’est à 400 points que la côte d’alerte serait atteinte.

Vers un défaut de l’Italie?

Que se passerait-il si aucun accord n’était trouvé mi-novembre? L’Italie s’exposerait alors à l’ouverture d’une «procédure pour déficit excessif». Elle pourrait devoir s’acquitter d’une amende d’un montant équivalant à 0,2% de son PIB. En prenant les chiffres de 2017, cela représente 3,4 milliards d’euros. «À ce stade, nous ne sommes pas dans les sanctions. Si, au terme d’une procédure pour déficit excessif assez longue et inédite, car engagée sur le critère de la dette, les Italiens continuaient à ne rien changer, alors oui théoriquement, il y aurait des sanctions possibles», souligne un «très bon connaisseur des questions budgétaire» cité par nos confrères du Figaro.

«Vous pouvez toujours sanctionner, mais il faut que le pays décide de payer. Dans le cas contraire que vont-ils faire? Envoyer les chars?», s’interroge avec ironie Olivier Delamarche.

Mais c’est surtout les marchés qui pourraient s’occuper du travail de sape. L’agence de notation Moody’s a récemment dégradé la note de la dette italienne. Elle est passée de «Baa2» à «Baa3», le dernier échelon avant la catégorie spéculative.

La Banque centrale européenne (BCE) pourrait aussi faire pression sur Rome. Et il y a un précédent. En 2015, avant l’arrivée de Syriza au pouvoir en Grèce, les banques hellènes pouvaient se fournir en liquidité auprès de la BCE par la procédure normale. Elles devaient simplement apporter en garantie les obligations de l’Etat qu’elles détenaient. Sauf qu’à l’époque, les obligations grecques n’avaient pas le niveau de sécurité exigé d’ordinaire par la BCE.

Le passe-droit avait pris fin lors de l’arrivée d’Alexis Tsipras au pouvoir. La Grèce avait alors bénéficié du mécanisme de financement d’urgence de la BCE (Emergency liquidity assistance). L’institution basée à Francfort avait relevé à plusieurs reprises le plafond de ce plan d’aide, seule source de financement des banques d’Athènes pendant un temps. Si Mario Draghi, le président de la BCE, reste pour le moment en retrait et parle d’«épisode italien», l’opération pourrait très bien se répéter et cette fois avec les banques italiennes dans le viseur.

Plus largement, les taux obligataires pourraient s’envoler pour la péninsule et rendre son financement trop difficile voire impossible. Dans ce cas, le mécanisme de l’OMT (ou opérations monétaires sur titres) de la BCE pourrait rentrer en action. Jamais utilisé auparavant, il prévoit que la BCE achète des obligations d’un pays en difficulté, via les banques centrales nationales, afin de faire baisser les taux d’emprunt et lui éviter de devoir sortir de la zone euro. Mais encore une fois, pour bénéficier d’un tel mécanisme, l’Italie devrait plier.

«Si les Italiens sont vraiment prêts au bras-de-fer, il faudra à un moment faire défaut sur leur dette, qu’ils cessent de rembourser. C’est ce qu’il va se passer à mon avis. Ils feront défaut et sortiront de l’euro. De plus, vous avez une bonne partie de la dette italienne qui est détenue par l’étranger.»

Cette dernière, qui culminait fin mars à 2.302,3 milliards d’euros, représente 132 % de son produit intérieur brut (PIB). Seule la Grèce fait pire en Europe. La dette italienne est détenue pour moitié environ par des créanciers étrangers dont la Banque centrale européenne à hauteur de 17%.

© Sputnik . Statista 2018

Le scénario envisagé par Olivier Delamarche ferait trembler dans les couloirs de Bruxelles. Troisième économie de la zone euro, l’Italie est indispensable à la survie de la monnaie unique d’après l’expert qui en profite pour adresser une pique au Commissaire européen aux affaires économiques et monétaires et ancien ministre français de l’Economie Pierre Moscovici:

«Si l’Italie sort, l’euro éclate. Et si l’euro éclate, des gens perdront leur boulot. Des boulots très lucratifs pour des individus incompétents comme monsieur Moscovici. Ils ont évidemment la trouille que tout d’un coup la poule aux œufs d’or arrête de pondre. Il n’y a pas d’autres alternatives. On voit que l’euro a échoué. C’est devenu un enfer pour la Grèce, cela a fait reculer le niveau de vie des Espagnols, en Italie c’est pareil. Je ne pense pas que l’on puisse objectivement dire le contraire. Mais tout ce que l’on propose c’est plus d’euro. Curieux cheminement intellectuel que de vouloir plus d’une chose qui a échouée.»

Le spécialiste souligne notamment que la prévision de déficit de la France pour 2019 est supérieure à l’italienne et que les transalpins ont dégagé des excédents budgétaires primaires (hors service de la dette) de manière quasi-ininterrompu depuis 1992 (+1,7% en 2017):

«C’est tout de même extraordinaire. L’UE est en train de dire aux Italiens: « Ce n’est pas bien ce que vous faites, vous proposez un déficit de 2,4% ». En France on est à 2,8%. De plus, je rappelle que l’Italie a un excédent budgétaire primaire. Il faut arrêter, tout ceci est purement politique. Les dirigeants européens n’acceptent pas que les Italiens aient voté pour des eurosceptiques voire europhobes. Il n’y a pas de considération économique là-dedans.»

Reste que les dirigeants Italiens ont récemment dit leur attachement à l’euro, Matteo Salvini et Luigi Di Maio compris. De l’enfumage pour Olivier Delamarche: «C’est de la comédie. Cela leur permettra une fois sortis de l’euro de dire: « Ce n’est pas de notre faute, nous étions attachés à l’euro ».»

Mais concrètement, que signifierait pour l’Italie de faire défaut sur sa dette et de sortir de la monnaie unique? Les européistes promettent l’enfer au pays de Dante et des marchés qui n’accepteront plus de financer l’économie. Encore une fois, Olivier Delamarche est en désaccord total et cite l’exemple argentin:

«L’Italie récupèrera sa souveraineté économique et sa propre monnaie. Cependant, cela ne va pas régler tous les problèmes. Mais pour ce qui est des marchés, que croyez-vous qu’ils vont faire? Ils vont pouvoir prêter à un pays qui n’a pas de dette. Evidemment qu’ils vont foncer. Au lendemain du défaut de l’Argentine en 2001, les investisseurs faisaient la queue.

C’est pour essayer de faire peur que les européistes vous disent: « Vous vous rendez compte, s’ils font défaut, plus personne ne va leur prêter d’argent ». C’est faux. Le but aujourd’hui est d’effrayer au maximum pour que personne n’ait l’idée de se poser la moindre question sur les bienfaits de l’euro. L’euro c’était censé être la croissance et moins de chômeurs. En Europe, on a peu de croissance et beaucoup de chômeurs.»

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EXCLUSIF Qu’est-ce qui attend la Serbie en novembre et que craint son Président?

Aleksandar Vucic, Président serbe, a confié à Sputnik ce qu’il redoutait pour son pays dans un avenir proche, pourquoi, au mois de novembre, il ne sera plus possible de trouver un compromis avec le Kosovo et pourquoi Belgrade sera confrontée à des problèmes encore plus graves qu’aujourd’hui.

Dans une interview exclusive accordée à Sputnik, le Président serbe Aleksandar Vucic a dévoilé ce qui, au mois de novembre, «peut éliminer toutes les chances de trouver un compromis entre Kosovo et la Métochie».

Aleksandar Vucic a souligné que les Albanais du Kosovo avaient déjà décidé de former définitivement leur armée le 28 novembre, le Jour de son indépendance. Ce sera le meilleur cadeau au peuple albanais, selon le Président serbe qui a tenu à souligner que les négociations à cet égard avaient déjà débuté:

«Comme vous le voyez, ils n’ont pas du tout l’intention de faire quoi que ce soit pour régler la question de la Communauté des municipalités serbes [octroi de droits d’autonomie élargis aux municipalités kosovares dont la grande majorité de population est serbe, ndlr]. Il est évident que nous serons confrontés à des problèmes encore plus grands.»

De plus, le Président serbe considère la stratégie des Albanais kosovares pour entrer à Interpol comme une menace de plus émanant du Kosovo:

«Cela nous apportera des problèmes encore plus grands. Je parle des fausses accusations contre les Serbes et l’auto-positionnement du Kosovo qui se présente comme un martyr. C’est un facteur supplémentaire qui peut changer l’atmosphère dans les futures négociations. Cela pourrait être un signal pour eux de faire tout ce qu’ils veulent. J’ai peur que nous nous retrouvions dans un cercle vicieux sans avoir aucune chance d’aboutir à la fin heureuse que serait le compromis», conclut le Président serbe.

Aleksandre Vucic a confié qu’il redoutait que ce qui attendait la Serbie au mois de novembre:

«Je ferai tout ce qui dépend de moi pour, par n’importe quel moyen, conserver la paix et aider mon peuple», a souligné le chef de l’État serbe.

Belgrade s’oppose résolument à la création d’une armée par Pristina, se fondant en cela sur la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l’Onu pour le règlement du conflit Kosovo-Metochie.

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Crise entre la Turquie et les États-Unis: la fin d’une alliance stratégique?

Meurtre de Khashoggi et libération de Brunson. En octobre, la relation entre la Turquie et les États-Unis reprend vie après la crise d’août 2018.

Mais ce réchauffement automnal ne fait oublier les tiraillements entre ces alliés de 66 ans et le rapprochement entre Ankara et les rivaux de Washington. De là à imaginer qu’entre eux, l’hiver arrive…

 

Oubliez un instant que Jamal Khashoggi a été assassiné en Turquie le 2 octobre dernier. Si cet évènement permet un rapprochement entre Recep Tayyip Erdogan et Donald Trump, il est de nature très médiatique.

D’ailleurs tout comme la libération du pasteur Andrew Brunson ce 12 octobre, qui aurait pu dénouer la crise entre Washington et Ankara. En effet, la réalité de ces derniers mois ne s’est en rien transformée: la Turquie et les États-Unis n’empruntent pas les mêmes chemins géopolitiques depuis bientôt trois ans. Notamment en Syrie où Ankara a une nouvelle fois bombardé des positions kurdes alors que ces dernières sont soutenues par Washington.

En témoigne aussi le rapprochement de la Turquie avec la Russie, la Chine ou l’Iran, grands adversaires des États-Unis. Après l’alliance, la désalliance?

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La CEDH reconnaît l’existence d’un délit de blasphème

C’est l’analyse du docteur en droit Grégor Puppinck, suite au jugement évoqué précédemment :

Le seul véritable motif de cette décision est la peur des musulmans. La Cour le dit expressément: les autorités autrichiennes ont eu raison de condamner ces propos pour préserver la «paix religieuse» et la «tolérance mutuelle» dans la société autrichienne. Selon la Cour, les États auraient à présent, et c’est nouveau, «l’obligation d’assurer la coexistence pacifique de toutes les religions et de ceux n’appartenant à aucune religion, en garantissant la tolérance mutuelle».

La Cour développe plusieurs arguments à l’appui de sa conclusion.

D’abord, elle juge l’intention même de la conférencière, et la condamne en estimant qu’elle n’a pas tant cherché à informer le public qu’à «dénigrer» Mahomet et à démontrer «qu’il n’est pas digne d’être vénéré», et par suite à inciter à la violence. Ainsi, dénigrer Mahomet n’est pas protégé par la liberté d’expression: il ne faudrait en parler qu’avec respect et des bonnes intentions!

La Cour a jugé ensuite – de façon incroyable – que ces propos n’étaient pas l’expression d’un fait mais d’un jugement de valeur personnel et hostile, car la conférencière n’aurait pas resitué les faits dans leur contexte historique, ni précisé que la première épouse de Mahomet était bien plus âgée que lui. Dès lors, elle aurait «généralisé» la pédophilie de Mahomet de façon malveillante. Pour la Cour, alors, la conférencière était de mauvaise foi, et c’est «légitimement» que les musulmans auraient pu se sentir «offensés» par ces propos et que les juridictions autrichiennes les ont condamnés.

Cette décision est grave à mes yeux. D’abord parce qu’elle se résigne à l’intolérance et même à la violence des musulmans face à la critique, et qu’elle renonce à défendre fermement la liberté d’expression sur l’islam. En fait, c’est la violence même des musulmans qui justifierait et exigerait que leurs croyances soient davantage protégées contre les critiques.

Plus profondément, cette décision est aussi très grave car elle fait primer les objectifs de «tolérance mutuelle» et de «coexistence pacifique» sur la liberté de pensée et d’expression en matière religieuse. Elle permet de museler la critique de l’islam au nom du vivre-ensemble. Cela va à rebours de la modernité occidentale qui exige au contraire de soumettre l’islam à la critique historique, sans peur de bousculer les croyances de ses adeptes et même de provoquer des tensions. […]

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La crise ukrainienne au sein de l’Eglise orthodoxe dépasse largement la sphère religieuse

La dissension actuelle entre les deux patriarcats, de Moscou et de Constantinople, porte sur une question de droit ecclésiastique : accorder ou non l’autonomie à une Eglise locale. Raphaël Blere, consultant en intelligence économique, fait le point.

Les travaux d’Olivier Clément sont incontournables pour comprendre la notion de primauté dans la nouvelle ecclésiologie développée depuis le début du 20e siècle. Au fond, les accords et désaccords entre les différents patriarcats chrétiens, sauf dans le cas d’hérésies caractérisées, ont toujours été fonction de jeux politiques temporels. Ce schisme (séparation) n’a donc rien de définitif, d’autant qu’il n’implique pas de la totalité du monde orthodoxe.

Cette rivalité existait depuis longtemps (il convient d’évoquer le mythe de la troisième Rome et la perte d’influence du Patriarcat œcuménique de Constantinople, accusé à tort ou à raison de «papisme»), le contexte actuel ne faisant que mettre en lumière les tensions internes de l’Eglise orthodoxe.

Historiquement, le Phanar (Patriarcat œcuménique de Constantinople) est un axe diplomatique majeur dans la région, luttant pour sa survie autant que servant les intérêts de ceux qui l’aident, soit principalement aujourd’hui la diaspora grecque américaine et toutes les autres diasporas de confession orthodoxe ayant fui le régime soviétique.

Ce sont donc tous ceux qui haïssent la Russie, pour de bonnes ou mauvaises raisons, qui soutiennent ce projet d’autonomie de l’Eglise ukrainienne, afin de contrer l’influence de la Russie directement à sa frontière.

Quand le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, affirme que l’indépendance accordée à l’Eglise ukrainienne est une «provocation» soutenue par Washington, cela n’a rien d’étonnant, la stratégie américaine consistant depuis des années à déstabiliser la Russie dans sa sphère d’influence de l’ex-URSS.

Ce sont donc tous ceux qui haïssent la Russie, pour de bonnes ou mauvaises raisons, qui soutiennent ce projet d’autonomie de l’Eglise ukrainienne

Pour mieux comprendre d’où vient cette volonté de détachement vis-à-vis de Moscou, il faut rappeler que Vladimir Poutine, afin de restaurer l’unité de la nation russe, n’a jamais condamné clairement et fermement la période communiste. S’ensuit donc cette critique permanente que subit le Patriarcat de Moscou de n’être qu’un instrument des services de renseignements de la Fédération de Russie, comme au temps où il était entièrement contrôlé par le KGB.

La grande question qui se pose aujourd’hui, et qui divise jusqu’au sein même des familles émigrées orthodoxes, est de savoir si le pouvoir russe fonctionne encore structurellement comme au temps de l’URSS ou si le renouveau de l’orthodoxie russe marque bel et bien la fin d’une époque tragique où 100 000 prêtres furent assassinés et la quasi-totalité des églises et monastères détruits.

Ainsi, le risque est, pour les populations ukrainiennes orthodoxes rattachées parfois sans le savoir à Moscou, de subir à nouveau des persécutions de la part de groupuscules dangereux animés par une haine viscérale de la Russie. Haine d’autant plus exacerbée que la situation en Ukraine est au point mort, aucun des deux camps n’ayant les moyens de ses ambitions.

Du côté du Donbass et des groupes prorusses, le passage de la Crimée dans le giron de Moscou a fait perdre un vivier de 2,3 millions d’électeurs potentiels nécessaire pour peser dans la politique en Ukraine, sachant que les deux régions séparatistes ne comptent qu’environ 2,1 millions d’individus.

Aux dernières élections présidentielles, qui ont concerné l’ensemble du territoire ukrainien tel que reconnu par l’ONU (en 2010), la Crimée a voté à 75% pour Viktor Ianoukovitch, quand les zones séparatistes l’ont littéralement plébiscité (90% des voix environ). Celui-ci a recueilli 8,7 millions de voix dans tout le pays. Mécaniquement, la perte d’influence de la mouvance prorusse est majeure dans le jeu politique à Kiev.

Du côté du Donbass et des groupes prorusses, le passage de la Crimée dans le giron de Moscou a fait perdre un vivier de 2,3 millions d’électeurs potentiels

De l’autre côté du pays, les populations à tendance catholique romaine, régions de la Galicie et du Zakarpatska – Oblast de Transcarpatie, entre autres (d’après un blog spécialisé sur l’Ukraine hébergé par Libération ainsi qu’Agoravox), se sentent de moins en moins concernées par le projet centralisateur de Kiev.

Cet octroi de l’autonomie (autocéphalie) par Constantinople à l’ancienne Eglise schismatique du Patriarcat de Kiev, opposée à l’Eglise d’Ukraine historiquement rattachée à Moscou, est l’une des dernières cartes du pouvoir ukrainien qui souhaite ainsi créer une cohésion nationale autour d’un sentiment religieux, ce fameux ethno-phylétisme que Constantinople  dénonce et veut contrôler.

Par ailleurs, les Ukrainiens orthodoxes antirusses reprochent au Patriarche Cyrille d’être trop proche de Vladimir Poutine alors qu’ils doivent eux-mêmes leur indépendance au pouvoir de Kiev.

C’est cette ingérence du temporel sur le spirituel qui est particulièrement critiquée dans le monde orthodoxe aujourd’hui (notamment par ceux se rappelant l’histoire de l’Eglise sous l’Empire romain d’Orient). La conséquence est simple : Constantinople n’est quasiment pas soutenu par les autres patriarcats orthodoxes. Même le clergé grec est divisé sur la question, selon le New York Times.

A savoir qu’en cas de concile, ce qui est la tradition dans l’Eglise chrétienne depuis les origines pour régler les conflits, la position de Constantinople ne serait pas dominante aujourd’hui. Cette solution proposée par le Patriarche d’Antioche a donc peu de chances d’aboutir.

En fin de compte, les deux patriarcats se renvoient la balle et s’accusent mutuellement, l’un luttant contre son isolement, l’autre cherchant à recréer une confiance perdue, tout cela s’imbriquant dans une géopolitique mondiale en ébullition où le religieux fait de plus en plus l’objet d’un accaparement par le politique

Que l’Eglise soit protégée par le pouvoir temporel est une chose, qu’elle en soit l’instrument en est une autre.

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«C’est la pire bulle spéculative sur les marchés depuis 1929 et elle va exploser»

De nombreux observateurs, dont le célèbre économiste Nouriel Roubini pointent les risques de plus en plus importants d’une nouvelle crise économique majeure. Sylvie Matelly, directrice adjointe de l’IRIS et Philippe Béchade, président des Éconoclastes, nous ont aidés à analyser les nuages noirs qui s’amoncellent au-dessus de l’économie mondiale.

«Il y a un certain nombre de facteurs aujourd’hui qui fragilisent le système financier et qui peuvent laisser penser qu’une nouvelle crise va arriver.»

Sylvie Matelly, économiste et directrice adjointe de l’IRIS, n’est pas rassurée par les indicateurs économiques mondiaux. Comme elle, une multitude d’experts soulignent les similitudes entre le contexte actuel et celui qui a précédé la crise financière majeure de 2008. C’est cette année-là, dans la ville de New York, que le 15 septembre à 01 h 45 la banque Lehman Brothers déposait le bilan en laissant une dette de 691 milliards de dollars et 25.000 employés sur le carreau. Cet événement mettait un point d’orgue à la crise des Subprimes et plongeait le monde dans la pire tempête économique depuis les années 30.

Début 2007, la multiplication des défauts de paiement sur des prêts hypothécaires à risque n’était que le commencement d’un gigantesque effondrement, qui a mené tout droit vers la faillite de la grande banque new-yorkaise. «On n’a rien vu venir!», lançait alors un employé du groupe à Londres.

Pourtant, certains l’avaient anticipé, Nouriel Roubini en tête. Cet économiste réputé pour ses analyses et président de Roubini global economics avait prédit la crise des Subprimes dès 2006. «Il avait expliqué tout le déroulé des événements. Depuis cette date, on l’écoute avec attention. Quand il prévoit une crise, on s’inquiète et on a un petit peur», explique Sylvie Matelly.

Des gouvernements sans marge de manœuvre

Nouriel Roubini a récemment publié un article au titre évocateur chez nos confrères des Échos: «Les cinq ingrédients qui préparent la crise de 2020». Le docteur en économie voit un cocktail composé d’une note de récession globale, d’une touche de hausse des taux d’intérêt, d’un parfum de valorisations boursières excessives, d’un zeste de difficulté politique et d’impuissance des banques centrales en guise de rondelle de citron. Un cocktail dur à avaler, vous l’aurez compris. Sommes-nous vraiment dans la même situation qu’en 2007-2008, voire pire?

Sylvie Matelly note des points communs et de nouveaux risques:

«Je pense au haut niveau d’endettement des États qui s’est renforcé après la crise de 2008, mais également à l’endettement des ménages qui est de plus en plus inquiétant. On a aussi des bulles spéculatives qui se sont formées, comme celle sur l’immobilier en Chine, la survalorisation des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) et plus globalement sur certains marchés actions comme aux États-Unis. Ces risques d’éclatement fragilisent l’économie mondiale. De plus, les régulations de la finance mises en place après la crise de 2008 ont été insuffisantes pour limiter les risques.»

Infographie:  La dette des ménages, à chaque pays son style

Commençons par la remontée des taux. Pendant des années, plusieurs Banques centrales, celles des États-Unis, du Japon et la Banque Centrale Européenne (BCE) en tête, ont mené des politiques ultra-accommodantes afin de soutenir l’économie. Des taux très bas conjugués à des programmes de rachat d’actifs ont permis l’afflux de liquidité dans le système financier. Puis, la Réserve fédérale américaine a commencé a relever progressivement ses taux d’intérêts. Le 26 septembre, elle l’a fait pour la troisième fois de l’année avec une hausse d’un quart de point, pour les porter à une fourchette située en 2 et 2,25%. Avec une croissance de 4,1% au deuxième trimestre, l’économie américaine surchauffe. Et la Fed craint que l’inflation, toujours officiellement autour des 2%, ne dérape.

«La politique extrêmement favorable pour l’économie américaine mise en place par Donald Trump, notamment au niveau des allégements d’impôts, a créé un emballement qui appellera inévitablement à une réaction de la Réserve fédérale américaine. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il la critique si fortement. Si la FED durcit sa politique monétaire, c’est l’ensemble du secteur financier qui s’en trouvera fragilisée», note Sylvie Matelly.

Le locataire de la Maison-Blanche avait en effet peu goûté la décision du 26 septembre: «Malheureusement, ils viennent juste d’augmenter un peu les taux d’intérêt parce que nous (l’économie) nous portons bien. Je ne suis pas content.» Hausse des taux signifie augmentation du coût du crédit, moins de liquidités, dollar plus fort et donc exportations américaines plus chères. Mais ce n’est pas forcément le pire pour la directrice adjointe de l’Iris:

«Aux États-Unis, une augmentation des taux d’intérêt aura pour conséquence un ralentissement de la croissance économique. Mais ce n’est pas sûr que ce soit le plus inquiétant. Dans le contexte actuel, une telle décision rapatrierait un certain nombre de capitaux aux États-Unis du fait des risques limités. Il faut rappeler que les taux d’intérêts sont le loyer de l’argent. Vous allez où cela rapporte le plus avec le minimum de risques. Le problème, c’est que ces capitaux vont venir de pays très endettés. Dans le cas de l’Europe, cela pourrait créer des crises, mais la Banque centrale européenne et le mécanisme européen de stabilité pourrait intervenir. Mais dans des pays émergents comme le Brésil ou l’Argentine, la fuite de capitaux vers les États-Unis pourrait avoir des conséquences désastreuses pour leurs économies.»

Pour Philippe Béchade, président des Éconoclastes, la hausse des taux que l’on voit aux États-Unis est naturelle et fait partie d’une stratégie qui vise à se dégager des marges de manœuvre:

«On n’est pas encore dans des politiques de hausse des taux restrictives. La hausse des taux actuelle aux États-Unis est juste une normalisation. On se situe encore entre 2 et 2,25% face à une croissance de 4%. Et en Europe, la croissance est autour de 2% avec des taux proches de 0. Je pense que les banques centrales sont convaincues que l’on se dirige vers un ralentissement du cycle économique, avec ou sans hausse de taux. Elles souhaitent se ménager des marges de manœuvre, mais la situation risque fort d’être critique.
La Fed, même avec des taux à 2,25%, n’a pas de latitude suffisante pour qu’une baisse de ce taux ait un impact significatif sur l’économie. En Europe, c’est encore pire. La BCE ne les a pas encore montés et elle ne le fera probablement pas avant l’automne 2019. Si le cycle se retourne et que le marché se met à corriger, la BCE n’aura aucun instrument pour soutenir l’économie en cas de crise.»

C’est en substance l’avis de Nouriel Roubini qui, dans son article publié par Les Échos, décrit des gouvernements pieds et poings liés: «à la différence de 2008, époque à laquelle les gouvernements disposaient des outils politiques permettant d’empêcher une chute libre, les dirigeants qui affronteront la prochaine récession auront les mains liées, sachant par ailleurs que les niveaux globaux de dette sont supérieurs à ceux d’avant-crise.»

Tensions commerciales et trading à haute fréquence

Car comme le souligne Philippe Béchade, «l’éléphant dans le corridor reste la taille des dettes, qui sont à des niveaux bien au-delà de ceux qui étaient déjà jugés insupportables en 2008». La crise économique a vu l’endettement de nombreux États augmenter à vitesse grand V, de même que celui des ménages et du secteur privé. D’après le FMI, la dette mondiale a atteint un record de 164.000 milliards de dollars en 2016. Cela représente 225% du PIB de la planète.

«Aujourd’hui, la seule raison pour laquelle on juge que la dette est tolérable est à chercher du côté de raisonnement du type: « Il y a 4% de croissance aux États-Unis, donc ils peuvent faire face à un déficit de 3% ». C’est un calcul totalement basique. Le problème c’est que l’accroissement de la dette américaine est en fait beaucoup plus rapide que ces 3%. En Europe, on n’a pas non plus réussi à se désendetter, hormis l’Allemagne. Si les taux montent et qu’il n’y a pas de croissance pour compenser cela, on va droit dans le mur», avertit Philippe Béchade.

Le fait que les Banques centrales coupent progressivement les vivres pourrait avoir un autre effet désastreux: un krach des marchés actions. Les politiques ultra-accommodantes ont eu pour conséquence de faire grimper les marchés financiers à des niveaux prodigieux. À New York, les indices Dow Jones et S&P 500 battent record sur record depuis l’élection de Donald Trump. Privés de leur carburant, ils pourraient sérieusement dévisser… et la bulle imploser.

«C’est la plus phénoménale bulle spéculative qu’on a connue depuis 1929. Et elle va forcément exploser. Comme le souligne l’économiste en chef d’Allianz, Mohamed Aly El-Erian, la question est de savoir comment la correction ne s’est encore produite. Cela fait depuis 2015 que les niveaux atteints par les marchés sont délirants. Arrive là-dessus Donald Trump qui crée un nouvel emballement de la croissance avec un choc fiscal et qui tend encore plus le ressort», s’alarme Philippe Béchade.

Autre avis de tempête sur l’économie mondiale: la guerre commerciale. La rhétorique protectionniste de Donald Trump l’a mis en position de confrontation avec l’Union européenne, mais surtout avec la Chine.

«Les tensions commerciales peuvent impacter la croissance mondiale, car elles vont ralentir le commerce international. À partir du moment où vous imposez des droits de douane sur des produits, vous les rendez plus chers et donc vous en limitez les échanges. Or le commerce international est un élément clef de la croissance économique partout dans le monde», souligne Sylvie Matelly.

Encore plus quand les deux premières économiques mondiales s’affrontent. Les milliards de dollars d’augmentation des tarifs douaniers que s’imposent réciproquement les États-Unis et la Chine ont tout de la dangereuse escalade. Les invectives sortent du domaine du commerce. Le vice-président américain Mike Pence a récemment accusé Pékin d’ingérence dans les élections américaines. Des déclarations qualifiées d’«injustifiées» et de «ridicules» par l’Empire du Milieu. «Cette guerre commerciale devient un enjeu plus politique qu’économique et cela va peser sur la croissance économique», s’inquiète l’économiste de l’Iris.

Un tableau d’ensemble que Nouriel Roubini saupoudre d’un peu d’inquiétude politique. D’après lui, la montée de partis à la rhétorique anti-finance compliquera davantage la tâche des gouvernements en cas de crise économique. «Par ailleurs, les sauvetages dans le secteur financier seront intolérables pour des pays marqués par la résurgence de mouvements populistes et dirigés par des gouvernements quasi insolvables», prévient-il.

«Sur le sauvetage des banques et le populisme, la question à se poser est la suivante: « Comment vont réagir les opinions publiques? » Je pense qu’elles l’accepteront, car les politiques qui sont mises en place pour accompagner le secteur financier dans la perspective d’une telle crise sont des politiques de responsabilité. Ce qui n’a pas forcément été le cas en 2008. L’essentiel est d’expliquer les démarches. Ne pas sauver le secteur financier, c’est pousser à la faillite un certain nombre d’entreprises en premier lieu desquels les plus fragiles. C’est également ruiner des citoyens. Nous sommes prisonniers de ce système financier. Par définition, il finance l’économie. Il n’est pas totalement déconnecté même s’il l’est en partie», anticipe Sylvie Matelly.

C’est justement ce manque de lien avec la réalité que dénonce Philippe Béchade, notamment par rapport à ce qu’il se passe sur les marchés actions: «Le pire dans tout cela, c’est que les réflexes sont toujours les mêmes. Les gérants ne croient pas vraiment à la hausse. Ils sont parfaitement conscients que les valorisations sont tendues. Et en même temps, ils sont pris dans une logique de réplication des performances indicielles qui les contraint à acheter toujours les mêmes valeurs et qui de fait progressent plus vite que la moyenne. On est donc obligé de les surpondérer ce qui a pour effet de les faire monter encore plus vite. C’est un système de spirale complètement imbécile.» Avant de poursuivre:

«Aujourd’hui, que ce soit sur les marchés actions américains ou européens, je défie quiconque de me donner la vraie valeur d’une entreprise. Leurs valorisations sont ce que les gens sont prêts à payer. Qui sait ce que vaut vraiment Amazon qui a gagné plus de 50% cette année? En cas de correction, qu’est-ce que ça vaut?»

Il réfute pourtant le terme de «finance folle» et souligne au contraire l’excès de rationalité qui frappe les marchés et qui se matérialise dans l’utilisation du trading à haute fréquence ou «high-frequency trading» dans la langue de Shakespeare. Il permet l’exécution de transactions financières à une vitesse hallucinante grâce à des algorithmes informatiques. Les grandes banques de Wall Street se sont fait une spécialité de recruter de brillants mathématiciens, souvent en France, afin d’élaborer les équations les plus sophistiquées pour augmenter les rendements. Déjà en 2011, des opérations pouvaient être effectuées en 113 microsecondes. Des pratiques que dénonce Philippe Béchade:

«De l’extérieur, cela peut paraître fou de voir des titres valorisés 150 fois leurs bénéfices. On se dit qu’on est en train de faire les mêmes erreurs que lors de l’explosion de la bulle internet en 2000. Mais en fait, paradoxalement, la finance est une addition de comportements ultras-rationnels. Quand on est dans la logique mathématique pure et l’addition de décisions rationnellement justifiées au niveau de l’augmentation des profits, on aboutit effectivement à une situation folle.

Là on touche aux programmes informatiques qui fonctionnent avec des algorithmes très perfectionnés, qui achètent toujours les mêmes titres. Ils prennent des décisions qui ont l’apparence de la rationalité pour le gestionnaire d’actifs. Mais ils ne situent pas dans un contexte global. Ils sont coupés des réalités.»

Plus de dettes, pas vraiment plus de régulation, tensions commerciales et géopolitiques… Le contexte pousse à l’inquiétude. Sur certains points, il est pire qu’avant la crise de 2008. Et Nouriel Roubini ne dit pas autre chose:

«Lorsqu’elles surviendront, la crise et la récession de demain pourraient se révéler encore plus sévères et prolongées que celles d’hier.»

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L’Église face à l’islam, entre naïveté et lucidité – par Joachim Véliocas

Le 13 septembre 2018 est sorti dans les librairies, L’Eglise face à l’islam* : nouveau livre de Joachim Véliocas, préface du père Henri Boulad.

Avec l’aimable autorisation des Éditions de Paris, voici en exclusivité la Préface du jésuite père Henri Boulad (révisée par François Sweydan). L’ouvrage de Joachim Véliocas, L’Eglise face à l’islam, entre naïveté et lucidité, Éditions de Paris, 2018, est à commander sur Amazon ou n’importe quelle libraire.

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Voici de Joachim Véliocas un ouvrage clair, sans concessions, qui se veut vrai et objectif. Un ouvrage solidement documenté, étayé par des faits concrets, s’appuyant sur des textes clairs et citant des références musulmanes indiscutables. Un ouvrage qui rappelle en toute objectivité un certain nombre de vérités qui crèvent les yeux. Un ouvrage qui dissipe bien des malentendus et dénonce bien des ambiguïtés.

Un ouvrage qui ne se perd pas en considérations théoriques, mais se fonde sur des réalités historiques et factuelles. L’auteur sait de quoi il parle. D’où la force et la pertinence de ses propos. En d’autres termes, «ce n’est pas du n’importe quoi». Tout cela est le fruit d’un travail acharné d’information, de documentation et de réflexion.

 

Le but de ce livre est de faire la lumière sur ce qui se dit aujourd’hui en France sur l’islam et de dénoncer l’aplatissement généralisé et la dhimmitude d’un Occident majoritairement inconscient et amnésique. Les Européens feignent-ils d’ignorer le projet hégémonique clairement proclamé des musulmans, qui avance systématiquement sous nos yeux ?

Le cheikh Youssef al-Qaradawi, chef spirituel des Frères musulmans et président de l’Union internationale des savants musulmans, membre du Conseil européen de la Fatwa – entre autres éminents dignitaires religieux musulmans s’exprimant en termes similaires – n’avait-il pas parlé de «conquête pacifique de l’Europe» par la da’wa, la «prédication» – le prosélytisme religieux actif pour la diffusion de l’islam ?

Son propos est clair : «L’islam retournera en Europe… Il y est entré deux fois… et deux fois il l’a quittée… La prochaine conquête, avec la volonté d’Allah, se fera par la prédication et l’idéologie. Toute terre n’est pas obligatoirement conquise par l’épée… La conquête de la Mecque ne s’est pas faite par l’épée ou la guerre, mais par un traité [d’Houdaybiya [1]] et par des moyens pacifiques… Nous voulons qu’une armée de prédicateurs et d’enseignants présente l’islam dans toutes les langues et tous les dialectes…»

Ne sommes-nous pas clairement prévenus de ce projet structuré, méthodiquement mis à exécution depuis plus d’une cinquantaine d’années, notamment par les Frères musulmans en Europe [2] ?

L’autre objectif de cet ouvrage est d’inviter l’Église à prendre acte de l’échec du dialogue avec l’islam, initié il y a plus de 50 ans. Il est clair aujourd’hui que ce dialogue a échoué faute d’avoir pris au sérieux ce que l’islam a toujours été, ce qu’il est et s’est toujours voulu, ce qu’il dit de lui-même et qu’il démontre par ses dramatiques actions dans tout l’Orient et dans le monde.

Ce livre dit en toute objectivité un certain nombre de vérités qui dérangeront les censeurs, partisans de la pensée unique. A la traîne de la gauche ‟libérale”, ceux-ci crieront à l’amalgame et à l’imposture de l’‟islamophobie”, pour réduire au mutisme tous ceux qui, comme l’auteur, voient clair.

La pensée unique nous étouffe, nous étrangle, nous asphyxie, cherchant par tous les moyens à nous convaincre que blanc c’est noir. Quand donc mettrons-nous la vérité au cœur de nos rencontres ? L’heure est gravissime. Le totalitarisme et l’intolérance féroce d’une gauche libérale – qui n’a de libéral que le nom – et qui a fait alliance avec un islam agressif, conquérant et fondamentaliste, ne laissera plus bientôt le moindre espace à une quelconque liberté d’expression.

Jésus nous a bien dit : «La vérité vous rendra libres». Or, un Occident aux ordres de l’élite mondialiste s’emploie à toutes les contorsions et les concessions pour nier des évidences qui crèvent les yeux. Il est urgent aujourd’hui de hisser l’étendard de la vérité et de dire les choses telles qu’elles sont, sans se voiler la face.

A titre d’exemple, le dimanche de la Pentecôte 2014, se tenait dans les jardins du Vatican une «prière pour la Paix» rassemblant le Président Shimon Peres chef de l’État d’Israël, et Mahmoud Abbas, Président de l’Autorité nationale palestinienne, en présence du Pape François et du Patriarche orthodoxe Bartholomée Ier. Au cours de cette rencontre au plus haut niveau, l’imam Turc de la délégation musulmane a récité les derniers versets coraniques de la sourate 2 (La Vache) qui se terminent ainsi : «…Accorde-nous [Allah] la victoire sur les peuples infidèles [3]» (2:286).

Cette sourate prône le jihad et insiste à plusieurs reprises sur le combat contre les mécréants (non musulmans chrétiens) : «Et combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’association et que la religion soit entièrement à Allah seul» (2:193). «On vous a prescrit le combat, bien que vous ne l’aimiez pas» (2:216), contre les juifs (2:211) et les chrétiens «associationnistes» (2:217). Allah met en garde contre les mariages avec les femmes «associatrices» et les hommes «associateurs» (2:221). Les commentateurs du Coran y lisent clairement la croyance en la Trinité : «Et tuez-les où que vous les rencontriez (…). L’association est plus grave que le meurtre» (2:191, aussi 2:217).

Dans cette même sourate, l’enfer est promis aux mécréants qui ressemblent à du bétail (2:171), les femmes sont considérées comme « un champ de labour » (2:223) et peuvent être répudiées trois fois (2:229-230), les juifs falsificateurs de la parole d’Allah (2:75) ; toute la sourate est violemment anti-juive et antichrétienne.

En France et en Europe, au nom d’une vision irénique de l’islam, les distorsions intellectuelles complaisantes et absurdes sont monnaie courante. Avec une naïveté désarmante, les professionnels d’un dialogue à sens unique qui frise la mauvaise foi ou l’ignorance prétendent parler au nom du christianisme, tout en écartant délibérément les chrétiens d’Orient et les néo chrétiens, apostats de l’islam. Pourtant, ceux-ci, mieux placés que quiconque pour s’exprimer sur cette question, ont de l’islam une perception diamétralement opposée à celle de ces ‟experts” occidentaux [4].

Dans une récente rencontre au Caire (avril 2018) avec un religieux catholique français de l’Institut dominicain d’études orientales au Caire (IDEO), parmi les représentants les mieux placés du dialogue interreligieux islamo-chrétien avec Al-Azhar, je lui demandais ce qu’il pensait du Frère Rachid [5] et de Hamed Abdel-Samad [6] – tous deux mondialement connus pour leur lucidité sur l’islam. Sa réponse a été : «Connais pas…». J’en ai été stupéfié. Aveuglement dangereux et méconnaissance incompréhensible.

Plus surprenant encore, des évêques et des prêtres engagés dans le dialogue interreligieux islamo-chrétien en France de nous conseiller de ne pas diaboliser l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) qui se réclame ouvertement de la confrérie des Frères Musulmans pratiquant – pour l’instant – et depuis une bonne trentaine d’années en Europe le jihad idéologique et politique, culturel et juridique. Pourtant, depuis des décennies cette organisation jihadiste est la première et principale responsable des graves tribulations islamistes en Égypte et en Orient.

Autre curieux exemple. Le dominicain Emmanuel Pisani, précédemment de l’IDEO au Caire, de nous égarer dans les dédales fantasmés d’un soufisme ‟massignonien” imaginaire et idéalisé à souhait, celui des orientalistes romantiques séduits par une mystique exotique. En effet, on nous vante les mérites d’un islam prétendument ‟mystique”, pourtant ultra minoritaire et non reconnu (à peine toléré) par les quatre écoles juridiques, faussement tolérant et abusivement pacifique [7], nullement représentatif de la quasi-totalité du monde musulman. Pourtant, c’est l’arme de conversion des Français crédules abusés et, «en Europe cheval de Troie de l’islamisme», selon les mots de Marie-Thérèse Urvoy [8] ; en effet, éminente stratégie de conquête mise en avant par les Frères musulmans en France.

Fin 2015 à son escale de trois jours en Turquie, le pape François déclare : «Le Coran est un livre de paix, c’est un livre prophétique de paix». De retour de Pologne des JMJ, fin juillet 2016, il déclare : «si je parle de violence islamique, je dois parler de violence catholique», occultant curieusement que la violence meurtrière, injonction coranique claire, n’est pas inscrite dans le message de Jésus dans les Évangiles ; comparaison n’est pas raison.

Il ose même dire devant des étudiants italiens : «il n’existe pas de terrorisme islamique» ! Dans son discours politique mondialiste récent (mai 2018) le souverain pontife déclare (dans l’Écho de Bergame), qu’«assimiler islam et terrorisme est un mensonge ridicule». Sans doute, a-t-il raison en partie seulement, mais dire que c’est un «mensonge ridicule» risque de nous faire perdre le lien réel qui les unit – et qui ne veut pas dire que tout musulman bienveillant et pacifique serait un terroriste.

L’exhortation apostolique Evangelii Gaudium publiée le 24 novembre 2013 (point n° 253 du chapitre 4, consacré aux relations avec l’islam, à l’amplification du dialogue islamo-chrétien, et au devoir d’accueil des musulmans) est aux racines du profond malentendu : « Face aux épisodes de fondamentalisme violent qui nous inquiètent, l’affection envers les vrais croyants de l’Islam doit nous porter à éviter d’odieuses généralisations, parce que le véritable Islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute violence. »

À considérer l’exégèse des commentateurs éminents du Coran et des Hadiths, l’imam Malik (715-795), Ahmed ibn Hanbal (780-855), Al-Boukhari (810-870), Muslim ibn al-Hajjaj (819-875), Tabari (839-923), ibn Taymiyya (1263-1328), Ibn-Kathir (1301-1373), et bien d’autres, notamment jusqu’aux XXe et XXIe siècles, leurs édifiantes analyses des versets coraniques appelant clairement à la violence et au meurtre du non-musulman viennent contredire totalement l’exhortation apostolique du pape François.

Lors de sa première visite officielle à Paris (le 24 mai 2016), cheikh d’Al-Azhar, Ahmed el-Tayeb, déclare dans son discours inaugural d’une conférence interreligieuse à l’Hôtel de Ville (sur le thème « Orient et Occident, civilisations en dialogue ») : « Si certaines lois [européennes] imposent aux musulmans de faire quelque chose qui s’oppose vraiment à leur religion, ils doivent recourir aux voies juridiques qui permettent de faire valoir son droit et qui permettent l’amendement des lois [9]. » Vous lisez bien, le cheikh souhaite changer les lois européennes pour les rendre compatibles avec la loi islamique !

Ce qu’il ne fait pas pour les chrétiens autochtones de son propre pays. Outre le fait qu’il reste totalement silencieux sur les nombreuses et constantes exactions contre les Coptes, il a refusé de condamner l’organisation de l’État islamique et s’était exprimé par le passé sur le bien-fondé du meurtre de l’apostat, sans compter les contre-vérités à l’adresse des Européens au mois de mars 2016 (voir note 4).

La source principale de radicalisation – tant en Égypte que dans le reste du monde – est incontestablement Al-Azhar [10]. Grâce à son université qui forme les imams du monde entier, cette institution a grandement contribué au durcissement de l’islam. Malgré les exhortations répétées du Président al-Sissi, le grand imam d’Al-Azhar, Ahmed el-Tayyeb, s’obstine à maintenir dans les manuels azharistes des textes incitant à la haine des juifs, des chrétiens et autres non musulmans.

Cette institution prétendument modérée, explique à ses élèves et ses étudiants universitaires pourquoi il faut haïr le non-musulman et tuer l’apostat, comment couper les membres d’un contrevenant à la charia et détaille dans ses manuels d’autres châtiments cruels et barbares. Un tel enseignement est colporté dans le monde entier par les centaines de milliers de cheikhs et d’imams formés au Caire.

C’est donc Al-Azhar qui est la cause principale de la majorité des actes de violence commis au nom de la foi musulmane. Il ne fait qu’appliquer la doctrine classique de l’islam sunnite orthodoxe puisée dans le Coran et les Hadiths. Cela n’empêche pas la majorité des musulmans d’être aimables, bienveillants et de souhaiter sincèrement un islam humaniste et pacifié. Mais l’enseignement dispensé par l’islam officiel et les prêches des mosquées – même en Europe et en France – vont dans un sens absolument opposé. Le problème est que les musulmans sont les premières victimes de ce fascisme islamique. Au fond, les terroristes font-ils autre chose que d’appliquer l’enseignement puisé dans les sources mêmes de leur religion ?

En effet, le général égyptien Ahmad Abdou Maher, chercheur en études islamiques, responsable de la lutte contre l’extrémisme religieux dans le gouvernement égyptien du président Abdel Fattah al-Sissi et chargé d’expurger les programmes scolaires égyptiens incitant à la haine, relevait lors d’un colloque [11] à l’Assemblée nationale française que le mal était dans l’islam officiellement enseigné. Il brandit deux ouvrages programmés dans les collèges et lycées d’Égypte qui prescrivent la haine des chrétiens : marquer leurs maisons, leur interdire de construire des églises, appliquer les lois de la dhimmitude, exiger la peine de mort contre les apostats, etc. Son intervention glaçante a été filmée (mais totalement occultée par les médis en France).

Contorsions, compromissions et complaisances occidentales pour nier des évidences flagrantes et défendre l’indéfendable avec un zèle islamophile qui questionne et nous laisse perplexes sur les graves conséquences de cette dhimmitude consentie et assumée.

L’Occident et l’Église ne semblent avoir rien appris de l’Histoire des conquêtes islamiques meurtrières du califat omeyyade, puis celles des Abbassides et enfin celles de l’Empire ottoman. Au nom d’Allah, de son prophète et des injonctions coraniques ils ont mis des siècles durant la Méditerranée à feu et à sang, conquis ses îles, l’Espagne, la moitié de la France et le sud de l’Europe, les Balkans et jusqu’aux deux sièges de Vienne, la bataille navale de Lépante, la chute de Constantinople et j’en passe…

Les cruelles persécutions incessantes des chrétiens et des juifs d’Orient dès les débuts des conquêtes et pendant de longs siècles, les conversions forcées, les razzias terrestres et piratages maritimes dans toute la Méditerranée, l’esclavage de millions d’Européens (estimation : plus de 3 millions), mise en danger des routes commerciales maritimes de l’Europe du Sud, etc. Et cette furie islamique a sévi quatre siècles durant avant les Croisades, enfin décidées afin de sauver Jérusalem (et le Saint-Sépulcre incendié et détruit) et l’Europe du danger des conquêtes musulmanes.

Très souvent les tenants du dialogue unilatéral se basent sur des informations puisées à des sources occidentales révisionnistes faussées, partiales ou complaisantes et celles concoctées par les musulmans dissimulateurs, les professionnels de la taqiya [12]. Ils ignorent à peu près tout de ce qui se dit dans les mosquées et s’écrit en arabe sur Internet qui ruine leurs certitudes.

La question de la violence intrinsèque de l’islam perpétrée par les musulmans est reléguée à un niveau sociologique. Elle serait le produit d’individus déséquilibrés, motivés par des considérations non religieuses et non-culturelles. La spécificité islamique de la violence institutionnalisée, injonction coranique claire et codifiée dans les traités de jurisprudence enseignés doctement, est balayée d’un revers de la main ou minimisée, voire niée dans une mauvaise foi qui questionne et laisse perplexe.

Les partisans du dialogue à tout prix nagent dans le malentendu et l’aveuglement délibéré. Ce déni au plus haut niveau de l’Église catholique est vraiment consternant, pour ne pas dire exaspérant et désespérant. Il est éminemment dangereux et met en danger l’Église elle-même !

Dans cet ouvrage, Joachim Véliocas dresse le bilan sans concession de cinquante ans de relations islamo-chrétiennes, en remontant aux racines des malentendus. Chapelles devenues mosquées, mosquées inaugurées par des évêques, instituts catholiques à la dérive… Les fidèles ont de quoi s’inquiéter, être désorientés et écœurés.

L’auteur sait aussi relever les positions courageuses d’évêques et de cardinaux au service de la vérité, au sujet d’une hérésie postchrétienne parmi tant d’autres, que beaucoup refusent de qualifier avec clarté.

Ce qu’il faudrait, c’est un dialogue fondé sur la VÉRITÉ. Il est impératif de refuser le « politiquement correct » et la langue de bois. Si, aux arguments que j’avance, la seule réponse de mon interlocuteur islamique est le mensonge, la dissimulation et la taqiya, sinon la victimisation à outrance, le chantage, la menace ou le meurtre, comment parler de dialogue ? Et pourtant, il faut reconnaître que c’est bien le cas et c’est de cela qu’il s’agit.

Le prédécesseur du pape François, le pape Benoît XVI, avait donné une magistrale leçon à Ratisbonne sur le rapport entre la Foi et la Raison, la violence dans l’islam et par l’islam. Il en était parfaitement conscient. Il demandait de placer la raison au cœur du débat et la recherche d’une base commune de valeurs partagées.

L’Église catholique est-elle prête à aborder franchement avec les musulmans certaines questions sensibles, par exemple l’égalité citoyenne avec les non-musulmans et la liberté religieuse, les droits de l’homme et celui de la femme ? [13] Son refus de la confrontation sous prétexte de paix sociale ne résout strictement rien.

Quoi qu’il en soit, dans ce contexte de crise profonde les Français sont invités d’abord à un sursaut, à un rejet de la manipulation dont ils sont l’objet. Qu’ils n’attendent pas que leur pays sombre dans le chaos pour se réveiller. Il serait alors trop tard. Sont-ils conscients que des siècles d’histoire et de civilisation sont menacés de disparition ? Sentent-ils que la France, qui a été pendant des siècles à l’avant-garde de la pensée, de l’art et de la culture, risque fort de s’effondrer comme un château de cartes ?

Il faut oser parler vrai, et encourager ceux qui ont le courage de résister. Enracinée dans le judéo-christianisme, l’Europe possède un trésor de culture et d’humanisme qu’il faut à tout prix sauver !

Une paix qui n’est pas fondée sur la vérité est viciée à la base. Le psaume 85:11 nous le rappelle : « amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent ».

Henri Boulad, s. j.

Notes

[1] Pacte signé en 628 entre Mahomet et les autorités mecquoises (tribu de Quraych), qui devait permettre au prophète de l’islam et à ses fidèles de se rendre en pèlerinage à La Mecque pendant trois jours l’année suivante. Il prévoyait également une période de paix de dix ans entre les deux parties. Mais, suite à une vendetta, les Mecquois brisèrent le traité l’année suivante, aubaine et prétexte qui décidèrent Mahomet de déclarer la guerre en janvier 630, et de conquérir la ville. Dans notre contexte, ceci est d’autant plus inquiétant que la déclaration de cheikh Youssef al-Qaradawi est ambiguë, contenant intentionnellement une taqiya, dans la mesure où la conquête de la Mecque ne s’est pas faite « par des moyens pacifiques » mais à terme par la guerre ; le pacte (traité de paix) avec les Mecquois n’était qu’une façade, une stratégie de pacification de l’adversaire et tactique de guerre.

[2] En 1958, Saïd Ramadan, le père de Tariq Ramadan, persuade le prince Fayçal d’Arabie saoudite de l’aider à établir des centres islamiques des Frères musulmans en Europe. C’est durant son exil suisse à Genève que tout a commencé. Il envisage de créer dans les principales capitales d’Europe une chaîne de centres islamiques d’obédience frériste, qui seraient indépendants de toute ingérence gouvernementale. Le premier est créé à Munich (aujourd’hui branche allemande des Frères musulmans). En 1961 il fonde le Centre islamique de Genève (le CIG, financé alors par le prince saoudien Fayçal) dont il a été le directeur jusqu’à sa mort en 1995, et soutenu par la Ligue islamique mondiale. Munich et Genève seront les premières bases européennes des Frères musulmans. Un centre est aussi établi à Londres en 1964. Selon le CIG, ces centres auraient été financés par la Ligue islamique mondiale que Saïd Ramadan contribue à fonder à la Mecque en 1962. Il se consacre à la diffusion du panislamisme et collabore à l’établissement du Conseil islamique européen à Londres en 1973. Il a également été soupçonné d’être l’auteur du ‟Projet”, un plan d’islamisation de l’Europe daté de 1982. Hani Ramadan (le frère de Tariq Ramadan) a pris en 1995 la suite de son père à la tête du centre. Un des objectifs du CIG est d’organiser des circuits pour propager l’islam frériste, d’ouvrir en Europe des centres islamiques, des mosquées, des écoles et des jardins d’enfants, inspirés de cette idéologie.

[3] Le jésuite Felix Körner, professeur de dogmatique et de théologie des religions à l’Université pontificale grégorienne, spécialiste de l’islam dans une curieuse interview (par Radio Vatican en allemand, traduite dans les Cahiers libres) ne prend pas en considération les champs lexicaux de toute la sourate. Le jésuite interprète les « infidèles » comme étant « les polythéistes et les païens ». Quant au musulman Adnan Al Mokrani, professeur à l’Université pontificale Grégorienne et à l’Institut Pontifical d’Études Arabes et d’Islamologie, dans une interprétation qui nous égare, les « kouffâr » (pl. de kafir), les « infidèles », ne seraient pas les chrétiens, mais les Arabes de la tribu de Quraych ; pourtant la sourate est claire. En effet, pour le Père Peter Madros, du Patriarcat latin de Jérusalem et docteur en théologie biblique de l’université pontificale Urbaniana, le terme de « kafir » est bien adressé aux chrétiens : « dans le monde contemporain, notamment depuis le sixième siècle après Jésus-Christ, les polythéistes (ou les païens) n’existaient presque plus, pas même en Arabie. Les seuls « kafirin » possibles ou imaginables pour beaucoup de musulmans sont les chrétiens pour lesquels, d’après le Coran, Allah ‟serait l’un de Trois”, gens qui auraient ‟fait de leurs évêques et de Issa fils de Maryam des seigneurs à la place de Dieu” (EEChO, ‟Réflexions sur la prière pour la paix dans les Jardins du Vatican”, 12 juin 2014) ». Quoi qu’il en soit, si le Coran est incréé et de toute éternité, pour tout temps et tout lieu, les interprétations complaisantes ou dissimulatrices sont mal venues.

[4] Au mois de mars 2016, le cheikh d’Al-Azhar, Ahmed el-Tayeb, s’est adressé à l’Occident au « Bundestag » (parlement allemand). Lors d’une conférence, il a fait des déclarations qui contredisent totalement ce qui est prescrit dans le Coran et dans les Hadiths, un discours truffé de contre-vérités à l’intention des parlementaires allemands qui ne connaissent ni l’arabe, ni les textes coraniques. Voir :

I-

https://www.youtube.com/watch?time_continue=153&v=ACOUgoSBevc,

et II-

https://www.youtube.com/watch?v=AK8MQk9GS-4 (en arabe, sous-titrage en français). Le plus curieux et le plus surprenant est que très peu de personnes ont repéré ces inexactitudes, contre-vérités passées sous silence dans la quasi-totalité des médias européens.

[5] Chrétien marocain converti de l’islam, Frère Rachid est l’un des télévangélistes chrétiens évangéliques les plus connus du Moyen-Orient. Il dirige une émission hebdomadaire sur la chaîne satellitaire chrétienne Al-Hayat TV, basée en Égypte, où il présente les réalités et vérités objectives de l’islam par le texte coranique et fait débattre des intellectuels des deux religions.

[6] Auteur de l’ouvrage Le Fascisme islamique, une analyse, Paris, Grasset, 2017.

[7] Voir l’excellent ouvrage d’Ephraïm Herrera (Préface Paul B. Fenton), Les maîtres soufis et les « peuples du Livre », Studia Arabica XXIV (dirigée par Marie-Thérèse Urvoy). Versailles, Éditions de Paris, 2015 ; voir également, L’islam sunnite face au soufirme – par Marie-Thérèse Urvoy (10 mai 2018).

[8] Professeur d’islamologie, de philosophie, d’histoire médiévale arabe et de langue arabe classique à l’Institut catholique de Toulouse, professeur associée à l’École doctorale université Bordeaux III-Michel de Montaigne, Marie-Thérèse Urvoy dirige l’équipe de recherche CISA (Christianisme, islam et sociétés arabes). Le soufisme fait l’objet d’une étude de niveau universitaire dans son ouvrage, Essai de critique littéraire dans le Nouveau Monde arabo-musulman. Éditions du Cerf, 2011, 384 pages, notamment dans les chapitres 3 à 5 ; aussi livre d’entretiens réalisé par Louis Garcia, Entretiens sur l’islam : avec le professeur Marie-Thérèse Urvoy, Éd. Docteur Angélique, 2015.

[9] Le 24 mai 2016, le cheikh Ahmed el-Tayeb, est venu à Paris pour sa première visite officielle en France. Le journal La Croix a relaté cette visite. D’aucun autre journal n’a rapporté cette déclaration surréaliste. Il y avait pourtant matière, d’autant plus que le cheikh incite ouvertement les islamistes au jihad judiciaire.

[10] Père Henri Boulad : « J’accuse l’islam », Dreuz.info, 4 mai 2017.

[11] Colloque à l’Assemblée nationale, du 26 novembre 2016, au Palais Bourbon, salle Colbert : « Terrorisme islamique et méthodes de déradicalisation », à l’invitation de l’OFEDH, Organisation Franco-Égyptienne pour les Droits de l’homme et de l’UNACF, Union des Nord-Africains Chrétiens de France, soutenu par l’IHEMR, la FLEPES et FRANCOPHONIE sous le patronage du député Philippe Folliot, Député du Tarn. Voir : ‟« La source du terrorisme est dans l’enseignement islamique officiel » alerte un général égyptien” (mise en ligne le 28 novembre 2016).

[12] François Sweydan, Dreuz.info, 1 août 2016, « La taqiyya des imams de France – IV : La surenchère de l’islam de France ».

[13] En ce qui concerner les mariages mixtes, par exemple, l’‟islam de France” et les pays arabes du Maghreb – s’ingérant sans vergogne dans les affaires internes de la France – imposent la législation islamique (la charia) aux lois françaises au nom du « vivre ensemble » mais dans la soumission progressive des Français au projet d’islamisation de leur société puisque l’islam exige que le conjoint et les enfants soient de confession musulmane. Est-ce que cela procède du réel « vivre ensemble » et de la vraie laïcité ? Il est clair que la France laxiste et sa laïcité à géométrie variable se soumet progressivement à ces lois liberticides qui ont prévalu dans les pays devenus exclusivement musulmans. En l’état et à moyen terme, avec la charia islamique qui tend à s’imposer, la France risque de sérieux problèmes sociétaux, culturels et identitaires qui commencent d’ailleurs à se faire sentir d’une manière inquiétante.

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Sondage : les deux tiers des Européens ne pensent pas que leur vie serait pire sans l’UE

Selon un sondage, 64% des Européens estiment que leur vie ne serait pas moins bonne si leur pays venait à sortir de l’UE. Pour autant, une grande majorité (81%) ne souhaite pas que l’UE délègue une partie de son pouvoir aux Etats membres…

Un sondage commandé par le think tank basé à Bruxelles Friends of Europe souligne le peu d’estime que se font un grand nombre d’Européens des institutions du bloc.

Réalisé en septembre sur plus de 10 000 personnes, ce sondage révèle ainsi que les deux tiers (64%) des personnes interrogées avouent ne pas être convaincues que leur vie serait pire sans l’Union européenne. Dans la même logique, près de la moitié (49%) considère le bloc comme n’ayant pas d’importance.

Il demeure toutefois quelques éclaircies dans le ciel européen : 41% des sondés âgés de moins de 35 ans pensent au contraire que leur vie serait pire en dehors du bloc. Autre chiffre notable, 81% des personnes interrogées ne souhaitent pas que l’UE laisse davantage de pouvoir décisionnel aux Etats, ce qui laisse entendre selon Friends of Europe que la souveraineté n’est pas une priorité pour eux.

Une donnée à mettre en parallèle avec la volonté pour les sondés de pouvoir voter sur les décisions politiques prises à l’échelle de l’UE (41%) et celle de disposer de plus de transparence budgétaire (31%).

Enfin, le sondage révèle une divergence de point de vue sur l’objectif principal du bloc : les habitants d’Europe centrale, de l’est et du sud veulent que l’Union se concentre sur la croissance économique, alors que ceux d’Europe occidentale et septentrionale sont davantage préoccupés par la promotion des valeurs et de la démocratie.

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Le retournement du monde, « l’organisation de coopération de Shanghai ». Par Robert Charvin

Les temps sont difficiles. Le petit monde occidental, qui a encore l’arrogance du temps de sa splendeur, a un parfum de décadence et de redites historiques, illustrées par les néofascismes qui fleurissent en Europe et tentent de revenir en Amérique du Sud. Les interrogations à son propos ne manquent pas…

Par exemple, où sont donc passés les Droits de l’Homme dont on nous abreuvait lorsqu’il s’agissait de donner des leçons aux régimes qui déplaisaient ? Ils se dégradent dans les vieilles « démocraties » qui se replient pour se légitimer encore sur les seules élections, sur lesquelles les pouvoirs établis ont prises grâce à l’argent et à leurs médias. Ils ont totalement disparu à propos des migrants et des demandeurs d’asile : le discours sur les droits de l’homme, accordant la priorité absolue à l’Humanitaire, se révèle vide depuis qu’il apparaît trop « coûteux » aux sociétés dites « chrétiennes » et « libérales », devenues sourdes à l’appel du Pape François lui-même et indifférentes à la légalité internationale !

La diversion que représentent dans les esprits le racisme, la xénophobie et la peur des différences permettant l’occultation des luttes sociales mérite que nos « élites » tournent la page (d’autant que les États-Unis de Trump ne montrent plus l’exemple).

La vieille loi des contradictions (inévitables) d’intérêts entre les économies capitalistes (États-Unis – Europe, par exemple), longtemps dissimulées au sein de l’Union Européenne, font apparaître que les tricheurs au pouvoir essaient de jouer sur la « libre » concurrence toujours faussée, sur la déréglementation au nom des « équilibres » financiers creusant surtout les inégalités sociales, sur une croissance sans développement social et humain.

Les crimes de guerre de l’armée israélienne, relevant d’une politique coloniale détruisant le peuple palestinien et la solution politique des « Deux États », sont supportés par les Occidentaux manifestant une complaisance pour Tel Aviv qu’ils ne pratiquent vis-à-vis de personne d’autre, si ce n’est pour la Turquie islamo-fasciste, pilier de l’OTAN ou pour l’Arabie Saoudite, une de nos tire-lire préférées, dont on applaudit avec enthousiasme l’apparition des permis de conduire féminins !

On peut aussi ironiser sur la subite perplexité des politiciens européens vis-à-vis de la question coréenne : les États-Unis et Séoul répondent enfin aux revendications de Pyong Yang (toujours soumis à embargo) qui ont presque 70 ans ! Visiblement, nombreux sont ceux qui préfèrent la tension à la détente et à l’ouverture de perspectives pour le peuple coréen !

Mériterait aussi une polémique la petite musique anti-russe à l’occasion de la Coupe du Monde « trop bien » organisée !

Le silence médiatique sur les massacres au Yémen (le compte des victimes est bloqué à 10.000 depuis des mois), et le bruit fait sur le Nicaragua ou le Venezuela, tandis que les États-Unis, la France et Israël bombardent périodiquement le territoire syrien pour essayer de se faire une place dans le futur règlement politique !

Mais, plutôt que de s’intéresser, une fois de plus, à la médiocratie affairiste occidentale, on peut souligner qu’un Nouveau Monde se prépare sans les Occidentaux, qui à son propos se taisent. Les maîtres provisoires du monde semblent « oublier » que les vaincus de l’Histoire ne sont pas toujours les mêmes. Ces « vainqueurs » peuvent devenir « derniers de cordée » parce qu’il est peut-être plus tard qu’ils ne le croient !

Ce Nouveau Monde, composé d’États asiatiques, de la Russie et de la Chine, a beaucoup de chemin à parcourir pour réaliser les avancées sociales qu’il a programmées, mais il marche, à la différence d’un Occident en pleine régression dans tous les domaines et qui défend, y compris par les armes, un désordre établi pluri-séculaire. En quelques mots, pour s’intéresser à l’avenir, observons « l’Organisation de Coopération de Shanghai », qui tente de réaliser un « retournement du monde ».

L’O.C.S (Organisation de Coopération de Shanghai) a succédé au « Groupe (informel) de Shanghai », qui de 1996 à 2001 réunissait les chefs d’États d’Asie centrale, de la Russie et de la Chine, pour répondre aux bouleversements déstabilisateurs (notamment frontaliers) consécutifs à la disparition de l’URSS.

L’Organisation, née en 2001, vise à développer la coopération entre les États membres, mais en excluant toute intégration et toute ingérence, à la différence majeure de l’Union Européenne (voir, par exemple, le cas de la Grèce). C’est le principe fondamental de la Charte des Nations Unies, l’égale souveraineté des États, qui garantit au sein de l’OCS l’indépendance de chacun des « petits » États dans leur relation avec les grandes puissances qui s’y trouvent : les décisions sont prises par consensus. Les États fondateurs de l’OCS sont la Chine, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan, dont les potentiels économiques et le poids politique sont évidemment différents.

En 2017, ont rejoint l’OCS, l’Inde et le Pakistan. Certains autres États ont la qualité d’ « Observateurs » : la Mongolie (depuis 2004), l’Iran (depuis 2005), l’Afghanistan (à partir de 2012) et la Biélorussie (depuis 2015) (1).

L’OCS, organisation inter-étatique, possède une structure légère : aux côtés des Sommets (chefs d’États, chefs de gouvernements), qui ont lieu chaque année, l’organisation dispose d’un Secrétariat, organe exécutif, dont le siège est à Pékin et du « RATS », structure antiterroriste, fonctionnant depuis 2004, basé à Tachkent en Ouzbékistan. On peut citer aussi l’Association interbancaire de l’OCS et son rôle de financement de projets communs. De nombreux accords bilatéraux complètent la Charte de l’OCS.

L’OCS, que les médias occidentaux ignorent, représente néanmoins près de 50% de la population mondiale (soit près de 3 milliards d’individus) et plus de 20% du PIB mondial (2), ce qui ne les empêche pas d’oser dire, à certaines occasions, que la Russie, par exemple, est isolée au sein de la « communauté » internationale et peut-être asphyxiée par les sanctions que l’Occident lui impose !

Les économies des États membres regroupent 20% des ressources mondiales de pétrole, 38% du gaz naturel (3), 40% du charbon et 30% de l’uranium, ce qui leur donne des moyens énergétiques sans rivaux. Seules les dépenses militaires sont inférieures à celles de l’OTAN : l’OCS leur consacre 364 milliards de dollars contre 606 milliards pour les seuls États-Unis (chiffre de 2016), ce qui limite la dangerosité dont sont parfois accusées la Russie et la Chine !

L’OCS travaille au renforcement du bon voisinage entre les États membres, à la sécurité de la zone (manœuvres militaires communes, lutte contre le terrorisme – qui n’est pas le monopole des Occidentaux (4), lutte contre les trafics de drogue et autres).

Elle facilite dans tous les domaines la coopération, particulièrement entre la Chine et la Russie, et œuvre aussi à la création d’un nouvel ordre politique et économique que celui résultant de l’hégémonisme occidental. C’est ainsi que l’OCS réclame la fermeture des bases militaires américaines dans la région et travaille à unifier l’approche de la situation militaire.

L’OCS n’est donc pas une alliance militaire : aucune procédure n’y est contraignante et il n’y a pas l’équivalent de l’article 5 de la Charte de l’OTAN créant une obligation d’agir dans le cas où un allié est attaqué. Elle n’a pas pour objectif de contrer l’Occident, alors que l’OTAN a depuis l’origine une politique de « containment » du communisme puis de tous ceux qualifiés « adversaires » des États-Unis !

L’un des objectifs essentiels est cependant de constituer un pôle de puissance dans le cadre d’une société internationale multipolaire équilibrée dans un monde où l’unilatéralisme messianique des États-Unis représente un danger pour la paix et la sécurité.

L’OCS constitue ainsi l’embryon du recentrage de l’économie-monde autour de l’Asie pouvant succéder à moyen terme à des siècles d’hégémonisme euraméricain.

Bien évidemment des contradictions, sources de divergences se manifestent au sein de l’OCS. Certains sont pour l’essentiel maîtrisées, comme les différends frontaliers qui affectent traditionnellement la région. Depuis l’Accord de Minsk en 1992, puis d’Almaty en 1998, les États d’Asie centrale se sont mis d’accord sur une politique frontalière commune avec la Chine, afin de sécuriser, en particulier, la frontière chinoise du Xinjiang (5).

Cette province relevant de la souveraineté chinoise (depuis 1884), comme la Tchétchènie en Russie, ont été l’objet d’opérations islamistes, parfois de grande envergure, durant la même période où l’Occident a été victime du terrorisme. L’OCS a joué et joue encore un rôle déterminant dans le combat commun de tous les États membres contre ce terrorisme islamiste qui a parfois pour « couverture » un nationalisme séparatiste (c’est le cas des Ouïgours en Chine).

Mais pour le long terme, l’OCS s’engage sur la voie décisive d’un développement économique mutualisé, y compris entre des États d’orientation socio-économique et politique très différentes comme la Chine, l’Inde, la Russie et le Pakistan. Cette concentration des efforts n’exclut en rien la recherche de relations économiques avec les pays occidentaux, c’est le cas, par exemple, de la Russie qui propose une coopération énergétique (proposition du Ministre Lavrov dès 2006).

Les relations sino-russes sont complexes étant donné les inégalités de potentialités et les profondes différences civilisationnelles.

Dans le domaine de la paix internationale, l’OCS a obtenu, par exemple, au nom du respect de la souveraineté nationale, la fermeture en 2005 de la base américaine de Karshi-Khanabad en Ouzbékistan, instrument de la stratégie de Washington (doctrine du « pivot vers l’Asie » de 2011) visant à « contenir » l’influence croissance de la Chine dans la région (6) et au Kirghizistan celle de Manas en 2014, ainsi que la réduction des forces militaires dans les différentes régions frontalières. Mais elle ne peut que connaître des difficultés par l’appartenance à l’OCS de l’Inde et du Pakistan (en conflit par exemple sur le Baloutchistan) et de l’attraction de l’Inde vers les États-Unis par hostilité à la Chine.

Ce sont toutefois les critiques « occidentalistes » contre l’OCS (7), fondées sur les seuls modèle existant actuellement dans le monde euraméricain, qui permettent d’approcher au mieux la réalité de ce Nouveau Monde en Marche.

L’un des documents le plus spécifique est celui publié par l’IFRI en 2006, qualifiant l’OCS de « coup de bluff » ! L’auteur énumère tout ce que toute organisation internationale connaît et qui n’a rien de spécifique à l’OCS : il accuse cette organisation de bavardage sans conséquence à propos de ses « Déclarations », tout en la dénonçant comme une sorte de « protectorat économique de la Chine », de nature « bureaucratique », tout en soulignant que « bon nombre d’observateurs sont sceptiques ».

De plus, la « Chine serait isolée au sein de l’OCS », alors qu’elle viserait à instrumentaliser l’organisation pour « s’imposer comme un pôle de puissance mondiale » (ce qui semble selon l’auteur parfaitement illégitime), car cette « non démocratie » cherche à établir une « sorte d’hégémonie douce ». Quant à la Russie, elle considérerait la Chine comme « à terme une rivale stratégique ». L’OCS ne serait pour les Russes qu’un « instrument géopolitique provisoire prolongeant la doctrine Primakov » anti-occidentale.

Les pauvres Américains ont dû renoncer à « actionner le mécanisme de la révolution de velours » (bel aveu!), au Kazakhstan notamment, et à établir un cordon sanitaire entre la Chine et le reste de l’Asie centrale.

La nécessité qui s’impose est l’intervention de l’Union Européenne, actuellement absente de la région, pour « démocratiser » la région « par une sorte de réplique des accords de Lomé ou d’Euroméd » (sic) !

L’OCS serait un « piège économique » n’apportant aucun « dividende réel » aux membres autres que la Chine et la Russie.

Ce serait aussi une prison politique, puisqu’au Xinjiang, où 45% de la population est musulmane, l’islamisme radical ne peut plus s’épanouir à la différence de ce qui s’est passé en Afghanistan, en Irak, en Syrie ou en Libye, grâce aux complaisances conjuguées des États-Unis, de la France, de la Grande Bretagne, de la Turquie, du Qatar et de l’Arabie Saoudite (8) !

En bref, à la différence de l’Union Européenne, l’OCS serait « loin d’être un modèle » concluent les brillants observateurs occidentaux en 2018 ! Dans le cadre de la pathologie occidentale la plus répandue, « l’occidentalocentrisme, le « respect de la souveraineté est peu compatible avec le concept de coopération internationale » qui « ne peut avoir lieu qu’entre des démocratie libérales »9.

A l’évidence, la pensée occidentale devient le Tiers-Monde de l’Esprit.

 

Notes :

1) Certains États participent aux réunions : le Sri Lanka, la Turquie, le Cambodge, l’Azerbaïdjan, l’Arménie et le Népal. Sont aussi invités le Turkménistan et l’ASEAN. Les États-Unis et le Japon ont eu la prétention de rejoindre l’OCS qui a refusé leur adhésion.

2)Les échanges commerciaux se sont multipliés par 7 entre 2001 et 2017. Les pays de l’OCS, y compris les États observateurs, cumulent un PIB très proche de celui de l’Union Européenne et des États-Unis (37.200 milliards de dollars contre 40.000 milliards, selon le FMI).

3)Avec la Russie et l’Iran, l’OCS possède 55% des ressources mondiales de gaz.

4)On note que la propagande occidentale assimile dans cette partie du monde l’antiterrorisme à une lutte contre la volonté de certaines minorités à s’autodéterminer (problème des Islamistes tchétchènes ou ouïgours).

5)Cette région autonome, où sont réalisés par Pékin de très lourds investissements, possède des ressources naturelles particulièrement importantes.

6)Les États-Unis et l’Europe n’apprécient pas le grand projet de la Nouvelle Route de la Soie (« Une ceinture, une Route ») , vaste réseau de transports reliant les pays du Sud-Est asiatique au Moyen Orient, à l’Afrique jusqu’à l’Europe ! Plus de 60 pays ont accepté de participer à son financement

7) Elles ne sont pas très nombreuses en Europe qui ignore les réalités qui ne sont pas les siennes. Voir, cependant, Mourat Laumouline de l’IFRI, « l’OCS vue d’Astana : un « coup de bluff » géopolitique ? ». In Russie. Nei.Visions, n° 12. 2006. Cf. P. Chabal (dir.). L’OCS et la construction de la Nouvelle Asie. Peter Lang. 2016. Ou, par exemple, la note d’actualité de novembre 2017 du Centre Français de Recherche sur le Renseignement de J. Descarpentrie. « L’OCS : une alliance sécuritaire et économique en devenir »

8)Les citations sont extraites de « l’étude » précitée de L’IFRI (2006).

Source : Investig’Action, Robert Charvin, 09-07-2018

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Les ingrédients d’une récession et crise financière d’ici 2020. Par Nouriel Roubini & Brunello Rosa

NEW YORK – Dix ans après l’effondrement de Lehman Brothers, des interrogations demeurent autour des causes et conséquences de la crise financière, de même que la question de savoir si les leçons qu’il faudra appliquer face à la prochaine crise ont été intégrées. Mais dans une perspective d’avenir, la question la plus pertinente consiste à déterminer ce qui provoquera la récession et la crise mondiale de demain, ainsi que le moment de leur survenance.

L’actuelle expansion mondiale devrait se poursuivre l’année prochaine, dans la mesure où les États-Unis enregistrent d’importants déficits budgétaires, où la Chine applique des politiques budgétaires et de crédit assouplies, et où l’Europe reste sur une trajectoire de reprise. Seulement voilà, d’ici 2020, les conditions tendront vers une crise financière, suivie d’une récession mondiale.

Dix raisons expliquent cela. Premièrement, les politiques de relance budgétaire qui poussent actuellement la croissance annuelle américaine au-dessus de son potentiel de 2 % ne sont pas tenables. D’ici 2020, la relance se sera épuisée, et un freinage fiscal modéré réduira la croissance de 3 % jusque légèrement en dessous de 2 %.

Deuxièmement, le timing de cette relance ayant été inadapté, l’économie américaine connaît actuellement une surchauffe, et l’inflation s’élève au-dessus de la cible. La Réserve fédérale des États-Unis devrait ainsi continuer d’augmenter le taux cible des fonds fédéraux, l’amenant de son niveau actuel de 2 % à 3,5 % au moins d’ici 2020, ce qui élèvera probablement les taux d’intérêts à court et long terme, ainsi que le dollar américain.

Dans le même temps, l’inflation augmente également au sein d’autres économies majeures, tandis que le prix du pétrole contribue à des pressions inflationnistes supplémentaires. Cela signifie que les autres grandes banques centrales suivront la Fed sur la voie d’une normalisation de la politique monétaire, ce qui réduira la liquidité mondiale tout en exerçant une pression à la hausse sur les taux d’intérêt.

Troisièmement, les tensions commerciales opposant l’administration Trump, à la Chine, à l’Europe, au Mexique, au Canada et à d’autres sont vouées à l’escalade, engendrant une croissance plus lente et une inflation plus élevée.

Quatrièmement, les autres politiques américaines continueront d’alimenter une pression stagflationniste, ce qui conduira la Fed à rehausser encore davantage les taux d’intérêt. L’administration restreint actuellement les investissements entrants/sortants et les transferts technologiques, ce qui perturbera les chaînes d’approvisionnement. Elle limite également le nombre d’immigrants nécessaire pour maintenir la croissance à l’heure du vieillissement de la population américaine. Elle décourage par ailleurs les investissements dans l’économie verte. Enfin, elle ne dispose d’aucune politique infrastructurelle susceptible de remédier aux goulets d’étranglement du côté de l’offre.

Cinquièmement, la croissance dans le reste du monde devrait elle aussi ralentir – d’autant plus que les autres pays jugeront bon de riposter contre le protectionnisme américain. La Chine est contrainte de réduire sa croissance pour gérer son excès de capacité et d’endettement, sans quoi interviendra un atterrissage brutal. Enfin, les marchés émergents d’ores et déjà fragilisés continueront de subir les effets du protectionnisme et des conditions monétaires resserrées aux États-Unis.

Sixièmement, l’Europe connaîtra elle aussi une croissance plus lente, en raison d’un resserrement monétaire et de frictions commerciales. Par ailleurs, les politiques populistes appliquées dans des pays comme l’Italie risquent d’engendrer une dynamique de dette intenable au sein de la zone euro. Le cercle vicieux encore non résolu entre les États et les banques détenant de la dette publique amplifieront les problèmes existentiels caractéristiques d’une union monétaire incomplète, appliquant un partage inadéquat des risques. Dans ces conditions, une nouvelle récession mondiale pourrait conduire l’Italie et d’autres pays à .

Septième point, les marchés boursiers américain et mondial sont en effervescence. Les ratios cours/bénéfice aux États-Unis sont supérieurs de 50 % à leur moyenne historique, les valorisations de capitaux privés sont devenues excessives, et les obligations d’État trop coûteuses compte tenu de leur faible rendement et de leurs primes de terme négatives. Le crédit à haut rendement devient également de plus en plus coûteux, à l’heure où le taux d’endettement des entreprises américaines atteint des sommets historiques.

Par ailleurs, l’endettement sur de nombreux marchés émergents et dans certaines économies développées se révèle clairement excessif. L’immobilier commercial et résidentiel est beaucoup trop coûteux dans de nombreuses régions du monde. La correction des marchés émergents en termes de titres, de matières premières et de détention de revenus fixes se poursuivra à mesure que s’épaissiront les nuages d’une tempête planétaire. Enfin, les investisseurs d’avenir commençant à anticiper un ralentissement de croissance d’ici 2020, les marchés refixeront le prix des actifs d’ici 2019.

Huitième explication, une fois cette correction amorcée, le risque d’illiquidité, de ventes en catastrophe et de sous-évaluations se fera plus sérieux. Les activités de tenue de marché et de gestion de portefeuille des courtiers-négociants sont limitées. L’excès d’opérations algorithmiques et à haute fréquence augmenteront la probabilité de « krachs éclairs ». Par ailleurs, les instruments à revenu fixe sont devenus plus concentrés en fonds ouverts cotés en bourse et en fonds de crédit dédiés.

En cas de marché baissier, les secteurs des marchés émergents et des économies développées présentant d’importants passifs libellés en dollar n’auront plus accès à la Fed en tant que prêteur de dernier recours. Avec la hausse de l’inflation et la normalisation des politiques, il ne faudra plus compter sur le filet de sécurité qu’ont assuré les banques centrales dans les années d’après-crise.

Neuvième aspect, Trump attaquait déjà la Fed lorsque le taux de croissance s’est récemment élevé à 4 %. Imaginez son comportement dans le cadre des élections de 2020, lorsque la croissance aura probablement chuté en dessous de 1 %, et lorsque les pertes d’emploi surviendront. Pour Trump, la tentation de « » en fomentant une crise de politique étrangère sera forte, notamment si les Démocrates récupèrent la Chambre des représentants cette année.

Trump ayant d’ores et déjà lancé une guerre commerciale contre la Chine, et n’osant guère s’attaquer à une Corée du Nord nucléairement armée, sa cible idéale pourrait être l’Iran. En provoquant une confrontation militaire avec Téhéran, il créerait un choc géopolitique stagflationniste comparable aux pics pétroliers de 1973, 1979 et 1990. Il va sans dire que ceci rendrait la prochaine récession mondiale encore plus sévère.

Enfin, une fois apparue la tempête évoquée, les outils politiques susceptibles d’y remédier manqueront cruellement. La marge de relance budgétaire est d’ores et déjà réduite par une dette publique massive. La possibilité de nouvelles politiques monétaires non conventionnelles sera limitée par des bilans hypertrophiés, et par un manque de capacité à réduire les taux directeurs. Par ailleurs, les sauvetages dans le secteur financier seront intolérables pour des pays marqués par la résurgence de mouvements populistes, et dirigés par des gouvernements quasi-insolvables.

Aux États-Unis en particulier, le législateur a limité la capacité de la Fed à fournir de la liquidité aux institutions financières non bancaires et étrangères présentant des passifs libellés en dollar. En Europe, la montée des partis populistes complique l’adoption de réformes au niveau de l’UE, ainsi que la création des institutions nécessaires pour combattre la prochaine crise financière et récession.

À la différence de 2008, époque à laquelle les gouvernements disposaient des outils politiques permettant d’empêcher une chute libre, les dirigeants politiques qui affronteront la prochaine récession auront les mains liées, sachant par ailleurs que les niveaux globaux de dette sont supérieurs à ceux d’avant-crise. Lorsqu’elles surviendront, la crise et la récession de demain pourraient se révéler encore plus sévères et prolongées que celles d’hier.

Traduit de l’anglais par Martin Morel

Source :Project Syndicate, Nouriel Roubini & Brunello Rosa,

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L’ancien conseiller du Kremlin Karaganov : Nous avons épuisé le garde-manger européen… La Russie est une puissance autoritaire de par sa « constitution génétique »

Dans une interview accordée à la publication russe Ogonyok, l’ancien conseiller du Kremlin Sergey Karaganov a abordé le caractère inévitable du « tournant vers l’Est » de la Russie.[1]

Selon Karaganov, le monde entier s’est déplacé vers l’Asie de l’Est, car être pro-occidental aujourd’hui signifie appartenir au passé. « Ceux qui se tournent vers l’avenir doivent s’intéresser à l’Est », affirme Karaganov.

En ce qui concerne plus particulièrement la Russie, Karaganov affirme qu’au début du présent millénaire, la Russie avait déjà épuisé le garde-manger européen. L’ancien conseiller du Kremlin déclare que l’Europe n’est plus capable de constituer une source majeure de développement. « L’Europe est atteinte de stagnation et de dysfonctionnement, et traverse une crise multidimensionnelle », affirme Karaganov.

En outre, Karaganov reproche à l’Europe, et à l’Occident en général, de ne pas être capable, ou désireux, de comprendre « l’aspiration génétique à la souveraineté et à la liberté de choix » de la Russie. Il ajoute que l’Occident voulait imposer ses « valeurs modernes » dont l’utilité, estime Karaganov, a été rejetée par la plupart des Russes.

Contrairement à l’Occident, l’Orient ne se livre pas à une activité missionnaire politique ou culturelle, mais est plutôt pragmatique, et cette approche est celle qui convient à la Russie.

Karaganov explique que la Russie a un héritage européen et un autre asiatique. « La Russie est un pays caractérisé par une forte culture et une économie européennes, mais aussi une mentalité et une attitude envers le pouvoir partiellement asiatiques. C’est un mélange très étrange et original de civilisations européenne, byzantine et asiatique », affirme l’ancien conseiller du Kremlin. Cet héritage asiatique fait de la Russie une puissance autoritaire, de par sa « constitution génétique ». « Il faut l’admettre calmement et l’utiliser comme un avantage concurrentiel », ajoute Karaganov.

Toutefois, un tournant vers l’Est ne signifie pas que la Russie souhaite quitter l’Europe. Karaganov explique que la Russie espère que l’Europe décidera de s’engager dans un partenariat eurasien pour sortir de la « stagnation » actuelle. La Chine ne se préoccupe pas non plus des approches européennes à son égard, mais comme la Russie, elle souhaite être traitée comme un partenaire égal. « La Russie doit se tourner vers l’Asie dès que possible, sans renoncer à ses liens et à ses racines européennes. Parce que cela, aussi, fait partie de ce que nous sommes », conclut Karaganov. 

L’interview a été réalisée avant le Forum économique oriental des 11-13 septembre 2018 (EEF-2018) à Vladivostok. Le thème principal du Forum était « Extrême-Orient : élargir les limites des possibilités ». Extraits : [2]

Le centre de la vie économique de toute la planète s’est déplacé vers l’Asie de l’Est

Question : Sergey Aleksandrovich, le forum de Vladivostok est le lieu traditionnel de déclarations sur le « tournant vers l’Est ». Pourquoi, alors, n’avons-nous pas encore effectué ce tournant ?

Karaganov : Le lieu est effectivement approprié : au cours des trois dernières années, le forum a évolué, d’un événement presque entièrement national en un forum stratégique, géant, aux multiples facettes qui n’est pas seulement tourné vers notre région. Non seulement l’économie, mais la politique aussi y sont abordées. Le cycle actuel de ce « tournant » a été établi il y a dix ans, mais il a vraiment débuté en 2012-2013. Et quant au fait de ne « pas avoir effectué ce tournant »… Nous l’avons fait ! Le monde entier l’a fait, le centre de la vie économique de toute la planète se déplace de manière tangible vers l’Asie de l’Est.

Et dans l’Extrême-Orient russe, le taux de croissance économique est deux fois plus élevé que la moyenne russe et des dizaines d’usines sont construites. Des changements de mentalité au sein des élites sont déjà perceptibles : elles ont cessé de considérer notre pays comme la périphérie de l’Europe, [et en conséquence] elles sont disposées à payer pour obtenir l’autorisation de le rapprocher du « centre ».

Q : Comment la Russie est-elle perçue aujourd’hui ?

Karaganov : Comme le centre de la « Grande Eurasie » montante. C’est un changement puissant, qui ne peut plus être arrêté. Mais comme toujours, il se produit dans ce que nous comprenions pourquoi, et vers quoi nous nous dirigeons. A l’époque de Pierre le Grand, la Russie ne comprenait pas les Européens ou l’Europe dans son ensemble, mais elle tentait activement d’être admise dans ce « club ». Il en va de même pour les années 1980-1990. La conséquence de cette dernière poussée n’est pas impressionnante, pour ne pas dire plus.

Actuellement, nous nous dirigeons vers l’Asie de la même manière, « aveuglément ». Aujourd’hui, la Russie manque cruellement de centaines ou de milliers, voire de dizaines de milliers d’experts en études asiatiques. Préparer une telle armée d’experts demande du temps, mais aujourd’hui, nous n’utilisons pas même ceux dont nous disposons — la connaissance et l’expérience des résidents des régions d’Extrême-Orient, qui entretiennent des contacts de longue date avec leurs voisins asiatiques, qui les connaissent et les comprennent. Et c’est à ce tournant humain, culturel et éducatif que notre nouveau, sixième Rapport Valdai de la série « Vers le Grand Océan » est consacré. Il sera présenté au public, à l’Etat et au monde lors du EEF-2018.

Etre « pro-occidental » aujourd’hui signifie appartenir au passé

Q : Qu’est-ce qui empêche les autorités d’être industrieuses et aventureuses aujourd’hui ?

Karaganov : La résistance des élites nationales a plusieurs motivations. Quelqu’un refuse d’accepter l’évidence : le fait qu’être « pro-occidental » aujourd’hui signifie être un homme du passé, et ceux qui regardent vers l’avenir doivent s’intéresser à l’Orient. Beaucoup se préoccupent de leurs investissements en Occident effectués au cours des 20 dernières années ; nous avons développé de forts sentiments de compradores. Mais les deux types de personnes ne parviennent pas à voir qu’elles sont désespérément à la traîne, et que la « plaque tournante » mondiale, financière et économique, s’est déplacée d’Ouest en Est. J’étais moi-même euro-centriste il y a environ 15-20 ans. Jusqu’à ce que je comprenne où le monde se dirige et quel genre de pays nous sommes.

Q : Pensez-vous que la Russie ait épuisé la voie occidentale ?

Karaganov : Nous avons déjà obtenu tout ce que nous devions ou pouvions recevoir. C’est l’un des points essentiels du rapport. Au cours de la longue période de notre histoire « dominée par Pierre [le Grand] » (qui s’étend du 17e à la fin du 20e siècle) nous avons reçu leurs technologies et leur organisation militaire, nous avons créé une grande culture en alliant la nôtre et la culture européenne. Et même le fait que la Russie soit devenue une grande puissance est, indubitablement, la conséquence de notre « marche vers l’Ouest », car c’est là que nous avons été « contaminés » par l’idée même de « grande puissance ».

Mais au début du présent millénaire, nous avions déjà épuisé le garde-manger européen. A présent, la Russie peut et doit coopérer avec l’Europe, mais celle-ci n’est plus capable d’être notre principale source de développement. La seule exception est la question de la réglementation environnementale : certaines « découvertes » sont encore possibles ici. Peut-être aussi les éléments de la démocratie municipale et de l’autonomie gouvernementale. Mais toutes les autres choses dont l’Occident dispose, nous les avons déjà ou bien elles sont inaccessibles pour la Russie, nous ne pouvons tout simplement pas les utiliser.

La Russie est une puissance autoritaire de par sa « constitution génétique ». Nous devons l’admettre sereinement et l’utiliser comme un avantage concurrentiel. Une autre chose qui nous conduit à ce tournant aujourd’hui est le fait que l’Europe est frappée par la stagnation et le dysfonctionnement, et traverse une crise multidimensionnelle, tandis que l’Asie se développe à un rythme rapide. Ne fût-ce que grâce à la protection militaire de la Russie.

Q : Qui avons-nous protégé ?

Karaganov : Je parle au sens figuré. Tout le monde, en Russie et ailleurs, ne comprend pas que notre pays a rempli le rôle de « sage-femme de l’histoire » dans l’essor des pays asiatiques. Tout d’abord, l’URSS, puis la Russie moderne ont privé l’Occident de sa suprématie militaire vieille de près de 500 ans, qui était le fondement de sa domination économique, politique et culturelle dans le monde, notamment en Orient. Il est extrêmement dangereux aujourd’hui de menacer d’une guerre majeure. Le domaine de la liberté de choix s’est étendu à des dizaines de pays.

Dernièrement, la Russie a remporté une victoire en Syrie, elle joue le rôle de médiateur entre la Turquie et l’Irak, l’Inde et la Chine, dans certains autres conflits asiatiques. Aussi, nous pouvons offrir aux pays de cette région non seulement des ressources et des possibilités de transfert ; nous jouons également le rôle de la plus importante source de sécurité.

Il exsite deux centres économiques et politiques majeurs dans le monde : la « Grande Amérique » et la « Grande Eurasie »

Q : Si l’histoire nous enseigne quelque chose, c’est le fait que le plus grand malheur de la Russie est venu de l’Orient, et que les Mongols-Tatars sont les seuls qui ont conquis le pays, tandis que toutes les menaces venant de l’Occident, même les plus massives, ont été repoussées…

Karaganov : Le joug tatar de [la Horde d’Or] était un vaccin historique, qui a façonné notre tradition politique et notre caractère national. Je pense que ces deux siècles et demi de semi-dépendance sont la raison pour laquelle la Russie aspire si farouchement à la souveraineté. Et peut-être, ils seraient aussi la raison pour laquelle nous avons si bien réussi à écraser tous les conquérants européens.

Hélas, l’Occident n’a pas compris, ou n’a pas voulu comprendre notre aspiration génétique à la souveraineté et à la liberté de choix. Ils ont commis une erreur stratégique au début des années 1990, en s’abstenant d’intégrer la Russie, qui était alors disposée à être intégrée au sein de « l’équipe européenne », en tant qu’élément souverain. Si l’Occident l’avait alors accepté, le monde aurait été différent. L’Occident collectif n’aurait pas perdu — pour toujours, semble-t-il — sa supériorité militaire, qui était le fondement de sa puissance passée. L’échec de la dernière « poussée vers l’Europe » russe peut s’expliquer en partie par l’avidité et la stupidité collectives de l’Occident, qui a décidé d’élargir ses alliances — la zone dans laquelle il exerce son contrôle direct, qui a voulu imposer ses valeurs modernes, que la plupart des Russes ne sont pas en mesure et ne considèrent pas comme utile d’accepter.

Nous sommes aussi en partie coupables : nous avons nourri des illusions, avons fait preuve d’ignorance, n’avons pas su où nous allions. En Orient, l’approche est différente — ils ne sont pas entravés par une activité missionnaire politique ou culturelle.

Le pragmatisme occidental est depuis longtemps devenu un cliché, mais en réalité cette approche caractérise plus l’Orient aujourd’hui. Il est moins enclin aux dogmes et, aussi étrange que cela puisse paraître, il est bien plus libéral envers les idées que ses partenaires épousent. En Asie, on est beaucoup moins tenté d’utiliser des sanctions à des fins politiques. En contraste, l’Occident recourt de plus en plus souvent au levier des sanctions, et pas seulement contre la Russie. Il a perdu la possibilité de recourir aux pressions militaires, et les sanctions sont supposées les remplacer.

Q : N’idéalisez-vous pas l’Orient ?

Karaganov : Au contraire, je suis trop prudent, le monde change trop vite. Dans quelque dix ans, si je suis encore en vie, j’écrirai un nouveau rapport. Je ne vous dirai pas sur quel sujet, car je n’aime pas me tromper, et le risque est élevé. Mais une chose est certaine  — le monde changera à nouveau d’ici là. Je suis presque certain qu’il y aura deux pôles économico-politiques dans le monde : la « Grande Amérique » et la « Grande Eurasie ». La Russie ne sera pas en mesure de se joindre au premier, pour plusieurs raisons. Cela ne vaut même pas la peine d’essayer, ce n’est qu’une perte de temps. Mais nous devons manœuvrer. C’est pourquoi nous devons inévitablement tenter de trouver notre place dans la « Grande Eurasie », dont le centre sera, naturellement, la Chine.

Nous devons aller dans la seule direction possible pour nous à ce jour, vers l’Est

 

Q : Mais lorsqu’on fait un pari, on peut perdre. En particulier si le pari était forcé…

Karaganov : Il n’était pas forcé. Le tournant a été envisagé alors que nos relations avec l’Occident paraissaient plutôt convenables. C’est Pierre le Grand qui a tout misé sur la voie européenne du développement. Aujourd’hui nous n’avons plus d’illusions : la Russie n’est pas l’Asie, mais elle n’est pas l’Europe non plus. La Russie est un pays caractérisé par une culture et une économie largement européennes, mais également par une mentalité et une attitude à l’égard du pouvoir en partie asiatiques.

C’est un mélange des plus étrange et original de civilisations européenne, byzantine et asiatique. Il est expressément interdit à cette Russie de tout miser sur un centre unique ; elle doit diversifier ses risques et ses opportunités, en saisissant la plus bénéfique. Par conséquent, lorsque je parle de « tournant vers l’Est », cela ne signifie pas que nous devons tourner le dos à l’Occident. Personne n’appelle à rompre des liens qui existent depuis des siècles. Même si aujourd’hui, ces voies sont partiellement bloquées. Nous attendrons que l’Europe surmonte sa crise et qu’elle soit mûre pour une nouvelle politique orientale, actuellement eurasienne. Mais attendre ne signifie pas geler tout développement.

Nous devons évoluer, dans la seule direction ouverte à nous à l’heure actuelle, vers l’Est. Mais ce mouvement n’est pas forcé ou involontaire. Il s’agit plutôt d’un retour, vers notre caractère eurasien unique. Mais des problèmes internes le compliquent sérieusement, le plus important étant l’ignorance au sujet de l’Est. En outre, de nombreux membres de notre intelligentsia ont honte de reconnaître cette « moitié » asiatique d’eux-mêmes. Il est temps de cesser d’avoir honte du fait que la Russie est autant un héritier de l’empire de Gengis Khan que la Chine, qu’il a également conquise et que ses descendants ont gouvernée pendant des siècles. 

C’est notre code historique et génétique, et il est temps de ne plus avoir honte du fait que, historiquement, nous sommes attachés au système autoritaire de gouvernement et non à la démocratie libérale. Si nous n’étions pas autoritaires et centralisés, nous n’aurions pas subsisté dans nos frontières actuelles. Mais la honte provient tout autant de l’ignorance…

Q : L’ignorance de quoi ?

Karaganov : Avant tout, de la « partie asiatique » de l’histoire russe. Et de l’Asie. Depuis l’école, nous martelons l’histoire du développement de la Russie à l’Européenne dans la tête de nos adolescents, sans accorder d’attention à l’avancée vers l’Est de nos ancêtres. Et il y a beaucoup à dire à ce sujet ! Pas seulement Yermak, [3] mais aussi les « mines d’or de [la colonie] de Mangazeya », l’Eldorado russe du 16e siècle. Peu nombreux sont ceux qui ont entendu parler de la guerre de 40 ans de la Russie contre l’Empire mandchou (des Qing) et de ses épisodes glorieux, comme la défense d’Albazin en 1686.

L’homme aux commandes était un Allemand russifié, Afanasy Beiton, que les Cosaques avaient choisi comme dirigeant. L’histoire du premier accueil d’un ambassadeur russe par l’empereur de Chine est digne d’un roman, car l’ambassadeur était un homme né à Holstein, appelé à Moscou sous le nom de Yelizariy, fils de Yelizariy Isbrant. Il a dessiné la première carte de la Sibérie.

La plupart des événements, des noms et des dates de 500 années d’histoire russe ont été oubliés. Peu de gens se souviennent aujourd’hui du nom du principal promoteur du projet de train transsibérien, Sergei Witte. Mais sans sa vision et son talent administratif, notre pays aurait été difficilement capable de conserver la Sibérie. Et c’est la Sibérie qui nous a sauvés pendant la dernière et terrible guerre. L’étendue tout entière de la Sibérie — de l’Oural à l’Océan pacifique — demeure une « zone de silence historique ».

Comment être fier de quelque chose que l’on ne connaît pas ? La situation doit changer immédiatement, car nos enfants et petits-enfants vivront dans un monde où les dynasties chinoises, indiennes, japonaises et coréennes occuperont la même place dans l’histoire que les Hapsbourg, les Bourbons ou les Romanov. Pour réussir le « tournant vers l’Est », nous devons augmenter considérablement notre investissement dans l’éducation, pour former des experts en études asiatiques.

L’Occident n’aime pas le fait que la Russie ait brutalement modifié l’équilibre des forces en se déplaçant vers l’Est

Q : De quoi d’autre aurions-nous besoin ?

Karaganov : Même si nous n’avons toujours pas le nombre d’experts requis, nous devons impliquer, de manière aussi active que possible, les représentants des régions d’Extrême-Orient ayant l’expérience des relations avec nos voisins, notre diaspora dans les pays de l’Est, et les experts de l’Asie. Nous devons créer des « clubs orientaux », qui réuniraient les élites orientales et centrales russes et les uniraient aux élites asiatiques. 

Nous devons développer considérablement nos liens personnels dans la région, parce qu’ils ont toujours été plus appréciés en Asie que la loi et le contrat. La chose la plus importante requise pour développer notre région d’Extrême-Orient, en ayant en vue la pénétration du marché asiatique, est la création de centres logistiques. Cela sera particulièrement bénéfique à moyen terme, lorsque la confrontation entre les Etats-Unis et la Chine dans la région Asie-Pacifique deviendra féroce.

Aujourd’hui, Beijing se retire déjà des voies de transport océaniques, pour passer aux voies terrestres, mais il peut le faire, notamment, via la Russie (une autre option est via le Kazakhstan et la Russie). Un autre avantage dont nous disposons est celui de nos réserves massives d’eau et d’énergie. Nous n’avons pas besoin de développer davantage l’industrie des machines, comme beaucoup l’ont dit au cours des années précédentes. Ce serait une erreur.

Nous devons offrir à nos partenaires orientaux ce qui les intéresse – les matières premières et leurs produits à valeur ajoutée, des produits à forte consommation d’eau. Il y a une pénurie d’eau dans toute l’Asie. Nous pouvons aller plus loin : qui a dit qu’il était plus rentable de vendre des puces informatiques que des produits agricoles transformés ou de créer des « usines » pour le stockage de données ?

En raison du froid, ce stockage serait beaucoup moins onéreux que dans le reste de l’Asie. La première usine de ce genre a d’ailleurs été construite en Sibérie. En outre, les entreprises de la région devraient bénéficier d’un maximum de préférences et de liberté. La Sibérie ne s’est développée rapidement que lorsqu’elle a bénéficié d’une économie libre. Après tout, la Russie européenne est redevable envers la Sibérie et l’Extrême-Orient, après les avoir abandonnés à leur sort dans les années 1990.

Q : Qu’en est-il de la colonisation de ces territoires ?

Karaganov : Il est temps de briser ce mythe également. Oui, il y a eu une migration considérable de l’Extrême-Orient et de Sibérie, mais qui dit que ceux qui sont restés ne suffisent pas pour développer ces territoires ? Après tout, imaginons que les autorités aient obtenu ce qu’elles voulaient et aient envoyé des millions de gens dans cette région… Comment cela rectifiera-t-il le déséquilibre en Chine, avec sa population dépassant le milliard d’habitants ?

Nous ignorons si les ressources humaines disponibles dans la région seront suffisantes pour la développer, mais parier sur une migration massive est sans doute une erreur. Bien entendu, je ne parle pas des experts et des gens enthousiastes à l’idée de participer à un grand projet, dont le pays a vraiment besoin. Comptons. De combien de gens et de de quelle politique avons-nous besoin pour que les Russes puissent jouer le rôle de pont civilisationnel, et non pas seulement de transport et logistique entre l’Europe et l’Asie ? De quelle politique avons-nous besoin pour ne pas avoir peur pour sa sécurité ?

Q : N’est-ce pas trop tard ? L’Occident se passe de notre « pont » depuis des siècles.

Karaganov : Nous pouvons soit grimper dans le wagon de queue du train qui vient de partir, soit rester sur le quai. L’Europe et les Etats-Unis ont déjà pris ce qui leur appartient : le recours à la main-d’œuvre asiatique bon marché a permis aux Américains et aux Européens de poursuivre leur croissance économique. Nous avons un avantage concurrentiel dans notre mouvement en direction de l’Asie : l’ouverture culturelle des Russes. Nous avons abandonné les dogmes idéologiques.

Q : Ne vont-ils pas nous faire descendre du train ?

Karaganov : Il y a une tentative en ce sens. Par exemple, des dizaines d’article sont publiés, et rediffusés [dans notre presse], indiquant que la Russie ne peut pas, et n’a pas besoin d’aller vers l’Est. L’Occident n’aime pas le fait que la Russie a renoncé à son statut de périphérie et a brutalement modifié l’équilibre des forces en se déplaçant vers l’Est. 

Si on peut s’exprimer ainsi, elle a renoncé au rôle de l’étudiant disposé à payer pour ses cours. Que nos anciens « enseignants » essaient de nous parler d’égal à égal, et qu’ils adoptent la politique de construction d’un partenariat eurasien élargi. L’UE devra affronter les conséquences tôt ou tard, sinon elle ne sortira jamais de sa stagnation actuelle.

L’Asie, d’ailleurs, ne se préoccupe pas que l’Europe se rapproche d’elle, non pas comme elle l’a fait pendant des siècles — en tant que maître – mais comme un partenaire égal. La Chine vient en Europe. Elle veut construire l’espace commun « la Ceinture et la Route ». Ici, nos intérêts coïncident, nous aspirons à la même chose. Aussi, avec un retard d’environ une décennie, la Russie doit se tourner vers l’Asie dès que possible, sans renoncer à ses liens et à ses racines européennes. Parce que cela fait aussi partie de nous.

source

Lien vers le rapport en anglais

 Notes :

[1] Sergey Karaganov est le Doyen de la faculté d’économie internationale et d’affaires internationales à l’Ecole supérieure d’économie de Moscou.

[2] Globalaffairs.ru, 11 septembre 2018. Interview menée par Svetlana Sukhova. L’article a été originellement publié par Ogonyok, publié par le groupe de presse Kommersant.

[3] Sous le règne d’Ivan the Terrible, Yermak Timofeyevich a entrepris la conquête de la Sibérie.

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Deux projets importants se préparent et s’amplifient aux Moyen-Orient ; ils pourraient bientôt entrer en collision. Par Alastair Crooke

Sur les cendres des deux méga-projets de cette décennie qui s’achève – à savoir la tentative de prise de pouvoir par les Frères musulmans et, au contraire, le projet du Golfe de briser ce dernier – et de reconstituer l’absolutisme héréditaire et tribal (le « système arabe ») – apparaissent deux projets opposés différents. Ils gagnent de plus en plus de puissance et, inévitablement, rivaliseront entre eux – tôt ou tard. En fait, ils le font déjà. La question est de savoir jusqu’où ira la rivalité.

L’un d’entre eux est le rassemblement de la zone nord de la région au moyen de la diffusion d’une éthique politique commune (basée sur la résistance aux États-Unis qui insistent pour que la région adhère à une hégémonie américaine rétablie) et sur la nécessité plus terre-à-terre de trouver le moyen de contourner, et d’outrepasser la machine de guerre financière américaine.

Cette dernière entreprise a connu une victoire majeure ces derniers jours. Elijah Magnier, journaliste chevronné du Moyen-Orient, résume la situation en quelques mots :

« Le candidat favori des États-Unis au poste de premier ministre [irakien], Haidar Abadi, a perdu sa dernière chance de renouveler son mandat pour un second mandat lorsque des émeutes ont provoqué des incendies criminels autour de la ville de Bassorah dans le sud du pays et ont fait brûler les murs du consulat iranien dans cette ville.

Tandis que les habitants manifestaient pour leurs revendications légitimes (eau potable, électricité, offres d’emploi et infrastructures), des groupes parrainés aux objectifs différents se sont mêlés aux foules et ont réussi incendier des bureaux, des ambulances, un bâtiment gouvernemental et une école associés à al-Hashd al-Shaabi et autres groupes politiques antiaméricains.

Ce comportement de la foule a forcé Sayyed Moqtada al-Sadr, leader de 54 députés, à abandonner son partenaire politique Abadi et à mettre un terme à la carrière politique de ce dernier. Moqtada a cherché à prendre ses distances par rapport aux événements de Bassorah afin de laisser le blâme retomber sur Abadi seul. Il a rejoint le camp gagnant, celui de l’Iran…

« Cette combinaison d’événements a conduit Moqtada à… emmener ses 54 députés pour rejoindre la plus grande coalition. Le parrainage ouvert des États-Unis et les événements de Bassorah ont mis fin à la carrière politique d’Abadi en Irak… La plus grande coalition devrait maintenant comprendre beaucoup plus de 165 députés, et ainsi devenir éligible pour choisir le président de l’Assemblée et ses deux adjoints, le Président et le nouveau Premier ministre… La nouvelle grande coalition n’aura plus besoin du soutien des Kurdes (42 députés). »

Le chef de cette large coalition de partis chiites et sunnites sera probablement Faleh al-Fayyadi, le chef du Hashd al-Shaabi. Sur le plan politique, l’Irak est donc maintenant enclin à faire partie du partenariat russo-irano-syrien dirigé par la Russie et la Syrie dans le Nord (bien que les divisions au sein du camp chiite irakien demeurent une source potentielle de conflit). Et si, comme il est probable, l’Irak est sous embargo imposé par les États-Unis pour ne pas avoir respecté les sanctions américaines à l’encontre de l’Iran, alors l’Irak sera poussé – par l’urgence des circonstances – dans la sphère économique en évolution qui a fait l’objet de discussions majeures lors du sommet de Téhéran de vendredi dernier. C’est-à-dire, dans une série évolutive de cadres économiques pour la dé-dollarisation et la violation des sanctions américaines.

La portée de cette erreur de calcul (l’instigation des protestations violentes) à Bassorah (une complicité saoudienne est largement soupçonnée) a des implications plus larges pour les États-Unis. Tout d’abord, il est probable que les forces américaines se verront enjointes à quitter l’Irak. Deuxièmement, cela compliquera la capacité du Pentagone à maintenir sa présence militaire en Syrie. La logistique des déploiements américains dans le nord-est de la Syrie, qui traversent l’Irak, ne sera peut-être plus disponible – et les forces américaines en Syrie, seront inévitablement isolées, et donc plus vulnérables.

Mais un retournement de situation en Irak met aussi un point d’orgue à l’aspiration du président Trump à réaffirmer la domination énergétique des États-Unis sur le Moyen-Orient. L’Iran – on l’espérait – finirait par capituler et tomber sous les pressions économiques et politiques, et au fur et à mesure que le domino iranien chavirerait, il emporterait avec lui le domino irakien qui succomberait avec fracas à l’acceptation politique

Avec ce scénario, les États-Unis se retrouveraient avec les principales sources d’énergie du Moyen-Orient à « faible coût de production » (c’est-à-dire le Golfe, l’Iran et le pétrole et le gaz irakiens) entre leurs mains. Au vu des événements de cette semaine, il semble toutefois plus probable que ces ressources – ou du moins les ressources énergétiques plus importantes de l’Iran et de l’Irak – finiront dans la sphère russe (avec les perspectives inexplorées du bassin du Levant en Syrie). Et ce « cœur » russe, la sphère productrice d’énergie, pourrait, en fin de compte, s’avérer un rival plus que substantiel aux aspirations des États-Unis (qui viennent d’apparaître comme « le premier producteur mondial de pétrole ») pour rétablir leur domination énergétique au Moyen-Orient.

L’autre « dynamique » opposée qui gagne en masse critique est l’objectif de Kushner-Friedman-Grrenblatt de mettre fin à l’insistance du peuple palestinien pour que leur propre prétention constitue précisément un « projet politique ». L’objectif (d’après les détails divulgués jusqu’à présent), est d’évacuer la force politique de leur revendication – en coupant progressivement les principales rondelles du salami qui constituent en premier lieu cette affirmation qu’elles sont un projet politique.

Tout d’abord, en mettant fin au paradigme des deux États, qui doit être remplacé par un seul État, un « État-nation » juif de droits différenciés et de pouvoirs politiques différents. Deuxièmement, en retirant Jérusalem de la table des négociations en tant que capitale d’un État palestinien ; et troisièmement, en tentant de dissoudre le statut de réfugié palestinien, pour réorienter le fardeau de la colonisation sur les gouvernements hôtes existants. De cette façon, les Palestiniens doivent être chassés de la sphère politique, en échange de la promesse qu’ils peuvent devenir plus prospères – et donc plus « heureux » – en suivant la recette de Kushner.

Et, apparemment, en s’appuyant sur leurs antécédents immobiliers pour faire face à des locataires mal à l’aise qui se démarquent de tout développement immobilier majeur, le « resserrement » Kushner-Friedman est en cours : retrait du financement de l’UNWRA [L’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient est un programme de l’Organisation des Nations unies pour l’aide aux réfugiés palestiniens dans la Bande de Gaza, en Cisjordanie, en Jordanie, au Liban et en Syrie, datant de 1949, NdT], fermeture du bureau américain de l’OLP ; suppression des aides aux hôpitaux à Jérusalem-Est et diabolisation de responsables Palestiniens en les accusant de corruption et d’avoir fait fi des prétendues aspirations de la Palestine (à une existence matériellement meilleure).

Récemment, l’équipe Kushner a relancé une vieille idée (soulignée dans le quotidien hébreu Yedioth Ahoronot par Sima Kadmon, 7 septembre 2018) qu’Abu Mazen [surnom de Mahmoud Selman Abbas, NdT] ne l’a pas rejetée directement lorsqu’il a été approché). Elle est née avec le général israélien Giora Eiland, en janvier 2010, dans un article qu’il a écrit pour le Begin-Sadat Center for Strategic Studies. Eiland y écrivait :

« La solution est d’établir un royaume jordanien fédérateur à trois “états” : la Rive orientale, la Cisjordanie et Gaza. Ces États, au sens américain du terme, seront comme la Pennsylvanie ou le New Jersey. Ils jouiront d’une totale indépendance en matière d’affaires intérieures, et ils disposeront d’un budget, d’institutions gouvernementales, de lois distinctives, d’un service de police et de tout autre symbole extérieur d’indépendance. Mais, à l’instar de la Pennsylvanie et du New Jersey, ils n’auront aucune responsabilité dans deux domaines : la politique étrangère et les troupes militaires. Ces deux domaines, tout comme aux États-Unis, resteront du ressort du gouvernement “fédéral” d’Amman. »

Eiland a estimé qu’une telle solution présentait des avantages évidents pour Israël, par rapport à la solution à deux États. « Tout d’abord, il y a un changement dans l’histoire. Nous ne parlons plus du peuple palestinien vivant sous occupation, mais d’un conflit territorial entre deux pays, Israël et la Jordanie. Deuxièmement, la Jordanie peut être plus conciliante sur certaines des questions, comme la question territoriale ». Ajoutant qu’« au Moyen-Orient, le seul moyen d’assurer la survie du régime est d’assurer un contrôle de sécurité efficace… donc, le moyen d’empêcher les troubles en Jordanie qui seront alimentés par un futur régime du Hamas en Cisjordanie, est le contrôle militaire jordanien sur ce territoire [plus une Cisjordanie démilitarisée sur laquelle Israël insisterait] ».

Dans l’ensemble, les Palestiniens de Gaza (selon les rapports) seront installés à Gaza/Sinaï (et « contrôlés » par les services de renseignements égyptiens), tandis que les enclaves palestiniennes restées en Cisjordanie seront contrôlées par des officiers jordaniens, sous contrôle général de sécurité des Israéliens. C’est un gouvernement « fédéral » jordanien qui recevrait les plaintes et qui serait tenu responsable par Israël, de l’ensemble de la situation.

Bien sûr, ce n’est peut-être qu’un ballon d’essai de la part de Kushner et al. nous ne savons pas ce que sera le Coup du siècle de Trump (il a été retardé à plusieurs reprises), mais ce qui semble clair est l’intention d’éteindre la notion de toute puissance politique palestinienne en soi et de rendre les Palestiniens dociles, en les coupant de leurs dirigeants et en leur offrant un gain matériel. Les Palestiniens sont actuellement faibles. Et il ne fait aucun doute que les États-Unis et Israël, travaillant de concert, pourraient réussir à étouffer toute opposition au « Coup ». Jérusalem sera « donnée » à Israël. Les Palestiniens seront politiquement dé-fenestrés. Mais à quel prix ? Qu’est-ce qui « se passera » alors pour les rois du Golfe ?

Dans un article d’opinion paru dans le New York Times, Faisal Devji, spécialiste d’Oxford, a observé le casse-tête de l’Arabie saoudite :

Après la Première Guerre mondiale, la marine américaine a remplacé les Britanniques et le pétrole a fait du royaume une ressource cruciale pour le capitalisme occidental. Mais sa primauté religieuse et économique a été contredite par la marginalité politique persistante de l’Arabie saoudite, la Grande-Bretagne, les États-Unis et même l’armée pakistanaise étant responsables de sa stabilité interne et de sa défense contre les menaces extérieures.

Aujourd’hui, l’Arabie saoudite s’oppose ostensiblement à l’Iran, mais ses prétentions à la domination ne sont également rendues possibles que par le déclin de l’Égypte et la dévastation de l’Irak et de la Syrie. La Turquie reste son seul rival, encore ambigu, à l’exception de l’Iran.

… Le royaume du prince Mohammed ressemble davantage à un État « séculier » qu’à un État « théocratique », dans lequel la souveraineté a finalement été arrachée aux clans et aux religieux pour être directement réclamée par la monarchie. Mais l’Arabie saoudite ne peut assumer une plus grande puissance géopolitique qu’en mettant en péril son statut religieux… [Nous soulignons].

Le projet de faire de l’Arabie saoudite un État défini politiquement, plutôt que religieusement, risque de démolir la vision centenaire d’une géographie islamique [sunnite], qui a toujours été fondée sur la constitution d’un centre dépolitisé en Arabie… la Mecque et Médine continueront à accueillir leurs pèlerins mais l’Islam [sunnite] pourra finalement… trouver son foyer en Asie où vivent le plus grand nombre de ses fidèles et où affluent toujours davantage les richesses et le pouvoir mondiaux.

Mais ce n’est tout simplement pas le cas de l’islam chiite, qui a réussi à combiner le pouvoir politique avec un statut religieux rétabli – comme en témoignent l’extraordinaire essor du centre de pèlerinage chiite de Kerbala – et le succès de l’Iran dans sa lutte contre les djihadistes wahhabites en Syrie et en Irak. (Pour l’Arabie saoudite, en revanche, le conflit au Yémen a sapé sa crédibilité à la fois politique et religieuse.

Et pourtant… et pourtant, malgré les trajectoires contrastées, c’est là qu’une collision peut se produire : Israël s’est inéluctablement allié à l’Arabie saoudite et à l’Islam sunnite. De même, les États-Unis ont adopté la position partisane d’Israël et de l’Arabie saoudite contre l’Iran. Tous deux poussent le roi saoudien par derrière pour qu’il mène une guerre hybride contre son puissant voisin.

Alon Ben David, correspondant militaire israélien, écrivant dans le quotidien en langue hébraïque Ma’ariv (7 septembre 2018), illustre le récit israélien prométhéen célébrant ses succès (grâce notamment au soutien sans réserve de Trump) : « L’ Armée de défense d’Israël [Tsahal], qui avait plusieurs années de retard dans la détection de la menace potentielle de l’expansion iranienne, a réalisé qu’elle devait prendre des mesures… cette semaine, Tsahal a révélé que plus de 200 attaques aériennes avaient été menées en Syrie depuis début 2017.

Mais si vous regardez la somme des activités de Tsahal, le plus souvent secrètes, dans le contexte de cette guerre, au cours des deux dernières années, Tsahal a mené des centaines d’opérations transfrontalières de différents types. La guerre entre deux guerres est devenue la guerre de Tsahal, et elle a été menée jour et nuit… Jusqu’à présent, Israël s’est montré plus fort dans la guerre directe avec l’Iran… lorsque nous frappons, notre pouvoir dissuasif se renforce. »

Eh bien… c’est une question d’opinion (à haut risque).

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 18-09-2018

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40 cartes pour expliquer le Moyen-Orient

Les cartes peuvent être un outil puissant pour comprendre le monde, particulièrement le Moyen-Orient, une région modelée à bien des égards par le déplacement des frontières politiques et les mutations démographiques. Voici 40 cartes essentielles pour comprendre le Moyen-Orient – son histoire, sa situation actuelle et certains des enjeux les plus importants dans la région aujourd’hui.

Histoire du Moyen-Orient

1- Le croissant fertile, creuset de la civilisation

L’histoire du monde : schémas d’interactions

Si cette région n’est pas l’unique berceau de la civilisation humaine, c’est l’un d’entre eux. Appelé « croissant fertile » en raison de la richesse de ses sols, le « croissant » comprend principalement l’Irak moderne, la Syrie, la Jordanie et Israël-Palestine. Certaines définitions incluent également la vallée du Nil en Égypte. C’est là que les gens ont commencé l’agriculture en 9000 avant J.C. Vers 2500 avant J.C, les Sumériens formaient la première société complexe qui ressemblait à ce qu’on appelle maintenant un pays et un système politique. En d’autres termes, plus de temps s’est écoulé entre les Sumériens et les Romains qu’il ne s’en est écoulé entre la Rome antique et nous.

2- Comment les phéniciens, à partir du Liban, ont progressé en Méditerranée

L’Atlas Philip de l’histoire du monde

Les Phéniciens, qui vivaient au Liban et sur la côte syrienne d’aujourd’hui, étaient vraiment stupéfiants. De 1500 à 300 av. J.-C., ils ont exploité certains des premiers grands réseaux commerciaux de la Méditerranée, représentés en rouge, et ont dominé la mer avec les Grecs, qui sont représentés en marron. Certains ont navigué jusqu’aux îles britanniques et beaucoup d’entre eux ont établi des colonies en Afrique du Nord, en Espagne, en Sicile et en Sardaigne. Il s’agit d’un des premiers liens culturels étroits entre le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, et c’est pourquoi la capitale libyenne, Tripoli, porte toujours le nom de l’ancienne colonie phénicienne qui en est à l’origine.

3- Comment, à trois reprises, le Moyen-Orient a apporté des religions à l’Europe

Le petit atlas de l’histoire du monde

En réalité, le Moyen-Orient a donné à l’Europe quatre religions, dont l’islam, mais cette carte montre les trois premières. D’abord, le judaïsme, qui s’est diffusé par le biais de l’immigration naturelle et lorsque les Romains ont déporté des Israélites rebelles au premier et au deuxième siècle de notre ère. Entre le premier et le troisième siècle après J.C, une religion appelée parfois « religion des mystères » pour ses rites secrets et ses cultes clandestins se répandit depuis la Turquie ou l’Arménie actuelle dans tout l’empire romain (à l’époque, la plupart des fidèles pensaient que l’origine venait des Persans – dans l’Iran actuel – mais c’est probablement faux). Le mithraïsme [culte du dieu Mithra, NdT] a été complètement remplacé par le christianisme, qui est devenu la religion officielle de l’Empire romain quelques siècles plus tard. Il est facile d’oublier que, pendant des siècles, le christianisme était principalement une religion de Moyen-Orientaux, qui ont converti les Européens à leur tour.

4- Quand le califat de Mahomet conquiert le Moyen-Orient

 

Mohammed Adil

Au début du 7ème siècle après JC, dans ce qui est l’actuelle Arabie saoudite, le prophète Mahomet fonda l’islam, considéré par ses adeptes à la fois comme une communauté et comme une religion. Après s’être diffusés à travers la péninsule arabique, ils devinrent un empire qui se développa au moment même où les empires perse et byzantin, voisins, étaient prêts à s’effondrer. Dans un temps étonnamment court – de la mort de Mahomet en 632 à 652 après J.C – ils firent la conquête de tout le Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord, de la Perse et certaines parties du sud de l’Europe. Ils diffusèrent l’islam, la langue arabe et l’idée d’une identité commune du Moyen-Orient, trois éléments qui définissent encore aujourd’hui la région. Comme si tout le monde en Europe parlait encore le latin et se considérait comme ethniquement romain.

5- Une carte du monde à l’apogée du califat

Mohammad adil-Rashidun

Il s’agit d’une carte politique approximative du monde en 750 ap. J.-C., à l’apogée du califat omeyyade (le terme « calife » désigne le souverain de la communauté islamique mondiale). Cela vous donne une idée de l’étendue et de la puissance de l’empire musulman, un siècle à peine après la naissance de cette religion qui a propulsé son expansion. Le califat était un lieu de richesse, d’art et d’apprentissage à une époque où seule la Chine était aussi riche et aussi puissante. La puissance arabe était alors à son zénith.

6- L’ascension et la chute de l’Empire ottoman au cours des six derniers siècles

 

Esemono

L’Empire ottoman tire son nom d’Osman, son premier souverain, qui, au début des années 1300, l’a fait s’étendre d’une petite partie du nord-ouest de la Turquie à une partie un peu plus importante. Son expansion a continué durant environ 500 ans – plus longtemps que toute l’histoire de l’Empire romain – régnant pendant des siècles sur la majeure partie du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord et du sud-est de l’Europe. L’empire, officiellement un État islamique, répandit la religion dans le sud-est de l’Europe mais était généralement tolérant envers les autres groupes religieux. C’était probablement le dernier grand empire non européen jusqu’à ce qu’il commence à décliner au milieu des années 1800, qu’il s’effondre après la Première Guerre mondiale, et que son ancien territoire au Moyen-Orient soit divisé par l’Europe occidentale.

7- À quoi ressemblait le Moyen-Orient en 1914

 

Philippe Rekacewicz / Le Monde Diplomatique

C’est une année charnière, au cours de la transition progressive de 500 ans de domination ottomane du Moyen-Orient à 50 à 100 ans de domination européenne. L’Europe de l’Ouest devenait de plus en plus riche en découpant l’Afrique, y compris les États arabes d’Afrique du Nord, en possessions coloniales. Pratiquement toute la région a été gouvernée par des Européens ou des Ottomans, à l’exception de certaines parties de l’Iran et de la péninsule arabique divisées en « zones d’influence » européennes. Quelques années plus tard, à la fin de la Première Guerre mondiale, le reste de l’Empire ottoman vaincu serait partagé entre les Européens. Les frontières entre les pouvoirs français, italien, espagnol et britannique sont cruciales pour comprendre la région aujourd’hui, non seulement parce qu’elles ont gouverné différemment et imposé des politiques différentes, mais que les frontières entre empires européens sont devenues les frontières officielles de l’indépendance, qu’elles soient logique ou pas.

8- L’Accord Sykes-Picot qui a divisé le Moyen-Orient

 

Financial Times

 

Aujourd’hui, vous entendez beaucoup parler de ce traité, dans lequel les empires britannique et français (et russe) ont secrètement convenu de diviser entre eux les dernières régions du Moyen-Orient ayant fait partie de l’Empire ottoman. Point crucial, les frontières entre les « zones » françaises et britanniques devinrent plus tard les frontières entre l’Irak, la Syrie et la Jordanie. Sykes-Picot est souvent citée comme une cause de guerre, de violence et d’extrémisme au centre-ouest de l’Asie, parce que ces États indépendants ultérieurs avaient des frontières largement arbitraires qui regroupaient par la contrainte des groupes ethniques et religieux disparates. Mais les érudits débattent encore de cette théorie, qui est peut-être trop simple pour être vraie.

9- Une histoire animée des grands empires du Moyen-Orient

Vous avez peut-être remarqué un thème présent sur les huit dernières cartes : des empires, la plupart du temps extérieurs au Moyen-Orient, mais parfois en faisant partie, conquérant la région d’une manière qui l’a radicalement modifiée. Cette animation présente tous les principaux empires du Moyen-Orient au cours des 5 000 dernières années. Pour être clair, ce n’est pas exhaustif, et au cas où ce ne serait pas évident, les animations de cercles en expansion ne reflètent pas réellement la vitesse ou la progression des expansions impériales. Mais c’est une bonne introduction.

10- L’histoire complète des États islamiques

Michael Izady / Columbia University

Cette carte en accéléré de Michael Izady – un merveilleux historien et cartographe de l’Université Columbia, dont la collection complète se trouve ici – montre les frontières politiques du grand Moyen-Orient de 1450 à nos jours. Vous remarquerez que pendant la plus grande partie des 500 dernières années, la plupart ou la totalité de la région a été soumise à une combinaison de contrôles turcs, persans et européens. Pour une grande partie du Moyen-Orient arabe, l’autonomie est relativement nouvelle. Les deux grandes exceptions que vous pouvez voir sur cette carte sont le Maroc et l’Égypte, qui ont passé plus de 500 ans en tant qu’empires autonomes par rapport à d’autres États arabes. C’est en partie la raison pour laquelle ces deux pays se sont parfois considérés dans une certaine mesure comme différents du reste du monde arabe.

11- Le printemps arabe de 2011

The Economist

Si l’on se retourne sur la période du début au milieu de 2011, il est toujours stupéfiant de constater comment les soulèvements du Printemps arabe ont soudainement et radicalement défié, et ont souvent renversé, les vieilles dictatures fragiles du Moyen-Orient. Ce qui est déprimant, c’est que les mouvements ont peu avancé au-delà de ces premiers mois. La guerre civile en Syrie se poursuit. La démocratie égyptienne semblait s’achever avec un coup d’État militaire à la mi-2013. Le Yémen est toujours plongé dans la violence et l’instabilité politique. La guerre en Libye a renversé Mouammar Kadhafi, avec le soutien des États-Unis et de l’Europe, mais a laissé le pays sans sécurité de base ou sans gouvernement fonctionnel. Seule la Tunisie semble être sortie, même de manière ténue, dans le sens de la démocratie.

Le Moyen-Orient aujourd’hui

12- Les dialectes arabes d’aujourd’hui

Arab Hafez

Cette carte montre l’étendue du monde arabophone et sa diversité linguistique. Tous deux remontent aux califats des VIe et VIIe siècles, qui ont propagé l’arabe de son lieu de naissance dans la péninsule arabique en Afrique et au Moyen-Orient. Au cours des 1 300 dernières années, de nombreux locuteurs se sont divisés en dialectes distincts, parfois très différents. Quelque chose à noter ici : les dialectes s’alignent ou ne s’alignent pas avec les frontières politiques actuelles. Aux endroits où ils ne s’alignent pas, l’on voit des frontières nationales qui sont moins susceptibles de s’aligner avec les communautés réelles et, dans certains cas, qui sont plus susceptibles de créer des problèmes.

13- La division sunnite-chiite

Le renouveau chiite de Vali Nasr

L’histoire de la division de l’islam entre sunnites et chiites a commencé avec la mort du prophète Mahomet en 632. Il y avait une lutte de pouvoir pour savoir qui lui succéderait pour gouverner le califat islamique, la plupart des musulmans voulant élire le prochain chef, mais certains arguant que le pouvoir devrait revenir par droit de naissance divin au gendre de Mahomet, Ali. Cette faction pro-Ali était connue sous le nom de « Partisans d’Ali » ou de « Shi’atu Ali » en arabe, d’où « Shia ». L’ascension éventuelle d’Ali sur le trône déclencha une guerre civile que ses partisans et lui-même perdirent. Les chiites ont maintenu l’idée qu’Ali était le successeur légitime et sont devenus une branche de l’islam entièrement distincte. Aujourd’hui, environ 10 à 15% des musulmans dans le monde sont chiites – ils sont le groupe majoritaire en Iran et en Irak seulement – alors que la plupart des musulmans sont sunnites. « Sunni » signifie à peu près « tradition ». Aujourd’hui, cette division religieuse est à nouveau politique : c’est une lutte pour l’influence régionale entre les pouvoirs politiques chiites, menés par l’Iran, contre les puissances politiques sunnites, dirigées par l’Arabie saoudite. Cette lutte ressemble beaucoup à une guerre froide régionale, avec des combats par procuration en Syrie et ailleurs.

14- Les groupes ethniques du Moyen-Orient

Michael Izady / Columbia University

La couleur la plus importante sur cette carte des groupes ethniques du Moyen-Orient est le jaune : les Arabes, qui constituent le groupe majoritaire dans presque tous les pays du Moyen-Orient, y compris les pays d’Afrique du Nord qui ne sont pas représentés ici. Les exceptions sont principalement : juifs d’Israël en rose, turcs de Turquie en vert, Iran principalement perse en orange et Afghanistan très diversifié. (Plus d’informations sur la riche diversité de l’Iran et de l’Afghanistan ci-dessous.) Cette touche de rouge au centre est vraiment importante : les Kurdes de souche, qui n’ont pas de pays, mais de grandes communautés en Iran, en Irak, en Syrie et en Turquie. Mais la grande leçon à tirer de cette carte est qu’il existe une ceinture de diversité ethnique remarquable de la Turquie à l’Afghanistan, mais que le reste de la région est dominé par les Arabes.

15- Des populations musulmanes équilibrées à travers le monde

Pew Forum

Cette carte montre ce que le Moyen-Orient n’est pas : il n’est pas synonyme du monde islamique. Cette carte de la population pondérée montre tous les pays du monde d’après la taille de leur population musulmane. Les pays avec plus de citoyens musulmans sont plus grands ; les pays avec moins de citoyens musulmans sont plus petits. Vous remarquerez tout de suite que le Moyen-Orient ne représente qu’une fraction de la population musulmane totale du monde. En fait, il y a beaucoup plus de musulmans dans les pays d’Asie du Sud, à savoir l’Inde, le Pakistan et le Bangladesh. La plus importante population musulmane est de loin celle d’Indonésie, en Asie du Sud-Est. Et il y en a aussi des millions en Afrique subsaharienne. Le monde islamique a peut-être commencé au Moyen-Orient, mais il est maintenant beaucoup plus vaste que cela.

Israël-Palestine

16- La fondation d’Israël en 1947 et la guerre israélo-arabe de 1948

Carte de gauche : Passia [Société académique palestinienne pour l’étude des affaires internationales, NdT] ; carte du centre et de droite: Philippe Rekacewicz / Le Monde Diplomatique

Ces trois cartes montrent comment Israël est passé de la non existence jusqu’à, en 1947 et 1948, la création de ses frontières nationales. Il est difficile d’identifier un seul point de départ plus clair du conflit israélo-palestinien, mais la carte de gauche pourrait bien le montrer : ce sont les frontières que l’ONU a définies en 1947 pour un État juif et un État arabe. Territoire sous contrôle britannique. Les Palestiniens ont combattu l’accord et, en 1948, les États arabes d’Égypte, de Jordanie, d’Irak et de Syrie ont envahi le pays. La carte du milieu montre, en vert, dans quelle mesure ils ont repoussé les armées juives. La carte de droite montre comment la guerre a pris fin avec une contre-attaque israélienne qui a poussé à l’intérieur du territoire orange et Israël a prétendu que c’était sa nouvelle frontière nationale. Le vert est ce qui restait aux Palestiniens.

17- La guerre israélo-arabe de 1967 qui définit les frontières d’aujourd’hui

BBC

Ces trois cartes montrent comment ces frontières de 1948 sont devenues ce qu’elles sont aujourd’hui. La carte de gauche montre les territoires palestiniens de Gaza, sous contrôle égyptien, et la Cisjordanie, sous contrôle jordanien. En 1967, Israël a mené une guerre contre l’Égypte, la Jordanie et la Syrie. La guerre s’est terminée avec l’occupation par Israël des deux territoires palestiniens, plus les hauteurs du Golan en Syrie et la péninsule égyptienne du Sinaï : cela est indiqué sur la carte de droite. Israël a rendu le Sinaï dans le cadre d’un accord de paix en1979, mais il occupe toujours ces autres territoires. Gaza est aujourd’hui sous blocus israélien, tandis que la Cisjordanie se remplit de plus en plus de colons israéliens. La troisième carte montre comment la Cisjordanie a été divisée en zones sous contrôle palestinien complet (vert), sous contrôle conjoint israélo-palestinien (vert clair) et sous contrôle israélien complet (vert foncé).

18- Les colonies israéliennes en Cisjordanie palestinienne

Jan De Jong / Foundation for Middle East Peace

Depuis 1967, les Israéliens s’installent dans des colonies en Cisjordanie. Certains le font pour des raisons religieuses, d’autres pour revendiquer des terres palestiniennes au nom d’Israël, et d’autres simplement parce qu’ils obtiennent des logements bon marché grâce aux subventions. Il y a environ 500 000 colons dans 130 communautés, comme vous pouvez le voir sur cette carte. Les colonies rendent la paix plus difficile, ce qui est souvent le problème : pour que les Palestiniens aient un État, soit les colons devront être chassés en masse, soit les Palestiniens devront abandonner une partie de leurs terres. Aujourd’hui, les colonies rendent également la vie plus difficile aux Palestiniens, en divisant les communautés et en imposant une sécurité israélienne pénible. C’est pourquoi les États-Unis et le reste du monde s’opposent aux colonies israéliennes. Mais Israël continue quand même de les étendre.

19- Frappes israéliennes et du Hezbollah pendant la guerre du Liban en 2006

BBC

Cette carte montre un moment de la guerre de 2006 entre Israël et le Liban. Elle montre également la manière dont la guerre entre Israël et ses ennemis a changé : Israël a désormais la supériorité militaire, mais les combats sont asymétriques. Israël ne combattait pas un État, mais le groupe militant libanais Hezbollah. Il a lancé de nombreuses frappes aériennes et d’artillerie au Liban (en bleu) pour affaiblir le Hezbollah, détruisant ainsi une grande partie des infrastructures du pays. Israël a également établi un blocus des eaux libanaises. Le Hezbollah a mené une campagne de guérilla contre la force d’invasion israélienne et a lancé de nombreux missiles sur les communautés israéliennes. Les personnes les plus touchées ont été les Libanais et les Israéliens ordinaires, dont des centaines de milliers ont été déplacés par les combats.

20- Quels pays reconnaissent Israël, la Palestine ou les deux ?

Saint Tepes

Le conflit israélo-palestinien est un problème mondial qui, comme le montre cette carte, présente un clivage à l’échelle mondiale. De nombreux pays, représentés en vert, ne reconnaissent toujours pas Israël comme un État légitime. Ces pays sont généralement à majorité musulmane (ce qui inclut la Malaisie et l’Indonésie, à l’extrémité de l’Asie du Sud-Est). Dans le même temps, les pays bleus de l’Occident (plus quelques autres) ne reconnaissent pas la Palestine comme un pays. Ils entretiennent toujours des relations diplomatiques avec la Palestine, mais, de leur point de vue, elle n’obtiendra pas le statut de pays tant que le conflit ne sera pas officiellement résolu. Le fait qu’il y ait historiquement eu des conflits entre les pays bleus et verts n’est pas une coïncidence.

Syrie

21- La diversité religieuse et ethnique de la Syrie

Michael Izady / Université Colombia

Chaque couleur ici montre un groupe religieux différent dans la partie orientale de la Méditerranée appelée le Levant. Il n’est sans doute pas surprenant que le lieu de naissance du judaïsme et du christianisme soit religieusement diversifié, mais cette carte montre à quel point la diversité est grande. Israël se distingue par sa majorité juive, bien sûr, mais c’est aussi un rappel de ses minorités musulmanes et autres, ainsi que des communautés chrétiennes en Israël et en Cisjordanie. Le Liban est divisé entre de grandes communautés de sunnites, de chiites, de chrétiens et une foi connue sous le nom de druzisme – ils sont en paix maintenant, mais l’horrible guerre civile de 1975 à 1990 les a divisés. Il se peut qu’un effet similaire se produise en Syrie, qui est majoritairement musulmane sunnite, mais qui compte une importante minorité de chrétiens, de druzes, de chiites et une secte chiite connue sous le nom d’alaouites, dont le chef syrien Bachar al-Assad et une grande partie de son gouvernement sont membres.

22- Les zones de contrôle actuelles dans la guerre civile syrienne

BBC, SNAP

Cette carte montre l’état des lieux de la guerre civile en Syrie qui, après trois ans de combats, s’est divisée entre les forces gouvernementales, les rebelles antigouvernementaux qui ont commencé comme manifestants pro-démocratiques, et les combattants islamistes extrémistes qui sont arrivés ces deux dernières années. Vous remarquerez peut-être un certain chevauchement entre cette carte et la précédente : les zones sous contrôle gouvernemental (en rouge) ont tendance à se chevaucher avec les zones où vivent les minorités. Les minorités tendent à être liées au régime, alors que les rebelles sont pour la plupart issus de la majorité musulmane sunnite. Mais les rebelles syriens antigouvernementaux (en vert) ont pris beaucoup de territoire. La minorité ethnique kurde de Syrie compte également des milices qui ont pris le contrôle du territoire où vivent les Kurdes. Au cours de la dernière année, cependant, il y a eu une quatrième faction montante : L’État islamique en Irak et au Levant (parfois appelé EI, en bleu), un groupe extrémiste basé en Irak qui jure allégeance à Al-Qaïda. Ils combattent à la fois les rebelles et le gouvernement. C’est donc une guerre à trois maintenant, comme si elle n’était pas déjà assez insoluble.

23- La crise des réfugiés syriens

UNHCR

La guerre civile syrienne n’a pas seulement été une catastrophe nationale pour la Syrie, mais aussi pour les pays voisins. La guerre a déplacé des millions de Syriens vers le reste du Moyen-Orient et vers certaines parties de l’Europe, où ils vivent dans de vastes camps de réfugiés qui drainent des ressources nationales déjà rares. Cette carte montre les réfugiés ; elle ne montre pas les 6,5 millions de Syriens supplémentaires déplacés en Syrie. Leur impact se fait particulièrement sentir en Jordanie et au Liban, qui comptent déjà d’importantes populations de réfugiés palestiniens ; jusqu’à une personne sur cinq dans ces pays est un réfugié. Alors que les États-Unis et d’autres pays se sont engagés à fournir une certaine aide aux réfugiés, les Nations unies disent que ce n’est pas suffisant pour leur fournir les produits de première nécessité.

Iran

24- Comment les frontières de l’Iran ont changé au début des années 1900

Wikimedia

L’Iran est le seul pays du Moyen-Orient à n’avoir jamais été conquis par une puissance européenne, mais il s’en est bien approché dans les années 1900. Il a perdu beaucoup de territoire au profit de la Russie (la partie à bandes rouges). Après cela, l’Empire russe et l’Empire britannique (le Raj britannique [régime colonial britannique que connaît le sous-continent indien de 1858 à 1947, NdT] était juste à côté) ont divisé le nord et le sud de l’Iran en « zones d’influence ». Elles n’étaient pas sous contrôle direct, mais le gouvernement iranien a été persécuté et son économie et ses ressources ont été exploitées. Cela reste aujourd’hui encore un point de ressentiment national majeur en Iran.

25- La diversité religieuse et ethnique de l’Iran

Cartothèque Perry-Castañeda, Université du Texas

L’Iran est surtout associé aux Perses – le groupe ethnique le plus important et les fondateurs des anciens empires perses – mais il est beaucoup plus diversifié que cela. Cette carte montre les minorités les plus importantes, dont les Arabes au sud, les Kurdes à l’ouest et les Azéris au nord (l’Iran contrôlait autrefois tout le territoire azéri, mais une grande partie appartient maintenant à l’Azerbaïdjan, pays à majorité azérie). Les Baloutches, dans le sud-est, constituent également un groupe minoritaire important au Pakistan. La région du « Baloutchistan » des deux pays est le théâtre de troubles et d’oppression gouvernementale importants.

26- Les sites nucléaires de l’Iran et les plans de frappe israéliens possibles

BBC

C’est un aperçu de deux des grandes questions géopolitiques qui se chevauchent et dans lesquelles l’Iran est actuellement engagé. Le premier est le programme nucléaire iranien : les dirigeants du pays disent que le programme est pacifique, mais personne ne les croit, et le monde sanctionne sévèrement l’économie iranienne pour tenter de la convaincre d’arrêter le développement nucléaire qui semble se diriger vers un programme d’armes illégales. Vous pouvez voir les sites de développement nucléaire ici : certains sont profondément enfouis, tandis que d’autres ont été gardés secrets pendant des années. Cela nous ramène à l’autre élément de cette carte, qui a été dressée à l’origine pour montrer comment Israël pouvait hypothétiquement lancer des frappes contre le programme nucléaire de l’Iran. Les tensions israélo-iraniennes, qui ont frôlé la guerre ces dernières années, sont l’une des choses les plus graves et les plus potentiellement dangereuses qui se produisent actuellement dans une partie du monde qui est déjà source de grave dangers. Israël craint que l’Iran ne construise des armes nucléaires contre lui ; l’Iran craint peut-être d’être toujours sous la menace d’une frappe israélienne jusqu’à ce qu’il ait une force de dissuasion nucléaire. C’est ce qu’on appelle un dilemme de sécurité et ça peut mal tourner.

Afghanistan

27- Comment la « Durand Line » coloniale a déclenché le conflit en Afghanistan

Cecile Marin

Donc, tout d’abord, ignorez tout sur cette carte à l’exception de la zone de recouvrement orange clair. Cela montre la région où vit un groupe ethnique appelé les Pachtounes. Imaginez maintenant que vous êtes un officier colonial britannique du nom de Mortimer Durand dans les années 1800 et que vous êtes chargé de négocier la frontière entre le Raj indien britannique et la nation quasi-indépendante de l’Afghanistan. Tracez-vous la frontière en plein milieu des zones pachtounes, garantissant ainsi des décennies de conflit en forçant les Pachtounes à devenir des minorités dans les deux États ? Si vous aviez répondu « oui », vous auriez fait un grand officier colonial britannique, parce que c’est ce qui s’est passé. La « ligne Durand », marquée en rouge, est devenue la plus grande partie de la frontière entre l’Afghanistan moderne et le Pakistan. De nombreux Pachtounes appartiennent maintenant à un groupe extrémiste majoritairement pachtoune, appelé talibans, qui fait des ravages dans les deux pays et dont les principales bases d’opérations (représentées en orange foncé) sont situées du côté pakistanais de la frontière. Merci, Mortimer !

28- La guerre de 1989 qui a déchiré l’Afghanistan

Révolution sans fin : Afghanistan, 1979 à aujourd’hui / Columbia University Press

En 1979, l’Union soviétique a envahi l’Afghanistan pour défendre le gouvernement communiste pro-Moscou contre les rébellions croissantes. Les États-Unis (ainsi que l’Arabie saoudite et le Pakistan) ont financé et armé les rebelles. La CIA a délibérément choisi de financer les extrémistes, les considérant comme de meilleurs combattants. Lorsque les Soviétiques se sont retirés en 1989, ces groupes rebelles se sont retournés les uns contre les autres, menant une horrible guerre civile que vous pouvez voir sur cette carte : les zones rouges étaient, dès 1989, sous contrôle gouvernemental. Chacune des autres couleurs montre la zone de contrôle d’un groupe rebelle. Certains de ces rebelles, comme le Hezb-e Islami Gulbuddin, se battent toujours, bien que la plupart d’entre eux aient été vaincus lorsque les talibans se sont soulevés et ont conquis le pays dans les années 1990.

29- Comment les talibans coïncident avec l’ethnicité

Fonds de dotation Carnegie pour la paix internationale

Il s’agit de souligner à quel point la guerre actuelle en Afghanistan (la guerre qui a commencé lorsque les États-Unis et leurs alliés ont envahi le pays en 2001, et non la guerre de 1979 à 1989 contre les Soviétiques ou les guerres civiles de 1989 à 2001) est, tout en ne l’étant pas, une guerre d’appartenance ethnique. Les talibans se confondent très largement, mais pas exclusivement, avec les Pachtounes dans le sud et l’est. C’est d’autant plus important qu’il y a tant de Pachtounes de l’autre côté de la frontière au Pakistan, où les talibans ont d’importantes bases d’opérations. Mais il y a d’autres groupes rebelles que les talibans, qui ne sont pas tous pachtounes. En général, cependant, le nord du pays est plus stable et moins violent que le sud ou l’est.

30- Les éléments les plus importants de la guerre d’Afghanistan, sur une seule carte

Philippe Rekacewicz / Le Monde Diplomatique

La guerre en Afghanistan est extrêmement compliquée, mais cette carte fait un travail remarquable en ce qui concerne les éléments les plus importants : 1) les zones talibanes, en incrustation orange ; 2) les zones contrôlées par les États-Unis et leurs alliés, en minuscules taches vertes déprimantes ; 3) les principales bases militaires occidentales, marquées par des points bleus ; 4) les zones de production d’opium, qui sont une source importante de financement des talibans, en cercles marrons, avec de plus grands cercles signifiant plus d’opium ; 5) les voies d’approvisionnement traversant le Pakistan en rouge, que celui-ci a parfois fermées et qui sont souvent la cible des talibans ; 6) la voie d’approvisionnement traversant la Russie, qui nécessite une approbation russe. Si cette carte ne vous déprime pas sur les perspectives de la guerre en Afghanistan, pas grand-chose ne le fera.

Arabie saoudite et Pétrole

31- Ce à quoi l’Arabie Saoudite et ses voisins ressemblaient il y a 100 ans

Joaquín de Salas Vara de Rey

La péninsule arabique a une très, très longue histoire, et la famille saoudienne en a contrôlé une grande partie depuis les années 1700. Mais pour comprendre comment la péninsule est devenue ce qu’elle est aujourd’hui, il faut remonter environ un siècle en arrière, jusqu’en 1905. Les Saoudiens à ce moment-là avaient très peu de contrôle, ayant perdu leur territoire au cours d’une série de guerres. La péninsule était divisée en beaucoup de petits royaumes et d’émirats. L’Empire ottoman contrôlait la plupart d’entre eux, tandis que l’Empire britannique contrôlait le tiers le plus méridional de la péninsule – cette ligne au milieu montre comment elle était divisée. Après l’effondrement de l’Empire ottoman après la Première Guerre mondiale, les Saoudiens se sont étendus à toute la région violette marquée ici, comme les Britanniques l’avaient promis pour aider à combattre les Ottomans. (Cet accord est mis en scène dans le film Lawrence d’Arabie). Au début des années 1920, les Britanniques contrôlaient de fait presque toute la péninsule, qui était divisée en plusieurs dépendances, protectorats et mandats. Mais les Saoudiens ont perduré.

32- Pétrole et gaz au Moyen-Orient

Agence américaine d’information sur l’énergie

Le Moyen-Orient produit environ un tiers du pétrole et un dixième du gaz naturel de la planète. (Il possède un tiers de toutes les réserves de gaz naturel, mais elles sont plus difficiles à transporter.) Une grande partie de cette production est exportée. Cela rend l’économie mondiale entière assez dépendante du flux continu de ce gaz et de ce pétrole, qui passent par une région qui a connu beaucoup de conflits au cours des dernières décennies. Cette carte montre où se trouvent les réserves et comment elles sont transportées par voie terrestre ; une grande partie passe également par la mer à travers le golfe Persique, un secteur marin où se trouvent également certaines des plus grandes réserves de la région et du monde. Les ressources énergétiques sont fortement concentrées dans trois pays voisins qui se détestent depuis toujours : l’Iran, l’Irak et l’Arabie saoudite. Les États-Unis, en tant que très gros importateur d’énergie, s’intéressent vivement à la tension entre ces trois pays depuis des années : ils se sont rangés du côté de l’Iran pendant la guerre Iran-Irak des années 1980, contre l’Irak lorsqu’il a envahi le Koweït et menacé l’Arabie saoudite dans les années 1990, puis contre l’Irak en 2003, et appuient maintenant l’Arabie saoudite dans sa guerre par procuration contre l’Iran, qui s’envenime rapidement.

33- Pétrole, commerce et activités militaires dans le détroit d’Ormuz

Financial Times

L’économie mondiale dépend de cette étroite voie navigable entre l’Iran et la péninsule Arabique. Depuis que le président Jimmy Carter a publié la « doctrine Carter » de 1980, qui déclarait que les États-Unis utiliseraient la force militaire pour défendre leur accès au pétrole du golfe Persique, le petit détroit d’Ormuz à la sortie du golfe a été l’une des eaux les plus militarisées du monde. Les États-Unis ont installé une force navale importante, d’abord pour protéger les exportations de pétrole de la brutale guerre Iran-Irak des années 1980, puis pour les protéger de Saddam Hussein pendant les guerres du Golfe des années 1990, et maintenant pour les protéger à nouveau de l’Iran, qui a fait un pas vers la rupture des approvisionnements en pétrole si la guerre éclate contre Israël ou les États-Unis. Tant que le monde fonctionnera aux combustibles fossiles et qu’il y aura des tensions au Moyen-Orient, il y aura des forces militaires dans le détroit d’Ormuz.

34- Pourquoi le canal de Suez en Égypte est si important pour l’économie mondiale

Nicolas Rapp / Fortune

Le canal de Suez a tout changé. Lorsque l’Égypte l’a ouvert en 1868, après dix ans de travaux, la voie navigable artificielle de 170 km a rapproché l’Europe et l’Asie de façon spectaculaire et permanente. L’importance du canal pour l’ordre mondial était si évidente que, peu après la conquête de l’Égypte par les Britanniques dans les années 1880, les grandes puissances mondiales ont signé un traité, qui est toujours en vigueur, déclarant que le canal serait toujours ouvert au commerce et aux navires de guerre de chaque nation, quoi qu’il arrive. Aujourd’hui, environ huit pour cent de tout le commerce mondial et trois pour cent de l’approvisionnement énergétique mondial passent par le canal.

Irak et Libye

35- Le nettoyage ethnique de Bagdad pendant la guerre en Irak

BBC

Il y a peu de symboles plus sinistres des ravages de la guerre en Irak que ce qu’elle a causé dans les quartiers autrefois diversifiés de Bagdad. La carte de gauche montre la composition religieuse de la ville en 2005. Les quartiers mixtes, alors la norme, sont en jaune. La carte de droite montre à quoi cela ressemblait en 2007, après deux terribles années de tueries sunnites : bombardements (points rouges), escadrons de la mort, et milices. Les expulsions forcées et des milliers de morts ont effectivement nettoyé les quartiers, pour qu’ils deviennent majoritairement chiites (en bleu) ou sunnites (en rouge). Depuis fin 2012, la guerre civile religieuse a repris de plus belle, à Bagdad et dans tout le pays.

36- Où sont les Kurdes et à quoi pourrait ressembler le Kurdistan ?

Philippe Rekacewicz / Le Monde Diplomatique

Le groupe ethnique connu sous le nom de Kurdes, qui a longtemps vécu en tant que minorité défavorisée dans plusieurs pays du Moyen-Orient, se bat depuis longtemps pour une nation qui leur est propre. Cette carte montre où ils vivent dans une superposition en vert, et les frontières nationales qu’ils ont proposées à trois reprises, et qui ont toutes échoué. Les Kurdes ont combattu dans de nombreuses rébellions armées, y compris les campagnes en cours en Syrie et en Turquie, et ont subi de nombreuses exactions, allant des tentatives de génocide jusqu’aux interdictions officielles portant sur leur langue et leur culture. Leur seule grande victoire du siècle dernier a été en Irak : à la suite de l’invasion américaine qui a renversé Saddam Hussein, les Kurdes irakiens sont autonomes dans le nord de l’Irak.

37- Un remaniement hypothétique de la Syrie et de l’Irak

Radio Free Europe / Radio Liberty

Il s’agit d’une vieille idée qui refait surface tous les deux ou trois ans, lorsque la violence entre sunnites et chiites reprend : les frontières arbitraires imposées par les puissances européennes devraient-elles être remplacées par de nouvelles frontières respectant la division religieuse toujours conflictuelle de la région ? L’idée est inapplicable dans la réalité et ne ferait probablement que créer de nouveaux problèmes. Mais, dans un sens, c’est déjà à cela que ressemble la région. Le gouvernement irakien contrôle la majorité chiite à l’est du pays, mais les extrémistes islamistes sunnites se sont emparés d’une grande partie de l’Irak occidental et de la Syrie orientale. Le gouvernement syrien, dominé par les chiites, ne contrôle pour la plupart que l’ouest du pays, où les chiites et les chrétiens sont majoritaires. Les Kurdes, quant à eux, sont juridiquement autonomes en Irak et d’un point de vue fonctionnel en Syrie. Cette carte n’est donc plus seulement de la spéculation oiseuse ; c’est quelque chose que les Irakiens et les Syriens sont en train de créer eux-mêmes.

38- Comment la guerre de Libye de 2011 a changé l’Afrique

Philippe Rekacewicz /Le Monde Diplomatique

Aussi noble que fût la cause, la destruction de la dictature de Mouammar Kadhafi par un soulèvement spontané et une intervention occidentale a juste semé le chaos dans la moitié nord de l’Afrique. Cette carte tente de montrer tout ce qui s’est passé après la chute de Kadhafi ; ce qui importe, c’est qu’elle soit d’une complexité si stupéfiante. L’endroit où centrer votre regard est la superposition orange à rayures à travers la Libye, l’Algérie, le Mali et le Niger : cela montre où vivent les Touaregs, un groupe ethnique minoritaire semi-nomade. Kadhafi a utilisé la richesse pétrolière de la Libye pour former, armer et financer un grand nombre de Touaregs pour combattre le soulèvement armé en 2011. Lorsqu’il est tombé, les Touaregs ont ramené les canons avec eux en Algérie et au Mali, où ils ont pris le contrôle du territoire. Au Mali, ils ont mené une véritable rébellion qui, pendant un temps, s’est emparée de la moitié nord du pays. Al-Qaïda s’est installé dans le vide qu’ils ont laissé, conquérant des villes entières au Mali et s’emparant des installations de combustibles fossiles en Algérie. Des entreprises criminelles ont prospéré dans cette zone semi-aride connue sous le nom de Sahel. Il en va de même des vastes routes migratoires, pour les Africains à la recherche de travail et d’une vie meilleure en Europe. Dans le même temps, le conflit armé s’aggrave au Nigeria et au Soudan, deux grands producteurs de pétrole. La chute de Kadhafi n’a pas été pas la seule cause de tout cela, mais elle a apporté la bonne combinaison de désordre, d’armes et de milices pour empirer les choses.

Des points de lumière

39- Cartographie d’après les connexions Internet (en haut) et d’après tweets (en bas)

Carte du haut : Gregor Aisch ; photo du bas : Eric Fischer

Ces cartes sont deux façons de voir quelque chose de similaire : la numérisation du Moyen-Orient. La carte du haut est en fait une carte de population : les points représentent des groupes de personnes, mais les points sont colorés pour montrer combien d’adresses IP il y a, ce qui signifie essentiellement combien de connexions Internet. Les zones bleues ont beaucoup de monde mais peu de connexions : ce sont les zones les plus pauvres, comme le Yémen, le Pakistan et la Syrie. Le blanc et le rouge montrent où il y a beaucoup de connexions : des pays riches comme Israël et les Émirats arabes unis, mais aussi des parties de l’Égypte, de l’Iran et de la Turquie, dont les populations sont de plus en plus connectées, avec des conséquences politiques énormes. La carte du dessous montre les tweets : beaucoup de points signifient beaucoup de tweets venant de cette région. Ils sont colorés selon la langue. Remarquez où ces deux cartes sont différentes : l’Iran a beaucoup de connexions Internet mais presque pas de tweets ; comme Facebook, Twitter a été interdit depuis les manifestations anti-gouvernementales de 2009. L’Arabie saoudite, quant à elle, s’illumine : sa population, de taille modeste, est remarquablement connectée. L’importance de cela est devenue évidente, par exemple, avec les campagnes menées par les médias sociaux en 2012 et 2013 par les femmes saoudiennes pour conduire en masse, en protestation contre l’interdiction des femmes au volant dans ce pays. Les conséquences de l’accès et du manque d’accès à Internet continueront certainement d’être importantes, et peut-être difficiles à prévoir, pour la région.

40- Le Moyen-Orient la nuit depuis l’espace

Observatoire de la terre de la NASA

Je conclurai avec cette carte pour regarder la région sans frontières politiques, sans démarcations démographiques de religion ou d’ethnicité, sans marqueurs de conflit ou de pétrole. Regarder la région la nuit, de l’espace, laisse ces distinctions s’effacer, pour la voir purement par sa géographie et illuminée par les gens qui l’habitent. Les lumières retracent les fleuves qui ont été si importants pour l’histoire du Moyen-Orient et du monde : le Nil en Égypte, le Tigre et l’Euphrate qui traversent l’Irak et la Syrie, l’Indus au Pakistan. Ils montrent également les communautés importantes, et dans de nombreux cas en croissance, le long des rives du golfe Persique, de la Méditerranée orientale et de l’extrémité méridionale de la Caspienne. C’est une belle image d’une très belle région du monde.

Source : Vox, Max Fisher, 26-03-2015

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Selon Stephen Harper, le populisme est là pour rester

Dans un extrait de son dernier livre publié par le National Post, Stephen Harper explique la montée du « populisme » aux États-Unis et en Europe. L’ex-premier ministre du Canada estime que les élites politiques et médiatiques vont payer cher le fait qu’elles ne comprennent pas ce mouvement et s’obstinent à le dénigrer.

 

Le National Post publie cet extrait du dernier livre de Stephen Harper, intitulé: Right Here, Right Now: Politics and Leadership in the Age of Disruption* (Ici et maintenant, la politique et le leadership dans une ère de bouleversements), l’ancien premier ministre du Canada, Stephen Harper, y défend l’idée que les «déplorables» ont quelque chose d’important à nous dire.

La montée du populisme – sur ce continent et au-delà – a été dénoncée par tous les partis de droite comme de gauche.
Mais comme l’écrit Stephen J. Harper dans cet extrait de son dernier livre publié en exclusivité par le National Post, les soi-disants “deplorables” qui ont voté de manière à vaincre les politiciens de l’establishment, méritent d’être écoutés avec attention. Leur inquiétude prouve que le globalisme cause de graves problèmes qui ne vont pas disparaître par enchantement.

« Si la politique vous intéresse, vous vous souviendrez longtemps du 8 novembre 2016. Pour ma part, je suivais la soirée du vote présidentiel dans le salon de mon sous-sol. Mon successeur intérimaire à la tête du Parti Conservateur du Canada, Rona Ambrose était présente. Le chef du Parti Conservateur Uni de l’Alberta, l’Honorable Jason Kenney était là également. Je ne m’attendais pas à ce que Donald J. Trump soit élu président, ce soir là. Mais contrairement à la plupart des observateurs, je pensais que c’était une possibilité. En arriver à ce constat m’avait pris un certain temps. Trump avait remporté la nomination du Parti Républicain et là, il était en train de remporter l’élection présidentielle. Alors, je me suis demandé : « Que s’est-il passé ? » J’aurais pu en déduire ce qu’en ont déduit la plupart des commentateurs.

Ces derniers avaient prédit que Trump ne pouvait pas gagner – qu’il ne pourrait jamais gagner – parce qu’il est un imbécile et un fanatique. Ils ont donc conclu que ses électeurs étaient, eux aussi, des imbéciles et des fanatiques. Mais c’était ceux qui entretenaient des idées préconçues aussi sottes qui se trompaient. Il est temps de soumettre ces suppositions à un ré-examen.

Voici donc mon ré-examen en résumé.

Une importante proportion d’Américains, incluant des Américains conservateurs, ont voté pour Trump parce que leurs affaires vont mal. Le monde de la globalisation ne fonctionne pas pour plusieurs de nos gens. Nous pouvons faire semblant de croire que leur perception est fausse, mais elle ne l’est pas. Nous avons maintenant le choix. Nous pouvons tenter de convaincre les gens qu’ils se méprennent sur ce qui affecte leur propre vie ou nous pouvons essayer de comprendre ce qu’ils expriment. Ensuite, nous serons en mesure de déterminer ce qu’il faut faire.

Les Conservateurs ont gagné la Guerre Froide. Ronald Reagan, Margaret Thatcher et leur génération ont résisté au communisme ailleurs dans le monde et au socialisme chez eux. Et ils ont très bien réussi. Nos valeurs – des sociétés libres, des libres marchés, le libre échange, la liberté de mouvement – se sont répandues à travers le monde. Le problème vient du fait que la globalisation a très bien réussi pour plusieurs peuples du monde, mais pas tellement pour plusieurs d’entre nous. À travers le monde, un milliard de gens – pour la plupart vivant dans des pays à économies émergentes de l’Asie – sont sortis de la pauvreté. Pourtant, dans plusieurs pays occidentaux, les revenus des travailleurs ont stagné ou diminué durant le quart de siècle qui vient de se terminer.

Ceci est particulièrement vrai aux États-Unis. Trump a compris cela.

Certains ont dénigré l’appel de Trump disant qu’il fallait rendre sa grandeur à l’Amérique comme étant simplement une expression de son chauvinisme, mais minimiser le caractère viscéral de son message anti-globaliste, c’est passé à côté de son sens profond.

Cet appel a été entendu et compris par ceux dans le Parti Républicain qui appuyaient Ronald Reagan et George W. Bush, et leur internationalisme énergique. Son message a aussi été entendu par un nombre important d’électeurs démocrates qui ont changé de camp, contribuant à l’élire président.

Dans mon esprit, il s’agit sans doute de la partie la plus facile à comprendre du phénomène Trump. L’Amérique a vécu une décennie et demie d’expériences en politique étrangère qui ont contribué à poser les balises de l’approche consistant à mettre l’Amérique en premier.

Pour commencer, il y a eu les guerres en Afghanistan et en Irak. Pour être tout à fait honnête, j’étais d’accord avec ces deux initiatives et j’appuie toujours la décision d’aller en Afghanistan.

Néanmoins, les tentatives d’édifications d’États-Nations ont coûté très cher en argent et en ressources humaines, sans grand succès. Lors de ces opérations, l’idée de faire la promotion des idéaux américains ailleurs dans le monde a reçu un coup fatal.

Cela a été suivi d’une nouvelle Administration décidée à éviter de trop s’étendre en multipliant les interventions. Résultat, la sécurité globale s’est encore plus détériorée. Ainsi, on peut tracer une ligne droite entre les résultats des politiques menées dans un passé récent et les orientations actuelles de l’Administration américaine.

Cela n’est qu’une partie de l’histoire. Ça n’explique pas les réactions viscérales, les négatives autant que les positives, envers le penchant «America First» de l’Administration Trump.

J’admet que ceux qui s’opposent fanatiquement au nationalisme me rendent plus perplexe que ceux qui l’appuient. Le nationalisme, ou du moins le patriotisme, m’apparaît comme un état plutôt normal des sentiments humains dans la plupart des pays, la plupart du temps.

L’idée qu’un pays place en premier ses propres intérêts m’est toujours apparue comme une maxime fondamentale des relations internationales.

Je ne souhaite pas réduire ces visions différentes du nationalisme à des changements de philosophies s’étant produits dans les partis politiques. Comme pour les différences concernant la globalisation des marchés et le commerce international, il se passe quelque chose de plus profond.

Trump, le Brexit et les mouvements populistes en Europe ont mis à jour un fossé existant dans les sociétés modernes occidentales.

La division se trouve, comme le décrit David Goodhart, entre: ceux qui vivent « n’importe où » et ceux qui vivent « quelque part ». La montée de la mondialisation au cours du dernier quart de siècle a transformé une partie de la population. Des professionnels urbains et universitaires se sont réellement orientés vers le reste du monde pour leur carrière et leur vie personnelle.

Supposez que vous êtes quelqu’un travaillant pour une firme de consultants internationale ou que vous êtes engagé dans une carrière universitaire à vocation mondiale. Vous pouvez vous réveiller à New York, Londres ou Singapour et vous sentir chez vous. Vous pouvez louer ou même posséder un logement dans chacune de ces villes. Votre travail n’est pas soumis à la concurrence des importations ou à la menace de changements technologiques. Vous pouvez assister (ou aspirer à assister) à la conférence de Davos. Vous avez probablement lu The Economist et, comme Thomas Friedman, vous croyez que le monde est vraiment plat. Votre conjoint ou partenaire a une expérience professionnelle similaire, bien qu’il ou elle vienne d’ailleurs dans le monde. Vous croyez au changement climatique et vous êtes méfiants à l’égard de la religion. Vous êtes sans équivoque en faveur du libre-échange et soutenez des niveaux élevés d’immigration. Vos valeurs peuvent être qualifiées de « cosmopolites ».

Ces personnes cosmopolites, les Anywheres, ou tout simplement « les globalistes », ont un attachement de plus en plus faible à l’État-nation. Leurs relations professionnelles, personnelles et même familiales sont de plus en plus souvent établies avec des personnes comme eux, originaires de divers pays.

Les exemples que je donne peuvent ressembler à des stéréotypes, mais il y a beaucoup de personnes, vivant une situation moins extrême, qui travaillent, étudient ou rejoignent des communautés au delà des frontières en passant par l’Internet.

Il y a beaucoup de ces gens, mais il y en a encore beaucoup d’autres qui ne leur ressemblent pas du tout.

Peut-être êtes-vous un ouvrier travaillant à la fabrication ou dans le commerce de détail, ou même un petit commerçant. Vous n’habitez probablement pas dans les quartiers centraux d’un grand centre d’affaires. Votre travail peut être perturbé, et l’est toujours, par la concurrence des importations et les changements technologiques. Vous êtes motivé par un travail stable et une vie décente. Vous et votre conjoint avez grandi dans la même collectivité où vous vivez et travaillez maintenant. Vos enfants fréquentent les écoles locales et votre parent vieillissant vit à proximité. Votre vie sociale est liée à une église locale, un club philanthropique, un restaurant-bar, une équipe sportive ou un groupe communautaire. Vous ne quittez votre région que pour de brèves vacances. Vos valeurs peuvent être qualifiées de « localistes ».

De tels localistes ou « Somewheres » sont beaucoup plus susceptibles d’être des nationalistes dans l’âme. La solidarité sociale est importante pour eux parce que leur avenir dépend de la société dans laquelle ils vivent.

Pour les Somewheres, le nationalisme est plus qu’un attachement émotionnel fort (même si habituellement il l’est) ; il est essentiel dans leur vie. Si les choses vont mal, ou si les choix politiques s’avèrent erronés, les Somewheres ne peuvent pas simplement déplacer leur vie ailleurs. Ils dépendent de l’État-nation.
Évidemment, les Anywheres dépendent tout autant de l’État-nation, qu’ils le reconnaissent ou non.

Après tout, ce sont les grands États-nations qui ont rendu possible la mondialisation. Dans la mesure où il existe des marchés mondiaux dotés de règles et de stabilité, ce sont les accords entre États-nations qui les ont créés.

Sans ces accords, le commerce international ne serait guère plus qu’échanges occasionnels et transactions ponctuelles. Pensez-y bien. Pour faire plus que des transactions occasionnelles, il faut investir dans les transports, les communications et la logistique. Le commerce international dépend de l’exécution des contrats, de la fourniture d’informations et de la prévention de la fraude. Il a besoin de devises stables, fiables et échangeables. Des arrangements doivent être faits afin que la distribution des produits soit en conformité avec les normes politiques établies.

Il est de bon ton chez les Anywheres de blâmer les mauvaises politiques nationales – et en particulier le populisme – pour l’instabilité et les incertitudes de l’économie mondiale. Parfois, elles sont effectivement à blâmer, mais pas si souvent. La « communauté mondiale » n’apporte que peu ou pas grand-chose dans la vaste gamme d’institutions et de pratiques dont les marchés ont besoin pour fonctionner adéquatement.

Jusqu’à présent, les fonctions essentielles des lois et règlements, de la stabilité monétaire et fiscale, de la gestion et de la résolution des conflits, des services sociaux et de la redistribution ont été assurées presque exclusivement par les États-nations. Laissée à elle-même, la mondialisation serait un modèle économique instable – comme elle l’était à la fin de 2008, jusqu’à ce que les grands États-nations interviennent.

Soit dit en passant, il ne va pas de soi de savoir à quoi ressembleraient ces institutions et ces pratiques si elles étaient appliquées à l’échelle mondiale. Les pays ne s’entendent tout simplement pas sur la façon d’assurer l’égalité des chances, la sécurité économique et l’innovation, de minimiser les risques pour la santé et l’environnement, d’assurer les emplois et la croissance, ni sur les résultats économiques ou les mœurs sociales et culturelles, encore moins sur la façon de choisir des modèles de gouvernance fondamentaux.

En d’autres termes, l’État-nation, avec tous ses défauts, est une réalité concrète. La « communauté mondiale » n’est guère plus qu’un concept. Les gens qui ont quelque chose à perdre sont forcément plus redevables à un fait important qu’à une simple notion.

C’est ici que je me sépare des Anywheres.

Les Anywheres semblent croire qu’ils peuvent choisir ce qu’ils veulent dans n’importe quel panier national. Les résultats économiques chinois, les protections juridiques américaines, la gouvernance européenne, les taxes panaméennes, etc. Et s’ils n’obtiennent pas ce qu’ils veulent, ils affirment leur droit d’aller le chercher et de partir – en utilisant un passeport fourni par leur État-nation.

Je ne discute pas avec les Anywheres sur les avantages réels et encore plus importants de la mondialisation. Je ne suis pas d’accord avec cet état d’esprit mondialiste. Je me fous de savoir à quel point vous vous prenez pour un globaliste. Vous avez une certaine responsabilité en tant que citoyen envers un quelque part. Et si vous ne comprenez pas cela, alors vous vous comportez comme si vous n’aviez aucune responsabilité.

Partout où ils sont, ils sont loin de constituer la majorité de la population, mais à l’ère de la mondialisation, ils en sont venus à dominer notre politique. C’est vrai tant au centre gauche traditionnel qu’au centre droit. Le référendum Brexit donne un aperçu de la façon dont ces lignes de fracture peuvent se manifester.

Les Cosmopolites de Londres ont voté de rester dans l’UE à une majorité de trois contre un. Celle-ci n’a été rejointe que par des nationalistes écossais et irlandais, pour des raisons distinctes (et diamétralement opposées). La majorité des syndicalistes anglais, gallois et irlandais ont voté en faveur du Brexit et ont gagné.

Une dynamique similaire est apparue dans la politique américaine depuis un certain temps. Les Démocrates sont aujourd’hui un parti majoritairement urbain et côtier avec peu de sièges au Congrès et peu de gouverneurs dans les États du centre des États-Unis. Les Républicains sont de plus en plus exclus des grands centres cosmopolites, mais ils sont clairement majoritaires dans la plupart des autres endroits.

Je le dis ainsi : il y a un fossé grandissant entre les perspectives des institutions de toutes sortes – entreprises, banques, bureaucraties, universités, médias, divertissements – et celles de ceux qui ne s’identifient pas à ces institutions. C’est un clivage entre ceux dont les intérêts économiques sont mondiaux et ceux dont les intérêts sont locaux. Entre ceux dont la vie traverse les frontières et ceux qui y vivent.

Entre ceux dont les identités sont internationales et multiculturelles et ceux dont les identités sont nationales et traditionnelles. Plus important encore, c’est de plus en plus un fossé entre ceux qui croient qu’ils vont de l’avant et ceux qui voient qu’ils font du surplace.

Bien entendu, cela ne se limite pas à l’Amérique. La même dynamique – « élites » contre « populistes » – est à l’origine du résultat inattendu du référendum pour le Brexit. Quelque chose de similaire se produit également en Europe, alors que l’espace occupé par les partis politiques traditionnels du centre-droit et du centre-gauche se réduit progressivement face aux mouvements politiques insurgés.

Je ne sais pas si la présidence de Donald Trump va réussir ou non. Mais ce que je sais, c’est que les questions qui ont donné lieu à sa candidature ne vont pas disparaître. Elles ne feront qu’augmenter. Et si elles ne sont pas confrontées honnêtement et traitées correctement, elles vont s’aggraver.

Il en résulte que les succès de Brexit et de Trump laissent entrevoir un possible réalignement politique d’une importance beaucoup plus large et à plus long terme. Si les réalités économiques et sociales sous-jacentes continuent à diverger entre les élites et les travailleurs ordinaires, ces schémas politiques vont se renforcer. Des politiciens ambitieux et entreprenants,(…) puiseront effectivement dans les valeurs populistes.

Le populisme actuel n’est pas dans le tout ou rien. Certains populistes ont des griefs légitimes avec le consensus de l’élite. (…) Ce qui se passe exige de la compréhension et de l’adaptation, et non une attitude dogmatique et de la condescendance.

Les populistes ne sont pas des « déplorables » ignorants et malavisés. Ce sont notre famille, nos amis et nos voisins. Les populistes sont, par définition, le peuple.

Dans un système démocratique, les gens sont nos clients. Et, selon les valeurs de marché conservatrices, le client a toujours raison. Une partie de l’élaboration de ces solutions de rechange consiste à remettre en question certaines idées préconçues sur le populisme. Le populisme n’est pas totalement incompatible avec les marchés, le commerce, la mondialisation et l’immigration. Ma propre carrière politique en est la preuve.

Mon mandat de premier ministre s’est surtout déroulé pendant et après la crise financière mondiale. Sous mon gouvernement, le Canada a évité le pire de la crise et en est sorti plus fort. Pour les Conservateurs canadiens, il s’agit du gouvernement qui a servi le plus longtemps depuis 1891. À tout point de vue, nous avons laissé le pays en bonne santé. Aucune insurrection populiste n’a surgi à notre droite et, par conséquent, depuis notre retour dans l’opposition en 2015, nous sommes restés un parti fort et uni.

Grâce à nos nombreux succès – et à nos bévues occasionnelles – les Conservateurs canadiens ont mis en œuvre bon nombre de politiques et de stratégies nécessaires pour relever les défis auxquels les sociétés occidentales sont actuellement confrontées. J’appelle cette approche « conservatisme populiste ». Qu’est-ce que le conservatisme populiste ? Il s’agit de mettre les valeurs et les idées conservatrices au service des travailleurs et de leurs familles. Il s’agit d’utiliser des moyens conservateurs à des fins populistes.

Je suppose que mon populisme résulte du fait que je suis passé par l’école publique et issu de la classe moyenne. Cette expérience m’a appris l’importance de rendre les politiques pertinentes pour les familles de travailleurs. La victoire bouleversante de Donald Trump et les dix-huit premiers mois tumultueux de son mandat ont donné lieu à de nombreuses prédictions sur notre avenir politique.

Certains prétendent que le conservatisme est « mort ». D’autres disent la même chose du populisme. Mais rien de tout cela ne change les forces qui ont mis Trump au pouvoir. Le populisme sera avec nous tant que les hommes, les femmes et les familles qui travaillent continueront de faire face aux pressions économiques et sociales actuelles et que les partis politiques traditionnels ne s’adapteront pas. (…)

L’élaboration des politiques ne se fait pas dans le cadre d’une version théorique de la réalité. Cela se produit dans le monde réel, avec des compromis, des options imparfaites et des considérations non économiques. Il y a beaucoup de nécrologies qui sont écrites, parlant du déclin de l’Occident en général et de l’Amérique en particulier. Celles-ci contiennent quelques éléments de vérité.

Pour nombre de leurs auteurs, cependant, un tel déclin serait de toute évidence une évolution positive.

Je ne partage pas ce point de vue. Il ne fait aucun doute que le monde occidental – en particulier les États-Unis – traverse une période de tumulte et de perturbation. Néanmoins, les sociétés capitalistes démocratiques ont toujours fait preuve d’un dynamisme, d’une résilience et d’une adaptabilité inégalés. Je suis convaincu qu’avec les bonnes idées, les bons choix et le bon leadership, nous sortirons de cette ère meilleurs et plus forts.

Il y a beaucoup de gens qui semblent souhaiter que les événements de 2016 ne se reproduisent pas. Des éléments influents au Royaume-Uni – ceux que l’on appelle sarcastiquement les  » Remoaners  » (les Pro-remain qui gémissent) – cherchent à renverser le vote en faveur du Brexit ou, à tout le moins, à obtenir un accord avec l’Union européenne qui s’inspire des relations actuelles avec le Royaume-Uni.

Aux États-Unis, une grande partie du narratif anti-Trump montre un désir de nier la simple réalité: le fait qu’il a gagné parce qu’assez de gens dans assez de régions ont volontairement voté pour lui. Dans les deux cas, l’espoir sous-jacent est que les choses « redeviendront » telles qu’elles étaient avant.

Mais ce n’est pas la tendance. Les mouvements populistes, nationalistes et anti-establishment

continuent de se développer. Il suffit de regarder l’Europe.

Une analyse de 22 pays européens réalisée fin 2017, a révélé que le soutien à ces partis est à son plus haut niveau depuis au moins trois décennies.

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De récents votes aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, en Italie et ailleurs ont vu ces options faire des gains importants aux dépens du centre gauche traditionnel et du centre droit. Dans certains cas, ils sont sur le point de prendre le pouvoir. Même là où ils ne le sont pas, ils rendent souvent longue et laborieuse la formation de coalitions gouvernementales.

Mon diagnostic est simple : la tendance populiste ne s’arrêtera pas tant que les problèmes qui l’animent ne seront pas résolus. Il est vrai que ces nouvelles alternatives populistes risquent de ne pas être à la hauteur aux yeux d’un grand nombre de leurs adeptes. Mais la nature humaine étant ce qu’elle est, il est peu probable que ceux qui seront déçus « reviennent ». Pour les raisons qui les ont poussés à partir, ils passeront à autre chose.

Plus j’observe ces grandes surprises politiques, plus j’estime qu’elles n’auraient pas dû être des surprises. Nous vivons à une époque de bouleversements d’une ampleur, d’une portée et d’un rythme sans précédent. Des industries entières vont et viennent. Les nouvelles technologies redonnent du travail aux collectivités. Les normes culturelles changent presque au hasard. Apparemment, aucune institution ni aucun aspect de la vie traditionnelle n’est à l’abri.

Il est compréhensible – voire prévisible – que les travailleurs ordinaires soient anxieux dans de telles circonstances. De plus, les données indiquent qu’un grand nombre d’entre eux subissent des conséquences graves et négatives. Ainsi, de vastes perturbations sociales se transforment en perturbations politiques généralisées au fur et à mesure que la nuit suit le jour. Et cette tendance se poursuivra si les options politiques traditionnelles, tant conservatrices que libérales, maintiennent leurs façons de faire actuelles.

Par conséquent, nous devons élaborer un programme qui, tout en étant fondé sur nos valeurs durables, est axé sur les problèmes auxquels les travailleurs et leurs familles sont confrontés aujourd’hui.

Il doit en particulier répondre aux préoccupations populistes concernant l’économie de marché, le commerce, la mondialisation et l’immigration.

En s’attaquant à ces problèmes, les Conservateurs devraient continuer à avoir à cœur d’être favorables au marché, au commerce, à la mondialisation et à l’immigration. Aller dans une direction complètement opposée dans l’un ou l’autre de ces domaines serait une grande erreur qui aurait de graves ramifications.

Mais être pro-marché ne signifie pas que toutes les réglementations doivent être démantelées ou que les gouvernements ne doivent jamais intervenir. Le fait d’être en faveur du commerce international n’implique pas qu’un arrangement commercial soit bon. Le fait d’être pro-mondialisation ne devrait pas entraîner l’abdication de la loyauté ou de la responsabilité à l’égard de nos pays. Et être pro-immigration ne devrait jamais signifier sanctionner l’effacement de nos frontières ou ignorer les intérêts de nos citoyens.

Bref, le fait d’être pro-quelque chose n’est pas une excuse pour des divergences idéologiques. Il s’agit de revenir à des applications pragmatiques de nos valeurs et de sortir de l’abstraction théorique dans nos actions. En matière de politique publique, il s’agit de retrousser nos manches, de connaître les détails et de surveiller les répercussions sur la vie des gens. Oui, nous avons une orientation générale, mais cela ne rend pas tous les choix évidents ou faciles.

On peut appeler cela du « conservatisme populiste » ou du « conservatisme appliqué », mais, à mon avis, c’est vraiment du conservatisme. Le conservatisme consiste à voir le monde tel qu’il est et à appliquer les leçons de l’expérience à de nouveaux défis. Il est fondamentalement populiste en ce sens qu’il s’intéresse nécessairement aux gens plutôt qu’aux théories.

Le chroniqueur conservateur Charles Krauthammer a écrit un jour que « si nous ne faisons pas de la politique correctement, tout le reste risque de disparaître ». Cela semble un peu hyperbolique, mais de mauvaises relations humaines peuvent tout gâcher. Une politique stable et réactive est un ingrédient essentiel d’une société forte et dynamique. Les endroits où la politique échoue sont invariablement confrontés à des défis économiques et sociaux encore plus importants.

La politique n’est pas tout, mais elle est essentielle pour fournir un cadre permettant aux individus, aux familles et aux collectivités de réussir. La politique d’aujourd’hui est exceptionnellement troublée. C’est une grande ironie. Nous vivons une période excitante. Notre époque en est une de plus grande richesse pour un plus grand nombre de personnes que jamais auparavant. Nous vivons plus longtemps et en meilleure santé. Les développements technologiques ouvrent les portes des possibilités humaines

Mais pour saisir ces occasions, nous devons nous assurer que nous faisons de la bonne politique. Que vous acceptiez ou non mon analyse et mes prescriptions, j’espère qu’elles vous amèneront à réfléchir à ce que nous pouvons faire en cette période de perturbation sans précédent pour y parvenir, ici et maintenant.

* Extrait de Right Here, Right Now : Politics and Leadership in the Age of Disruption par Stephen J. Harper. Copyright © 2018 Harper & Associates Consulting, Inc. Publié par Signal, une marque de McClelland & Stewart, division de Penguin Random House Canada Limited. Reproduit avec l’accord de l’éditeur. Tous droits réservés.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

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Bosnie : l’ombre du nationalisme plane sur le pays, au lendemain des élections générales

Un équilibre fragile, mis à l’épreuve en Bosnie.

Plus de 3 millions d’électeurs se sont rendus aux urnes dans ce pays où chaque communauté, bosniaque, serbe et croate a choisi ses représentants.

Le nationaliste serbe Milorad Dodik a été élu à la tête de la présidence tripartite, une zizanie entre Croates et Bosniaques: la crise politique menace dans une Bosnie qui s’est réveillée lundi toujours aussi divisée .

Certains n’hésitent pas à appeler au démantèlement du pays. L’un des candidats de la communauté serbe, Milorad Dodik, souhaite le rattachement de l’entité serbe, à la Serbie voisine. De son côté, l’une des figures de la communauté croate veut la dislocation de la Fédération croato-musulmane, l’autre entité qui compose la Bosnie et créer une entité croate autonome.

Deux voix qui tendent à creuser les écarts entre les différentes communautés et qui veulent affaiblir l’État central, au risque d’éveiller, les divisions territoriales. Entre 1992 et 1995, Serbes, Croates et Bosniaques se sont affrontés dans un conflit qui a fait 100 000 morts

« Turbulences sérieuses », « crise inédite »: des responsables ont exprimé leurs craintes sans attendre les résultats complets du scrutin, prévus lundi.

Il s’agissait de désigner la présidence tripartite collégiale, mais aussi les assemblées parlementaires d’un pays aux institutions tellement complexes que beaucoup les jugent dysfonctionnelles.

Ce scrutin apparaît comme un nouveau coup aux institutions nées des accords de Dayton qui avaient mis fin au conflit intercommunautaire de 1992-95 (100.000 morts) en dessinant selon des lignes identitaires un pays divisé en deux entités largement autonomes, la République serbe de Bosnie (Republika Srpska) et une fédération croato-bosniaque, réunies par un faible Etat central.

 

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