Le directeur général de Novartis : « la chloroquine est le plus grand espoir de traitement »

L’hydroxychloroquine (dérivé de la chloroquine) est le plus grand espoir de traitement contre le coronavirus, estime le directeur général de Novartis Vas Narasimhan dans une interview publiée par la SonntagsZeitung (1).

Novartis, dont la division de médicaments génériques Sandoz fabrique ce médicament aujourd’hui prescrit contre le paludisme, le lupus ou l’arthrite, s’est engagé à faire le don de 130 millions de doses si les nombreux essais cliniques en cours confirment l’efficacité de ce traitement contre le coronavirus chinois, la pneumonie virale provoquée par le coronavirus SARS-CoV-2 apparu en Chine en novembre dernier.

Des premières données encourageantes

« L’hydroxychloroquine tue le coronavirus

« Les études précliniques chez l’animal ainsi que les premières données des essais cliniques montrent que l’hydroxychloroquine tue le coronavirus », déclare Vas Narasimhan à la SonntagsZeitung. « Nous travaillons avec les hôpitaux suisses sur de possibles protocoles de traitement pour l’utilisation clinique de ce médicament, mais il est trop tôt pour affirmer quoi que ce soit de définitif. »

Novartis, ajoute-t-il, est en recherche d’ingrédients actifs afin de fabriquer davantage de doses au cas où les essais cliniques seraient concluants.

Trois autres médicaments testés

Trois autres médicaments produits par le laboratoire suisse – Jakavi contre le cancer, Gilenya contre la sclérose en plaques et Ilaris contre la fièvre – sont également étudiés pour leurs effets contre le Covid-19, précise le directeur général de Novartis.

Tous les groupes pharmaceutiques comme Sanofi, Bayer, Teva ou Roche testent actuellement certains de leurs produits contre le coronavirus.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Christian Larnet pour Dreuz.info.

  1. https://finance.yahoo.com/news/novartis-ceo-says-malaria-drug-072752054.html
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Michel Onfray : « Je ne suis pas bien sûr qu’avec le confinement, les Français garderont leur calme. C’est ainsi que les régimes tombent, je ne dis pas les gouvernements, mais les régimes »

Depuis la chute du mur de Berlin en 1989, la disparition de l’Union soviétique en 1991 et le traité de Maastricht en 1992, l’Etat maastrichtien, qui aspire à l’empire sans rencontrer d’opposition, a pu imposer sa loi. En 1989, Francis Fukuyama a même pu parler de fin de l’histoire et du triomphe sans partage du marché libre sur toute la planète.

Le coronavirus est le premier adversaire sérieux de l’Etat maastrichtien. Et que découvre-t-on ? Que cet Etat est un tigre de papier… Il s’agissait de créer un monstre économique, or un virus arrive et le monstre économique n’est même pas capable de fournir les personnels soignants en masques, en tests de dépistage afin de protéger ses peuples.

Dans l’empire maastrichtien, la santé publique en France en est à ce point que les médecins trient les vieux à l’entrée des hôpitaux pour les laisser à leur sort afin de s’occuper de sauver les personnes rentables. (…)

Je ne suis pas bien sûr qu’après quinze jours, sinon deux fois quinze jours de confinement, les Français garderont leur calme. C’est ainsi que les régimes tombent, je ne dis pas les gouvernements, mais les régimes…

Marianne

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Coronavirus : #IlsSavaient, #OnNoublieraPas… Sur les réseaux sociaux, défiance envers les élites et fracture sociale

De nombreux internautes reprochent à l’exécutif de ne pas avoir anticipé l’épidémie de coronavirus et de ne pas être suffisamment transparents dans la gestion de la crise sanitaire.

« Le hashtag #IlsSavaient est apparu sur Twitter le samedi 21 mars, juste après la déclaration d’Agnès Buzyn qui assurait avoir prévenu le gouvernement de la gravité de l’épidémie de Covid-19, dès le mois de janvier », explique Pascal Froissart, maître de conférences à l’Université de Paris VIII et chercheur au Centre d’études sur les médias, les technologies et l’internationalisation (CÉMTI).

Les propos de l’ancienne ministre de la Santé ont abondamment été repartagés, et ont rapidement mis le feu aux poudres sur les réseaux sociaux. « #IlsSavaient et n’ont rien fait.

Des têtes doivent tomber rapidement » ou encore « #IlsSavaient et essaient de nous rendre responsable de leur incurie (…)

La macronie nous oblige à aller bosser, pour essayer de sauvegarder les intérêts de la finance », ont ainsi tweeté certains internautes. […]

Cette crise semble aujourd’hui révéler une fracture sociale bien présente dans le pays. «Ces mots-clés rassemblent tout le mécontentement de ceux qui ont le sentiment d’avoir été trompés. Le ‘ils’ désignent ‘les élites’ qui ont tardé à agir malgré leurs informations et qui, aujourd’hui, manquent de transparence dans la gestion de l’épidémie du coronavirus», explique l’écrivain Philippe Pascot, l’une des figures du mouvement des gilets jaunes, auteur du livre Mensonges d’Etat (Max Milo Editions).

«Une sorte de mobilisation est en train de naître sur les réseaux sociaux. Il y a un ras-le-bol général de ces politiques qui ont des passe-droits [pour se faire dépister ou se faire traiter à la chloroquine], de ces Parisiens nantis qui ont fui en province, de ceux qui doivent travailler alors que d’autres restent chez eux !» […]

Pour certains, le contenu des messages relayés sous la bannière « #IlsSavaient » rappellent également ceux massivement partagés en 2018 sur les réseaux sociaux par les « gilets jaunes ». «Il y a en effet beaucoup de militants et de groupes Facebook de gilets jaunes qui repartagent quotidiennement ces hashtags», reconnaît Philippe Pascot.

«Mais c’est beaucoup plus profond. C’est tout le peuple français qui hurle. Même la couche moyenne supérieure qui défendait encore un peu Macron et sa politique est aujourd’hui en colère !». […]

20 minutes

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Le vrai but du confinement n’est pas celui qu’on croit

Pour beaucoup de français, le but du confinement est strictement sanitaire. C’est ce qu’on leur dit, mais évidemment, ce n’est pas vrai. D’abord, le pouvoir n’est sans doute pas terrorisé par le nombre de morts.

En effet, chaque année, le nombre de morts de la grippe est de l’ordre de 7000 à 9000 personnes. Tant que l’on n’atteint pas ce chiffre, pense probablement le gouvernement, l’épidémie du coronavirus restera à peu près « dans les clous ».

Et puis, si on avait « feuilletonné » jusqu’ici, comme le Ministre le fait chaque soir, le nombre de contaminés et de morts de la grippe « classique », personne n’oserait jamais sortir de chez soi entre Décembre et Avril.

D’abord, le pouvoir n’est sans doute pas terrorisé par le nombre de morts. Et puis, si on avait « feuilletonné » jusqu’ici, comme le Ministre le fait chaque soir, le nombre de contaminés et de morts de la grippe « classique », personne n’oserait jamais sortir de chez soi entre Décembre et Avril.

Enfin, chaque année, les maladies cardiovasculaires font de l’ordre de 140 000 victimes, et le cancer environ 150 000. Cela n’empêche visiblement personne de s’offrir de temps en temps une belle cochonnaille (pleine de cholestérol…) avec une bonne bouteille de vin, et le gouvernement, s’il nous incite à l’activité physique, ne nous interdit pas pour autant la liberté de nos repas. Et si nous craignons le cancer, il ne nous empêche pas pourtant d’essayer de vivre heureux.

Et les campagnes contre le cancer, s’il les prend au sérieux, ne tétanisent pas non plus le gouvernement. Que craint donc le gouvernement ?

Le gouvernement craint plus la crise médiatique que sanitaire

Ce que craint le gouvernement, ce n’est pas la crise sanitaire, mais c’est la crise médiatique.

En effet, le virus, à défaut d’être beaucoup plus létal que la grippe, en tout cas dans les pays où il est correctement traité, en-dehors de la catégorie des personnes âgées, et sous réserve que les statistiques veuillent dire quelque chose (puisque les méthodes de dépistage sont très différentes d’un pays à l’autre), est au moins, c’est avéré, nettement plus agressif.

Cela veut dire que la contagion, lorsque les « mesures barrières » sont insuffisantes, se transmet beaucoup plus vite d’un sujet à l’autre. Le pic est plus rapide, d’où le risque (contrairement à une grippe classique, où le pic semble moins brutal, ou même aux maladies cardiovasculaires ou aux cancers, où les morts sont répartis sur toute l’année) que l’on ait, à un moment donné, le spectacle désastreux de ce que l’on cherchait justement à cacher : le délabrement de notre système hospitalier, avec les médecins et infirmières débordés, les malades couchés dans les couloirs, les camions militaires évacuant les morts, etc…

Plus que le nombre de morts, ce que craint le gouvernement, c’est la médiatisation d’un scénario à l’italienne mettant son impréparation au grand jour. C’est ça, sa crainte. Et, malheureusement pour lui, c’est bien ce qui se passe.

La preuve que ce ne sont pas les morts qui semblent être sa préoccupation principale, c’est, par exemple, l’appel désespéré des députés de Mayotte, où l’on craint une véritable hécatombe, et où pourtant le gouvernement reste sourd, en tout cas jusqu’ici, parce que Mayotte restera sous les radars médiatiques.

Mais l’autre crainte du gouvernement, la principale, sans doute, c’est la future crise économique. En effet, le gouvernement n’est pas plus préparé au sauvetage des milliers de PME qui risquent de se trouver rapidement en faillite, qu’il ne l’est concernant la crise sanitaire.

Par contre, il sait que si la crise sanitaire est passagère (elle ne devrait pas résister à l’été, selon les experts), la crise économique, elle, sera permanente. Elle durera jusqu’en 2022, date de la future élection présidentielle.

Par conséquent, le gouvernement a beaucoup plus à craindre de la seconde que de la première, d’où ses injonctions contradictoires, incitant d’une part les français à se confiner du mieux possible, et d’autre part, à continuer à travailler autant que possible, en télétravail, mais aussi en direct, lorsqu’ils y sont obligés. Deux injonctions contradictoires, qui ne peuvent être menée de front, parce que chacune invalide l’autre : on ne peut vraiment travailler tant qu’on est confiné, ni être vraiment confiné tant que l’on travaille. Aucun des objectifs ne sera atteint.

En confinant les contestataires, la situation actuelle a malgré tout un côté très pratique pour le gouvernement

De cela, on peut tirer un certain nombre de conclusions : d’abord, le but du confinement n’est pas uniquement sanitaire. Il est aussi, évidemment, politique. En effet, pour le gouvernement, malgré la crise sanitaire, et le spectacle permanent de son impréparation, la situation a malgré tout un côté très pratique : les contestataires, les politiques de l’opposition, les « dissidents », les Gilets Jaunes, les syndicats, les mécontents, même les Black Blocks, tous les « empêcheurs de gouverner en rond » sont confinés.

Tout le monde chez soi, personne dans la rue. Seul le Président, tel Clémenceau, « fait la guerre », et fait campagne dans les « tranchées » des hôpitaux…

Mais le confinement a un autre intérêt. En effet, le gouvernement sait maintenant que sa stratégie première a raté, puisqu’il n’a pas pu éviter la « montée en crise » sanitaire (dont nous aurons les effets maximums dans 15 jours, puisque tous les malades d’aujourd’hui sont encore issus de la période précédente préconfinée), que par ailleurs, chaque jour de confinement qui passe creuse un peu plus la vague de la crise économique à venir, et qu’enfin, il ne peut tenir sur la durée, avec le confinement, les deux stratégies de front : sauver les malades et sauver les PME. La situation actuelle n’est pas tenable, il doit impérativement en sortir rapidement.

Vu sous cet angle, le confinement permet donc au gouvernement de gagner du temps. A l’abri momentané, pourrait-on dire, du confinement, il peut préparer la deuxième réponse, celle qu’il a négligée de prime abord : fournir tous les masques nécessaires, non pas seulement aux personnes exposées ou fragiles, mais à tous les Français.

En effet, le masque est évidemment l’arme absolue, puisqu’il est le « geste barrière » parfait, et qu’il permet le « confinement sans confinement », individuel. Avec les masques, on peut aller travailler sans contaminer tout le monde. Avec les masques, plus de contradiction entre stratégie sanitaire et stratégie économique.

Le confinement permet au gouvernement de gagner du temps

L’autre réponse, ce sont les dépistages. Le gouvernement a quelques semaines pour s’équiper en kits, et s’organiser pour faire pratiquer les dépistages massifs au niveau des médecins traitants, comme c’est fait en Allemagne.

Ainsi, évidemment, le nombre de malades identifiés bondira (alors qu’aujourd’hui, on fait tout pour les cacher, et les dépister le plus tard possible, ce qui multiplie la contamination générale).

Mais dans ce cas, puisqu’on les dépistera beaucoup plus tôt, on les confinera aussi plus vite, ce qui évitera peut-être, pour chacun d’eux, la contamination de toute leur famille. Et surtout, dans ce cas, on pourra aussi arrêter le confinement des autres, ceux qui sont sains.

C’est la stratégie « masques/kits pour tous » qui permet seule de sortir du piège mortel du confinement dans lequel nous sommes. Avec, peut-être, en plus, l’effet retardant de la chloroquine, si son caractère bénéfique est finalement reconnu.

On remarquera que les pays qui s’en sortent le mieux ont pris résolument cette direction. C’est aussi ce qu’a commencé à faire le Pr Raoult à Marseille, montrant le chemin du bon sens.

Si c’est bien ce que le gouvernement cherche maintenant à faire, on peut supposer qu’il va maintenir le confinement officiellement, mais qu’il va l’arrêter dès que la stratégie de deuxième réponse sera en place, dès qu’il aura ses produits, ses plans et sa logistique.

Si le gouvernement agit ainsi, il sera intelligent, et il limitera la casse. Mais il faudra aussi qu’il « mange son chapeau », qu’il reconnaisse qu’il s’est trompé jusque-là sur toute la ligne : dans l’évaluation de la crise, dans sa préparation, dans son choix stratégique initial, dans ses stocks de matériel, dans sa chaîne de commandement, dans son organisation, dans sa communication plus qu’hasardeuse, et finalement dans sa critique, qui n’a pas encore cessé, de tout ce dont il va finalement avoir besoin.

Aura-t-il cette sincérité et ce courage ? C’est bien ça qui est la principale question.

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«Ce sont eux qui sont coupables» : Poutine évoque le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale

A l’occasion d’une interview pour l’agence russe Tass, le président russe est revenu sur la question du révisionnisme historique. Il a notamment rappelé la responsabilité de certains pays européens dans le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

Lors d’un entretien accordé à l’agence de presse russe Tass – le dernier d’une longue série consacrée à sa présidence diffusé le 10 mars – Vladimir Poutine a de nouveau réagi à l’adoption, le 19 septembre dernier, de la résolution européenne «sur l’importance de la mémoire européenne pour l’avenir de l’Europe».

Ils crient toutes sortes d’âneries au Parlement européen sur la responsabilité égale d’Hitler et de StalineCe texte qui met sur le même plan le fascisme, le nazisme mais aussi le communisme et le stalinisme affirme notamment que la signature du pacte germano-soviétique en 1939 y soit désignée comme cause principale du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

Une écriture des faits historiques qui avait notamment suscité l’indignation de nombreux historiens et eurodéputés. Elle avait également déjà fait réagir le président russe : «On peut jeter l’anathème sur le stalinisme […] Mais mettre l’URSS et l’Allemagne fasciste sur le même plan ?», s’était-il alors interrogé qualifiant la résolution de «totalement incorrecte».

Cette fois, le président russe a déclaré : «Ce ne sont que des gens stupides qui ne savent ni lire ni écrire. Ils crient toutes sortes d’âneries au Parlement européen sur la responsabilité égale d’Hitler et de Staline. C’est vraiment n’importe quoi.»

Revenant sur les événements précédant la Seconde Guerre mondiale, Vladimir Poutine a souligné que Staline n’avait jamais eu de contacts avec Hitler contrairement à d’autres dirigeants européens : «Il faut examiner l’évolution de la situation, depuis 1918-1919 : comment tout cela s’est déroulé, qui a signé quel accord avec Hitler…

Peu importe le jugement que vous portez sur Staline – c’était un tyran et ainsi de suite – mais il ne s’est jamais sali les mains par des contacts directs avec Hitler. Il n’y a aucun document signé à la fois par Staline et Hitler, alors que des documents ont été signés par Hitler et le Premier ministre britannique, Hitler et le Premier ministre français, Hitler et le dirigeant polonais.»

Et d’ajouter : «Ils ont travaillé avec lui, avec Hitler, ont eu de nombreuses réunions avec lui et ont trahi la Tchécoslovaquie.» «Et puis ils veulent nous expliquer qui est coupable ! Ce sont eux qui sont coupables à partir de 1938

Le président russe fait ainsi référence aux accords de Munich de septembre 1938. Signésentre l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l’Italie respectivement représenté par Adolf Hitler, Edouard Daladier, Neville Chamberlain et Benito Mussolini, ils ont permis à l’Allemagne d’annexer la région tchécoslovaque des Sudètes majoritairement habitée par des Allemands.

S’appuyant sur les archives, Vladimir Poutine a par ailleurs rappelé les velléités irrédentistes de la Pologne sur la Tchécoslovaquie et de son entente secrète avec l’Allemagne pour son partage : «La Pologne a partagé la Tchécoslovaquie avec Hitler.

Ils ont convenu d’envoyer les troupes en Tchécoslovaquie. Hitler a émis une seule réserve : « [Ne le faites] pas le même jour que nous, il ne faut pas se gêner les uns les autres.

Nous ne revendiquons pas ce que vous revendiquez : la Silésie de Cieszyn ». C’est une collusion manifeste !», a-t-il analysé. «Et puis ils veulent nous expliquer qui est coupable ! Ce sont eux qui sont coupables à partir de 1938. Ces fameux accords de Munich étaient le premier pas vers le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale», a-t-il conclu. La mémoire de la Seconde Guerre mondiale constitue un sujet de tensions entre Moscou et Varsovie depuis une dizaine d’année.

Chaque commémoration est ainsi l’occasion de nouveaux désaccords entre les deux nations. Dernier épisode en date : le président polonais Andrzej Duda a refusé de se rendre au Forum sur la Shoah organisé au mémorial Yad Vashem de Jérusalem, le 23 janvier, car il était absent du programme des prises de parole.

Il s’est insurgé contre le fait de ne pas pouvoir répliquer à une éventuelle attaque du président russe et a, en conséquence, boudé la cérémonie. Lors de ce rassemblement, Vladimir Poutine n’a pourtant prononcé le mot «Pologne» qu’une seule fois au cours de son allocution principale, pour rappeler que les «peuples slaves» avaient été eux aussi «visés par les nazis» dans leur quête d’un espace vital à l’Est.

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/international/72237-ce-sont-eux-qui-sont-coupables-poutine-evoque-declenchement-seconde-guerre-mondiale

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Réponse du ministère des Affaires étrangères Maria Zakharova à une question médiatique sur les exercices de l’OTAN

🇷🇺 Foreign Ministry Spokesperson Maria Zakharova’s answer to a media question about NATO exercises

❓ Could you comment on the reports about NATO plans to conduc…Afficher la suite

Réponse du ministère des Affaires étrangères Maria Zakharova à une question médiatique sur les exercices de l’OTAN

❓ Pourriez-vous commenter les rapports sur les plans de l’OTAN pour mener des exercices militaires dans les environs immédiats des frontières de la Russie ?

💬 Maria #Zakharova : En avril-mai 2020, l’exercice prévu de l’#OTAN#Europe 20 aura lieu dans un certain nombre de pays européens le long de la frontière occidentale de la Russie. Il est indicatif que ces manoeuvres, visant à pratiquer les opérations de combat de l’Alliance, impliquant plus de 20,000 troupes américaines et dizaines de milliers d’unités d’équipements militaires en plus des troupes européennes de l’OTAN, seront les plus grandes depuis la fin de la fin de l’ Guerre froide.

Citant leurs engagements de l’OTAN comme prétexte, les États-Unis élargissent constamment leur groupe de forces armées en Europe de l’Est dans les environs immédiate de la frontière de notre pays et augmentent régulièrement le financement de ses programmes militaires. Ni l’OTAN ni #Washington ne cachent maintenant le fait que la #Russie est le « adversaire potentiel » dans les exercices.

Cette attitude a été directement confirmée dans une déclaration faite par le secrétaire de la défense américaine Mark Esper lors d’un briefing tenu le 5 mars que l’objectif de Defender-Europe 2020 est d’envoyer un signal à la Russie pour qu’elle change son  » mauvais comportement. » Il n’a pas pu expliquer ce qu’est le mauvais comportement. Il est évident que notre pays ne menace personne, et que l’OTAN est le parti qui rassemble une force d’assaut à la frontière russe.

Aussi remarquable est la décision de mener ces manœuvres à grande échelle à un moment où la Russie célébrera le 75 e anniversaire de la victoire dans la Grande Guerre patriotique – une guerre déchaînée par l’Allemagne nazie sous prétexte de certaines accusations infondées contre l’Union Soviétique .. Washington utilise des tactiques similaires à l’heure actuelle en essayant de faire pression sur la Russie.

▪️ Cependant, ce genre de tactique ne forcera pas la Russie à changer le cours de sa politique étrangère. Tout au long de son histoire, la Russie a été menacée plusieurs fois avec une telle flexion musculaire. Toutes ces tentatives se sont terminées de manière ingénieusement.

Bien sûr, les intentions agressives des États-Unis et de l’OTAN seront prises en compte dans le développement militaire russe. Nous recommandons que l’OTAN pense aux conséquences de leurs actions agressives, qui ne font qu’augmenter les tensions internationales.

source

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RUSSIE : Notes sur une patience enfuie…

Manifestement et dès le titre, ces Notes d’analyse enchaînent sur notre texte du  19 février 2020 sur une « Danse autour de la patience russe », pour constater qu’effectivement cette patience est arrivée à son terme.

Si les Russes, et Poutine en particulier, n’abandonnent certes pas leur démarche de prudence mesurée qui est la mère de l’habileté dans ce monde déchiré par le chaos, il semble apparaître désormais assuré qu’une certaine fermeté, sinon une fermeté certaine a remplacé la patience dont nous parlions.

Le titre d’un texte de Tom Luongo, du  6 mars 2020, sur un des signes les plus puissants de cette nouvelle posture russe, est significatif à l’égard du thème que nous voulons développer : « Russia Just Told the World, “No” » (“La Russie a simplement dit ‘Non’ au reste du monde”).

Luongo parle en effet de la position inattendue et extrêmement ferme prise par les Russes lors de la réunion de l’OPEC+, lorsqu’ils ont annoncé qu’ils ne réduiraient pas leur production d’énergie pour empêcher la chute du prix du pétrole.

Les Russes ne veulent pas faire ce cadeau aux producteurs de pétrole et de gaz aux USA, et l’on penserait plutôt qu’en réalité ils veulent le scalp de cette industrie qui ne résistera pas longtemps à un baril dont le prix s’effondre ($27 le baril aujourd’hui !) alors qu’il en coûte autour de $50 et plus pour l’extraire par les moyens (par ailleurs, catastrophiques pour l’environnement) du  fracking.

Nous allons donc passer en revue et, si possible, analyser selon notre perception, d’une part les signes de ce changement d’attitude des Russes, d’autre part notre estimation des causes de ce changement d’attitude. Nous cherchons, pour ce dernier point, l’aspect fondamental de ce changement, et nous trouvons plusieurs éléments de réponse que nous avons tendance à rassembler bien plus qu’à en choisir l’un ou l’autre au détriment du reste.

Nous ne prétendons pas tout analyser de l’attitude russe de ces dernières semaines, mais les éléments qui nous arrêtent nous paraissent suffisamment importants, et de plus cela remis dans le contexte critique général que l’on sait, pour appuyer une conclusion générale d’une inflexion très significative de la politique produite et suivie par la Russie. Par ailleurs, le “contexte critique général”, d’une puissance colossale et qui semble aussi inarrêtable que les chutes du Niagara ou celles du Lac Victoria, joue un rôle essentiel dans notre jugement, contexte qui s’est précipité depuis le tout début de l’année en assimilant, en intégrant toutes les crises en plein développement. 

“Contexte critique général” ?… L’assassinat de Soleimani du 3 janvier considéré comme « Un assassinat métahistorique » bouleversant symboliquement et opérationnellement tout le champ de la Grande Crise d’Effondrement du Système, se poursuivant et s’incarnant dans la  dynamique crisique de la pandémie Covid-19. Désormais, les chocs se succèdent les uns les autres.

Syrie : Poutine règne

Il est bien que l’épisode de la fin du mois de février, avec l’attaque turque pour repousser l’armée syrienne et retrouver les limites initiales de l’“enclave turque” en Syrie, ait montré une faiblesse, sinon une erreur, de la part de la coalition Syrie-Iran-Russie, suivie d’un redressement, d’une contre-attaque, avec Erdogan  allant à Moscou le 5 mars pour demander un cessez-le-feu qui entérine les (re)conquêtes de la coalition.

La maîtrise des Russes dans cette affaire, leur position incontestée par personne (même pas par les USA et l’UE), tant du point de vue militaire que du point de vue de l’arbitrage politique, ont été affirmées sans ambages et apparaissent comme plus impressionnantes que jamais.

Poutine n’a pas hésité à désintégrer ostensiblement le projet turc d’un sommet à quatre (Allemagne, France, Russie, Turquie) à Ankara le 5 mars pour une rencontre bilatérale serrée à Moscou, le 5 mars, avec un Erdogan penaud à qui Poutine à sauvé la face avec des pincettes.

Personne n’a protesté, et les USA ont “riposté” en s’opposant selon une conception d’adolescent dans une cour de récréation au vote d’une motion de soutien de l’ONU à ce même cessez-le-feu. La domination russe de la zone est désormais un état de fait et la Russie l’affirme presque avec insolence. Sur ce point, il n’est plus question ni de patience, ni de prendre des gants.

…Et la Russie frappe

Là-dessus, on fait l’hypothèse que nul n’ignore l’effondrement du prix du pétrole enregistré aujourd’hui, avec le prix du baril chutant à $27 dans sa course vers les abysses. Il s’agit d’une nouvelle crise qui s’inscrit dans la cataracte crisique qui écrase le monde avec Covid-19, une crise annexe si l’on veut, ou bien une crise complémentaire. Mais il s’agit surtout, pour notre propos, d’un événement voulu par la Russie, sciemment exposé par la délégation russe à la réunion de l’OPEP+ (OPEP avec la Russie en plus) à Vienne.

Cette partie de la tragédie a donc eu lieu vendredi, où les événements furent déclenchés par une intervention de la Russie qui prit tout le monde par surprise. Comme il a été suggéré par la suite, les Russes en prenant leur décision de ne pas réduire leur production de pétrole qui enclenchait indirectement une mécanique destinée à casser les reins de l’industrie US du “fracking”, – incapable de tenir un tel rythme à la baisse en raison du coût de l’extraction, – entendaient ainsi rendre aux USA la monnaie de leur pièce après leur intervention pour saboter le gazoduc NordStream-2 et leurs sanctions contre la société publique de production de pétrole Rosneft…

Ainsi le rapporte ZeroHedge.com :

« L’OPEP+ n’existe plus, après 24 heures torrides au cours desquelles la Russie a renversé l’équilibre des pouvoirs dans le monde pétrolier, laissant les membres de l’OPEP+ hébétés et confus, choquant les Saoudiens qui sont maintenant confrontés à des troubles sociaux avec le prix du pétrole bien en dessous du budget de Riyad, et, – dans une répétition du massacre de l’OPEP de Thanksgiving 2014, – faisant chuter les prix du pétrole au plus bas depuis la crise financière. […]
» 

Alors que les craintes mondiales concernant le coronavirus ont déjà eu de graves répercussions sur le marché du pétrole (en baisse de 30% depuis le début de l’année), et que les Russes ont surpris les ministres du pétrole réunis au siège de l’OPEP en abandonnant soudainement un plan destiné à maintenir les prix du pétrole à un niveau stable, le plus grand choc a été ressenti par les Saoudiens, car comme l’écrit Bloomberg, Poutine vient de pousser effectivement le prince héritier MbS à  déclencher une guerre contre l’industrie américaine du pétrole de schiste :
» [le ministre russe] Alexander Novak a déclaré à son homologue saoudien, le prince Abdulaziz bin Salman, que la Russie n’était pas disposée à réduire davantage sa production de pétrole.

Le Kremlin avait décidé qu’un soutien des prix à mesure que le coronavirus ravageait la demande énergétique serait un cadeau à l’industrie américaine du schiste. Les frackers ont ajouté des millions de barils de pétrole sur le marché mondial alors que les compagnies russes cessaient l’exploitation de nombre de puits. Il est temps maintenant de faire payer les Américains.
» ”Après cinq heures de négociations polies mais infructueuses, au cours desquelles la Russie a clairement exposé sa stratégie, les pourparlers ont échoué.

Le prix du pétrole a chuté de plus de 10 %. Les traders n’ont pas été les seuls à être pris au dépourvu : les ministres étaient tellement choqués qu’ils ne savaient plus quoi dire, selon une personne présente dans la salle. La réunion a soudainement pris l’allure d’une veillée funèbre, a dit un autre. »

On peut donc reprendre ici le texte de Tom Luongo du  6 mars 2020  signalé plus haut, et entièrement consacré à l’attitude de la Russie plutôt qu’à la crise générale du prix du pétrole ainsi générée, – « Russia Just Told the World, “No” ».

Les Russes ont, dans cette occurrence et pour ce qu’on en peut apprécier à ce moment des événements, une attitude d’une fermeté implacable, selon une décision calculée avec minutie et sang-froid. Au reste, ils ont été fort prompts à réagir,  dès aujourd’hui, à la nouvelle de l’effondrement des cours des prix ce même jour, exactement comme l’on s’apprête à la riposte dans un conflit, – “la guerre du pétrole” en l’occurrence, que la Russie n’a pas cherché une seconde à éviter : « Les fonds souverains russes disposent de réserves suffisantes pour couvrir le déficit budgétaire pendant des années, même si le prix du pétrole reste entre 25 et 30 dollars le baril, a annoncé le ministère des finances en marge de l’effondrement spectaculaire du marché pétrolier… »

N’arrêtez pas les sanctions !

Cette position de la Russie, si elle s’inscrit dans un formidable courant crisique en manifestant une riposte sans aucun doute contre les USA et le Système, et les USA en tant que bras armé du Système, cette position est certainement confortée par une situation intérieure singulière. Nous n’allons pas parler ici de chiffres, de la sorte qu’affectionnent les économistes. Nous nous intéressons plutôt à des échos obtenus de sources particulièrement fiables, provenant de la Russie elle-même.

Il s’agit de l’effet des sanctions contre la Russie, que ce soit des USA ou de l’UE. L’effet immédiat avait été, dès 2014, extrêmement sévère mais l’effet à moyen et long terme, dans un sens complètement inverse, se fait désormais nettement sentir.

Il s’agit du développement national d’une myriade de productions jusqu’alors importées, qui ont pris leur place sur le marché et fonctionnent à merveille. Il existe même un sentiment de fierté nationale à acheter des produits fabriqués en Russie à la place des produits importés.

En quelque sorte, la Russie a évolué vers une situation tendant à l’autarcie, sans pour autant en épouser l’esprit ni la philosophie, mais en s’en dotant des moyens. A la lumière de la crise Covid-19 et de tout ce qu’elle induit comme constats catastrophiques de l’actuelle situation générale de la globalisation, la démarche russe représente une véritable dé-globalisation.

La situation en est à un point, nous disent ces sources que certains économistes jugent que la levée des sanctions serait une très mauvaise chose et une chose risquée, susceptible, si elle ramenait à la situation d’avant les sanctions, de provoquer des chocs du type que ceux qu’a connus la Russie d’Eltsine, des années 1990. Mais au train où vont les choses avec Covid-19, levée des sanctions ou pas, il paraîtrait très étonnant que l’on parvienne à rétablir la situation antérieure, ni même qu’on y songe…

On observera par ailleurs que cette évolution intérieure accompagne une diversification des ressources et des activités russes fondamentales, marquée notamment par la diminution de l’importance des ressources en énergie dans l’économie russe.
C’est ce que Poutine désigne dans des réponses à des questions de l’agence Tass, dans une série nommée “Vingt Questions à Vladimir Poutine”, comme la  réduction de l’addiction au pétrole de la Russie : « Au fait, nous nous débarrassons progressivement de notre dépendance[du pétrole]. Nous nous en éloignons vraiment, car la part des revenus non pétroliers et non gaziers augmente. Mais cela demande du temps, et cela ne peut pas se faire d’un claquement de doigt. »


Source : dedefensa.org

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« Russiagate » : la campagne Trump poursuit en justice CNN, le New York Times et le Washington Post pour faire cesser les fake news

La campagne pour la réélection de Donald Trump poursuit CNN pour avoir publié un article d’opinion qui soutenait que Trump n’avait pas empêché la Russie d’aider la campagne lors de l’élection présidentielle.

Le procès en diffamation, intenté devant le tribunal de district américain pour le district nord de la Géorgie, soutient que CNN a publié l’article sur les liens de la campagne avec la Russie malgré « un dossier complet de déclarations de la campagne et l’administration désavouant expressément toute intention de demander l’aide de la Russie ».

La campagne de Trump a également intenté des procès en diffamation contre le Washington Post et le New York Times au cours des dernières semaines. Ces poursuites, de même, portaient sur des articles d’opinion concernant l’ingérence russe dans les élections de 2016.

L’article de CNN a été écrit par Larry Noble, un contributeur de CNN et ancien avocat général de la Commission électorale fédérale. Il a été publié dans la section opinion du site web de CNN. Il y est dit que la campagne de M. Trump « a évalué les risques et les avantages potentiels d’un nouveau recours à l’aide de la Russie en 2020 et a décidé de laisser cette option sur la table ».

Fox News a fait état de ce procès pour la première fois vendredi. L’équipe juridique de Trump a demandé à CNN de retirer l’éditorial et de publier une correction, mais le réseau a refusé. L’article est toujours en ligne sur le site de CNN. La campagne de Trump réclame des millions de dollars dans son procès.

« La campagne n’a donc pas eu d’autre choix que d’intenter ce procès pour : établir publiquement la vérité, informer correctement les lecteurs et le public de CNN (et le reste du monde) des faits réels, et chercher des remèdes appropriés pour le préjudice causé par les faux reportages de CNN et son incapacité à se rétracter et à s’excuser pour cela », indique le procès.

Ce procès est le dernier exemple en date de la relation antagoniste que l’équipe de M. Trump et le président lui-même ont entretenue avec le réseau et la presse en général. Trump s’insurge régulièrement contre CNN et ses « fake news » sur lui et son administration.

The Guardian

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Syrie: l’hypocrisie atlantiste et la Russie encore une fois accusée … de lutter contre le terrorisme

La position des pays de la coalition américaine en Syrie a été toujours plus qu’ambigüe: d’une part, le spectacle de la lutte contre le terrorisme est parfaitement réglé par les médias et les déclarations politiques, d’autre part jusqu’à l’intervention de la Russie à la demande d’Assad, les groupes terroristes se sont continuellement développés.

Maintenant, c’est la Turquie, autre pays de l’OTAN, qui tente de défendre les intérêts de ces groupes terroristes dans la région d’Idlib, dernière place forte des groupes islamistes.

Et étrangement, c’est la Russie et Assad qui sont accusés de provoquer une catastrophe humanitaire en luttant contre eux, alors que la Turquie menace l’Europe de cette arme … Ne faut-il donc pas lutter contre le terrorisme ? Puisqu’il s’agit quand même de cela … Dans ce cas, nous sommes en droit de nous demander quelle est la mission réelle de ces groupes dans la région, pour bénéficier d’un tel soutien.

Malgré un accord tendu entre la Turquie et les Kurdes obtenu par la Russie à Sotchi en octobre 2019 (voir notre texte ici), qui devait repousser les groupes terroristes dans la zone d’Idlib, la situation se détériore à vue d’oeil ces derniers jours. Et sans aucune surprise, le doigt est pointé sur la Russie, qui a la mauvaise idée de lutter contre les terroristes, et sur Assad, qui défend l’intégrité territoriale de son pays. 
Un rapport de l’ONU tombe à pic pour pleurnicher sur la catastrophe humanitaire en Syrie, sans même soulever la question du massacre de Raqqa par la coalition américaine, oubliant que des corridors humanitaires ont été ouverts à Alep et que la ville n’a pas été abandonnée, à la différence de Raqqa, après avoir été libérée.

Par ailleurs, le risque de vague de réfugiés suite, rappelons-le, à l’opération militaire menée par la Turquie (qui provoque aussi un départ massif des Kurdes), selon le centre russe de réconciliation, concerne une population de 35 000 personnes de cette région, qui depuis le début de la crise sont réfugiées en Turquie et en grande partie sont les familles de terroristes.

La zone qui fut le théatre de l’opération militaire turque comporte en gros 150 000 personnes. Ce qui est un chiffre important, mais ce risque justement aurait dû être limité par la zone de désescalade. Ce qui montre encore une fois qu’un conflit ne trouve une solution politique qu’à partir du moment où il est militairement épuisé.
Il semblerait en général que tout le monde en Occident veule oublier qu’en Syrie, la guerre est menée contre des groupes terroristes islamistes.

Des groupes, dont l’on voit les tentacules en Europe, où ils commettent des attentats. Ce qui permet de répéter la valse à trois temps des larmes – bougies – « je suis ». Et ensuite d’accuser avec le choeur médiatique les salauds de Russes et de Syriens, qui osent lutter contre l’opposition démocrate islamiste extrémiste en Syrie. Logique.
Magnifique article en ce sens sur le site de France Info, qui réussit le miracle de parler d’Idlib et de la guerre en Syrie sans parler une seule fois de terroristes islamistes. En revanche, est mis au pilori de la bonne conscience médiatique « le régime d’Assad », qui n’a pas encore réussi à reprendre Idlib.  
Dans le même style, nous avons eu droit aux élucubrations de François Hollande, qui a bien du mal à exister politiquement (il a déjà rempli son contrat), s’excitant contre la Russie, manifestement responsable pour lui de la crise humanitaire en Syrie.

Pourtant, l’on se demande pourquoi l’aide humanitaire occidentale est principalement orientée vers les zones tenues par les terroristes (voir notre texte ici) … Il est également étonnant que la presse oublie si vite toutes ces armes de production des pays de l’OTAN que l’on retrouve après la fuite des terroristes (voir notre texte ici).

Etrange aussi ces hôpitaux pour les terroristes islamistes (les civils n’étaient pas soignés), bien équipés et approvisionnés par différents pays Occidentaux, dont la France (voir notre texte ici)… Etrange …

Et avec tout cela, comme le rappelle le ministère russe de la Défense, l’Occident ne veut pas voir l’augmentation de l’activité militaire de la Turquie, qui au lieu de gérer la zone de désescalade, envenime le conflit et renforce les groupes islamistes dans la région d’Idlib, notamment en fusionnant les postes militaires et ceux des terroristes, qui attaquent ensuite les zones civiles et la base russe.

Le tout en faisant un chantage aux réfugiés à l’Europe, qui s’écrase à nouveau et … soutient la Turquie. 
Cette guerre en Syrie atteint vraiment le summum de l’hypocrisie occidentale. Mais pourquoi s’en inquiéter, après tout nous avons heureusement notre coronavirus, qui permet de ne plus réfléchir.

Par exemple de se demander quel rôle finalement jouent réellement les groupes terroristes islamistes en Syrie, pour bénéficier d’une telle protection du clan atlantiste … Comme ce fut le cas à Alep, à La Ghouta, à Deir-ez-Zor … L’histoire se répète à chaque fois de la même manière. Etrange.

Publié par Karine Bechet-Golovko

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Au moins 13 000 migrants affluent vers la frontière gréco-turque pour rejoindre l’Europe.

Le nombre de migrants affluant vers la frontière gréco-turque continue de grossir. Selon l’Organisation internationale des migrations (OIM), au 29 février 2020, ils sont au moins 13 000 à tenter de quitter la Turquie pour gagner l’Europe.

Quelque 13 000 migrants ont convergé vers la frontière gréco-turque après les menaces proférées par le président turc, Recep Tayyip Erdogan, de laisser sortir les réfugiés voulant se rendre en Europe, a annoncé le 29 février l’Organisation internationale des migrations (OIM). L’agence onusienne précise que parmi les migrants figurent «des familles avec de jeunes enfants».

L’OIM a en outre fait savoir que ses équipes suivaient le mouvement de personnes depuis Istanbul et fournissaient de l’aide aux plus vulnérables d’entre elles. «Les équipes qui travaillent le long de la frontière de 212 kilomètres entre la Turquie et la Grèce […] ont décompté 13 000 personnes rassemblées aux points d’entrée officiels de la frontière à Pazarkule et Ipsala, ainsi qu’en d’autres endroits», a fait savoir l’OIM, ajoutant que les groupes de migrants étaient constitués «de plusieurs douzaines à plus de 3 000 personnes».

«Le nombre de migrants venant d’Edirne [nord-ouest de la Turquie] pour traverser la frontière grossit au cours de la journée, à mesure que les voitures, taxis et bus arrivent à Istanbul», a constaté le chef de la mission turque de l’OIM, Lado Gvilava, qui s’est dit aussi «préoccupé par ces gens fragiles et exposés» en raison notamment des températures glaciales.

Selon des journalistes de l’AFP présents sur place, au moins 2 000 migrants supplémentaires sont arrivés le 1er mars à la frontière grecque pour tenter de gagner l’Europe. Ce nouvel afflux de migrants au sud de l’Europe intervient après un énième coup de semonce, le 28 février, de Recep Tayyip Erdogan. «Qu’avons-nous fait hier ? Nous avons ouvert les portes.

Nous n’allons pas fermer les portes», avait-il menacé en l’absence d’un soutien de l’Union européenne à l’opération militaire menée par la Turquie dans le nord de la Syrie où Ankara a affirmé avoir perdu 33 de ses soldats dans des frappes aériennes attribuées à l’armée syrienne.

Le même jour, un haut responsable turc avait averti que la Turquie n’empêcherait plus les migrants qui tentent de se rendre en Europe de franchir la frontière.De l’autre côté de celle-ci, sur l’île grecque de Lesbos, la crise migratoire suscite colère et inquiétudes. Le 27 février, plus d’un millier de ses habitants ont manifesté à Mytilène contre l’installation d’un nouveau camp de migrants au lendemain de violents affrontements entre manifestants et policiers.

Plusieurs associations de commerçants de Lesbos et des syndicats proches du Parti communiste grec, à l’origine de la manifestation, ont également appelé à la poursuite de la grève sur l’île.

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/international/71784-au-moins-13-000-migrants-affluent

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L’immigration de masse transforme les communautés en ghettos, révèle un rapport accablant du gouvernement

Des régions entières sont devenues des ghettos parce que les administrations successives n’ont pas été en mesure de traiter les questions d’immigration massive, a révélé un rapport commandé par le gouvernement.

Une étude d’un an commandée par le Premier ministre de l’époque, David Cameron, en 2015, et présidée par Dame Louise Casey, a révélé que le pays se divisait de plus en plus à mesure qu’il se diversifiait.

Le sort des femmes a été particulièrement mis en évidence dans le rapport, qui a constaté que les femmes étaient souvent marginalisées en raison de leurs faibles connaissances de l’anglais, et qu’elles étaient soumises à « un contrôle coercitif, à la violence et à des actes criminels d’abus, souvent perpétrés au nom de valeurs culturelles ou religieuses ».

Le rapport de 198 pages a également constaté que les communautés étaient de plus en plus divisées selon des critères religieux et raciaux, ce qui augmentait la probabilité de l’extrémisme.

Certaines régions du pays ont également du mal à faire face au rythme des changements dus à l’immigration, et le rapport a constaté qu’il y avait encore de grands écarts sociaux et économiques entre les groupes ethniques.

Le rapport a fustigé les institutions publiques qui « ignorent ou même tolèrent des pratiques culturelles et religieuses régressives, divisives et nuisibles » par crainte d’être « étiquetées comme racistes » ou « en espérant que cela puisse changer ».

Cet échec, selon le rapport, a souvent fait « le jeu des extrémistes ».

Le rapport initial avait été entamé en juillet 2015 mais avait été retardé par crainte qu’il n’embarrasse les ministres.

L’examen a fait plusieurs recommandations pour intégrer les groupes ethniques, notamment en mêlant les jeunes à des activités telles que le sport et en introduisant un « serment d’intégration » qui consacre les valeurs britanniques pour les personnes occupant des fonctions publiques.

Les écoliers devraient recevoir un enseignement sur les « valeurs britanniques » afin de favoriser la cohésion sociale à mesure que la « ségrégation ethnique » s’accroît.

Evidemment, cela ne s’applique qu’au Royaume Uni – je plaisante.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Christian Larnet pour Dreuz.info.

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Plan contre le «séparatisme dans la République»: Céline Pina dénonce le double langage du gouvernement

Le gouvernement part-il en guerre contre «le séparatisme dans la République»? Un plan a été annoncé pour le mois de mars. Céline Pina, militante laïque et républicaine, doute de la réelle volonté gouvernementale, et accuse l’exécutif de double langage. Entretien.

«Il y a un certain nombre d’endroits dans notre pays où il y a du repli communautaire, une volonté de se séparer de ce que sont les valeurs et les lois de la République», a admis Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement sur LCI, dimanche 9 février. «Dans ces endroits où il y a une volonté manifeste de certains -qui notamment usent de l’islamisme politique pour définir une forme d’alternative à la République-, on doit être capables d’y répondre». 

Qu’attendre de ce plan gouvernemental? Sputnik a posé la question à Céline Pina, ancienne élue locale et conseillère régionale (PS), engagée en faveur de la laïcité. Elle a fondé le mouvement Viv(r)e la République et publié l’essai Silence coupable (Kero, 2016).

© AFP 2019 CHARLY TRIBALLEAULe phénomène est de plus en plus anxiogène. 150 quartiers seraient tenus par les islamistes en France, selon une note confidentielle de la DGSI, évoquée par le JDD le 19 janvier dernier. C’est Christophe Castaner qui avait ordonné un état des lieux aux préfets après l’attentat au couteau de Villejuif du 3 janvier dernier, qui avait fait un mort et deux blessés.

Sputnik France: Il y a un an, en mars 2019, vous aviez signé dans Le Figaro la «tribune des 100 intellectuels contre le séparatisme islamiste». Or, l’Etat semble désormais avoir acté ce séparatisme: jusqu’ici, il s’agissait de propos tenus par un Président ou par un ministre de l’Intérieur sur le départ. Est-ce un tournant -et pour vous une forme de victoire- de voir le gouvernement admettre ce phénomène?

Céline Pina: «On va dire que c’est un progrès pour plusieurs raisons. D’abord, parce qu’il acte le fait séparatiste et, malheureusement pour ceux qui le vivent au quotidien ou dans les établissements scolaires, c’est important.

La deuxième chose, c’est qu’il prononce le mot «islamiste». On s’arrêtait souvent au communautarisme pour éviter d’évoquer l’offensive islamiste à l’intérieur de l’Europe. Or, toutes les formes de communautarisme ne présentent pas le même danger, surtout en termes de rejet de la France et du modèle occidental, de son histoire, de ses principes. Toutes ne développent pas un discours violent et ne suscitent pas des passages à l’acte haineux ou meurtrier. Toutes ne veulent pas imposer un autre modèle de société sur notre propre sol. L’existence d’un communautarisme asiatique est très visible dans le XIIIe arrondissement à Paris par exemple, mais il ne s’en est jamais pris à notre contrat social. »

«Malheureusement, la parole du gouvernement et celle du Président n’ont plus de valeur…»

Sputnik France: Quel crédit apporter à cette prise de position du gouvernement?

Céline Pina:« Malheureusement, la parole du gouvernement et celle du Président n’ont plus de valeur, d’abord parce que le Président de la République a trop usé du «en même temps»–il peut dire blanc le matin, noir le soir, et gris le lendemain. Ensuite, parce que la parole engendre rarement l’action dans ce gouvernement. On communique comme si cela remplaçait l’action. Or, les Français ne font plus confiance sur parole, ils paient pour voir.»

«Quand on voit l’affaire Mila et le résultat des sondages concernant la défense de la liberté d’expression, on observe que les gens ont été infusés par l’idéologie islamiste.»

Sputnik France : Juste avant les élections municipales, un plan contre le «séparatisme dans la République» est annoncé. Quel est jusqu’ici et selon vous le bilan de la présidence Macron en la matière?

Céline Pina: «Je pense qu’on n’a pas de bilan politique en la matière. On a un bilan institutionnel: certaines institutions font bien leur travail, par exemple la police face au djihadisme. Mais quant à lutter contre l’islamisme comme idéologie, à essayer de défaire toutes les casemates plantées dans le pays, à l’intérieur des mosquées ou des centres cultuels et culturels, à réarmer les institutions pour faire face au noyautage, à conforter ceux qui sont en première ligne face à l’offensive: instituteurs, policiers, personnel hospitalier, le bilan est extrêmement maigre.

Aujourd’hui, quand on voit l’affaire Mila et le résultat des sondages concernant la défense de la liberté d’expression, on observe que les gens ont été infusés par l’idéologie islamiste, au point de ne plus comprendre ce qu’est la liberté de conscience. On n’est plus capables de défendre une enfant de 16 ans menacée de mort au nom du soi-disant respect d’une religion. On en est à ne plus connaître nos fondamentaux, à renier nos idéaux, et ça se traduit par l’abandon d’une enfant.»

Marlene Schiappa

© AFP 2019 LUDOVIC MARIN«Je souhaite que justice soit rendue suite au cyber-harcèlement violent subi par la jeune Mila, à qui j’ai adressé mon soutien» a déclaré Marlène Schiappa. Mais dans l »affaire Mila: l’opinion française semble parfaitement scindée en deux. Dans un sondage IFOP pour Charlie Hebdo, 50 % de l’échantillon interrogé se dit défavorable au «droit de critiquer, même de manière outrageante, une croyance, un symbole ou une religion», et 50 % favorable.

Sputnik France: Après avoir déclaré que «l’insulte à la religion c’est évidemment une atteinte à la liberté de conscience, c’est grave», Nicole Belloubet, Garde des Sceaux, est revenue sur ses propos. Cela ne vous a pas suffi?

Céline Pina: «Belloubet a essayé de rattraper sa faute. Mais si un politique veut vraiment rattraper une erreur, il va au 20h. Une tribune dans Le Monde ne cible pas l’ensemble de la population. Le but du jeu était de rendormir les CSP+, socle de l’électorat de Macron, un peu chagrinés de voir le gouvernement se soumettre à la force et à la menace, en défendant en creux l’interdiction du blasphème. Mais il ne fallait surtout pas remettre en cause les gages donnés aux islamistes pour se rallier le vote musulman.

Cette tribune est une imposture. Dans les faits, elle ne change rien: aujourd’hui, critiquer l’islam vous met en danger et le gouvernement ne protégera pas ses citoyens sur cette question, Mila le prouve. Certes, Marlène Schiappa a pris sa défense, mais la ministre de la Justice, c’est un autre poids que la ministre du Droit des femmes. Surtout, on ne peut gouverner si au sein de la même entité, des opinions incompatibles cohabitent sans que rien ne soit tranché: c’est illisible et cela donne l’impression aux citoyens d’être pris pour des bulots.

Le fait que la ministre de la Justice fasse une boulette énorme, que derrière le Premier ministre ne dise rien, ou que le Président de la République ne se soit pas adressé à nous comme père de la nation, alors que symboliquement, c’est la protection d’une enfant de son peuple qui se jouait, c’est très choquant.»

«Aujourd’hui, critiquer l’islam vous met en danger et le gouvernement ne protégera pas ses citoyens.»

Sputnik France: Vous disiez que pour s’attaquer véritablement à l’islamisme, il fallait nommer vraiment les choses. Vous semblez déçue par le manque de détermination gouvernementale, est-ce bien cela?

Céline Pina: «Il y a une manière très simple de montrer la détermination contre l’islamisme, c’est qu’un ministre de la Justice, ou de l’éducation, aille dans le lycée de Mila et leur dise «vous croyez être dans le camp du respect de l’autre, dans le camp des tolérants, mais ce n’est pas vrai, vous avez choisi le camp des salauds!» Pour s’attaquer à l’islamisme, il faut faire preuve de courage et de clarté. Ce sont des actes symboliques comme ça qu’il faudra poser. »

Sputnik France: Et on n’en prend pas le chemin, selon vous… 

Céline Pina: «Si j’ai autant de doutes, c’est parce que le gouvernement dit vouloir agir contre le séparatisme alors qu’il travaille, avec la Fondation pour l’Islam de France, à mettre en place un outil qui va l’accentuer, le rendre incontournable et même le mettre en scène: la taxe halal. Cet outil qui aidera à distinguer les purs et les impurs, est vu par le gouvernement comme le moyen de financer un islam de France. Mais comme il ne peut mettre en place une telle taxe lui-même, il fait porter le projet par l’Association musulmane pour l’islam de France (AMIF), qui se rêve en certificateur des certificateurs.»

«Derrière le halal, il y a chez les fondamentalistes le rêve d’un jihad économique.»

Sputnik France: Alors, quel est selon vous l’objectif de l’AMIF?  

Céline Pina: «En fait, il s’agit là encore de répondre à une obsession des islamistes. Ils veulent que la communauté musulmane se distingue en tout, via des pratiques alimentaires différentes, mais aussi des façons de s’habiller, de pratiquer les loisirs, d’emprunter, de consommer… à terme pour les islamistes, l’idée est de créer une société fermée et codée et de faire en sorte qu’elle n’accepte que des produits halal. Dans ce type de représentation, tout ce qui qui n’est pas halal est donc impur, la société française et son mode de vie en premier. Derrière le halal, il y a chez les fondamentalistes le rêve d’un jihad économique.»

Sputnik France: vous accusez le gouvernement de double langage. En effet, une taxe sur les produits halal a été proposée en 2018 par l’Institut Montaigne pour financer les mosquées et éviter les financements étrangers. Mais le gouvernement a répondu le 24 janvier dernier qu’il n’avait pas l’intention de mettre en place une telle taxe.

Céline Pina: «En effet, mais en concluant: « rien ne s’oppose à ce que le prélèvement d’une telle contribution financière résulte d’une initiative privée, par les protagonistes du marché « halal » et soit reversé à une association dont l’objet serait de financer le culte musulman. » Comment croire des gens qui disent vouloir combattre le séparatisme alors qu’ils sont en train de mettre en place l’outil idéal pour que le séparatisme devienne réalité?

Avoir confié à un organisme privé comme l’AMIF le soin de la mettre en place est dangereux et destructeur pour notre modèle social, l’AMIF étant largement aux mains des Frères musulmans, qui ont aussi la main sur les principaux réseaux de mosquée. Autrement dit, le gouvernement crée les conditions pour que le séparatisme soit financé sur notre sol via les islamistes et que ce processus enrichisse et renforce ceux qui ne se cachent pas de vouloir nous détruire en tant que civilisation.»

Sputnik France: Qu’attendez-vous du plan de l’Etat?

Céline Pina: «Une prise de conscience, mais surtout des mesures fortes : l’abandon de la taxe halal, l’interdiction des Frères musulmans et des salafistes sur notre sol, l’interdiction des financements étrangers pour la construction de mosquées, plus de contrôle des prêches, une fermeture immédiate des mosquées contrôlées par les salafistes ou les Frères musulmans, la fermeture des écoles confessionnelles, plus de latitude pour licencier ceux qui ne respectent pas nos lois : refus de serrer la main des femmes, port d’un insigne refusant aux femmes l’égalité, comme le voile…

Et surtout que le gouvernement arrête de vouloir créer un islam de France, car ce n’est pas son rôle. Le Président n’est pas théologien et n’a aucune légitimité pour faire cela ou pour susciter une telle émergence. Il faut aussi renforcer notre arsenal répressif: réfléchir à la déchéance de nationalité, au concept d’indignité nationale. à un moment donné, ce n’est pas tout de dire qu’il faut respecter la loi, il faut la faire respecter effectivement. Avec Mila, la loi s’est couchée devant la force et la foi, et ceux qui paradent à l’intérieur du lycée de Mila sont ceux qui l’ont menacée de mort ou qui soutiennent ses harceleurs.»

«Une violence archaïque régit de plus en plus les rapports sociaux.»

Sputnik France: Le piège que tendent les terroristes islamistes à la France, c’est que toute critique devient islamophobie et nourrit potentiellement la victimisation et donc la radicalisation des jeunes musulmans. Que faire?

Céline Pina: «Oui, c’est malheureusement très juste. Mais en fait, je suis très pragmatique. La première solution serait de ne rien faire et d’espérer que les choses s’arrangeront d’elles-mêmes. Cela a été le premier choix de nos politiques. Au terme de plus de 260 morts sur notre sol, de l’explosion des violences antisémites et de la multiplication des actes anti-chrétiens, tandis que la religion la moins touchée par les agressions en France est l’islam, on pourrait quand même reconnaître que la politique de l’autruche et une erreur: elle ne résout rien et elle nous affaiblit collectivement. C’est en réalité la dernière chose à faire, puisque le séparatisme n’attend que ça. Par crainte d’être taxé de racisme, nous n’avons rien fait. Résultat: une violence archaïque régit de plus en plus les rapports sociaux. »

Sputnik France: vous plaidez donc pour la fermeté?

Céline Pina: «La deuxième solution, c’est de transmettre nos idéaux et principes et d’être fiers de ce que l’on est. Beaucoup de gens sont venus dans notre pays par désir de liberté, d’égalité, de laïcité, de démocratie. Eh bien, nous devrions être fiers de ce que nous incarnons et arrêter de baisser les yeux devant des personnes qui proposent un modèle de société tellement mauvais qu’il ne nourrit même pas ses enfants et que ceux-ci ont dû migrer pour survivre.

Nous devrions regarder en face ce que sont les sociétés islamiques: pas de démocratie ou seulement de façade, inégalités liées au sexe, à la couleur de peau, à la confession, inégalités sociales, misère économique et sexuelle, carcan religieux, corruption, violence… Ces sociétés ne sont pas désirables, n’apportent pas la prospérité et sont étouffantes, c’est vraiment cela le modèle de société devant lequel nos dirigeants se couchent ? Il est temps que nous nous tenions debout. Je pense que nous n’avons pas le choix. « On risque de finir face à face », avait dit Gérard Collomb. Il évoquait là la guerre civile. Dans un vieux pays comme le nôtre, se voir ramener à la barbarie est assez difficile à vivre.

French Interior Minister Gerard Collomb, arrives for a hearing with the deputies of the Laws Commission concerning the case of President Macron's security aide Alexandre Benalla, at the National Assembly in Paris, France, Monday, July 23, 2018.

© AP Photo / Francois Mori«Comment peut-on éviter la partition? Car c »est quand même ça qui est en train de se produire: la partition», avait déclaré François Hollande (Un Président ne devrait pas dire ça, Stock 2016). «On vit côte à côte, je crains que demain on ne vive face à face, nous sommes en face de problèmes immenses», avait quant à lui prévenu Gérard Collomb en octobre 2018, alors qu »il quittait le ministère de l »intérieur.

À force d’avoir peur d’agir, on laisse les islamistes mettre sous le boisseau une population d’origine arabo-musulmane, qui mérite tout autant qu’une autre l’émancipation, qui est parfois même venue la chercher. Les abandonner au séparatisme islamiste, je ne vois pas ça comme de la tolérance, mais comme du racisme ou de la condescendance. Je trouve dommage de laisser nos compatriotes arabo-musulmans aux mains de fascistes et de présenter cela comme le respect de leur culture. Parce que les islamistes, ce sont eux les fascistes les plus authentiques aujourd’hui.»

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Nous risquons de disparaître de la même manière que les Romains

« Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre » ou encore l’Histoire se répète toujours deux fois, « la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce ». Les citations déplorant l’incapacité des Hommes à tirer les leçons de l’Histoire sont pléthore. La décadence et la disparition de l’Empire romain ont fait l’objet de tant de livres et d’analyses qu’on en a oublié l’essentiel.

Rome avait de nombreux ennemis, parmi lesquels Carthage est sans doute le plus célèbre. Mais c’est la politique migratoire incontrôlée, l’échec de la politique d’assimilation des étrangers, couplée à une « concaténation de causes multiples », écrivait Paul Veyne1, qui ont causé sa perte.

La France et l’Europe, héritières de l’Empire romain, commettent les mêmes erreurs, à un rythme qui pourrait causer leur chute bien plus rapidement.

Carthago Delenda. Il faut détruire Carthage

Carthago Delenda. Deux mots qui rugissent depuis le tréfonds du temps la volonté d’un peuple à survivre, son entêtement à vaincre un ennemi qui menace son existence.

Deux mots qui nous rappellent également que même si Carthage fut détruite, Rome n’a pu échapper au même destin.

Carthage, l’ennemi de l’extérieur, cristallisait les craintes et les ambitions de Rome. Mais son véritable adversaire, celui qu’elle ne voyait pas ou ne voulait pas voir, évoluait sous de multiples formes à l’intérieur même de la société romaine : déclin de la puissance militaire et économique, décadence des mœurs, influence croissante de l’immigration barbare à l’intérieur et aux marches de l’Empire.

Considérée pourtant comme «une immigration salutaire», comme l’affirmait en 2008 la directrice générale du Palazzo Grassi qui avait organisé à Venise une exposition sur Rome et les Barbares, cette invasion progressive, accompagnée par le pouvoir, a précipité la chute de l’Empire romain. Le deuxième sac de Rome, en 410, a été facilité par des années de délitement sociétal et identitaire sous le poids d’une immigration barbare incontrôlée, devenue incontrôlable.

« Une ruée d’immigrants venue de pays sous-développés »

Les invasions barbares ont achevé de détruire l’Empire romain, puissant et millénaire. Mais ces incursions ne sont pas des attaques perpétuelles et destructrices, ni même des campagnes systématiques de conquête. Il s’agissait plutôt d’une sorte de « ruée d’immigrants venus des pays sous-développés du Nord vers les riches terres méditerranéennes », affirme l’historien irlandais Peter Brown, spécialiste de l’histoire romaine et de l’Antiquité tardive.

Cette « ruée d’immigrants venue de pays sous-développés » n’avait pas le projet de détruire l’Empire romain. Ils voulaient simplement profiter et s’emparer des richesses produites par cette civilisation, « faute d’avoir été capables d’adopter les disciplines qui en avaient permis la production, et ils en provoquèrent, par leur irruption violente, la dislocation ».

Ces influences réciproques n’ont en rien désarmé la violence de la confrontation. Car le point décisif est que Rome avait montré sa faiblesse en admettant sur son territoire des peuples qu’elle n’avait pas été capable de soumettre et qu’elle avait régularisé leur présence sans les avoir vaincus sur le terrain.

– Michel De Jaeghere, historien, Auteur de Les derniers jours : La fin de l’empire romain d’Occident

Nous y sommes

Un esprit contradicteur pourrait être tenté de répliquer que les enjeux que doit relever une civilisation sont de multiples ordres : économique, culturel, financier, écologique, scientifique, agricole, etc. Il aurait raison. Mais tous ces enjeux doivent être considérés comme secondaires si le socle même d’une civilisation, c’est-à-dire son identité, est menacé de péril. Agir sur ces champs est vain si la civilisation est menacée, si son organisation, sa structure et son devenir risquent la disparition.

La France millénaire, l’Europe, l’Occident, subissent depuis plusieurs décennies les incursions permanentes d’immigrants majoritairement africains mus par l’espoir d’une vie meilleure que celle offerte dans leur pays d’origine. La richesse de l’Occident, son confort de vie et son inaptitude à protéger ses frontières sont autant de motifs d’y pénétrer pour le quidam allogène désirant rejoindre l’Occident « riche et privilégié » à peu de frais.

Incapable de contrôler l’immigration et de faire respecter son intégrité territoriale, la France et au-delà, l’Europe, envoient un signal de faiblesse potentiellement fatal à long terme.

La France ne peut pas assimiler des millions d’individus qui ne voient en elle qu’un pays étranger où l’on peut vivre comme chez soi

Le problème de l’immigration, c’est d’abord et surtout le nombre. Qui se plaindrait d’une France culturellement enrichie d’un folklore venu d’ailleurs, dont les représentants seraient tellement peu nombreux qu’il faille aller gaiement à la rencontre de cette diversité plutôt qu’elle ne s’impose d’elle-même dans l’espace public, massivement, agressivement, partout et tout le temps ?

La nation française avait la capacité d’absorber une partie limitée d’immigration extra-occidentale, désireuse de se fondre dans le creuset national au prix d’une reconstruction identitaire, gage d’une assimilation rendue possible. Mais la France ne peut pas assimiler des millions d’individus qui ne voient en elle qu’un pays étranger où l’on peut vivre comme chez soi.

L’importance des flux migratoires composés d’individus extra-européens aux mœurs radicalement étrangères aux nôtres et aux motivations principalement économiques a provoqué la formation de diasporas dans les grandes villes et leur banlieue dès les années 1960.

Depuis, ces flux se répandent dans les villes moyennes et dans les villages de France et d’Europe. Le communautarisme « ethnique », qui impacte la géographie du territoire, est la réaction spontanée de cette assimilation non-désirée à une nation qui ne représente, pour nombre de Français d’opportunité, rien d’autre qu’un confort matériel, qu’une terre de résidence ne méritant ni reconnaissance ni respect.

Communautarisme, cohabitation forcée et islamisation

Dans ces conditions, les Français de souche, à qui la doxa politico-médiatique refuse ce qualificatif correspondant pourtant à une réalité historique et génétique, sont contraints de cohabiter avec des individus reproduisant le mode de vie d’un pays qu’ils ont quitté, imposant à l’autochtone de se soumettre à ses contraintes et usages culturo-religieux, sous peine d’être marqués du sceau de l’intolérance et du racisme, synonyme de bannissement social, dans son propre pays.

Au communautarisme ethnique, qui annihile les chances d’assimilation des immigrés et enfants d’immigrés dans notre pays, s’ajoute le problème de l’Islam, système politico-religieux dont la finalité ultime est de dominer le monde, qu’il divise en deux parties : le Dar al-Islam ou « domaine de la soumission à Dieu » et Dar al-Harb, le « domaine de la guerre ». Tant que son islamisation ne sera pas parfaite, la France appartient au Dar al-Harb.

Les statistiques ethniques et religieuses n’existent pas en France. Mais les évaluations, notamment fondées sur des marqueurs identitaires tels que l’attribution de prénom arabo-musulmans, permettent d’évaluer l’explosion du nombre de naissance liées à l’immigration musulmane en quelques décennies. Ainsi, l’analyse de l’octroi de prénoms musulmans pour les naissances en France révèle qu’un enfant sur cinq, né en 2017, portait un prénom musulman, soit 20 % des naissances en France. Ce taux était de 6,5% en 1997.

Il est impossible de connaître le nombre exact de musulmans vivant en France. Ce qui est néanmoins possible de dire, c’est que la caste politico-médiatique nous impose la fourchette dogmatique et constante de 4 à 6 millions de musulmans depuis les années 1990, ce qui apparaît comme étant démographiquement, sociologiquement et mathématiquement impossible.

Islamisation de la France irréversible d’ici 2050

Le 11 septembre 2018, Ahmet Ogras, président du Conseil français du culte musulman (CFCM), déclarait sur Radio France Maghreb 2 « Aujourd’hui, nous avons plus de dix millions de musulmans en France. ».

Quelques semaines plus tôt, le 22 juin 2018, Nikoletta Incze, chercheuse au Center for Study of Political Islam, annonçait à la télévision publique hongroise, en s’appuyant sur une étude de Harvard, le seuil au-delà duquel l’islamisation d’un pays devenait irréversible :« l’islamisation d’un pays est irréversible si la population musulmane atteint 16% ».

Selon une étude du très sérieux institut de recherche américain Pew, reconnu pour ses recherches en matière de démographie religieuse, la France est le pays européen qui compte le plus de musulmans. La proportion variera, selon les hypothèses, de 12,7 % à 18 % de la population nationale en 2050. L’islamisation de la France serait donc, d’après ces chiffres, irréversible en d’ici 30 ans.

Le problème central pour l’Occident n’est pas le fondamentalisme islamique. C’est l’islam, civilisation différente dont les représentants sont convaincus de la supériorité de leur culture et obsédés par l’infériorité de leur puissance.

  • Samuel Huntington in Le choc des civilisations (the clash of civilisations) (1996),  édition odile jacob, 2007, p. 239 –

Inutile d’attendre 2050 pour constater l’islamisation déjà bien engagée de notre pays. Les vagues d’immigration successives que subissent la France et les Français depuis les années 1960 bouleversent la physionomie de nos rues, de nos étals, portent atteinte à nos coutumes, nos traditions, nos libertés individuelles.

Par souci d’apaisement et d’égalitarisme avec nos nouveaux voisins de l’intérieur, la classe politique se plie progressivement à cette revendication incongrue qui consiste à vouloir vivre en France comme on vit en Afrique centrale ou au Maghreb, ne manquant pas de culpabiliser, voire de punir, quiconque verra cette inflexion culturelle et cultuelle d’un œil critique.

Le dénominateur commun des communautarismes est le rejet de toute forme d’assimilation culturelle

Dans le paysage politico-médiatique, la mièvrerie égalitariste supplante le bon sens et l’instinct de survie, légitimement égoïste, de notre civilisation menacée de l’intérieur par une immigration hétérogène mais qui trouve néanmoins, dans l’opposition au concept d’assimilation, un motif pour faire converger leur intérêts respectifs en faisant survivre leur culture originelle dans leur pays d’accueil, parfois même après trois générations de résidence en France.  Le dénominateur commun des communautarismes est le rejet de toute forme d’assimilation culturelle.

Une partie des autochtones encourage par ailleurs ces nouveaux arrivants à refuser leur assimilation, à revendiquer leur droit d’imposer leur culture d’origine dans le pays d’accueil, celui-ci devant mettre la sienne en retrait au nom d’un principe maintes fois détourné et dévoyé : les Droits de l’Homme.

Le sursaut ou le soubresaut

Rome périt de n’avoir su imposer ses lois et ses dogmes à une population étrangère, de plus en plus nombreuse, qu’elle accueillait en son sein. Le même destin funeste nous guette, nous Français, nous Européens, nous Occidentaux.

Davantage, il guette nos enfants, ceux qui ne s’inscriront pas idéologiquement dans un système-monde ou le concept de nation, de lien à la terre, aux anciens, au passé est la racine de tout avenir. Ceux pour qui le mos majorum est le socle d’une vie sur terre, notre terre. Ceux pour qui la vie ne se résumera pas à jouer aux apprentis sorciers de la finance, déracinés, vagabondant d’aéroports en salles de marché dans un village global ou toutes les villes se ressemblent : cosmopolites, menaçant les identités et les cultures forgées par des millénaires d’histoire.

A l’échelle du monde, la diversité des peuples est une richesse. A celle d’un pays, la Diversité est un poison qui détruit l’identité de son hôte.

Notre France se délite. Elle se dissout lentement dans un magma multi-culturel, soumise aux exigences de communautarismes religieux, ethniques, sexuels auxquels elle accède néanmoins pour démontrer au monde sa vertu et sa tolérance qui la caractérisent depuis 1789.

Nous avons un choix individuel et collectif à faire. Le sursaut ou le soubresaut.

Le sursaut implique lucidité, courage et sacrifice. Le soubresaut sera nourri de notre léthargie, de nos inconséquence, lâcheté et aveuglement collectifs face à l’insidieux processus de soumission de notre société à l’immigration de masse, au système politico-religieux qu’est l’islam, face à la montée des communautarismes et au Grand Renoncement collectif devant ces menaces.

Le sursaut, qui précède la renaissance, ou le soubresaut qui précède la mort.

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Russie. Alexandre Latsa analyse le « projet Poutine et Post Poutine » 2018-2024

L’année 2020 sera vraisemblablement, historiquement, l’année qui ouvrira le cycle d’après, celui d’une époque au sein de laquelle  Vladimir Poutine ne sera plus le président de la fédération de Russie.

La nomination de Mikhail Michoustine est une illustration de l’avenir que Vladimir Poutine envisage pour la Russie et surtout des elites qu’il souhaite pour diriger le pays.

Un avenir bien différent de celui que nous promettait la grande majorite des commentateurs et soit disant spécialistes de la Russie de 2000 à 2020.

Ancien chef du Service fédéral des impôts depuis  2010, Mikhail Michoustine  est crédité d’avoir concu et réalisé l’extraordinaire numérisation des services fiscaux russes, permettant d’augmenter les recettes fiscales russes de 20 a 35% du produit intérieur brut et surtout de faire en sorte que « les impôts cessent d’être un problème pour les entreprises russes ».

Ingénieur de formation, il aurait de fortes connaissances sur les technologies importantes, telles que la blockchain et l’intelligence artificielle. Selon le PDG de Sberbank, German Gref, Mishustin serait rare, talentueux et polyvalent et l’un des managers les plus efficaces et les plus qualifiés du pays. Pour le chef de la Chambre des comptes, Alexei Kudrin,  Mishustin a le doigt sur le pouls de la numérisation.

:)

En plus d’ètre un conservateur sur le plan sociétal, c’est un musicien hors pair qui a concu certaines des chansons de Grigory Leps (ici et ici).
Anecdocte, il n’avait pas de page Wikipedia avant sa nomination … La Kremlinologie est une science qui ne pardonne pas

Cette digititalisation de l’administration russe ne concerne pas que le Service fédéral des impôts mais l’ensemble des services administratifs.
Conséquence, la capitale, ville pilote de cette digitatlisation est devenue aujourd’hui l’une des villes les plus connectées du monde, via notamment le travail de l’actuel maire de la Ville Serguey Sobyanine.

Depuis le début du redressement national, entame en 1999, Vladimir Poutine avait réussi la création d’un système politique de rassemblement, fédérant les clans et permettant un équilibre des intérêts. Comme l’a absolument parfaitement ecrit Jean Robert Raviot : « En menant, selon la tradition soviétique, une politique des cadres destinée à sélectionner les hommes les plus compétents, mais aussi les plus loyaux, le président russe cherche à consolider les bases du système corpocratique que d’aucun qualifieraient de «capitalisme d’état» — qu’il a instauré, système dont la pérennité lui importe sans doute davantage que son destin personnel après 2024. »

La résignation du gouvernement Medvedev, sanctionné pour n’avoir sans doute pas suffisamment initié les réformes permettant la réalisation de la stratégie 2020 est un signe qu’au Kremlin, on a compris, a un niveau élevé, le défaut de politique intérieure , mission du gouvernement russe. La figure de Medvedev et de son gouvernement, relativement impopulaire en Russie n’etait sans doute pas le meilleur binôme pour les prochaines élections législatives dans un contexte global qui voit un effritement de la confiance envers Russie Unie, sur fond de contestations principalement sociales. Pour autant, ami d’enfance du président et homme de première confiance, les nombreux commentateurs qui ont mis Dimitry Medvedev « au placard » font une grosse erreur d’analyse, le Poutinisme fonctionne en grande partie sur le binôme « : confiance / loyauté.

Fait par contre absolument impossible à envisager il y a même 5 ans : la Russie dispose d’un gouvernement dont la moyenne d’âge est de 45 ans, une génération de technocrates, moins politiques, une génération qui n’appartient pas à l’entourage historique du président russe, ni aux réseaux de « Leningrad ». Hormis Lavrov et Shoigou, hommes forts du précédent gouvernement et proches de Vladimir Poutine, seul l’ancien ministre des finances survit en tant que figure des « libéraux » kremlin-compatibles issus de la période Medvedev.

Fait encore plus incroyable : les modifications de la constitution que le président a initié verront l’obligation pour les fonctionnaires, ministres et candidats à la présidence russe l’obligation de n’avoir ni double nationalité, ni d’avoir résidé et obtenu à l’étranger un document de séjour ou résidence ; et surtout d’avoir vécu en Russie 25ans, contre 10 ans aujourd’hui.
Les enfants de la grande majorité de l’élite russe actuelle, qui étudient à l’ étranger sont donc déjà hors-jeu des sphères de gouvernance de la Russie post-Poutine. Ne seront pas Tsars de Russie les enfants dont le logiciel mental aura été faconné à Yale, Stanford ou la Sorbonne, dieu merci pour la Russie ; exactement comme c’est le cas en Chine.

Une réelle transition, en profondeur, est en cours,scénario  qui va totalement à l’encontre du narratif prevu par le mainstream, pris une fois de plus de cours par la stratégie des élites russes dont on ne sait plus trop combien elles ont de coups d’avance.

Une autre chose importante est passé relativement inapercue des commentateurs sur la Russie : les changements de la constitution comprennent un amendement qui affirme que désormais la loi nationale, russe est prééminente sur les décisions des stances juridiques internationales telles que la Cour européenne des droits de l’homme et du Conseil de l’Europe .

C’est une petite révolution qui ne fait que confirmer les tendances de fond initiées en 2014 : le voyage épique de la Russie vers l’Europe a cessé et  les élites russes sont passés de la fascination à la compassion envers l’Occident et surtout l’Europe », comme l’a si magnifiquement écrit Vladislav Surkov en 2018.

*

Sans surprise, les premières déclarations du nouveau premier ministre auront été tournées vers la nécessité de refaire augmenter le pouvoir d’achat des russes qui a baissé continuellement depuis 2014 et le début de l’ère des sanctions. Il faudra regarder si la tendance à la hausse constatée en fin d’année dernière pour la première fois depuis 2014 est une tendance lourde ou pas.

Les faibles revenus d’une part importante de la population sont un problème «particulièrement aigu» qui constitue une «menace directe» pour l’avenir démographique de la Russie en ne permettant pas aux familles de faire des enfants qu’elles souhaiteraient, a savoir 2,5 enfants / famille selon les études faites ; ceci explique la dimension absolument incroyable du volet social et démographique que les autorités russes vont déployer au cours des prochaines années.

Lors de son premier discours à la Douma, le nouveau Premier ministre a nommé six priorités pour son poste de premier ministre: le lancement d’un nouveau cycle d’investissement; utiliser efficacement les ressources allouées aux projets nationaux (que nous détaillons ci dessous); développer le complexe militaro-industriel; stimuler le développement technologique de l’économie; favoriser l’expansion du secteur agricole; et développer les infrastructures de transport pour réduire les disparités régionales.

La décision du Tsar Poutine de rompre l’architecture du Tandem  sous sa forme actuelle aura été une surprise pour tous les experts de la Russie et autres kremlinologues avertis ; on imagine ce qu’il en sera pour la succession, qui selon tout vraisemblance, est déjà organisée.

Le départ du président russe de sa fonction ne signifie sans doute pas pour autant son départ complet de la scène politique russe. S’il semble désornais quasi certain que Vladimir Poutine ne sera pas président de la Russie de 2024 à 2030 sauf force majeure ; il semble cependant plausible qu’il continuera à occuper une position dominante qu’elle soit au sein du conseil de sécurité, ou ailleurs.

Le Tandem « pourrait » se retrouver à diriger les deux conseils, de sécurité et d’état, afin d’ assurer un accompagnement de la nouvelle gouvernance présidentielle et législative qui émergera des législatives de 2021 et de la présidentielle de 2024.

La mission pour le Tsar sera sans doute ailleurs : assurer durant un laps de temps le bon fonctionnement de la transition, et plausiblement poser les derniers fondements nécessaire pour permettre au Poutinisme de survivre à Vladimir Poutine et ainsi permettre « à l’État, cette grande substance secrète de l’histoire russe qui en 1991 bascula dans le gouffre et fut réduite en cendres, de continuer a se relever, lentement, sûrement, de plus en plus rapidement, inébranlable et invincible dans son mouvement ascendant, car en lui, en l’État, agit le destin. Et cet État a choisi Poutine pour conduire le processus historique en Russie.
Ce n’est pas Poutine qui construit l’État, c’est l’État qui construit Poutine. »

***

Details des projets nationaux 2020 – 2024

Les projets nationaux sont un Grand Projet initié par le gouvernement russe en 2019, nouvelle version des projets prioritaires de 2005, et devant être réalisés durant la période 2019-2024 (soit au cours du dernier mandat de Vladimir Poutine) et pour la réalisation duquel a été attiibué 25 trilions de roubles soit 350 milliards d’euros au cours du 02 02 2020 sur 6 ans.

Les projets comprennent :

Le plus gros lot est celui des infrastructures « magistrales » notamment
– Les routes ;
– Les routes transfédérales notamment les autoroutes et les axes entre la Russie et la Chine ;
– Les ports ;
– La construction de 8 brise glaces ;
– La route maritime du nord et ses infrastructures ;
– Les voies férrées ;
– Les canaux ;
– Augmenter le transport de fret par 8 ;
– Augmenter de 50% la capacité globale de transport containers du pays ;
– Amélioration de l’indice de performance logistique du pays pour passer de la 75-ième à la 50-ième place mondiale ;
– Augmentation de 35% des vols domestiques pour que la Russie passe de 105 millions à  140 millions de passagers en 2024, depassant l’Allemagne et le Japon et arrivant au niveau de l’angleterre ; Augmenter de 50% le nombre de vols inter-régions ne passant pas par Moscou.
– Developper les infradtructures energetiques ;
– Installer une premiere centrale nucleaire flottante en chukotka ;
– Créer de nouveaux bouquets d’oléoducs et gazoducs


La démographie

Vladimir Poutine a annoncé la prolongation jusqu’en 2026 du programme de stimulation de la natalité appelé «Capital maternel», lancé en 2007 et qui devait à l’origine prendre fin en 2021.

L’objectif est deredresser le taux de natalité a 1,7 enfants / femmes (comme en 2016, contre 1,5 en 2019).

Le programme consistait en une dotation accordée à partir du deuxième enfant, mais les statistiques montrent que si le MatKapital a eu un effet tres positif sur la démographie au cours des 10 dernières années, désormais le problème n’est plus le second enfant, mais le premier. Le nombre de second, troisième, quatrième enfant augmente, mais le nombre de premier enfant lui diminue depuis 2017.

Le Matkapital (la dotation) sera désormais accessible dès le premier né et représentera dès janvier une somme de 466 617 roubles (6 820 euros) à laquelle seront ajoutés 150 000 roubles (2 192 euros) à la naissance du second. Les familles qui comprenaient déjà un enfant avant cette mesure et attendent la naissance d’un nouvel enfant percevront en une seule fois la somme cumulée pour les deux, soit près de 9 000 euros. Enfin, pour le troisième enfant, la législation russe continuera de proposer un remboursement des crédits immobiliers à hauteur de 450 000 roubles (6 577 euros), soit pour trois enfants jusqu’à un million de roubles de versements (un peu moins de 15 000 euros).
(source)

Il est également prévu d’augmenter les allocations familiales mensuelles par enfant qui n’étaient jusqu’ici versées que pour des enfants de moins de trois ans, l’âge d’éligibilité étant repoussé à sept ans. Ces allocations, qui devraient passer de 5 500 roubles en 2020 à 11 500 roubles en 2021, continueront toutefois d’être réservées aux familles dont le revenu ne dépasse pas le minimum vital fixé en 2019 à 11 000 roubles (160 euros) par mois et par personne. Ce montant varie en fonction des régions et de la situation socio-démographique (différents taux pour les enfants, les retraités et les personnes en âge de travailler).
(source)

Ce programme devrait concerner 1,3 milions  de familles.

En plus les allocations pour les familles avec un enfant handicapé passeront de 5.500 à 10.000 roubles par mois. L’allocation d’invalidité ne s’applique qu’aux familles dont le parent ne travaille pas. En moyenne, 470.000 personnes reçoivent ce paiement par an.

Enfin les familles avec trois enfants ou plus bénéficieront désormais de déductions supplémentaires pour les taxes foncières et foncières ; Vladimir Poutine a également promis d’exempter les grandes familles de l’impôt foncier sur les parcelles allant jusqu’à six acres. Si une grande famille achète une parcelle de 10 acres, elle sera taxée comme si elle n’était que de quatre.

Ecologie
C’est le troisième lot le plus doté ; les objectifs principaux sont la mise en place d’un dispositif fédéral operationnel et fonctionnel de gestion, le traitement et tri des déchets ; la mise en place d’un programme d’amélioration de l’air ; de l’eau et acquisition de nouvelles technologies (eco-tech).


Route et sécurité routiere

visant a la construction de nouvelles infrastructures ; réduire la mortalité sur la route par  3,5 afin de rendre la circulation routière en Russie plus sure qu’en Allemagne (!)
NDLA : voir les nouvelles lois TRES sévères visant à discipliner les comportements au volant.

Santé
visant à baisser de 25% les décès pour maladies cardiovasculaires ; baisser de 25% la mortalité infantile ; developper une production nationale d’équipement médical.

Education
avec en objectifs principaux : la digitalisation de l’enseignement ; multiplier par quatre le nombre de spécialistes de l’IT et que la Russie passe du 17-ième au 10-ième rang sur 500 des universités mondiales.

Culture
Visant au developpement  des librairies et bibliothèques du pays.

Logement et environnement urbain :
Diminuer les taux d’interets pour l’acquisition immobilière a < 8% et developper des programmes d’aides pour l’acquisition de la propriete ; augmenter la construction d’immobilier de logement de 79 millions à 120 millions de mètres carrés ; Mise en place d’un programme pour rentre plus belles les villes et l’environnement urbain.

Science :
Faire entrer la Russie das le top5 des nations en terme de publication d’articles dans les domaines scientifiques prioritaires (la Russie est aujourdhui 12-ième) ; tripler le nombre d’instituts scientifiques ; doubler le nombre de revues scientifiques et faire passer le pourcentage de chercheurs de moins de 39 ans de 43 à 5%.

Économie numérique et digitale
Augmenter les dépenses informatiques de 1,7% à 5,1% du PIB ; Augmenter l’accès Internet à haut débit de 73% à 97% des foyers russes (c’est-à-dire aux niveaux scandinaves les plus élevés du monde) ; assurer l’acces au tres haut débit à tous les objets d’infrastructure importants (hôpitaux, cliniques rurales, écoles, etc.) d’ici 2024 ; generaliser la 5G dans toutes les villes d’un million d’habitant ; Faire que la Russie passe de 1% à 5% de part de marché dans les technologies du cloud.

Business
Augmenter la part des entrepreneurs / petites et moyennes entreprises de 22,3% à 32,5% du PIB ; accroître l’accès au crédit pour les PME; créer des centres d’entrepreneuriat; etc.

Productivité
Eduquer le caital humain pour augmenter la productivité ;

Commerce international

Augmenter l’export de production nationale, notamment les machines, la production chimique, métallurgique, pharmaceutique, les services, l’agriculture et la production de bois.

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Sources :

https://mailchi.mp/bearmarketbrief/mishustin-impossible?e=71a962082d

https://www.unz.com/akarlin/russias-13-plans/

http://fincan.ru/uploadfiles/articles/bdee320f562e05931c223681a89008ff/source/byudzhet-nacionalynyh-projektov-1.jpg

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Londres : il jette du 4e étage une ado qui avait refusé ses avances et poignarde deux personnes, pas de tentative de meurtre selon le jury

Yusef Ali, 19 ans, organisait une fête avec son ami dans un appartement de luxe à Empire Square East, Bermondsey, dans le sud de Londres, le 4 août dernier. Cependant, la vidéo Snapchat de la scène le montre en train de devenir irrespectueux et agressif pendant la fête.

La victime, 18 ans, est arrivée avec ses amis et Ali a commencé à lui faire des avances inappropriées. Il a mis sa main dans une déchirure de son jean au niveau de la cuisse et a agressivement placé son bras autour de son cou en disant « c’est ce que je fais dans la chambre ».

Il s’est impliqué dans une bagarre avec un groupe qui est arrivé à la fête. Alors qu’ils s’enfuyaient, il a pris un couteau et a poignardé deux invités dans la mêlée. La fille a appuyé frénétiquement sur le bouton d’un ascenseur pour s’échapper, mais Ali s’est précipité sur elle et l’a poussée par-dessus le balcon intérieur.

Elle est tombée de 15 mètres, se cassant le cou et le bas du dos, ce qui lui a valu d’être hospitalisée pendant plusieurs semaines et de passer un certain temps en fauteuil roulant.

Ali a été arrêté alors qu’il tentait de quitter l’immeuble et il est maintenant reconnu coupable de blessure volontaire, de rixe et de possession d’un objet tranchant. Un jury de la Cour de la Couronne de Croydon l’a déclaré non coupable de tentative de meurtre.

Le procureur Kathryn Iyer a déclaré : « C’était un acte de violence insensé pendant une fête qui a mal tourné. Ali a affirmé qu’il n’avait pas poussé la victime et n’avait pas vu qui l’avait fait. Mais contrairement à toutes les autres personnes qui ont descendu les marches, il ne s’est pas arrêté pour regarder la victime en détresse sur le sol, il a plutôt relevé son T-shirt sur son visage et a quitté le bâtiment juste au moment où les policiers entraient.

La victime a eu beaucoup de chance d’avoir survécu à la chute. J’espère qu’elle continuera à se rétablir et qu’elle saura tourner la page après cette condamnation ». L’agent détective Tom Waller a déclaré : « Ali ne se souciait pas de savoir qui il avait blessé cette nuit-là et était clairement déterminé à blesser quiconque se trouvait sur son chemin. »

« Les personnes présentes à la fête sont restées terrifiées et nous sommes reconnaissants envers ceux qui ont fourni leurs propres témoignages et ont dû revivre ce qui s’est passé. Grâce à eux et au travail dévoué de nos agents, Ali a été traduit en justice et risque maintenant de passer un bon moment en prison ».

Il recevra sa peine le 5 mars.

Metro.co.uk

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Le message du président russe à l’Assemblée fédérale en 2020. Déclarations et réactions

Le premier message adressé à l’Assemblée fédérale a eu lieu au début de l’année immédiatement après les vacances du Nouvel An. C’est le régime de travail du président pour l’année à venir.

Les principaux thèmes du discours du Président à l’Assemblée fédérale : questions de démographie et de soutien aux familles avec enfants, élargissement du programme d’immobilisations maternelles, repas scolaires, co-paiement aux chefs de classe, augmentation des places budgétaires dans les universités, expansion du réseau postes d’obstétrique paramédicale dans les régions, résoudre le problème de la pénurie et le contrôle des médicaments, la situation économique, l’écologie, la science, l’armement, l’indexation des pensions.

Il a également noté que la Russie devrait jouer un rôle de premier plan dans le maintien de l’ordre mondial. Poutine a souligné que les responsables devraient être patriotes non seulement dans les mots, mais aussi dans la pratique et toujours mettre les intérêts de leur pays au-dessus des intérêts de la communauté mondiale.

Il a proposé d’inscrire la priorité du droit russe sur le droit international pour notre pays.En 2020, le 75e anniversaire de la victoire de la Seconde Guerre mondiale sera célébré, de sorte que le président a abordé ce sujet.

Vladimir Poutine a ordonné la création de l’ensemble le plus grand et le plus complet de documents d’archives, de films et de photographies sur la Seconde Guerre mondiale.

À la fin du discours, le Président a soulevé la question de la modification de la Constitution et des changements dans le système politique, conçu pour transférer une partie des fonctions au gouvernement.

Le message s’est terminé par la déclaration du Président sur la nécessité d’être d’accord avec le peuple avec tous les changements proposés à la Constitution.

ИА Красная Весна
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https://rossaprimavera.ru/news/6db68315

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Suisse : un vote en mai pour gérer de manière autonome l’immigration, ce serait la fin de la libre circulation avec l’UE

[…]
Lors de sa séance hebdomadaire, le gouvernement a fixé au 17 mai le vote sur l’initiative populaire « Pour une immigration modérée » qui demande que « la Suisse règle de manière autonome l’immigration des étrangers » et qui, si elle est acceptée, aboutirait à la résiliation de l’Accord sur la libre circulation des personnes entre la Suisse et l’UE.

En 1992, les Suisses ont voté « non » à l’entrée de leur pays dans l’Espace Economique européen, qui résulte d’un accord signé par les Etats membres de la Communauté européenne, l’ancêtre de l’UE, et les pays membres de l’Association européenne de libre-échange (AELE).

Depuis, Berne et Bruxelles ont signé de multiples accords bilatéraux. Mais leurs relations se sont tendues après un vote populaire en février 2014 au cours duquel les Suisses se sont prononcés en faveur de l’introduction de quotas annuels de migrants.

Afin de ne pas froisser l’UE, les autorités suisses avaient fini par adoucir le texte de mise en oeuvre de l’initiative. Adopté en 2016 par le Parlement suisse, il donne une préférence nationale à l’embauche et établi des formalités supplémentaires pour les employeurs basés en Suisse voulant faire venir des employés européens.

L’initiative sur laquelle les Suisses voteront en mai exige désormais que le gouvernement suisse mette tout en oeuvre, par la voie de la négociation, pour que l’Accord sur la libre circulation des personnes (ALCP) conclu avec Bruxelles en 1999 cesse d’être en vigueur dans un délai d’un an ou, en cas d’échec, qu’il dénonce unilatéralement cet accord.
[…]

La Tribune

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Manipulation macronienne ? Le score de LREM devrait être artificiellement embelli aux municipales

Selon France 2, l’Intérieur, sous l’égide de Christophe Castaner, a modifié les règles de calcul des scores de chaque parti en vue de la publication des résultats nationaux pour les municipales. LREM devrait être la grande gagnante.

Le ministère de l’Intérieur a préparé son coup médiatique pour favoriser les scores de La République en marche lors des municipales des 15 et 22 mars. Alors que les premiers résultats seront connus peu après 20 heures, France 2 a constaté que Bauveau, actuellement dirigé par Christophe Castaner, avait choisi de modifier les règles de calcul du score de chaque parti politique au soir des résultats.

«96% des communes ne seront pas prises en compte dans les résultats nationaux, ce qui pourrait bien grossir artificiellement les scores du parti présidentiel», note le média public.

Ainsi, une circulaire a été adressée aux préfets pour modifier les nuances politiques des villes de plus de 9 000 habitants. Toutes les communes en-dessous de ce seuil ne bénéficieront d’aucune classification et seront donc effacées des résultats nationaux.

Cela concerne ainsi 96% des communes et 54% des électeurs. Un électeur d’une ville de moins de 9 000 habitants qui souhaiterait adresser un message politique en sanctionnant La République en marche (LREM) ne verra donc pas son vote pris en compte pour la moyenne nationale.

Interrogé par France 2, le politologue Pascal Perrineau confirme que cette opération devrait logiquement favoriser LREM : «Cette France de plus de 9 000 habitants, oui, c’est une France plus macroniste, c’est une France moins lepéniste.

Donc là il y a peut-être la tentation de cacher la faiblesse inévitable de La République en marche aux élections municipales.»

Le parti présidentiel devrait être d’autant plus avantagé lors des municipales qu’il a apporté son soutien dans de nombreuses villes de plus de 9 000 habitants aux favoris (et donc aux maires sortants) – qu’ils soient encartés chez Les Républicains (Toulouse, Rueil-Malmaison, Sartrouville, etc.) ou au Parti socialiste (Clichy-sous-Bois, Pontault-Combault, Le Creusot, etc.).

LREM, ne présentant évidemment pas de candidats face à eux, emploie toutes les manœuvres possibles pour se targuer au maximum d’avoir remporté ces élections.

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En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/france/70320-manipulation-macronienne-score-lrem-devrait-etre-artificiellement-embelli-aux-municipales

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Le pétrole, ciment d’un nouveau partenariat stratégique entre l’Algérie et la Russie

La Sonatrach, compagnie algérienne d’hydrocarbures, et le groupe pétrolier russe Lukoil ont engagé des discussions pour mettre en œuvre un partenariat stratégique. En plus du développement de champs pétroliers en Algérie, les deux entreprises prévoient de s’engager à l’international.

2020 devrait être l’année du renforcement de la présence russe dans le secteur énergétique algérien. Après Gazprom, qui est présent depuis 2006 et qui a réalisé une importante découverte de gaz dans le bassin de Berkine, c’est au tour de Lukoil de marquer son intérêt pour l’Algérie.

Les discussions entre la Société nationale pour la recherche, la production, le transport, la transformation et la commercialisation des hydrocarbures (Sonatrach) et Lukoil ont débuté à Moscou, en marge de la 21e réunion du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF), qui s’est tenue au mois d’octobre 2019.

«La délégation algérienne était conduite par Rachid Hachichi, ex-PDG de la Sonatrach, et celle de Lukoil par son PDG Vaguit Alekperov. Ce premier contact a été très intéressant car il a permis de jeter les bases du futur partenariat entre les deux groupes. Les parties ont pu délimiter le cadre général d’une collaboration dans des domaines aussi divers que l’exploitation pétrolière, l’off-shore ou la transformation des hydrocarbures», indique un haut responsable du ministère de l’Énergie algérien qui a requis l’anonymat.

Selon notre source, la Sonatrach est à la recherche de partenaires solides et expérimentés afin de développer certaines activités très précises. La recherche et l’exploitation d’hydrocarbures dans la région sud et les Hauts Plateaux sont une priorité pour l’entreprise algérienne, mais le développement du domaine pétrolier off-shore reste un objectif essentiel à court et moyen termes.

Lukoil devrait se révéler un partenaire intéressant pour la Sonatrach car il maîtrise tous les métiers du secteur de l’énergie, de la recherche à la distribution de produits pétroliers raffinés en passant l’exploitation et la transformation. Pour sa part, le groupe russe devrait tirer profit du potentiel important du sous-sol algérien et de la situation stratégique de ce pays d’Afrique du Nord. La possibilité d’une coopération à l’international a également été évoquée lors du premier round de discussions.

«Les changements opérés au sommet de la Sonatrach et l’élaboration de la nouvelle loi relative aux hydrocarbures ont provoqué quelques retards dans les processus de négociations avec certains partenaires. La situation est maintenant plus stable et les discussions avec Lukoil devraient reprendre sous peu

Les changements opérés résident essentiellement dans la baisse de la pression fiscale exercée sur la compagnie nationale et ses partenaires, qui passe de 85% à 60%. C’est d’ailleurs grâce à ce nouvel environnement fiscal que Gazprom devrait pouvoir exploiter et rentabiliser le champ de gaz naturel découvert dans le bassin de Berkine.

Lukoil devrait bénéficier d’un climat tout à fait favorable en entrant en Algérie. Le refus des autorités locales de permettre au français Total de racheter les actifs d’Anadarko et le gel de l’accord entre la Sonatrach et ExxonMobil met le géant pétrolier russe dans une situation plutôt confortable. Reste la perception d’un tel partenariat stratégique au niveau international.

Interrogé par Sputnik, le professeur Yahia Zoubir, directeur de recherche en géopolitique à la Kedge Business School (Marseille, France) et chercheur-résident au Brookings Doha Center (Qatar), une coopération Sonatrach-Lukoil ne devrait pas déranger les intérêts des grands groupes internationaux.

«Il est vrai que l’Algérie et la Russie sont liées par un partenariat stratégique dans le domaine militaire. Mais dans ce cas précis, nous sommes dans un tout autre registre. Lukoil est une société spécialisée dans pétrole, contrairement au russe Gazprom qui est dans le domaine du gaz naturel. Le gaz est un élément essentiel pour les pays européens et on se souvient encore des vives critiques qu’avait soulevé l’accord entre la Sonatrach et Gazprom pour la création d’un cartel du gaz», souligne Yahia Zoubir.

Le futur partenariat Sonatrach-Lukoil s’inscrira donc dans le cadre de la nouvelle loi sur les hydrocarbures. La question de l’attractivité du domaine pétrolier algérien, notamment dans son volet fiscal, était au cœur du processus d’amendement du dispositif législatif. La nouvelle loi impose toujours le principe de la règle dite 51/49 qui permet à la Sonatrach de rester majoritaire dans les contrats de participation ainsi que dans les contrats de partage de production.

Selon le professeur Zoubir, l’Algérie offre à Lukoil un certain nombre d’avantages économiques, notamment «la présence de réserves en hydrocarbures, la possibilité d’investir dans le raffinage et une proximité avec l’Europe et l’Afrique pour exporter les produits raffinés».

L’économie de l’Algérie reste encore très dépendante de ses ressources en hydrocarbures. L’augmentation de la consommation interne et les engagements internationaux obligent la Sonatrach à engager un vaste programme d’exploration pour trouver et développer de nouveaux gisements. Des actions qui nécessitent des fonds importants et une grande expertise que le groupe algérien est tenu de se procurer en dehors des frontières algériennes.

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Derrière le jihadisme français, 20 ans d’islamisme dans des « enclaves » négligées

Le jihadisme sanglant de 2015 n’est pas le fruit d’une génération spontanée, mais de plus de 20 ans d’essor de l’islamisme dans quelques « enclaves » françaises et belges négligées et dans les prisons, selon une étude à paraître jeudi.

Fin février 2019, Hugo Micheron, chercheur au CNRS, met une toute dernière main à sa thèse sur le jihadisme français lorsqu’il apprend la mort des frères Clain, tués dans le dernier réduit syrien tenu par le groupe Etat islamique (EI).

Le chercheur a notamment interrogé 80 jihadistes en prison et enquêté dans leurs principaux fiefs: les régions toulousaine, parisienne, niçoise et du nord de la France, ainsi que Bruxelles-Molenbeek en Belgique qui sera très impliquée dans les attentats du 13-Novembre. […]

L’arrivée dans les années 90 de prêcheurs islamistes, issus notamment des filières afghane et algérienne, sera selon M. Micheron le premier facteur de basculement de ces « enclaves » dans le jihadisme. « A Trappes, Toulouse, Strasbourg, Roubaix… ils vont continuer leurs prédications. Et leurs relais locaux, comme les Clain à Toulouse, vont mettre en place un maillage du territoire avec des écoles hors contrat, des associations loi 1901« , explique M. Micheron.

Les autorités s’en inquiètent d’autant moins qu’entre 1996 et 2012, aucun attentat n’a lieu en France, souligne M. Micheron. Et lorsque survient Mohammed Merah en 2012, elles le présentent un peu vite comme un « loup solitaire », oubliant qu’il est un pur produit de la filière toulousaine des années 2000. […]

Si l’EI a aujourd’hui disparu territorialement, la menace idéologique perdure en France, souligne M. Micheron, notamment dans les prisons, « premier réservoir humain de la mouvance« , avec 500 jihadistes incarcérés et 1.200 autres prisonniers radicalisés.

news.yahoo

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Saint-Nicolas : légendes et traditions d’Europe

La Saint-Nicolas est une fête empreinte de traditions, qui diffèrent selon les régions, et qui est célébrée dans de nombreux pays d’Europe, durant la nuit du 5 au 6 décembre. La légende raconte que c’est en Lorraine que le Saint-Nicolas réalisa sa première « bonne action ». Trois enfants, partis cueillir quelques fruits, se perdirent sur le chemin du retour. Voyant au loin de la lumière dans une maison, ils décidèrent d’aller demander l’hospitalité pour la nuit. Pierre Lenoir, un boucher, leur ouvrit et accepta leur demande. Finalement, il les tua pour les transformer en petit salé, un plat typique de la région. Une légende faisant un peu écho à celle d’Hansel et Gretel…

Saint-Nicolas, passant dans les environs, toqua lui aussi à la porte du boucher. Ce dernier n’osa pas refuser l’entrée à un évêque et l’invita donc à dîner. Le saint homme demanda alors un petit salé, mettant le boucher dans l’embarras et avoua finalement son crime. Saint-Nicolas décida alors de ressusciter les trois enfants, et devint ainsi le Saint protecteur des enfants. Mais pour punir le méchant boucher, l’évêque l’enchaîna à son âne, et devint alors le Père Fouettard, chargé de réprimander les garnements. […]

En Belgique bien sûr, où le Saint (Sinterklaas en Région flamande et aux Pays-Bas) se charge de venir offrir quelques douceurs telles que des spéculoos ou des mandarines, aux gentils enfants pendant la nuit, si ceux-ci ont pris la peine de préparer sa venue en déposant un verre de vin et une carotte pour son âne. […]

Aux Pays-Bas aussi, Saint-Nicolas est bien fêté. 2 semaines avant le 6 décembre, il arrive en bateau à vapeur depuis l’Espagne. Chaque année, les autorités nationales choisissent une ville différente pour accueillir le bateau, qui fera ensuite sa tournée à travers le pays. Mais la soirée du 5 décembre a lieu le Pakjesavond, la soirée des paquets surprises. Ces paquets sont distribués par les cheminées ou les paliers des maisons et sont souvent accompagnés de poèmes retraçant les éléments de l’année. […]

En France, et particulièrement en Lorraine, la fête est d’autant plus célébrée puisque le Saint est le saint-patron de la région depuis 1477. Jusque dans les années 60, la Saint-Nicolas était bien plus importante que Noël. Dans toutes les grandes villes de la région comme Metz, Nancy ou Verdun, le cortège de Saint-Nicolas est une véritable tradition. Il passe ainsi de porte-en-porte pour distribuer quelques friandises aux enfants. A Saint-Nicolas-de-Port, la fête prend une toute autre dimension. C’est dans cette ville qu’une relique, l’os du doigt de Saint-Nicolas, est conservée dans la basilique. A lieu alors une grande procession de cierges à travers les rues de la ville. Lors de cette marche, le Saint, le boucher et les trois enfants de la légende sont présents.

En Allemagne, c’est Nikolaus qui descend du ciel avec sa luge et ses cadeaux à distribuer aux gentils enfants allemands. Les enfants sont invités à déposer une chaussure au pas de la porte de leur chambre avant d’aller se coucher. Si le soulier est rempli de cadeaux et de friandises le lendemain, cela veut dire qu’ils ont été sages ! Cette tradition marque le début des fêtes de fin d’années en Allemagne.

En Autriche, selon les régions, le nom du Saint change. Dans l’est du pays, il est appelé Nikolo ou Niglo, tandis que dans le Tyrol, il est nommé SantaKlos ou Klos. Mais peu importe la région, partout en Autriche, le soir du 5 décembre, le Saint défile traditionnellement dans les rues et questionne les enfants sur leur catéchisme. S’ils répondent correctement, les enfants reçoivent des noix et des pommes. Ici, le Saint n’est pas accompagné du Père Fouettard (dont les verges trouveraient leur origine dans les rameaux de fécondité) mais des Krampus, des créatures venues des Enfers, chargées de punir les enfants dont les réponses sont erronées. Il irait même jusqu’à les emmener en Enfer avec lui, en les mettant sans sa hotte appelée Buckelkraxen. Dans une autre région encore, en Haute Styrie, Saint-Nicolas est accompagné des Schnabs, qui claquent leurs fouets pour chasser les démons de l’hiver. […]

Saint Nicolas est le protecteur des marins, des voyageurs, des pêcheurs, des constructeurs de ponts, des colons germaniques s’installant de l’Oder au Golfe de Finlande. Devenu au fil des temps le saint patron des voyageurs que guettaient bien des périls, Saint Nicolas a fini également par étendre sa protection aux voleurs et aux brigands. […]

Dans beaucoup d’autre pays d’Europe est célébré Saint-Nicolas, comme en Pologne, en Hongrie, en Suisse (où Saint-Nicolas passe pour être lié à Sainte-Lucie déesse de la végétation) […] On peut lire dans l’Encyclopedia Oosthoeks: “La fête de famille [de la Saint-Nicolas] provient de la fête religieuse (y compris les surprises pour les enfants) qui, elle, a sa source dans des éléments pré-chrétiens. Saint Nicolas, qui chevauche au-dessus des toits, est le dieu païen Wotan [Odin]. (…) Saint Nicolas était aussi le chef de la chasse sauvage au cours de laquelle les âmes des morts rendent visite à la terre.

En effet, les Teutons croyaient qu’Odin, ou Wotan, le plus important de leurs dieux, conduisait les âmes des morts en une furieuse chevauchée à travers champs pendant les “douze mauvais jours” qui séparent Noël et l’Épiphanie (6 janvier). Le grand vent qu’il soulevait emportait les semences du produit des champs, ce qui stimulait la fertilisation. Quant aux pommes, aux noix, aux noisettes, aux amandes et aux autres fruits d’automne distribués à la “Saint-Nicolas”, ils étaient des symboles de fertilité. Les anciens croyaient pouvoir apaiser la colère de leurs dieux en leur faisant des cadeaux pendant les jours froids et sombres de l’hiver. Ils en obtiendraient une plus grande fertilité pour l’homme, l’animal et le sol.

Odin était accompagné par son valet Eckhard, le prédécesseur de Pierre le Noir, qui, lui aussi, portait une verge. Pas plus tard qu’au Moyen Âge, il était courant d’admettre que certains arbres et plantes pouvaient rendre les humains féconds et qu’une femme pouvait tomber enceinte simplement si elle était frappée avec une branche d’un de ces arbres.

Le livre Feest-​en Vierdagen in kerk en volksgebruik (Fêtes et cérémonies dans l’Église et dans les coutumes populaires) cite quelques autres similitudes entre Odin et “saint” Nicolas: “Wotan, lui aussi, remplissait bottes et sabots placés près de la cheminée, mais avec de l’or. Pour le coursier de Wotan, on plaçait également dans le sabot du foin et de la paille. En outre, la dernière gerbe des champs était réservée au cheval.”

Sint Nicolaas, de B. van den Aardweg, signale encore d’autres similitudes frappantes: “Saint Nicolas: personnage grand et puissant monté sur un cheval blanc. Il porte une longue barbe blanche, tient une crosse à la main et il est coiffé d’une mitre (…) et revêtu d’une cape d’évêque, large et flottante.

“Wotan: personnage de haute stature et à la barbe blanche. Il porte un chapeau à larges bords enfoncé sur les yeux. Il tient à la main une lance magique. Il est enveloppé d’une grande cape et monte son fidèle cheval gris, Sleipnir.

Il y a plus que ces similitudes visibles: Wotan menait son cheval gris à travers les airs, et les gens, tout tremblants, lui offraient des gâteaux fourrés, de la viande et des produits des champs. Saint Nicolas, à cheval, passe au-dessus des toits, et les enfants préparent du foin, des carottes et de l’eau pour sa monture. Les gâteaux secs au gingembre et la baguette étaient des symboles de fertilité longtemps avant l’apparition des fêtes de saint Nicolas.

Un certain nombre d’autres coutumes ayant trait à “saint” Nicolas trahissent elles aussi leurs origines païennes. Par exemple, dans les régions nordiques, le 4 décembre, les garçons de 12 à 18 ans se répandent dans les rues. Masqués et affublés de costumes grotesques décorés de plumes, de coquillages et d’autres objets régionaux, ils représentent les “petits saints Nicolas”, ou Sunne Klaezjen. Le lendemain soir, c’est au tour des hommes de 18 ans et plus. En début de soirée, ils rôdent dans les rues où, armés de balais, de cornes de bœufs et de gourdins, ils font fuir toute femme, jeune fille ou petit garçon qui croise leur chemin. Ils forcent les jeunes filles à danser ou à sauter par-dessus une baguette.

À quoi servent toutes ces manifestations? Encore à la fertilité — invariable préoccupation des cultures antiques. En effet, l’hiver était une époque sombre et angoissante, souvent considérée comme une période de sommeil ou de mort pour le dieu de la fertilité. On pensait que, par divers moyens, l’on pouvait redonner vie à ce dieu ou à cette déesse, ou tout au moins l’aider quelque peu. Les cadeaux, les danses, le tapage, les coups de baguette étaient, pensait-​on, autant de façons de chasser les mauvais esprits et de rendre plus féconds les humains, les animaux et le sol.

C’est pourquoi, lorsqu’aujourd’hui les jeunes filles sautent par-dessus une baguette, elles imitent leurs aïeules qui croyaient que plus haut elles sautaient, plus haut pousserait le lin. En chassant les femmes et les enfants, les jeunes hommes répètent le rite de la chasse aux mauvais esprits.

Le Figaro & Le Soir & Encyclopédie Oosthoek & DBNL

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Finkielkraut : « Les Européens de l’Est ne veulent pas devenir des citoyens de sociétés multiculturelles »

Dans son dernier livre, «A la première personne», Alain Finkielkraut répond à ceux qui le traitent de réactionnaire. L’occasion d’interroger le philosophe, ancien directeur de la revue «Le Messager européen», sur ces trente années écoulées, durant lesquelles la mondialisation débridée a déferlé sur l’ancien glacis soviétique à l’est de l’Europe.

« (…) La France n’est pas programmé pour devenir une juxtaposition des communautés, accompagnée d’une certaine gestuelle religieuse et identitaire dont le port du voile islamique est l’une des principales marques. Est-ce que cela vaut aussi pour l’Europe? Je pense que oui. »

« (…) La cassure entre l’Europe occidentale et l’Europe centrale ou orientale est évidente. Hier, c’était un rideau de fer politique. Aujourd’hui, c’est un fossé culturel. Les Européens de l’Est ne veulent pas devenir des citoyens de sociétés multiculturelles. Ils veulent préserver l’héritage européen. Je vois bien que, derrière cela, des tentations politiques autoritaires sont aussi à l’œuvre, mais nous devons cesser de regarder ce qui se passe là-bas avec condescendance! J’ai entendu un ancien conseiller de Vaclav Havel, ancien président tchèque et grand défenseur des libertés, me dire qu’il ne souhaitait pas voir sa ville, Brno, devenir «la Marseille de l’Europe de l’Est». »

« (…) L’Europe de l’Ouest a été traumatisée, et elle le reste, par l’apocalypse nazie. Tout vient de là. Notre partie de l’Europe est sortie de son histoire dans l’espoir de ne pas retomber dans la folie. Les Européens ont voulu ne plus exclure, par peur d’emprunter de nouveau la voie raciste. Nous nous sommes aveuglés pour ne pas voir cette dimension de l’existence qu’est l’identité. On a donc créé – et l’intégration communautaire y a contribué – une sorte d’«homo economicus» européen standard et formaté. Les Européens de l’Est, eux, n’ont pas grandi dans cette obsession de l’apocalypse. »

(…) Le Temps

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Macron et Castaner visés par une plainte à la Cour pénale internationale pour «crime contre l’humanité» (vidéo)

Francis Lalanne s’est rendu le 11 juin à la Cour pénale internationale afin d’y déposer une plainte pour « crime contre l’humanité » contre le Président français et son ministre de l’Intérieur. Comme l’explique l’avocate Sophia Albert-Salmeron, ils étaient les « donneurs d’ordres » lors des manifestations des Gilets jaunes.

Une plainte a été déposée le 11 juin à la Cour pénale international (CPI) contre Emmanuel Macron et Christophe Castaner, informe le groupe Facebook « Vécu, le média du gilet jaune ».

Le requérant dans cette affaire est Francis Lalanne, chanteur et Gilet jaune qui avait lancé il y a trois mois une pétition sur change.org afin de soutenir une procédure contre le Président et son ministre de l’Intérieur qu’il accuse de « crimes contre l’humanité ». Au moment de la rédaction de cet article, cette pétition a recueilli environ 100 000 signatures.

Lors de son déplacement à La Haye, M.Lalanne était accompagné par les avocats Sophia Albert-Salmeron et Ghislain Mabanga. Ce dernier est l’avocat agréé de la CPI qui sera en charge du dossier.

Comme l’a expliqué Mme Albert-Salmeron sur la chaîne YouTube Audiovisuel Créativ’Arts, Emmanuel Macron et Christophe Castaner sont les « donneurs d’ordres » qui ont autorisé les forces de l’ordre à avoir recours à des armes « répertoriées comme armes de guerre » lors des manifestations des Gilets jaunes. Elle a notamment cité l’utilisation des LBD et des grenades de désencerclement.

Sophia Albert-Salmeron a indiqué que les Présidents ne peuvent pas invoquer l’immunité devant la CPI.

«Il a une immunité au niveau interne et c’est pour ça qu’existe la Cour pénale internationale, parce qu’on peut saisir cette Cour […] contre un chef d’État et ses ministres», a-t-elle précisé.

Ils devraient recevoir d’ici un mois une réponse sur la recevabilité de ce dossier.

Source: Sputnik News

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Toulouse. Viol en réunion : deux cents personnes dénoncent le « silence » de la direction du collège Lamartine

Quelque deux cents personnes se sont rassemblées lundi 4 novembre devant un collège toulousain pour exprimer leur incompréhension face au « silence » de la direction de l’établissement, au courant, selon eux, d’au moins une affaire de viol par des élèves sur une camarade.

« C’est une personne qui travaille au collège Lamartine qui m’a appelée, elle m’a expliqué qu’elle en avait marre de porter ça sur la conscience et elle m’a dit que ma fille s’était fait violer; C’est là que j’ai appris que tout le monde savait depuis le mois de mars et que ça a été caché – La mère d’une des victimes du collège Lamartine.

En octobre, trois adolescents du collège Lamartine ont été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire pour viol en réunion sur une jeune fille de 13 ans dans une résidence attenante à l’établissement scolaire. Les faits se sont déroulés en mars.

[…] Présente au rassemblement organisé par différentes organisations syndicales et associatives, la mère de la collégienne qui a porté plainte pour viol en réunion a laissé éclater sa colère. « La direction m’a convoquée pour me dire qu’il y avait des vidéos qui circulaient sur ma fille, mais ils n’ont pas voulu me les montrer, ni me dire de quoi il s’agissait« , raconte-t-elle. Ce n’est qu’après une nouvelle agression, physique, en septembre, que cette mère de famille apprend que sa fille a été violée. Désormais, elle souhaite que les collégiens soient jugés, mais également la direction de l’établissement contre laquelle elle a porté plainte pour son « silence« . […]

francetvinfo ; france bleu

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Fiscalité: «le niveau de manipulation du gouvernement est vraiment impressionnant»

La fiscalité française est-elle complexe à dessein? Clairement oui, pour la fiscaliste Virginie Pradel. Elle décrypte dans son premier ouvrage les mécanismes qui permettent à l’exécutif de maquiller les hausses et créations d’impôts dans une société où ils sont déjà omniprésents. Retour sur une «gabegie institutionnalisée».

«Le contribuable doit avoir des clefs pour vraiment comprendre ce qu’il paie et comment il est manipulé. Parce que c’est vraiment scandaleux, ce qui se passe. Je trouve que l’on atteint des sommets de foutage de gueule! Excusez-moi pour l’expression, mais c’est particulièrement choquant!»

Alors que le Projet de loi de finances (PLF) 2020 était présenté le 27 septembre en Conseil des ministres, Virginie Pradel, fiscaliste et présidente de l’institut Vauban, un think tank français dédié à la recherche fiscale et économique, ne goûte pas à la communication gouvernementale. Dans son premier ouvrage, Impôts-mania, l’absurdité fiscale française (Éd. de l’Observatoire), elle s’en prend à la folie des prélèvements qui sévit en France.

Dans son collimateur, le ministre de l’Action et des Comptes publics, qui a annoncé une baisse «historique» des prélèvements obligatoires à partir du 1er janvier prochain, dont 5 milliards sur l’impôt sur le revenu (IR), ainsi qu’une baisse de l’impôt sur les sociétés (IS). Bercy et ses cinq ministres insistent sur le «cercle vertueux enclenché depuis 2017».

Un «geste» qui n’en reste pas moins «très insuffisant» aux yeux de la fiscaliste, qui rappelle que la France a vu ses prélèvements augmenter «de plusieurs centaines de milliards d’euros en quelques années» (368,5 milliards entre 2002 et 2017, selon un rapport parlementaire). Elle ajoute que rien ne garantit que les baisses annoncées par le gouvernement ne seront pas amendées par les parlementaires, et que rien ne dit que les collectivités territoriales ne décideront pas d’augmenter les prélèvements de leur côté.

«Gérald Darmanin a beau dire que l’on n’a jamais autant baissé les impôts, les impôts n’ont jamais été aussi élevés qu’aujourd’hui», tacle Virginie Pradel.

Il faut dire que la fiscalité est un domaine où la France excelle: en 2017, le total des prélèvements obligatoires pesait pour près de 48,4% de son PIB selon Eurostat, faisant de notre pays le champion des pays de l’OCDE en matière d’imposition. La même année, cette somme des prélèvements franchissait un autre cap, en volume cette fois, celui des 1.000 milliards d’euros. Une double médaille d’or peu enviée par nos voisins européens qui, dans leur majorité, après le contrecoup de la crise financière de 2008, sont parvenus à diminuer leur niveau global de prélèvements.

Une opacité fiscale savamment orchestrée

Paradoxalement, malgré cette omniprésence des impôts –et donc de l’État– dans la vie des Français, le plus souvent, ces derniers ne réalisent pas ce qu’ils paient et pour cause. Virginie Pradel en est convaincue: l’administration et l’exécutif font tout pour rendre la fiscalité la plus opaque et la plus inaccessible possible au commun des contribuables. Des contribuables qui, faute de pouvoir se payer un avocat, n’ont trop souvent pour seul interlocuteur que l’administration fiscale elle-même. Un acteur incontournable, mais qui est juge et partie: il «ne va pas toujours dans le sens des contribuables» et «n’a pas toujours intérêt à y aller. En particulier en période de disette budgétaire», ajoute Virginie Pradel. Elle dénonce un «obscurantisme» fiscal, entretenu en premier lieu par des milliers de pages de textes «laconiques», réparties dans des dizaines de codes juridiques.

«On est dans une situation où la législation […] est totalement inaccessible aux contribuables. […] On a des textes qui sont obscurs, difficilement compréhensibles, on est dans une zone grise permanente où on ne sait pas ce qu’on peut faire et ce qu’on ne peut pas faire. L’administration instrumentalise beaucoup ça, au détriment malheureusement des contribuables.»

Des textes qui, au-delà d’être pléthoriques, demeurent également particulièrement changeants. En guise d’exemple, l’auteur d’Impôts-mania évoque un article du code général des impôts, relatif au calcul du bénéfice net des entrepreneurs, qui a été modifié à une soixantaine de reprises en quarante ans.

S’ajoutent à ce «maquis» d’impôts, une terminologie «très riche, qui donne à elle seule une idée de l’infini…», où les taxes côtoient les redevances et autres cotisations. Des termes clairement définis, mais utilisés «de façon contre-intuitive et abusive», le tout afin d’éviter l’emploi d’un autre terme auquel les Français sont devenus peu à peu réfractaires: «impôt». Un tour de passe-passe purement sémantique, permettant d’augmenter et de créer des impôts tout en prétendant l’inverse.

«La contribution est un impôt ou une taxe que l’on n’assume pas de nommer comme tel», précise Virginie Pradel.

Elle estime ailleurs dans son ouvrage que l’opacité est «bien organisée» et revient également sur les différents qualificatifs, tels que «social» ou «solidaire», qui accompagnent souvent ces impôts maquillés. Elle prend notamment pour exemple la Contribution sociale sur l’Impôt sur les sociétés, la contribution exceptionnelle sur l’IS et la contribution additionnelle à la contribution exceptionnelle sur l’IS (p.26). Trois «contributions» qui ne font que maquiller une évidence: des hausses de l’IS.

«Contribuer volontairement plutôt qu’être imposé arbitrairement, cela remonte nécessairement le moral aux contribuables», ironise Virginie Pradel.

Pour autant, ces «impôts déguisés» ne sont pas toujours ceux auxquels on s’attend. Leur grand champion n’est autre que la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), qui est bien un impôt et non d’une «taxe», et dont les recettes (129,2 milliards d’euros en 2019) excèdent celles de l’impôt sur le revenu, de l’impôt sur les sociétés et de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) réunies.

«Marketing fiscal», comment «maquiller» les hausses d’impôts

À l’inverse, le fait que l’on rebaptise certains prélèvements n’est pas pour autant bon signe, car ces opérations reflètent les projets du gouvernement. C’est notamment le cas de la redevance audiovisuelle, payée par les seuls détenteurs d’un téléviseur. Comment ne pas voir dans sa nouvelle dénomination «contribution à l’audiovisuel public» les présages de son universalisation à tous les foyers fiscaux français, souhaitée par plusieurs membres de l’exécutif?

Autre illustration de ce «marketing fiscal» que dénonce notre intervenante: le récent «droit à l’erreur», de la loi ESSOC– pour «État au service d’une société de confiance»– promulguée à l’été 2018 afin de «rend[re] la vie plus facile» aux contribuables– selon le site de Bercy– ne serait en réalité qu’un «droit dérogatoire au contrôle fiscal», s’agace Virginie Pradel.

«En fait, vous avez le droit de demander à être contrôlé pour vérifier vos erreurs. C’est affreusement grotesque! J’ai donné cet exemple pour montrer le poids de la propagande, le niveau de manipulation du gouvernement qui est vraiment impressionnant…»

«Les plus gros prélèvements sont ceux que les Français ne voient pas

La référence à 1789 et sa Déclaration des Droits de l’homme n’est pas anodine: à l’époque déjà l’ancien régime avait été emporté en partie par une grogne fiscale. Pourtant, l’imposition des paysans ne représentait alors qu’à peine un mois de travail. Aujourd’hui, sous le régime de la République, un Français doit en moyenne verser l’équivalent de sept mois de travail pour s’acquitter de tous ses prélèvements obligatoires, le jour de «libération fiscale» pour les Français étant fixé en 2018 au 27 juillet par l’institut économique Molinari. Si cette année, cette date symbolique est intervenue huit jours plus tôt, la France n’en conserve pas moins sa première place sur le podium européen de l’imposition.

«Je pense qu’en France, on ne veut pas simplifier, car si on rend les choses plus transparentes, les gens vont devenir fous parce qu’ils vont enfin comprendre ce qu’ils paient», estime Virginie Pradel.

Ce qui ne risque pas d’arriver. En effet, «les plus gros prélèvements sont ceux que les Français ne voient pas», souligne notre intervenante. Les impôts ne sont ainsi pas seulement «maquillés» ou «votés en catimini», ils savent aussi prendre leur distance avec leurs payeurs. C’est là le gros point noir de l’imposition à la source aux yeux de la fiscaliste. À présent, les contribuables ne font plus eux-mêmes le chèque, l’impôt étant directement prélevé sur leur salaire, tout comme les charges patronales ou sociales, qui à elles seules représentent déjà plus de 60% de la somme déboursée par l’employeur pour verser un salaire à un employé. Une «imposition cachée» que dénonce Virginie Pradel.

«C’est un vrai problème démocratique. Pour moi, c’est une vraie faillite, je pense que le fait que les contribuables ne soient pas en mesure de voir ce qu’ils paient –parce que tout est prélevé, que ce soit par l’employeur ou l’administration directement–, cela ne peut que générer de la violence à terme, de la frustration et une incompréhension du système de façon générale.»

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Assemblée générale de l’ONU: les Etats-Unis ne donnent pas leurs visas à 10 membres de la délégation officielle russe

Un nouveau scandale diplomatique vient d’être provoqué par les Etats-Unis à l’égard de la Russie, ouvrant la guerre des visas pour marquer leur territoire – à l’ONU.

Ainsi, l’ambassade des Etats-Unis à Moscou n’a pas délivré leurs visas à 10 membres de la délégation officielle russe se rendant avec le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov aux travaux de l’assemblée générale de l’ONU. Les provocations vont de plus en plus loin. Parlons-en puisque les médias sont pour le moins discrets.

Alors que le siège de l’ONU se trouve à New-York, les Etats-Unis se sont engagés par convention en 1947 (voir ici p. 37) à ne pas porter atteinte aux travaux de cette organisation internationale et à permettre l’accès libre aux délégations des pays membres, aux experts ou encore aux journalistes.

Les paroles n’engagent que ceux qui les croient et régulièrement les Etats-Unis restreignent, voire bloquent, l’accès à l’ONU en interdisant l’accès au territoire américain aux personnes qu’ils n’ont pas envie de voir. Les Iraniens ou les Libanais ont souvent des difficultés, l’on se rappellera de Fidel Castro dont le visa en 1995 limitait ses possibilités de déplacement. Pour la première fois, des membres d’une délégation officielle russe ont été touchés.

L’année dernière, un expert russe devant participer aux travaux sur les fameuses attaques chimiques en Syrie n’a pas eu de visa, mais il était expert et non pas membre officielle d’une délégation nationale.
Un pas vient d’être franchi. Deux parlementaires, les chefs des comités de la Douma et du Conseil de la Fédération pour les relations internationales Léonid Sloutsky et Konstantin Kossatchev, ainsi que huit membres du ministère des Affaires étrangères, notamment le traducteur en chef et Serguei Boutine, responsable du secrétariat général du ministère n’ont pas obtenu de visa pour pouvoir prendre part aux travaux de l’assemblée générale de l’ONU.

Formellement, les Etats-Unis n’ont pas refusé les visas, ils n’ont pour cela aucun fondement, ils ne les ont simplement pas délivré, au moment du départ les passeports étant encore dans les locaux de l’ambassade américaine à Moscou. Officiellement, les Etats-Unis parlent d’un problème technique, de délais trop courts et refusent de commenter des « cas particuliers ».
A juste titre, la Russie ne voit pas la chose sous ce jour, particulièrement accommodant. Pour le Kremlin, c’est une violation directe par Washington de ses obligations internationales. Selon Maria Zakharova, les demandes de visa ont été déposées une première fois deux mois avant l’évènement, mais l’ambassade leur a retourné les dossiers expliquant que c’était trop tôt.

Ensuite, les dossiers ont été à nouveau déposé dans les délais indiqués. L’argument du manque de temps suite à l’erreur commise par le ministère russe des Affaires étrangères tourne court.
Certains avancent un autre argument : Sloutsky et Kossatchev sont sous sanctions américaines, les inclure dans la délégation est une provocation de la Russie.

Trois contre-arguments sont faciles à avancer : 1) inclure des parlementaires, responsables des relations internationales, dans une liste de sanction est en soi une provocation en plus d’être un non-sens politique, sans oublier qu’ils ne viennent pas pour une visite aux Etats-Unis mais à l’ONU, détenant un statut spécial où les lois américaines ne sont pas applicables; 2) et Sloutsky et Kossatchev, étant déjà sous sanction, ont déjà eu accès sans problème au territoire américain; 3) cet argument n’explique en rien pourquoi les huit diplomates de carrière n’ont pas eu de visa.


L’ambassadeur américain a été convoqué pour explication, une note de protestation a été envoyée. Aucune réaction, ni à l’ONU, ni dans la fameuse « communauté internationale ».

La Russie envisage une réponse. Mais une réponse, « symétrique » et technique, va être difficile à trouver. Si réponse il doit y avoir, elle est doit avoir lieu, elle ne doit pas être faussement « symétrique », elle doit être systémique et stratégique.

Espérons que cela servira d’électrochoc pour sortir le pays d’une position par trop conciliante sur beaucoup de points, alors que la situation générale continue à se dégrader, alors que la dégradation s’accélère. Le gant de velours étant par trop usé, il serait bon de sortir la main de fer.
Publié par Karine Bechet-Golovko

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Un message de Poutine aux pays de l’Otan dévoilé par la presse

Alors que le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) semble définitivement enterré, le Président russe s’est adressé à des dizaines de pays, et notamment à ceux de l’Alliance du nord, en leur proposant d’interdire le déploiement de missiles à courte et moyenne portée en Europe.

Vladimir Poutine a proposé aux dirigeants de plusieurs dizaines de pays, dont les membres de l’Otan, d’imposer un moratoire sur le déploiement de missiles à courte et moyenne portée en Europe, relate le journal russe Kommersant, citant une source d’un des États destinataires qui a pu consulter le document.

Selon le quotidien russe, le message a été également envoyé à la haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini, et au secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg.

«Nous vous appelons à appuyer nos efforts, en vous prononçant en faveur d’un moratoire dans le cadre de l’Otan sur le déploiement des missiles à courte et moyenne portée basés au sol, similaire à celui annoncé par la Russie», a indiqué le message.

Kommersant a ajouté que Moscou avait par le passé proposé ce type d’accord aux pays de l’Alliance du nord, ces derniers n’ayant pour autant manifesté aucun intérêt.

Le journal a noté par ailleurs que la Russie avait également réitéré son engagement à ne pas déployer les missiles en question sur son sol tant qu’ils n’auraient pas été installés par les États-Unis en Europe.

Fin du FNI

Le Pentagone a annoncé lundi 19 août avoir testé un missile de croisière dotée d’une ogive conventionnelle qui a atteint sa cible après plus de 500 kilomètres de vol.

Il s’agit du premier essai du genre depuis que les États-Unis ont pris la décision de se retirer du Traité sur les armes nucléaires à portée intermédiaire (FNI), signé avec la Russie en 1987 et qui interdisait ces tests. Washington a accusé Moscou de ne pas en avoir respecté les termes, ce que la Russie a démenti.

Vladimir Poutine a affirmé que Washington était désormais en mesure de déployer de nouveaux missiles de croisière en Roumanie et en Pologne, considérant que la Russie se devait de répondre à ce qu’elle voyait comme une menace. Les États-Unis ont pour leur part nié toute intention de déployer de nouveaux missiles en Europe.

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«Les États-Unis font volte-face sur la question des F-35 de peur de perdre définitivement la Turquie»

Confrontés à la détermination de la Turquie à garantir sa sécurité aux frontières sud du pays et à développer sa propre industrie de l’armement, les États-Unis espèrent la «ramener dans le programme des F-35», selon le sénateur républicain Lindsey Graham. Deux analystes turcs commentent pour Sputnik ce «revirement» de la position américaine.

Le sénateur républicain Lindsey Graham a exprimé l’espoir d’une relation plus stratégique entre Ankara et Washington, «parce que la Turquie est un allié très important, pas seulement en ce qui concerne la Syrie, mais pour toute la région». Il a même évoqué un éventuel retour de la Turquie «dans le programme des F-35», voire même la possibilité de «conclure un accord de libre-échange» avec elle.

Washington a fait «volte-face» sur la participation d’Ankara au programme des F-35, sans doute de peur de définitivement perdre un allié stratégique, estime dans un entretien accordé à Sputnik le général-lieutenant turc à la retraite Erdogan Karakus, président de l’Association turque des officiers à la retraite.

«La Turquie fait preuve de détermination quant à l’instauration d’une zone de sécurité à l’est de l’Euphrate. Par ailleurs, les Américains comprennent eux-mêmes parfaitement que l’achat par la Turquie de S-400 russes ne mènera pas à des fuites de données sur le F-35. […] C’est pourquoi les États-Unis font volte-face sur la question des F-35 de peur de perdre définitivement la Turquie», explique l’expert.

Ceyhun Bozkurt, rédacteur en chef de l’édition Yorunge et du site d’information SuperHaber, s’est également exprimé pour Sputnik. Il lie le revirement de l’attitude américaine face à la Turquie dans la question des F-35 à la volonté des États-Unis de contenir l’action turque sur le territoire de la Syrie.

«Il n’est pas exclu que la Turquie resserre ses relations avec les États-Unis», mais cela «ne changera pas la position d’Ankara sur les territoires à l’est de l’Euphrate et l’instauration d’une zone de sécurité», résume l’observateur politique Ceyhun Bozkurt.

En 2017, la Turquie a signé avec la Russie un contrat estimé à plus de 2 milliards d’euros sur la livraison de quatre batteries de S-400. Washington a insisté pour qu’Ankara renonce à cet achat au profit des Patriot, affirmant que le système d’armement russe était incompatible avec les normes de sécurité de l’Otan et pourrait ainsi compromettre les opérations des F-35 de cinquième génération.

En juillet, Washington a annoncé qu’il ne fournirait pas de chasseurs furtifs F-35 à la Turquie et avoir exclu la Turquie du programme de développement de l’avion de combat en question.

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L’État islamique s’installe dans le Mozambique et en Centrafrique

Après l’Afrique de l’Ouest, la région du lac Tchad et le Congo, l’État islamique continue son expansion. L’organisation terroriste – qui a pu évacuer de Syrie une partie de son trésor de guerre, disposerait de plusieurs centaines de millions de dollars sur des comptes et d’une tonne d’or en lingots. Loin de ses richesses à son apogée au Levant mais suffisant pour financer son expansion, via l’affiliation de groupes armés un peu partout dans le monde. Deux attaques ont eu lieu au Mozambique ces dernières semaines.

Le 26 juillet, la wilaya Afrique centrale de l’EI a revendiqué une attaque contre l’armée gouvernementale du Mozambique à Kujul, dans le district de Macumia. Les combattants islamistes ont tué plusieurs militaires et se sont emparés d’armes et de munitions. Le même jour, l’EI a aussi revendiqué l’exécution de quatre « espions » qui collaboraient avec l’armée et la destruction de leurs maisons à Macul, district de Mosimboa-da-Praya.

Au Mozambique, l’EI soutient en fait une insurrection islamiste violente, qui sévit dans le nord du pays majoritairement musulman et riche en hydrocarbures offshore (et en rubis) depuis le 5 octobre 2017 (province de Cabo Delgado) ; plus de 200 personnes ont déjà été tuées à la machette par les insurgés, lors de raids sur les villages ou de barrages routiers improvisés. Les insurgés attaquaient initialement l’armée et la police, puis s’en sont pris aux officiels et aux civils qui les soutiennent.

Pour le seul mois de mai, ces insurgés appelés localement « shebabs », jeunes en arabe – et qui réclament comme leurs homologues de Somalie la stricte application de la charia – ont tué plus de 40 personnes. Eux-mêmes seraient près de 1 000 et s’étaient initialement radicalisés au contact d’un imam étranger installé dans le pays.

Parmi eux, des Tanzaniens et des Zaïrois, certains avec une formation militaire, qui entretiendraient des contacts suivis avec les islamistes du sud de la Tanzanie, selon le think tank international Crisis Group. Le gouvernement du Mozambique a répliqué par la fermeture de plusieurs mosquées radicales, plusieurs centaines d’arrestations et l’envoi de l’armée, ce qui a eu pour conséquence de radicaliser plus encore la rébellion…

La première attaque revendiquée par l’EI remonte au 5 juin 2019 : alors, les djihadistes ont affirmé avoir repoussé les forces gouvernementales dans le village de Metubi, s’emparant d’armes et de roquettes. Le gouvernement a démenti cette revendication, suivi par un certain nombre d’experts.  En vain. Une autre attaque revendiquée par l’EI dans le village de Lidjungo, district de Nangade, a fait sept morts, six civils et un policier le 3 juillet dernier.

En Centrafrique, le 25 juillet, l’État islamique a publié une vidéo qui est la première officielle de la « Wilaya Afrique Centrale ». On y voit des combattants armés de Kalachnikov chinoises, mais aussi de fusils d’assaut Daewoo K2. Ces derniers ont été achetés, au nombre de 30.000, par la police nigériane en 2006 et certains d’entre eux ont depuis été détournés au bénéfice des contrebandiers. Sur la vidéo, on voit aussi des fusils d’assauts courts Galil MAR et des fusils de précision Galil Galatz – ces deux derniers types d’armes semblent avoir été récupérés par les djihadistes au Congo lors d’une attaque sur une base de l’ONU en mai 2019.

Louis-Benoît Greffe

Crédit photos: DR
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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Mohamed Louizi accuse Tareq Oubrou de double discours dans un billet très étayé et dénonce la naïveté des gouvernants et des médias

Il faut être deux pour mentir, dirait Homer Simpson, un pour mentir, l’autre pour écouter. Dans «l’archipel français»[1], cette vieille démocratie usée, abusée et défigurée, il semblerait qu’il faille être trois. Certains médias se prêtent hélas à ce jeu d’intermédiaire. Acteurs ultra-puissants, censés honorer ce quatrième pouvoir démocratique indépendant au service du seul intérêt général et du droit à l’information, ils amplifient occasionnellement bien des escobarderies islamistes, à tel point que l’on ne sait pas s’ils assurent, dans la complicité, un rôle actif de «chiens de garde»[2] de quelques intérêts privés, ou s’ils se plaisent dans un rôle passif, par paresse intellectuelle doublée d’une fascination sinistre pour les «marchands du temple» frérosalafiste. On ne sait s’ils s’arrangent avec la vérité par négligence volontaire, et à l’insu de leur plein gré, ou s’ils relayent par imprudence les mensonges de l’islamisme rompu, à dessein, à la désinformation délibérée.

Tel un sermon funèbre précédant l’inhumation de ce qui reste encore de notre République, tel l’ultime acte politique d’une islamisation en marche depuis plus de quarante ans[3], la vigoureuse promotion multiforme accordée à l’essai signé par l’islamiste Tareq Oubrou (طارق أوبرو), Appel à la réconciliation, foi musulmane et valeurs de la République française (Plan – 2019), en est témoin. Elle résonne comme un triste chant du cygne dans l’esprit de tout citoyen rongé par ce sentiment d’impuissance face à un État peu enclin à entendre les alertes au sujet de l’islamisme, et qui ne les entend pas du tout de cette oreille. Les «dix-huit ans de terreur»[4] que l’islamisme a imposés à la terre entière depuis le 11 septembre 2001, et les 146.000 victimes recensées, parmi desquelles des Françaises et des Français, n’y changent presque rien.

Médias de droite. Médias de gauche. Peu importe en vérité la ligne éditoriale. Tareq Oubrou, presque comme hier lors de l’ascension médiatique de son comparse Tariq Ramadan (طارق رمضان), bénéficie d’une bienveillance coupable. Il y est invité pour livrer «ses» éléments de langage, souvent sans contradicteur avisé. Le Figaro[5] comme Le Point[6], Sud Ouest[7] comme France 24[8], Valeurs Actuelles[9] comme RMC[10], pour ne citer que ces médias, tous ont participé peu ou prou et à divers degrés à cette opération de communication favorable au projet politique des Frères musulmans en France. Même le site Boulevard Voltaire, souvent classé à l’extrême-droite de l’échiquier médiatique, et qui collabore curieusement, de temps en temps, avec Tareq Oubrou[11], semble lui aussi séduit[12]. C’est dire !

Introduction au «juste milieu»

Non ! Tareq Oubrou n’a pas changé. Et si on lisait l’intégralité de cet essai de 360 pages pour en être certain ? Et si on ne commençait pas la lecture à la page 9, comme le veut la coutume, mais à la page 189, correspondant au chapitre 7, qui devrait plutôt faire office d’introduction, ou d’avertissement préliminaire ? Et si on ne recommençait la lecture de l’essai, dans le sens croissant des numéros de pages, qu’après avoir lu ce chapitre en premier ? Il est question de mensonges assumés, de ruses théorisées et de choix prémédités de dissimulation avec son lot de contradictions sous-tendant un texte incontestablement polystyle. Serait-ce un ouvrage collectif ? Serait-ce la synthèse de plusieurs auteurs ? Le doute est permis.
[…]
Passons sur les traductions orientées de versets qui ont conduit Tareq Oubrou à des conclusions insensées[14]. Ce qui devrait mettre la puce à l’oreille des journalistes, ce sont bien d’autres passages où Tareq Oubrou, s’exprimant en casuiste habitué du grand écart, évoque les vertus du «mensonge pieux»[15] et livre sa conception et son usage de la vérité dans son supposé écrit.

«La sagesse – dit-il – exige de ne pas dire la vérité toujours et à tout le monde. Dieu lui-même n’a pas tout dit.»[16] Plus culotté que lui, tu meurs ! «La vérité est comme un médicament, il y a une dose à ne pas dépasser. Une vérité peut tuer non seulement le corps, mais aussi l’âme.»[17] Il ajoute : «Notre livre lui-même s’est imposé cette éthique : ne pas tout dire, de peur d’être mal compris ou de blesser. La sagesse le commande, même si je risque, déjà, d’en trop dire.»[18] Ailleurs, il écrit : «Nous évitons d’être trop précis, trop carrés et trop frontaux, plus que ne l’exige le problème.»[19] Le lecteur doit alors avaler plus d’une centaine de pages avant de comprendre (ou pas) qu’il s’est fait berner en bonne et due forme. J’y reviendrai.

Une lecture sans concession, sans complaisance, s’impose alors, car l’enjeu civilisationnel pour la France comme pour l’Europe, est énorme. Il s’agit, ni plus ni moins, de l’expression d’un contre-projet de société, adoubé par le pouvoir macronien depuis les prémices[20] de la campagne présidentielle de 2017, et porté devant la scène, avec l’aide des médias, par le tandem Hakim El-Karoui et Tareq Oubrou, pour ne pas dire par le réseau influent de l’Institut Montaigne et la nébuleuse obscure des Frères musulmans. Ainsi, l’effet étincelant de cette novlangue, dont use et abuse Tareq Oubrou, s’éteint aussitôt, tel l’écume du jour. Inutile pour lui de multiplier au fil des pages des expressions comme «épistémologie de la réalité»[21], ou «théologie d’acculturation»[22], ou «théologie préventive»[23], ou «théologie de l’altérité»[24] alors qu’il ne s’agit, au fond, que de subterfuges sophistes qui «indiquent le sens et le voilent en même temps»[25], pour espérer blanchir à tour de rôle le sunnisme, puis le salafisme, puis les Frères musulmans.

L’essai qu’il signe précise au fil des pages les contours de cet «islam français» qu’il promeut au milieu d’une doxa enthousiasmée. Et pourtant, il n’est que la synthèse en français de l’héritage salafiste des hadiths d’al-Bukhâri (البخاري), des avis juridiques moyenâgeux d’al-Shafi’î (الشافعي), des fatwas takfiristes d’Ibn Taymiyya (ابن تيمية) et des extravagances d’al-Ghazâlî (الغزالي), actualisés, reformulés et augmentés des projections califalistes d’Hassan al-Banna (حسن البنا) et de ses successeurs Youssef al-Qaradawi (يوسف القرضاوي) et Fayçal Mawlawi (فيصل مولوي).

Cet essai décrit surtout des procédés de communication que l’on trouve chez des jésuites célèbres comme Antonio Escobar y Mendoza (1589-1669), confirme des standards idéologiques, expose les exemples d’un attachement dogmatique à un courant de pensée, en particulier, et révèle le sens d’un engagement au service d’un projet qui compte soumettre l’esprit laïque français à l’usure du temps qui passe, et modifier in fine la loi de 1905 dite de Séparation des Églises et de l’Etat, par le fait de Jupiter et de sa galaxie déraisonnablement accommodante à l’excès.

Pile ou face

Côté pile, Tareq Oubrou […] dit aussi que «le mensonge n’est pas compatible avec la foi.»[28]
[…]
Côté face, Tareq Oubrou entame en douceur, dans un premier temps, une inflexion en posant la question de la moralité de la véracité qui peut diviser et celle de l’hypocrisie, de la dissimulation et du mensonge qui peuvent réconcilier. «La véracité procure confiance. Elle doit aussi et surtout être une parole de réconciliation. D’où les questions de la véracité qui peut diviser et du mensonge qui peut être, au contraire, réconciliateur : sont-ils moraux ?»[35] s’interroge-t-il. Ainsi, au nom d’une certaine idée de la lucidité[36], il change aussitôt son fusil d’épaule, tourne le dos subitement à la morale religieuse, à la morale tout court, et se lance à vive allure dans la justification du mensonge :

A la question «Quand le mensonge devient-il moral ?»[37], il répond : «parfois il faut taire certaines vérités, notamment quand elles risquent d’être contre-productives ou de créer le désordre. La sagesse dit que toute vérité n’est pas bonne à dire.»[38] Mais de quelle sagesse parle-t-il ? Pis, Tareq Oubrou considère la vérité comme un danger. «Le pire qui nous guette – dit-il – n’est peut-être pas le mensonge simple, ni même celui de la diplomatie, voué à confondre l’adversaire, mais un certain «dire-vrai».»[39] Dans son éloge du mensonge et de la dissimulation, il va jusqu’à s’appuyer sur des situations exceptionnelles pour les légitimer. «Une vérité peut enlever des vies, un mensonge peut les sauver.»[40] dit-il. Pour appuyer cet avis, il n’hésite pas à établir une comparaison avec «les sages-femmes qui ont sauvé par le mensonge les nouveau-nés des Hébreux de la mort, avec la récompense et l’approbation du Seigneur (Ex 1, 19). Ou bien ces personnes qui ont caché des enfants juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. »[41] Ou comment instrumentaliser la douleur des juifs pour justifier les mensonges des islamistes, à l’image de ce qu’a fait une militante islamiste du Nord, Zakia Meziani[42], pour justifier le port du burkini dans les piscines municipales.

Dès que cette énormité osée est commise, tel un jésuite en opération de séduction d’un autre jésuite[43], Tareq Oubrou se met en roue libre en assumant, s’agissant de l’ouvrage publié sous son nom, le mensonge et la duplicité du discours. «C’est pour cette raison que nous ne dirons pas que tout mensonge est un péché, comme le défend Augustin en se référant probablement, à la lettre, à l’Evangile quand Jésus dit : «Que votre parole soit oui, oui, non, non ; ce qu’on y ajoute vient du mauvais.»»[44] Il se dit, par ailleurs, «sceptique à l’égard du rigorisme moral de Kant – marqué par son éducation protestante – et de Fichte qui interdit tout droit de mentir quelle que soit la situation, comme Augustin.»[45] Quid donc de la morale ?

Eloge du mensonge pieux

Il soutient que «la morale n’est pas une essence, mais une relation, et c’est de la nature de cette relation dont dépend la morale.»[46] Rien n’est donc figé dans son esprit. Tout est mouvant. Tout est permis. Le bien comme le mal n’existent plus en tant que tel. La vérité, dévalorisée dans la bourse des valeurs islamistes, n’est reconnue qu’en vertu de ce qu’elle produit, ou pas, comme effets. Elle n’est plus ce phare fixe, stable et résistant à la submersion qui guide les navires perdus vers les côtes paisibles. Elle devient ce phare fugace, aussi flottant que submersible, qui n’indique plus aucun repère, ni aucune direction, si ce n’est la direction aléatoire vers la fortune de mer. «La fin justifie les moyens»[47] disait Philippe van den Clyte, contemporain de Nicolas Machiavel, après avoir trahi Charles le Téméraire, pour se mettre au service de Louis XI.

Car, «rien ne vaut une vie, une paix, une réconciliation»[48], conclut Tareq Oubrou, y compris sur la base du mensonge. Ainsi, il enfonce le dernier clou dans le cercueil de la vérité quand il prévient que «si le mensonge permet la réconciliation, le mensonge devient alors moral. Il devient recommandé, voire obligatoire, car il n’est plus mensonge.»[49] Mais une «réconciliation», fruit du mensonge et de la taqiyya, est-elle sincère et authentique ? Que fera-t-on au moment où l’on découvrira le pot aux roses ? Les journalistes, qui n’avaient visiblement pas lu ces passages, encore moins l’intégralité de l’essai, n’ont simplement pas posé ce genre de questions pour exiger de lui des clarifications sans ambiguïté.

Il va de soi, dans tout esprit lucide, qu’aucune réconciliation n’est sincère, et encore moins durable, quand elle s’appuie sur des mensonges pour s’établir. Tareq Oubrou savait qu’il n’allait jamais être confronté à la stricte vérité de ses écrits. Dès lors, il pouvait rabâcher sans frein ses éléments de langage alors que son prétendu écrit fait l’éloge du mensonge pour atteindre les objectifs politiques de l’islamisme. «Mentir [parfois], c’est commettre un moindre mal, comme le soutien à juste titre Thomas d’Aquin. Avec lui, il y a possibilité dans le christianisme pour un «mensonge pieux».»[50] Tareq Oubrou fait sien le compromis thomiste et explique que sa «morale» est, de ce point de vue, «conséquentialiste»[51], au sens, précise-t-il en note de bas de page, qu’elle «qualifie l’acte moral en fonction de ses effets et de ses conséquences, positives ou négatives»[52] !

Le mensonge devient alors neutre en soi. Et ce sont ses conséquences désirables ou ses effets indésirables qui le rangent soit dans la case du bien, soit dans celle du mal. S’il est inadmissible au nom de la vertu d’appliquer ce concept immoral sur le dire-vrai, on ne peut imaginer que Tareq Oubrou puisse l’appliquer aussi pour apprécier d’autres actes : tuer, voler et violer. Car, au nom de sa théorie dite de la «morale conséquentialiste», pourrait-il considérer aussi que l’acte de tuer des individus et de terroriser des populations ne serait ni bien ni mal en soi, et qu’il devrait être apprécié à l’aune de ses effets positifs ou négatifs ? Daesh (تنظيم الدولة الإسلامية في العراق و الشام), Al-Qaïda (تنظيم القاعدة) et tous les groupes terroristes, croient aussi en cette théorie fumeuse qui fait avancer la cause de l’islam politique en Occident, en marchant et en roulant sur les cadavres des innocents. Ces groupes terroristes appliquent aussi la théorie de la «morale conséquentialiste». Chez eux, s’ils jurent que leur dogme interdit de tuer, leur «morale» leur permet de tuer pour la cause d’Allah.

Oubrou murmure-t-il à l’oreille gauche de Laetitia Avia ?

On remarque par ailleurs qu’il ne tolère pas l’usage des rumeurs. Etonnant de la part de celui qui légitime le mensonge ! «Le plus dangereux – dit-il – ce sont les rumeurs et les diffamations qui portent atteinte aux personnes, influent les élections et déstabilisent des Etats, entre autres dangers. Le plus menaçant, c’est lorsque l’information sur la religion se dispense via des rumeurs colportées par des anonymes.»[53] Par conséquent, il plaide, comme tout islamiste, pour une limitation de la liberté de pensée et d’expression qui gêne tant les islamistes. Face à elle, ceux-là diversifient les outils de l’arsenal jihadiste, dans un parfait partage des rôles, s’inscrivant dans une logique de continuité entre, d’un côté, ceux qui instrumentalisent les dispositions du droit français, au sein des prétoires de la République sans que des Parquets s’y opposent fermement. Ils multiplient ainsi des procès pour diffamation contre des plumes libres. Ils sont aidés parfois par des propositions de loi favorables à l’islamisme[54]. Et ceux, de l’autre côté, qui, passant à travers un maillage sécuritaire affaibli par une curieuse réforme de l’époque sarkozyste, s’infiltrent au sein même d’une agence de presse, d’une rédaction de joyeux caricaturistes, et tirent à la kalachnikov à bout portant visant des têtes, et au-delà même, les crayons de la liberté.

Tareq Oubrou écrit : «Si bien que nous sommes passés de l’extrême censure de l’institution religieuse officielle du Moyen Âge à celle des Etats totalitaires, et qu’aujourd’hui nous vivons sous la tyrannie de la rumeur numérique qui s’exprime sans aucun moyen de censure. Cette liberté de pensée sans limite crée un désordre et une insécurité mentale et physique. A ce titre, il faut reconnaître un vrai retard du droit par rapport à l’évolution de la notion de l’espace public, qui doit intégrer l’espace virtuel en interdisant l’anonymat […]»[55] Le gouvernement s’apprête à l’écouter. Sans que l’on soit pour la rumeur ou pour son usage, surtout ici où l’attachement aux faits n’est pas une seconde nature, les dispositifs de la loi 1881 sont suffisants pour cadrer la liberté d’expression[56] et pour garantir l’expression des libertés dans le strict respect des droits de chacun.


[…]

L’art de la guerre

Tareq Oubrou plaide aussi en faveur de l’usage de la ruse. Il va jusqu’à puiser des légitimations dans le registre scripturaire sunnite ancestral, relatif au temps de guerre, en rappelant un hadith attribué au Prophète : «La guerre, c’est la ruse.»[58] (الحرب خدعة) Son commentaire laisse pantois. «La ruse – dit-il – n’est pas le mensonge dans le sens de tromper la confiance des autres […]. La ruse dont [le Prophète] parlait n’est donc ni fausseté ni trahison, mais simple économie morale pour résoudre un conflit. Un moyen d’obtenir une victoire par la diplomatie et à moindre coût humain et matériel. Une ruse qui permet d’éviter l’effusion de sang ou de fléchir l’ennemi sans combat.»[59] Tout lecteur attentif au sens des mots ne peut qu’être interrogatif face à cette terminologie surprenante, ce champ lexical guerrier : «conflit», «victoire», «ennemi», «combat», etc. Oubrou s’imagine-t-il en guerre sainte pour déployer un tel effort argumentatif et sémantique et évoquer la ruse comme solution, comme tactique ?

Il va même jusqu’à évoquer le souvenir de Sun Tzu, ce général de l’armée chinoise du VIème siècle avant notre ère, l’auteur de l’ouvrage de stratégie militaire, L’art de la guerre. Tareq Oubrou dit que «le Prophète n’a fait ici que confirmer une sagesse ancienne de Sun Tzu, qui disait aux armées que ne pas livrer bataille et uniquement immobiliser l’armée de l’ennemi était encore mieux que de remporter cent victoires. Tout cela est vrai et d’une grande sagesse.»[60] Là aussi il est question d’«immobiliser l’armée de l’ennemi». Mais de quel «ennemi» parle-t-il alors que le sujet semble être la France et les Français et qu’il prétend plaider pour une «réconciliation» ? Le discours martial de Tareq Oubrou évoque «l’ennemi» dans un autre passage quand il dit que «le mal n’étant pas foncier, l’ennemi non plus. Il y a toujours une voie possible pour faire triompher la réconciliation»[61], synonyme du Tamkine islamiste (التمكين), par la ruse et taqiyya (التقية).

C’est aussi cette ruse qu’il recommande à son entourage de «l’école de Bordeaux» qui semble être, comme on peut le deviner, dans les combines complotistes autoréalisatrices. Tareq Oubrou l’avoue en disant qu’il «aime toujours rappeler cette sagesse à [son] entourage : «si vous êtes obligé, par accident et sous l’effet de la tentation et de la faiblesse, de creuser un piège pour autrui, ne le faites pas trop profond et aménagez-le un peu, car il se peut que vous y tombiez.» Nous sommes souvent la première victime de nos mensonges et de nos méfiances.»[62] Il en est conscient. «Un homme averti en vaut deux», dit le dicton. Il sait, par ailleurs, que «la corde du mensonge est courte» (حبل الكذب قصير), comme le dit un proverbe arabe, et que la vérité sait triompher du mensonge. Il prépare donc le terrain à l’éventualité du grand déballage qui ne pourrait pas se passer sans violences.

L’islamisme, coutumier de la politique de la terre brûlée, ne s’avoue jamais vaincu surtout face à un Etat apprivoisé à singer l’autruche. Pourtant, le pouvoir exécutif devrait tenir compte de cette situation hautement explosive, décrite en filigrane lorsque l’autoproclamé imam prévient que «si la vérité s’impose – et nous sommes partisans – dit-il – de dire et de nommer les choses –, elle doit se faire de façon à ne pas précipiter le mal qu’elle dénoncerait, comme les personnes qui aujourd’hui décrivent la situation de notre société en y décelant un risque de séparatisme du fait de la présence musulmane travaillée par une logique identitariste.»[63] Sagesse ou menace ? Ce qui est certain, c’est que ce ne sont pas les artisans du séparatisme islamiste, les Frères musulmans, qui vont assumer leur responsabilité. Loin s’en faut. La faute, en cas de conflit, est d’ores et déjà attribuée à celles et ceux qui ont décidé de briser le «Silence coupable»[64], de dire la vérité, de «voir et dire ce que l’on voit»[65] à leurs dépens et sous les feux de la rampe.

Théologie des loups

L’enjeu est de taille. Il s’agit pour Tareq Oubrou et pour ses Frères musulmans de «négocier [un] virage en tête d’épingle»[66], dit-il, au moment où des forces régionales et internationales commencent sérieusement à vouloir s’occuper de leur cas[67]-[68]. D’où son plaidoyer pour une «présence musulmane [islamiste, ndlr] discrète pour éviter de provoquer le christianisme identitaire»[69] et «d’exciter un laïcisme forcené»[70]. En tacticien coutumier des concessions en trompe-l’œil, il définit le courage comme étant l’art d’éviter les obstacles. Le tout en toute discrétion. «Le courage ne consiste pas forcément à s’exposer ou à foncer tête baissée, parfois il exige de savoir éviter l’obstacle.»[71]

Un exemple ? «L’animal, quand il pénètre un milieu qu’il ne connait pas très bien encore, minimise ses mouvements et réduit prudemment sa visibilité afin de ne pas perturber l’équilibre écologique de son nouvel environnement, perturbation dont il serait le premier à subir les conséquences.»[72] Il plaide alors en faveur d’une «adaptation éthologique et écologique»[73] et recommande aux musulmans d’ «apprendre de l’écologie animale»[74] en mettant en perspective «son» concept de la «théologie d’acculturation»[75] qu’il a appris, comme il le reconnaît lui-même, chez Ibn Taymiyya. J’y reviendrai. On conviendrait qu’un loup solitaire est toujours prudent quand il n’a pas encore marqué son territoire et n’a pas été accepté au sein d’une meute. Mais dès qu’il retrouve ses pairs et ses repères, point de prudence inutile, point de solitude. Il est désormais chez lui. Il fait régner sa loi.

En lisant ce passage, on risque d’oublier que l’on parle, au fond, de citoyens, d’Etat démocratique, de Constitution, de lois, d’institutions, de contrat social et de pacte républicain. Tareq Oubrou oublierait-il que la France n’est pas une jungle et que les citoyens musulmans ne sont pas des animaux qui chercheraient à marquer prudemment leur territoire face à l’adversité ? Pas tout à fait car il prend soin de rassurer son lectorat dans d’autres passages, quand il dit que «le seul droit que notre sharia reconnait est celui de la République» en empruntant au passage, presque mot pour mot, ce qu’avait dit en avril 2015 l’islamiste Amar Lasfar (عمر الأصفر), président des Frères musulmans en France, à Jean-Pierre Elkabbach sur les ondes d’Europe 1 : «La loi des Musulmans c’est la loi de la République française.» [76] Vraiment ?

«Respecter et se plier à une loi est une chose – écrit Tareq Oubrou –, être d’accord avec elle en est une autre. Nous avons l’exemple de l’opposition de l’Eglise catholique au mariage homosexuel. Ce qui est légal n’est pas forcément moral pour certaines personnes, selon leur conscience et leur conviction religieuse, philosophique ou autre. Les musulmans ne sont pas une exception en ce domaine. Ce qui est légal juridiquement n’est pas forcément moral islamiquement.»[77] Il dit par ailleurs que «ce qui est conforme au droit canonique doit l’être aussi au droit positif. En revanche, tout ce qui est conforme au droit positif ne l’est pas forcément aux yeux du droit canonique.»[78]

Il tient à préciser aussi que «la fonction de juge musulman (cadi) est suspendue par [sa] «sharia de minorité »»[79] On note, premièrement, que dans la vraie vie, les Frères musulmans possèdent des structures communautaristes de médiation implantées, ici où là, pour résoudre les problèmes et conflits conjugaux en dehors du circuit de la Justice et du Code de la famille. Deuxièmement, Tareq Oubrou parle d’une fonction «suspendue». En français, «suspendre»[80] veut dire, entre autres : «interrompre temporairement une action, un processus », «interrompre une audience pendant un temps limité», «réserver son jugement dans l’attente d’un complément d’information ou pour s’accorder le temps d’une réflexion plus approfondie.» Le caractère temporaire étant lié à l’action de suspendre, il est à craindre que lorsque la minorité n’est plus une minorité, on bascule définitivement vers la sharia tout court. Les mots ont un sens.

C’est certainement cette conception floue à dessein qui permet à certains imams d’être polygames au vu et au su de la République. La polygamie étant interdite par le droit positif français mais pas par la sharia, certains frérosalafistes sont polygames au vu et au su de la République et bénéficient à ce titre d’allocations familiales pour deux ou plusieurs foyers. Le droit positif n’interdisant pas d’avoir des maîtresses, le droit canonique saisit l’opportunité jouissive pour en faire un alibi.

[…]on peut relire l’article-décryptage «Projet islamiste : Tareq Oubrou décalotte Tareq Oubrou»[83] et visionner la vidéo d’une conférence qu’il a donnée dans un centre islamiste à Stains, en Seine Saint-Denis (93), dirigé par son «frère» Nabil Ennasri. Il avait dit : «Moi en tant que théoricien, métaphysicien, je vois le présent mais je vois le temps long. Le temps de la religion, ce n’est pas le temps du politique, ce n’est pas le temps de l’identité. C’est une vision qui s’inscrit à long terme. Si on veut vraiment que l’islam soit une religion de l’Occident, il faut du temps. Celui qui veut courir quarante kilomètres ce n’est pas comme celui qui veut faire cent mètres. Ce n’est pas le même rythme.»[84] A la page 315 du présent essai, il propose une formule synthétique : «La religion n’est pas derrière nous, mais devant nous.»[85] Il reprend le propos du sociologue des religions, Peter Ludwig Berger, américain d’origine autrichienne, et son «pari du retour à la religion»[86].


On se croirait en immersion dans le jeu de société, Les Loups-Garous de Thiercelieux[87], étendu à une plus grande échelle que celle d’un petit village. La meute des loups-garous, qui compte en son sein bon nombre d’islamistes, joue un double jeu.
[…] Un associé redoutable des loups-garous dont le profil sournois renvoie bien à d’autres que l’on croise dans la vraie vie, sur des plateaux télé comme dans certains conseils municipaux et qui se trouvent à des postes sensibles : politique, médiatique et économique. Force est de constater que parfois, la cruauté de la vraie vie dépasse tout ce que l’on peut ressentir dans un jeu de fiction. On en vient à confondre les islamistes et les démocrates, les riches communicants faussaires munis d’une carte de presse et les pauvres lanceurs d’alertes.

A l’école du soir du jésuite Baltasar Gracián

[…]
On peut multiplier les exemples qui démontrent que Tareq Oubrou a toujours une langue fourchue. Il n’a pas changé et j’ose dire qu’il ne changera pas.[…]

Toutefois, la duplicité la plus inquiétante est celle qui le fait passer pour un ex-Frère musulman[104], organiquement et idéologiquement parlant, alors que plus Frère musulman que lui, dans la visée lointaine, dans les projections qui comptent beaucoup sur le temps long, et dans l’art et la manière, tu meurs ! Celle qui le fait passer pour «artisan d’un islam libéral»[105] alors que plus sunnite que lui, plus traditionnaliste que lui, plus islamiste que lui, plus salafiste que lui, il est difficile d’en trouver un qui cumule dans un même curriculum vitae tant d’aptitudes et de compétences en la matière. Sa proximité désormais assumée avec l’héritage jésuite, dans l’attitude morale comme dans la terminologie utilisée, ainsi que dans sa façon de s’exprimer médiatiquement au sujet de l’islam, permet à cette duplicité de s’inscrire dans un ancrage qui plairait aux vrais jésuites du pouvoir, à Paris et à Rome, et de certains médias qui voient dans sa voie et dans sa voix une opportunité pour une revanche cléricale à moindre frais contre la laïcité.

Machine à blanchir l’islamisme

«Le mot «islamiste» dans nos propos – dit-il – n’est pas forcément péjoratif, car il recouvre des réalités différentes, voire opposées : des plus pacifiques aux plus violentes ; des plus politisées aux plus apolitisées, comme les tablighis.»[106] Encore une fois, il blanchit un concept sur la base d’une demi-vérité, synonyme d’un demi-mensonge. Car, bien que le mouvement multinational des Tablighis[107] (جماعة الدعوة و التبليغ) n’ait pas, officiellement, d’objectifs politiques visant le Tamkine (التمكين) et la prise du pouvoir par le biais de l’entrisme patient et les élections à l’instar des Frères musulmans, leur rôle prosélyte s’avère encore plus déterminant, plus porteur, dans le processus de «l’islamisation par le bas»[108], préparant ainsi le terrain et la masse, dans une complémentarité sournoise, à l’islam politique. J’ose penser que les territoires qui connaissent une poussée fulgurante de l’islam des Tablighis sont les mêmes que cible prioritairement la nébuleuse des Frères musulmans (جماعة الإخوان المسلمين). En langage des travaux publics, les Tablighis assurent le travail de terrassement préparant le terrain aux Frères musulmans qui viennent construire les fondations et les murs.

L’islamisation du département de la Seine-Saint Denis, là où le siège de ce mouvement a été établi[109] dans les années 1980, en témoigne. L’enquête Incha’Allah, l’islamisation à visage découvert (Fayard – 2019), de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, mesure l’envergure de cette action prosélyte, longtemps tolérée par les autorités dans l’espoir de «pacifier les cités»[110]. Des jeunes Français radicalisés et partis faire le jihad armé en Syrie et en Irak sont issus de ce mouvement. Originaires de Lunel[111]-[112], ils ont connu l’islam par la porte des Tablighis, ont rejoint les rangs des jihadistes et sont morts sur le terrain pour une cause éminemment politique. «En mai 2013, l’homme qui avait agressé un militaire à La défense à l’arme blanche était passé par les réseaux tablighis.»[113] Tareq Oubrou peut toujours essayer de blanchir l’islamisme qui est foncièrement politique, mais les faits sont têtus.

Par ailleurs, dans cette même opération de blanchiment, il ne ménage aucun effort pour crédibiliser les Frères musulmans qui ne poseraient aucun problème, selon ses dires, car «légalistes et structurés»[114].[…]

Les Frères des armes

[…]
Et si on s’intéressait à la vision de Tareq Oubrou, lui-même, au sujet du recours au jihad armé ? N’embrasse-t-il pas cette même vision qui légitime le recours aux armes sous certaines conditions ? En effet, dans son essai, il résume l’avis de ce qu’il nomme «mouvance sunnite (orthodoxe)»[142] sous forme d’une «règle du droit canonique»[143] en ces termes : «Ni les individus ni les groupes n’ont le droit de se faire justice par eux-mêmes, seulement en situation d’extrême danger, par instinct de survie ou en cas de légitime défense[144] Il ne critique pas cette vision qui laisse la porte entrouverte du recours à la violence.

Ce passage équivoque rappelle curieusement la position de Tariq Ramadan dans son essai, De l’islam et des musulmans (Presse du Châtelet – 2014). Ce dernier dit que «le jihad est à l’humanité de l’homme ce que l’instinct est au comportement de l’animal»[145], avant d’exposer sa fatwa : «Si une femme ou un homme est clairement persécuté pour sa religion, elle ou il a le droit de résister. Cette résistance [jihad] devra être pensée à la mesure de l’oppression ou de la présentation auxquelles on fait face : les armes sont l’ultime recours si toutes les voies sont inopérantes et qu’on se trouve dans une situation de total déni de droit et/ou sous une domination injuste, éradicatrice ou génocidaire. Les musulmans doivent alors agir et résister.»[146] Comme si l’on était dans une jungle et non dans un état démocratique qui, de par ses institutions régaliennes (police, justice, armée), interdit à tout citoyen de faire justice lui-même et lui interdit aussi tout recours à la violence[147].


Par conséquent, si Tareq Oubrou prend soin de citer Max Weber, «seul l’Etat a le monopole d’une violence légitime»[148], on ne sait pas vraiment s’il considère légitime, comme Tariq Ramadan, le recours à la violence «en situation d’extrême danger, par instinct de survie ou en cas de légitime défense» surtout quand la légitimité de l’Etat providence est contestée, principalement par les Frères musulmans, comme en Syrie, en Libye, en Egypte et peut-être demain sur un territoire national travaillé par la logique séparatiste islamiste comme l’était la Bosnie-Herzégovine dans les années 1992. Serait-il en phase avec ladite «règle du droit canonique» précitée de la mouvance sunnite qui légitime le jihad armé ? Tareq Oubrou est moins disant à ce sujet. Toutefois, cette position dangereuse qui semble être partagée par Tareq Oubrou et Tariq Ramadan, rend possible le recours à la violence et aux armes et s’inscrit dans la droite ligne de la vision jihadiste d’Hassan al-Banna, le fondateur des Frères musulmans et l’auteur de la «Lettre du jihad»[149] (رسالة الجهاد), le «livre rouge» de l’idéologie du juste milieu.
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L’église frériste au milieu du village gaulois ?

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On voit bien que Tareq Oubrou qui, par ailleurs, appelle les musulmans à la discrétion et qui fustige la «théologie de l’ostentation qui fait de la visibilité identitaire une obligation»[158], est le même à plaider, à la page 339, «pour une visibilité de l’institution religieuse musulmane»[159]. Il est pour l’ostentation d’une instance communautariste de pression sur le pouvoir public et de régulation des champs socioreligieux selon les intérêts de l’islam politique. Il est aussi pour l’effacement des individus qui seraient sous la tutelle de cette instance. Un effacement somme toute temporaire et de circonstance. C’est la communauté qui prend le dessus sur l’individu alors que la laïcité et la loi 1905 doivent rester une protection de l’individu contre les pressions communautaristes.
[…]

Fidélité à Ibn Idriss

Tareq Oubrou est un salafiste d’une espèce hybride adaptée à l’air du temps. Sa conception des Ecritures est salafiste tout comme le sont ses références. Alors qu’il se garde bien de définir exactement le terme «sunna» (السنة), sommairement décrite comme étant «la tradition du Prophète (sunna ou hadith), qui est pour tous les musulmans la deuxième source scripturaire de l’islam »[160], il entretient tout au long de l’essai la confusion pour s’en servir au gré des paragraphes, tel un casuiste, qui, sans gêne, affirme une chose et son contraire, dans une plasticité faussaire qui donne le vertige.

Comme tout salafiste, il accorde une importance majeure à la sunna en la considérant clairement comme faisant partie de la révélation divine. «En effet, il n’y a pas que le Coran comme mode de révélation divine, la sunna – dit-il – en est la deuxième strate. Certes, elle est d’expression humaine, mais elle reste d’origine divine, donc habilitée à ce titre à abroger le Coran.»[161]
[…]

De son point de vue, la sunna, formalisée dans des hadiths, n’est pas uniquement de source divine mais elle a le pouvoir d’abroger les versets du Livre saint des musulmans. Par conséquent, les terroristes de Daesh qui s’appuient sur des hadiths, dits authentiques, pour justifier leurs atrocités à l’égard des apostats, des adultères, des chrétiens et des minorités religieuses seraient donc conformes à la révélation divine ? Un hadith dit authentique qui appelle à tuer celui qui change de religion est de ce point de vue habilité à abroger des centaines de versets qui instaurent la liberté de conscience. Mais qui a parlé de Tareq Oubrou comme étant «artisan d’un islam libéral» ?
[…]

Au temple d’al-Ghâzâli, le takfiriste des philosophes

D’ailleurs, on remarque qu’il est dans sa cohérence idéologique quand il s’attaque, à plusieurs reprises, comme par nécessité, à l’héritage rationaliste du courant mutazilite[194]-[195]-[196] alors que les débats qu’il invite pour justifier son prétendu «islam français», ici et maintenant, en évoquant ce courant de pensée de manière dépréciative à dessein, sont pour le moins archaïques et surannés. Quel rapport avec la France et les Français, qu’ils soient musulmans ou pas, et leurs préoccupations d’aujourd’hui ? «On présente souvent les mutazilites – dit-il – comme des rationalistes éclairés. Ce n’est qu’une vue de l’esprit.»[197] Néanmoins, ce qui n’est pas une vue de l’esprit, loin s’en faut, mais un naturel idéologique chez lui, c’est bien son côté traditionnaliste et conservateur, fidèle à l’héritage d’un certain Abou Hamid al-Ghâzâli (1058-1111), l’un des pourfendeurs du mutazilisme du moyen-âge et l’un des fanatiques takfiristes des philosophes.

En effet, tout en essayant de se démarquer en apparence d’ Abou Hamid al-Ghâzâli (أبو حامد الغزالي) sur une base sémantique[198], il le décrit par ailleurs comme «un théologien indulgent et ouvert quant au salut des non-musulmans»[199] et un «théologien du doute méthodologique.»[200] Rappelons tout de même que c’était ce même al-Ghâzâli qui, en 1095, avait excommunié les philosophes al-Fârâbî (872-950) et Avicenne (980-1037) dans un factum intitulé Incohérence des philosophes (تهافت الفلاسفة), enfermant le monde arabe entre les murs d’une prison d’obscurantisme à perpétuité. Tareq Oubrou a même osé une comparaison entre les travaux de ce traditionniste sunnite médiéval et ceux de Descartes ! «Quand on lit le Discours de la méthode de Descartes – écrit-il –, on ne peut évacuer l’idée que ce dernier ait été informé des travaux de Ghazâlî, qui vécut sept siècles avant, tant il y a des similitudes entre leurs œuvres.»[201] Pense-t-il vraiment que Descartes aurait plagié al-Ghâzâli ? Ailleurs, il le compare à Thomas d’Aquin et à Leibniz en usant de superlatifs en sa faveur[202].

Tareq Oubrou va encore plus loin dans sa tentative de réhabilitation posthume d’al-Ghâzâli, sur la base de contre-vérités manifestes quand il dit que «dans sa lettre «La distinction décisive» (Fayçal at-tafriqa), [Ghâzâli] a mis en garde contre la facilité qu’ont certains savants musulmans à excommunier ceux qui n’ont pas la même doctrine théologique qu’eux et qui considèrent avec légèreté comme kâfir [mécréant] celui qui n’est pas de leur tendance. Il a essayé de proposer une vision théologique tolérante et ouverte. Il a considéré que tous les Turcs païens, les chrétiens et les autres peuples n’étaient pas concernés par le qualificatif mécréant (kâfir) n’étant pas informés sur la vérité de Mahomet. C’est la première fois qu’un théologien musulman avançait cette analyse avec assurance et explication concernant les non-musulmans de son époque.»[203] Notons qu’il fait référence à un livre du sunnite médiéval dont le titre n’est traduit qu’à moitié. L’autre moitié ne servant pas la démonstration de Tareq Oubrou, elle est donc purement et simplement tue et effacée. Tout lecteur attentif, attaché à la sémantique, questionnerait «distinction décisive» de quoi ? Ou «distinction décisive» entre quoi et quoi ? Surtout que le verbe «distinguer» tend à assumer presque toujours sa transitivité directe et indirecte.

On doit savoir, premièrement, que le titre complet de ce livre d’al-Ghâzâlî est «Critérium de la distinction entre l’islam et l’hérésie» (Fayçal at-tafriqah bayna al-islam wal’zandaqah – فيصل التفرقة بين الإسلام و الزندقة). Ainsi, Tareq Oubrou devrait traduire l’intégralité du titre, La distinction décisive entre l’islam et l’hérésie, et pas uniquement une partie insignifiante car incomplète. Si maintenant on ouvre cet ouvrage au style d’une lettre, on se rend compte très vite qu’il traite de la question du takfirisme (التكفير), l’excommunication, au sein même de la communauté des fidèles musulmans de son siècle. Elle est abordée dans un contexte marqué par une poussée du takfirisme dont le rôle de Ghâzâli, le takfiriste des philosophes, était tout sauf insignifiant. Les adeptes et disciples des différentes écoles dogmatiques, doctrinaires et juridiques s’excommuniaient réciproquement, à l’excès, pour la moindre divergence, pour la moindre interprétation qui dérogeait de la pensée dominante. Ghâzâli voulait s’adresser à travers ce livre, à travers cette lettre, aux musulmans de son époque pour leur expliquer le sens et les conséquences de la mécréance et leur donner des critères, censés être définitifs, qui devaient permettre de distinguer le vrai mécréant, de l’hérétique, du musulman égaré, … et ce, en adoptant un juridisme intolérant et criminel. Tout cela disparait sous la plume de Tareq Oubrou.


Partant de sa définition de la mécréance comme étant, selon al-Ghâzâlî, «la dénégation du message du Prophète»[204] (تكذيب الرسول) et du critère qu’il défendait, «tout mécréant est un négateur du Prophète, et tout négateur est un mécréant»[205], il n’était point question pour Ghâzâlî de tolérer la mécréance en tant que telle ainsi que ceux qu’il considérait comme étant des négateurs. Six catégories expressément citées sont formellement considérées «mécréants» (كفار) dans son opuscule, «les juifs (اليهود), les chrétiens (النصارى), les Brahmanes (البراهمة), les dualistes (الثنوية), les hérétiques (الزنادقة) et les athées (الدهرية)»[206]. Loin d’être un traité de tolérance vis-à-vis des autres religions et philosophies, la référence de Tareq Oubrou est allée encore plus loin dans la définition de la mécréance comme étant un crime sanctionné par la sharia islamique. Ghâzâlî considère qu’il est légitime, du point de vue de l’islam, de «déposséder le mécréant de ses biens»[207] (إباحة المال) et de le «condamner à la mort»[208] (إباحة الدم). Tout mécréant serait destiné, selon Ghâzâli, «à une vie éternelle en Enfer»[209] (الخلود في النار). Mais qui a parlé de tolérance ?

Ailleurs, il recommande que «là où la dénégation s’exprime, il faut excommunier, même lorsqu’il s’agit de dénégation relative à des questions secondaires»[210] (مهما وجد التكذيب وجب التكفير و إن كان في الفروع). Il donne comme exemple de ceux qui méritent d’être excommuniés «celui qui nie la résurrection des corps»[211] entre autres ! On comprend qu’il avait un compte à régler avec le courant rationaliste mutazilite (المعتزلة). Quant aux hérétiques, tous ces musulmans frappés d’excommunication à l’issue mortifère que l’on connait, ils forment «une communauté vouée à l’Enfer»[212] selon Ghâzâlî qui cite un célèbre hadith. Quand Tareq Oubrou fanfaronne que «c’est la première fois qu’un théologien musulman [Ghâzâlî] avançait cette analyse avec assurance et explication concernant les non-musulmans de son époque»[213], et accrédite par un tel propos l’une des deux hypothèses, soit il n’a pas lu l’intégralité du livre de Ghâzâlî qu’il cite, soit il s’arrange avec la vérité comme il sait bien le faire. Et ce n’est pas parce que Tareq Oubrou écrit que «la mécréance [liée au moment de la révélation] est une faute morale, alors que l’incroyance relève de l’erreur intellectuelle, mais légitime»[214] qu’il va réussir à dissiper les doutes et à faire taire les questions légitimes.

Ibn Taymiyya, le Français ?

Par ailleurs, alors que Tareq Oubrou tente astucieusement de se distancier des frères musulmans Mohammed Qotb et Saïd Qotb, «le fameux théoricien de la rupture»[215] dit-il, il réhabilite, en même temps, une référence médiévale du courant takfiriste hanbalite radical, le célèbre Ibn Taymiyya (ابن تيمية). Ici, il dit rejoindre son élève Ibn al-Qayyem (ابن القيم) sur sa conception de «l’Enfer éphémère» et du «Paradis éternel»[216]. Ailleurs, en faisant référence au recueil des fatwas d’Ibn Taymiyya, ce modus aperandi du groupe terroriste Etat islamique, Tareq Oubrou consacre deux pages pour expliquer l’institution moyenâgeuse de la hisba[217] (حسبة), cette police des mœurs au service des régimes théocratiques totalitaires, en des termes signifiant plutôt une adhésion sous voile de neutralité.

Cependant, là où la référence à l’héritage d’Ibn Taymiyya est la plus assumée c’est lorsque Tareq Oubrou enjoint aux musulmans de «s’adapter aux non-musulmans majoritaires, comme le défend Ibn-Taymiyya – dit-il – pourtant grande référence des salafistes et des wahhabites.»[218] Il en est conscient. Et il enchaîne : «celui-ci considère que, dans certaines conditions – j’y reviendrai – les musulmans doivent avoir la même visibilité que le reste de la nation non musulmane. Il parle même d’une obligation de ressemblance avec les non-musulmans au niveau des signes extérieurs, et ce, pour l’intérêt même des musulmans.»[219] Tareq Oubrou va pousser le bouchon encore plus loin en encensant Ibn Taymiyya auteur, dit-il, d’«un avis canonique d’une grande actualité, qui s’inscrit totalement dans notre paradigme d’acculturation et de réconciliation.»[220] Mais de quel paradigme s’agit-il ? Et à quelles «certaines conditions» Tareq Oubrou fait-il allusion ?

Pour répondre à ces questions, il suffit d’examiner la référence bibliographique arabe d’Ibn Taymiyya, citée par le décoré d’Alain Juppé au degré de «chevalier de la légion d’honneur»[221]-[222]. Sous sa plume, on ne peut plus s’attendre à des traductions intégrales des titres sulfureux. Taqiyya oblige. Dans le cas présent, il n’a même pas osé traduire le titre ni partiellement, ni intégralement.[…]

Pis, de l’aveu même de Tareq Oubrou, comme on l’a vu, son «paradigme d’acculturation et de réconciliation», tel qu’il est exprimé dans son essai, est inspiré, entre autres, de l’avis d’Ibn Taymiyya concernant le comportement que les musulmans doivent observer, exceptionnellement, vis-à-vis des non-musulmans, au sein de territoires non-musulmans : c’est-à-dire en dehors de «Dâr al-islam» (دار الإسلام), en dedans de «Dâr al-Harb» (دار الحرب). La règle générale chez Ibn Taymiyya est que le musulman se doit, au nom même de sa foi, de se distinguer en tout et partout «des kouffârs», «des juifs», «des chrétiens» et j’en passe. Il ne tolère aucune ressemblance entre musulman et non-musulman, et ce, sur la base d’interprétations des versets et des hadiths ainsi que des avis juridiques, notamment ceux ultra radicaux de l’école hanbalite (المذهب الحنبلي) qui ont nourri sa foi et sa pratique d’antan.

Ibn Taymiyya a défendu l’idée que la rupture entre musulmans et non musulmans se doit d’être totale et inviolable, autant sentimentale que physique. Fierté côté musulman, humiliation côté mécréants. La communautarisation islamiste qui en résulte gagne d’abord le cœur avant le corps, s’imprime dans l’esprit avant les attitudes, nourrit les sentiments insondables avant l’affichage ostensible sur les champs éducatif, social, judiciaire, économique et politique. Plus que jamais, cette rupture, telle que théorisée par Ibn Taymiyya dans ce livre de référence chez Tareq Oubrou (!), est d’abord une affaire de cœur avant de devenir nécessairement une affaire de voile à Créteil, ou d’un lycée islamiste à Lille-sud, ou de balles tirés à bout portant sur des journalistes à Paris, ou du camion-bélier qui a écrasé des centaines de citoyens un jour de fête nationale sur la Promenade des Anglais à Nice, ou de radicalisation islamiste chez Air France, ou d’un projet de loi voulant instaurer un «délit d’islamophobie» par la majorité macronienne au Palais Bourbon, ou de burkini dans une piscine municipale à Grenoble, ou de produits de la «finance islamique» au Crédit Agricole CIB, ou de hijab de running chez Décathlon, ou de façades du commerce halal à Roubaix, ou de prière de rue à Clichy-la-Garenne, ou de carré musulman dans un cimetière en Seine-Saint Denis.

Toutes ces revendications et manifestations ne sont, en vérité, que la partie émergée de l’iceberg totalitaire qui menace de plus en plus de naufrage le Titanic français, parti à la dérive après avoir perdu le nord, au milieu d’un archipel sombre. Depuis les abîmes du XIIIème et du XIVème siècle, Ibn Taymiyya (1263-1328) interdit au musulman, quelle que soit l’époque, de s’habiller comme les non-musulmans, de parler la même langue qu’eux, de manger comme eux, de marcher comme eux, de rire comme eux et de partager les mêmes fêtes qu’eux. Toute ressemblance est à bannir dans le contexte où les musulmans sont majoritaires, ou l’islam politique a déjà atteint la phase du Tamkine global.
[…]

Théologie d’acculturation, en attendant ?

Comme chaque règle a son exception, celle d’Ibn Taymiyya en permet une, qui nourrit la réflexion de Tareq Oubrou et qui sous-tend l’ensemble de son paradigme. Il en cite, par ailleurs, l’énoncé en arabe, «al-mushâbahat fi al hadyi adh-dhâhir»[227] (المشابهة في الهدي الظاهر) et le traduit comme étant le «principe de ressemblance dans les attitudes extérieures avec le reste des non-musulmans majoritaires»[228]. Cependant, on ne peut s’empêcher de penser qu’en validant cet avis canonique d’Ibn Taymiyya, quand bien même serait-il de nature exceptionnelle, Tareq Oubrou considérerait lui aussi, mais sans l’avouer, que la France serait une «demeure de la guerre», Dâr al-Harb, ou du moins une «demeure de la mécréance», conformément aux frontières de la théologie géographique médiévale. Car Ibn Taymiyya ne tolère le recours à cette exception que dans le cas de territoires désignés comme étant des Dâr al-Harb !

En effet, dans son éloge de la rupture, Ibn Taymiyya contextualise ladite exception et précise ses conditions à la suite d’un argumentaire assurément antisémite. «Se distinguer des mécréants, ne fut obligatoire qu’après que l’islam eut triomphé et que ses préceptes furent prédominants, comme pour le jihad armé, pour la capitation [al-Djizia] que [les mécréants dominés] furent obligés de verser [aux musulmans] en étant humiliés. Au début [à la Mecque], lorsque les musulmans étaient fragiles et en état d’infériorité, cette obligation ne leur fut pas imposée. Mais quand la religion fut parachevée et a triomphé [à Médine], cette différenciation est devenue obligatoire.»[229]

Le même Ibn Taymiyya a ensuite ramené ce concept communautariste à son époque pour en forcer les traits, le rendre absolu et transcendant les temps et les espaces. «De notre temps – dit-il –, il en est de même si un musulman réside au sein d’une demeure de guerre (Dâr al-Harb) ou au sein d’un territoire de mécréance, autre que Dâr al-Harb. Celui-ci n’est pas concerné par l’obligation de se différencier des non-musulmans dans les apparences et attitudes visibles. Le faire, pourrait lui causer bien des contraintes et des dommages. Au contraire, il lui est recommandé de ressembler [aux non-musulmans] dans ces attitudes visibles à condition, toutefois, que cela puisse servir un intérêt religieux permettant de les amener à se convertir à l’islam. Cela pourrait l’aider à s’infiltrer pour connaître leurs secrets et les dévoiler ensuite aux musulmans. Aucune ressemblance n’est, par ailleurs, tolérée en terre d’islam et de hijra. Là où Dieu a fait triompher l’islam et a frappé d’humiliation et de dhimmitude les mécréants. En terre d’islam point de ressemblance.»[230]

Ce même «paradigme d’acculturation» cher à Tareq Oubrou, prônant une certaine «visibilité proximale» théorisée jadis par Ibn Taymiyya, n’a donc strictement rien de progressiste, rien de libéral. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’un habillage sémantique, d’un verbiage sophiste et artificiel, pour tromper la vigilance collective et avancer masqué. Ce paradigme résume le comportement des islamistes infiltrés et missionnés pour remplir les objectifs d’une étape, sur le processus du Tamkine global. Récemment, lorsque le frère musulman libyen, Chokri al-Hassi (شكري الحاسي), cite ce même passage d’Ibn Taymiyya dans un article en arabe, afin de redonner de l’espoir à ses Frères miliciens qui combattent l’armée régulière en Libye, il choisit comme titre Fiqh al-marhaliyya[231] (فقه المرحلية), que l’on peut traduire par : «jurisprudence de la progressivité», ou «jurisprudence des paliers», au sens où le Tamkine islamiste progressif (et non progressiste), comme projet frérosalafiste longtermiste qui gagne de plus en plus de terrain suivant des phases successives, a besoin ici et maintenant de ce paradigme sectaire médiéval pour s’enraciner en douceur, sans brûler les étapes et sans faire de bruit.

Tareq Oubrou, qui plaide pour une «contraction de la sharia»[232] et «pour des pratiques réduites»[233] conformément à cette exception tolérée par Ibn Taymiyya, ne dit pas autre chose pour vendre son supposé paradigme aux Français musulmans, y compris aux plus radicaux d’entre eux. «Certains musulmans – dit-il – m’accuseront sans doute de théoriser en vue d’une assimilation des musulmans. Je leur dis simplement que là où ils voient un risque de disparition par assimilation réside leur salut spirituel et matériel. Et je suis convaincu, du moins je l’espère, que le temps me donnera raison.»[234] Sa référence assumée à l’héritage d’Ibn Taymiyya serait aussi, de ce point de vue, une façon d’acheter la paix avec les franges extrémistes, y compris avec les zombies de Daesh qui semblent l’avoir «excommunié» en 2016, comme pour le légitimer par un procédé victimaire, en lui permettant indirectement de se placer sur la scène nationale comme une victime menacée et, peut-être, crédibiliser son discours auprès de l’Elysée.

Toutefois, Tareq Oubrou ne doit pas ignorer que lorsque les muftis de Daesh ont construit leur argumentaire religieux takfiriste, ils l’ont fondé essentiellement sur les fatwas d’un certain … Ibn Taymiyya[235]. Il ne doit pas ignorer non plus que les écrits d’Ibn Taymiyya justifient tous les crimes abominables commis au nom de Dieu. Comment peut-il oser réhabiliter et blanchir l’auteur du livre arabe al-Sarem al-Masloul ala chatim al-rassoul (الصارم المسلول على شاتم الرسول), l’épée brandie à la face de celui qui insulte le Prophète ? Un ouvrage de référence chez tous les islamistes, notamment dans la frange terroriste qui a préparé et perpétré l’attentat contre Charlie Hebdo[236] et contre le journaliste jordanien Nahed Hattar (ناهض حتر)[237]. Un livre qui appelle à tuer toute personne ayant insulté le Prophète[238].


[…]

Vrai sens de la réconciliation

A ce stade, on peut déjà confirmer sans risque d’être contredit que cet «Appel à la réconciliation !», que signe Tareq Oubrou chez Plon, n’est pas destiné en priorité au lectorat français. En effet, au vu des références sunnites qu’il cite et d’autres références salafistes moyenâgeuses qu’il réhabilite, il est plutôt destiné en premier lieu à la famille islamiste sunnite et à ses différentes ramifications visibles et souterraines pour l’appeler à faire corps, à oublier les divergences d’hier et à s’unir pour peser politiquement face à un pouvoir qui ne sait toujours pas comment prendre le taureau islamiste par les cornes, ni comment tenir le loup frérosalafiste par les oreilles.
[…]

Sans sommation, Tareq Oubrou charge les chrétiens

Derrière cette cible islamiste prioritaire se dessinent à l’horizon d’autres cibles secondaires de son «appel à la réconciliation !» : les chrétiens, les juifs et l’Etat. Toujours avec ce même procédé de communication paradoxale, sous couvert de «complexité», chère à Edgar Morin, Tareq Oubrou tente de rallier à la cause des siens ces cibles secondaires, mais sans pour autant prendre le moindre risque de perdre le soutien de sa première cible fondamentale, les islamistes, qu’il ne cesse de rassurer. Alors qu’il multiplie les citations issues du référent chrétien, en se montrant par pragmatisme plutôt en phase avec la tradition jésuite et sa casuistique, et plutôt distant de la tradition janséniste et sa rigueur morale – le Pape François tout comme le président Macron étant des jésuites – il ne peut s’empêcher de tacler le christianisme et l’image même de Jésus.
[…]

[…]

Il est minuit moins deux …

Emmanuel Macron s’apprêterait à leur remettre les clefs d’un «consistoire»[344] islamiste, emballées dans un papier testamentaire, rédigé à la veille de l’enterrement par petits coups de pioche de la loi de 1905, qui «n’est pas un texte sacré»[345] aux yeux de Tareq Oubrou[346]. Le dernier chapitre de «son» essai, intitulé «un modèle d’intégration républicaine en œuvre»[347], appelle à «réformer»[348] et à «rectifier»[349] la laïcité française qu’il juge «à dominante culturelle catholique»[350].[…]

En réchauffant ce vieux plat indigeste, toujours à la sauce frérosalafiste, pour instrumentaliser encore une fois l’islam et contrôler, par son biais, les citoyens musulmans d’ici et des pays arabes de l’autre rive méditerranéenne, conformément aux préconisations de l’Institut Montaigne concernant à la fois son «islam français»[366] et sa nouvelle «politique arabe de la France»[367], il est dramatique, d’un point de vue démocratique, de voir le président Emmanuel Macron s’entêter mordicus, comme s’il était sous pression de puissances étrangères favorables à l’islamisme qui lui font un chantage à la stabilité, pour opérer sur deux échelons distincts mais ô combien complémentaires : l’échelon national et l’échelon départemental. Nonobstant les agitations dans les coulisses, cela rend opérante une maxime chère à Tareq Oubrou, qui ne cesse de répéter à son entourage, tel un leitmotiv, penser global et agir local !

Ainsi, au niveau national, au risque de déstabiliser définitivement et irréversiblement les fragiles équilibres obtenus dans la douleur par la loi de 1905, la gestion de l’objet «islam» serait, à court et à moyen terme, mise entre les mains des Frères musulmans qui noyautent déjà les structures associatives conçues et préparées à cette fin […]

Au niveau départemental, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, sous patronage direct de l’Elysée, multiplie les gestes favorables aux Frères musulmans à tel point que l’on pourrait penser, à tort sans doute, que le principal motif de son maintien à son poste, après l’épisode catastrophique du maintien de l’ordre en marge des manifestations des Gilets Jaunes, serait d’aider les Frères musulmans à triompher sur les ruines de la laïcité. Il lui appartient de clarifier sa position.

A défaut, toutes les interpretations deviennent légitimes. Christophe Castaner, après avoir boudé le CFCM[372], comme pour le marginaliser et lui retirer le tapis de prière sous les pieds, préfère s’afficher publiquement, sur le terrain concordataire, à côté de fréristes notoires[373]. Un peu à l’image d’Emmanuel Macron qui n’a rien trouvé de mieux à faire ce lundi 7 janvier 2019 que de recevoir à l’Elysée les représentants du CFCM[374], parmi lesquels des Frères musulmans, pour parler de la future «réforme» de la loi 1905. Etait-ce sa manière d’avoir une pensée pour les victimes des attentats du 7 janvier 2015 ?

Par ailleurs, peu de temps après, Christophe Castaner a envoyé une circulaire aux préfets leur demandant de faciliter «l’émergence d’instances départementales»[375] de l’islam. Une mesure qui, si elle est menée à son terme, comme on peut le craindre, bénéficiera à n’en point douter au maillage territorial frérosalafiste déjà installé, et qui a prouvé depuis plus de quarante ans sa dangerosité contre la cohésion sociale du pays, jusqu’à menacer sérieusement la République d’une sécession identitaire et culturelle fort probable, et non sans violences. Inutile de parler «reconquête républicaine» et de multiplier, en même temps, les actes favorisant les théoriciens de la rupture et les praticiens de la partition. A quoi servirait un tel bavardage dans la bouche de la macronie qui, de renoncement en compromission avec l’islamisme, a déjà perdu le Nord ?

Certains ont vu en la personne de Tareq Oubrou un futur «grand imam de France». Ils pensaient qu’il était «républicain», «progressiste», «libéral», «modéré», «rationaliste», «tolérant», «homme de dialogue», «humaniste», «réformateur», et que sais-je d’autre. Ils supposaient qu’il avait changé en le croyant sur parole, en lisant un communiqué de presse. Cependant, la vérité, sa vérité, est tout autre. L’essai qui lui est attribué le dévoile au grand jour avec ses mensonges, ses dissimulations, ses silences, ses escobarderies et ses approximations. Peut-on se revendiquer républicain et, en même temps, entretenir un désir mi-caché mi-flagrant de vouloir scier l’arbre laïque qui par ses racines et ses branches, son ombre et sa fraîcheur, protège la France et les Français ?
[…]
Il est minuit moins deux, si Emmanuel Macron persiste à vouloir introniser une autorité religieuse islamiste en France sur les vestiges d’une laïcité qu’il aurait lui-même affaiblie et ruinée. S’il veut impérativement mettre à sa tête Tareq Oubrou, l’escobar de l’islamisme, l’héritier du trio Shafi’î – Ghâzâli – Ibn Taymiyya, qui ont causé tant de mal, des siècles durant, au monde dit musulman, qu’il sache que cette supposée autorité ne représentera, in fine, que son désir jupitérien mais aucunement les citoyens français musulmans qui n’ont rien demandé.
[…]

Blog de Mohamed Louizi
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Complément :

De 14:18 à 19:15, de 23:16 à 23:46 et à partir de 6:46

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Les immigrées contribuent à la natalité très forte de la France

Le taux de fécondité est de 1,8 enfant par femme pour les Françaises et de 2,6 pour les immigrées selon l’Ined.

L’affaire est entendue pour nombre de Français: si la France a la fécondité la plus élevée (1,88 enfant par femme en âge de procréer) des 28 pays de l’Union européenne (1,59 en moyenne), cela tient à la population immigrée, dont les femmes ont bien plus d’enfants que les «natives», les Françaises nées en France.

« Laissons de côté les aspects idéologiques pour nous limiter aux faits », annoncent d’entrée les démographes Sabrina Volant (Insee), Gilles Pison (Ined et Museum d’histoire naturelle) et François Héran (Collège de France) dans leur étude de Population & Sociétés (juillet 2019). Les faits, ce sont d’abord des définitions précises.

Une immigrée « est une personne née étrangère à l’étranger et résidant habituellement en France. Si elle acquiert la nationalité française, elle continue de compter parmi les immigrés », souligne l’étude qui reprend donc la définition recommandée par l’ONU.

(…) « 3,5 enfants par femme pour les immigrés originaires du Maghreb », admettent les experts.

(…) Le Figaro

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Les islamistes, passagers clandestins du progressisme

Le plan stratégique des islamistes consiste à évoluer dans l’ombre des progressistes. Objectif: prendre le contrôle des musulmans du pays. Analyse.

La France accueille cinq ou six millions de musulmans. Prendre le contrôle de cette population est essentiel pour les islamistes et ils ont un plan pour y parvenir. En douter serait sous-estimer leur intelligence et leur capacité à mettre en œuvre une stratégie de long terme.

Le plan stratégique des islamistes consiste à évoluer dans l’ombre des progressistes. Ces derniers ouvrent le chemin tel un char qui avance dans une ville dévastée nommée civilisation française.

Le char repousse les attaques des résistants à coups de canon et brûle tout ce qui tient encore debout, vestiges insupportables d’un monde qui doit disparaître. La poussière soulevée après chaque détonation couvre les silhouettes de fantassins qui marchent au rythme du blindé, ce sont les islamistes, une troupe bigarrée où se mêlent les insignes et les uniformes : salafistes, djihadistes, frères musulmans.

Ce désordre n’empêche en rien la formation d’un front uni que peu d’entre nous perçoivent, les yeux fixés sur le char et les oreilles bouchées par le bruit des explosions.

La France: une terre à prendre

Passagers clandestins du progressisme, les islamistes se laissent porter par la vague. Le jour venu, ils se retourneront contre le char et ses occupants. Bien malin qui dira quand ce jour adviendra.

Les islamistes mènent une guerre asymétrique, ils s’en prennent au « climat » général de la société qu’ils veulent modifier et non aux forces de l’ordre en particulier. Ils savent qu’ils seront écrasés par les policiers et les gendarmes s’ils s’avisent de prendre les armes pour de bon.

Leur stratégie est tout aussi brillante que perfide : elle consiste à démobiliser la jeunesse française en la privant de l’esprit guerrier et de l’estime de soi. Un pays privé de sa jeunesse est un pays à genoux : une terre à prendre. Les jeunes détiennent le monopole de la violence spontanée, cruelle et facile à mettre en œuvre. Toutes les armées du monde le savent.

Culte du pacifisme et «pas d’amalgame»

La jeunesse française, quand elle est bien commandée, est capable de « mettre une raclée » aux djihadistes les plus aguerris au cœur du Sahel ou du Levant. L’islamisme n’aime pas la jeunesse version Arnaud Beltrame. Il lui préfère la jeunesse qui rigole et qui ricane des malheurs de la France. Il aime le rap quand il invite à l’inceste (nique ta mère) ou à brûler le drapeau bleu blanc rouge (nique la France). Il tolère le dealer qui empoisonne les âmes et les muscles de ceux qui sont en âge de changer le monde par la force.

L’islamisme n’a pas peur de la bourgeoisie, il la méprise car il regarde ses chaînes de télévision et mesure le désarmement moral promu par ses affidés : haine de soi, érotisation permanente du réel, bannissement de la punition, culte béat du pacifisme et de la repentance etc. Il se sert d’elle comme d’une grande machine à déradicaliser la société, un mécanisme implacable qui bannit la violence défensive et tolère celle qui vient d’autrui.

C’est ainsi qu’après chaque attentat, les Français posent des fleurs sur les lieux du massacre et chantent en cœur « pas d’amalgame ». Toute attaque donne lieu à une cérémonie de « déradicalisation » collective démultipliée par les médias et les leaders d’opinion. L’essentiel est de s’injecter ensemble une dose de repentance, de bonne foi (« ne pas stigmatiser ») et de haine de soi (« l’ennemi c’est l’extrême-droite »).

Outrages répétés à l’Etat

L’usage du terrorisme s’inscrit dans la même logique : atténuer voire annuler les défenses naturelles de la société. Avec Charlie Hebdo, ce sont les journalistes, et plus généralement les intellectuels et les éditeurs, qui ont été condamnés au silence. Personne n’a envie de parler d’islam à moins de raconter des platitudes. L’assassinat du gardien de la paix Ahmed Merabet a humilié la police, l’égorgement d’Arnaud Beltrame a montré à tous que même les militaires ne sont pas tout puissants face à l’islamisme. La majesté de l’Etat qui constitue un attribut essentiel de sa puissance a été outragée.

Les massacres commis au Bataclan et à Nice visaient à créer des troubles intercommunautaires. Ils n’ont pas eu lieu et c’est tout à l’honneur de la France.
Toutefois, l’attractivité de l’islamisme semble avoir augmenté depuis. La violence est un langage puissant et mystérieux. L’horreur pour la majorité peut représenter un appel ou une injonction à agir pour une petite minorité.
Le sang cause le dégoût chez les uns et met en œuvre des énergies insoupçonnées chez les autres. Le mal-nommé Etat Islamique l’a parfaitement compris : quelques vidéos de décapitation lui ont permis d’attirer des milliers d’Européens au Levant en un temps record, ils ont laissé derrière eux le confort de l’Etat-Providence pour se jeter dans la gueule du loup à cause d’une vidéo de décapitation. La violence a souvent le dernier mot.

Renvoyer le peuple historique dans les provinces

Le deuxième volet du plan stratégique de l’islamisme est la prise en main totale des musulmans de France. Cette opération de longue haleine est une co-production signée par les progressistes et les islamistes. Les uns croient bien faire, les autres appliquent un plan bien huilé et se mettent en ordre de bataille pour récupérer la mise le moment venu.

Pour islamiser les banlieues, il faut en retirer d’urgence tous les « petits blancs ».  En effet, le Français de souche qui vit dans les « quartiers », au contact des immigrés, fait partie des populations les moins xénophobes du monde. Son mode de vie est un démenti cuisant aux thèse victimaires des islamistes, il offre une chance réelle pour l’intégration des nouveaux venus (un gros mot par les temps qui courent).

Tant que les immigrés pourront fréquenter le PMU de Jacky et jouer le foot le dimanche avec Marcel ou Manu, ils auront une échappatoire. Le rêve de l’islamiste est de voir « les petites gens » disparaître dans les profondeurs des provinces françaises.

Territoires perdus

Le délinquant est investi de la mission de « nettoyer » les lieux de vie de leurs habitants indésirables. Les islamistes, qui méprisent son style de vie décadent, le laissent faire car le délinquant est utile. Et les progressistes le couvrent de toutes les attentions car il est un « damné de la terre » qui mérite toutes les circonstances atténuantes.

Et si les « petits blancs » (aussi appelés beaufs par les progressistes) décident de rester dans leurs HLM, ils doivent être décrédibilisés et condamnés au silence parce qu’ils sont descendants de pétainistes, de colonialistes et d’esclavagistes.
Ils doivent être suffisamment « apprivoisés » pour accepter les prières de rue et la loi des grands frères. Ils doivent accepter sans rechigner la disparition du postier, du médecin ou même du policier.

Les islamistes jouent gros dans les « quartiers » car ils aspirent non seulement à prendre le contrôle des maghrébins mais aussi des subsahariens. Si les Français de souche sont décrédibilisés voire mis à la porte des banlieues, les jeunes d’origine subsaharienne seront des proies faciles pour les islamistes. La « mise à jour » de l’Islam subsaharien, discret et pacifiste, serait une véritable catastrophe pour la France.

Des partis politiques musulmans?

Bientôt, des partis musulmans feront leur apparition. Ils s’empareront du butin électoral jusqu’à présent aux mains de la gauche. Viendra alors le moment du bras de fer qui se déroulera au sein même du système politique et non en-dehors de lui comme aujourd’hui.
Il y aura les conciliateurs face aux sceptiques et autres résistants.  Et au rythme où vont les choses, les conciliateurs seront plus nombreux et auront le dernier mot : « c’est soit ça ou la guerre civile… »

La mission de la droite, si un jour elle effectue sa refondation, est de sauver les progressistes d’eux-mêmes. Pour cela, il faudrait leur disputer le monopole du changement, devenir la véritable force révolutionnaire, celle qui conduira la civilisation française vers de nouveaux rivages. La droite comme force de changement et non de réaction ou de conservatisme.

La mission de la droite

La France a changé, elle est multiethnique et musulmane par plus d’un aspect. Il est temps d’en prendre compte, même à droite. L’enjeu est de reprendre les commandes d’un bolide infernal qui roule droit vers le mur.

Nous y sommes tous embarqués, malgré nous, quelles que soient nos opinions politiques. La mission de la droite est d’effectuer un atterrissage en douceur qui soit digne de la France et de ses valeurs républicaines. Telle est la responsabilité historique de la génération actuelle.

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Offenburg (All.) : Après le tabassage de leur père par un réfugié aux cris d’Allah Akbar, ses fils veulent faire condamner l’Etat allemand

A Offenburg, Detlef J. (75 ans et retraité) a été frappé par le réfugié somalien Ali M, âgé de 25 ans.

Un témoin a vu le réfugié piétiner la tête du retraité sans défense encore et encore, et crier « Allahu Akbar ». Detlef J. a été si gravement blessé qu’il restera une personne dépendante, dont il faut s’occuper 24 heures sur 24, pour toujours.

Aujourd’hui, ses fils veulent poursuivre la République fédérale en dommages-intérêts et en réparation du préjudice moral. Ralf J. (50 ans) déclare : « Ce malheur aurait pu être évité. L’auteur a été arrêté par la police la veille du crime, après avoir frappé un chauffeur de taxi. Mais il a été relâché. » Même durant la nuit du crime, le réfugié s’est fait remarquer à deux reprises par des agents de la police fédérale. Ralf J. demande : « Pourquoi personne ne l’a arrêté ? »

Le fils continue : « Nous poursuivons la République fédérale d’Allemagne en dommages et intérêts parce qu’elle est conjointement responsable de cet acte de violence en raison de sa politique migratoire non coordonnée. Nous voulons que notre père, dans son état épouvantable, puisse au moins mener une vie digne dans une maison de retraite. Mais nous n’avons pas les moyens pour lui rendre cela possible. »

Detlef J. est hébergé dans une clinique neurologique en Forêt-Noire. Il est en fauteuil roulant et ne se souvient plus de sa vie. Et l’agresseur ? Le réfugié Ali M. (25 ans) se trouve en détention provisoire à la prison d’Offenburg. Il a un avocat et reste silencieux sur les accusations.

(Traduction Fdesouche)

Bild.de

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La langue du Christ en voie de disparition

« L’araméen est en danger », avertit l’un des derniers spécialistes syriens de la langue parlée à l’époque du Christ. Le fragile héritage linguistique de la région de Maaloula (Syrie) a été mis à mal par la guerre civile et l’exode des chrétiens.  

Georges Zaarour vit à Maaloula. Il est expert en araméen, la langue parlée à l’époque du second Temple de Jérusalem (539 av. JC – 70 ap. JC), l’hébreu étant à l’époque réservé à la liturgie ou aux élites religieuses. 

Il est largement admis que la langue du Christ  a continué d’être parlée sans interruption jusqu’aujourd’hui, sous sa forme tardive et locale, en Syrie. 

Défini par les linguistes comme « néo-araméen occidental », l’idiome est plus que jamais menacé d’extinction. « Si cela continue, la langue disparaîtra dans cinq ou dix ans », alerte Georges Zaarour. 

Dans son village de Maaloula, à majorité chrétienne, les perspectives sont sombres. Aujourd’hui, « 80% des habitants de Maaloula ne parlent pas l’araméen et les 20% restants ont plus de 60 ans », déplore l’expert, lui-même âgé de soixante ans, et auteur d’une trentaine d’ouvrages sur les anciennes langues sémitiques. 

La guerre civile et l’exil, depuis 2011, ont eu raison de la transmission de la langue aux jeunes générations. La ville a été occupée par deux fois par un groupe djihadiste en 2013, qui y a commis un véritable “massacre archéologique”. Plus de 6 000 habitants de Maaloula – selon l’Agence France Presse (AFP) – ont fui pendant la guerre civile, et seulement 2 000 sont revenus. 

Les autres ont trouvé refuge à Damas, dans les environs, ou se sont enfuis à l’étranger. Une première conséquence directe est que « les générations de ces années de guerre sont nées en dehors de Maaloula, dans d’autres régions, où elles ont d’abord appris l’arabe », déplore Georges Zaarour. 

Trois groupes linguistiques araméens sont encore parlés – mais pour combien de temps ? – à l’heure actuelle : le néo-araméen occidental de Maaloula ; le néo-araméen oriental (assyrien), langue vivante du nord de l’Irak et utilisé aujourd’hui par les communautés chrétiennes assyriennes, chaldéennes et syriennes d’Irak, d’Iran, de Syrie et du sud-est de la Turquie ; enfin, le néo-araméen central, répandu en Turquie, dans le nord-est de la Syrie et dans la diaspora. 

(Sources : AFP/Terra Santa – FSSPX.Actualités – 18/06/2019) 

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La Détresse Masquée des Chrétiens Palestiniens

  • « Le Fatah oblige les chrétiens à ne jamais signaler les violences et le vandalisme dont ils sont victimes. Sinon, l’Autorité palestinienne apparaîtrait incapable de protéger la vie et les biens des citoyens de la minorité chrétienne…
  • Cette mauvaise image pourrait aussi avoir des répercussions négatives sur le plan financier. N’oublions pas que l’Autorité Palestinienne est puissamment aidée, notamment par l’Europe. » – Dr. Edy Cohen, Centre d’études stratégiques Begin-Sadat.
  • Le labeur quotidien de l’Autorité palestinienne, de ses partisans, des médias et autres, est d’ériger les Palestiniens en victimes permanentes des agressions et discriminations israéliennes. Ce narratif victimaire serait compromis si la communauté internationale prenait soudain conscience que les Palestiniens persécutent certains de leurs compatriotes – uniquement pour des motifs religieux.
  • « Plutôt que d’arrêter les auteurs de violences contre des édifices chrétiens, l’Autorité palestinienne préfère bloquer l’information. Ce qu’elle réussit parfaitement. A part quelques petits journaux locaux, les grands médias internationaux ont complètement ignoré les faits. » – Dr. Edy Cohen, Israël Today .
  • Comme l’explique Justus Reid Weiner, avocat et universitaire spécialiste de la région, « la persécution systématique des Arabes chrétiens qui vivent dans les zones palestiniennes ne rencontre aucun écho au sein de la communauté internationale, ni auprès des défenseurs des droits de l’homme, des médias et des ONG. Dans une société où les chrétiens arabes n’ont ni porte-parole, ni protection, il ne faut pas s’étonner qu’ils finissent par s’en aller. »
Le christianisme est sur le point de disparaître de son lieu de naissance, y compris Bethléem (photo). Selon Justus Reid Weiner, avocat et universitaire, « les persécutions systématiques des Arabes chrétiens qui vivent dans les zones palestiniennes ne rencontrent aucun écho au sein de la communauté internationale, ni auprès des ONG, des défenseurs des droits de l’homme, des médias… Dans une société où les chrétiens arabes n’ont ni porte-parole, ni protection, il n’est guère surprenant qu’ils finissent par s’en aller ». (Source image : Daniel Case / Wikimedia Commons)

En cette période de persécution des chrétiens au sein du monde musulman, la détresse des chrétiens palestiniens fait l’objet d’une omerta particulière.

Open Doors, une association humanitaire spécialisée dans la défense des droits des chrétiens, positionne les persécutions que les chrétiens palestiniens subissent à un niveau « élevé ». L’origine de cette oppression tient, selon Open Doors, en deux mots, « oppression islamique » :

« Les musulmans convertis au christianisme subissent les pires exactions anti-chrétiennes et la simple adhésion à l’une ou l’autre des églises de la région les met en danger.

En Cisjordanie, ils vivent sous la menace et sont soumis à de fortes pressions ; à Gaza, le danger est si grand que la plupart vivent leur foi chrétienne dans le plus grand secret … L’islamisme radical a une telle influence aujourd’hui que les églises historiques doivent adopter une approche quasi diplomatique lorsqu’elles s’adressent à des musulmans. »

Si la persécution des chrétiens qui vivent dans des pays musulmans – Pakistan, Égypte, Nigéria pour ne citer qu’eux…- commence à être sérieusement documentée, les souffrances des chrétiens sous tutelle de l’Autorité palestinienne demeurent masquées.

Ce silence tient-il à un niveau de persécution moindre que dans d’autres pays musulmans ? Ou est-ce l’extrême conflictualité de l’arène politique et médiatique israélo-palestinienne qui place les chrétiens palestiniens dans une situation unique ?

« The Persecution of Christians in the Palestinian Authority » (La persécution des chrétiens sous l’Autorité palestinienne), un récent article du Dr. Edy Cohen, publié le 27 mai, par le Centre d’études stratégiques Begin-Sadate, répond longuement à ces questions.

L’étude du Dr Cohen fait état de trois cas de persécutions récentes de chrétiens, que les soi-disant « grands médias » ont parfaitement ignoré :

« Le 25 avril, les habitants terrifiés du village chrétien de Jifna près de Ramallah … ont été attaqués par des musulmans en armes… L’attaque a eu lieu peu après qu’une femme du village ait porté plainte contre le fils d’un éminent dirigeant du Fatah qui avait agressé sa famille.

En représailles, des dizaines d’hommes du Fatah ont fait irruption dans le village, tirant des centaines de balles en l’air, lançant des bidons d’essence enflammés et hurlant des injures. Des équipements publics ont été gravement endommagés. C’est un miracle que personne n’ait été tué ou blessé…

« Le deuxième incident a eu lieu dans la nuit du 13 mai. Des vandales ont brisé la clôture d’une église de la communauté maronite du centre de Bethléem, ont pénétré le bâtiment par effraction, puis l’ont profané avant de se retirer emportant un coûteux matériel, notamment des caméras de sécurité.

« Trois jours plus tard, ce fut le tour de l’église anglicane du village d’Aboud, à l’ouest de Ramallah. Des vandales ont percé la clôture, brisé les fenêtres de l’église et y ont pénétré par effraction. Ils l’ont profanée, ont recherché des objets de valeur et volé beaucoup d’équipement.

« Selon sa page Facebook, l’église maronite de Bethléem a signalé qu’elle était victime pour la sixième fois d’actes de vandalisme et de cambriolages ; en 2015, un incendie criminel a provoqué des dégâts considérables et contraint l’église à fermer pendant une longue période. »

Ces trois attaques qui ont eu lieu en l’espace de trois semaines sont conformes au type de sévices que les chrétiens subissent dans d’autres régions à majorité musulmane. La profanation et le pillage d’églises sont les brutalités les plus répandues, mais il n’est pas rare que la populace musulmanes attaque les minorités chrétiennes chaque fois que celles-ci – perçues comme des « dhimmis » ou des « citoyens » de troisième classe, qui devraient s’estimer heureux d’être tolérés – osent évoquer leurs droits, comme ce fut le cas au village chrétien de Jifna le 25 avril :

« [L] es émeutiers ont réclamé [aux chrétiens] le paiement de la jizya– une taxe par tête qui a été imposée tout au long de de l’histoire aux minorités non musulmanes vivant sous domination islamique. Les victimes les plus récentes de la jizya sont les communautés chrétiennes d’Irak et de Syrie mises en coupe réglée par l’Etat islamique. »

En outre, comme chaque fois quand des musulmans attaquent des chrétiens, la police de l’Autorité palestinienne est resté sourde aux appels à l’aide des habitants [chrétiens] » de Jifna. Aucun suspect n’a été arrêté non plus. Il en a été de même pour les deux autres églises attaquées, « aucun suspect n’a été arrêté ».

En résumé, les chrétiens palestiniens subissent le même schéma de persécution – attaques d’église, enlèvements et conversions forcées – que leurs coreligionnaires de dizaines d’autres pays musulmans. La différence cependant, est que la persécution des chrétiens palestiniens n’est jamais « couverte par les médias palestiniens ». En fait, explique Cohen, « un bâillon complet a été imposé le plus souvent » :

« La seule chose qui intéresse l’Autorité palestinienne est que ces exactions ne soient jamais divulguées. Le Fatah exerce ainsi de fortes pressions sur les chrétiens pour qu’ils ne dénoncent pas les actes de violence ni le vandalisme dont ils sont fréquemment victimes.

Une mauvaise publicité risquerait de porter atteinte à l’image de l’Autorité Palestinienne, celle d’un acteur incapable de protéger la vie et les biens de la minorité chrétienne placée sous son autorité. L’Autorité palestinienne ne souhaite évidemment pas apparaître comme une entité radicalisée qui persécute les minorités religieuses. Une telle image aurait forcément des répercussions négatives sur l’aide internationale massive, d’origine européenne notamment, que l’AP reçoit. »

Il faut aussi garder en mémoire que le gagne-pain quotidien de l’Autorité palestinienne, de ses partisans, des médias et d’autres acteurs de la scène moyen orientale, repose sur la victimisation des Palestiniens.

Le narratif du souffre-douleur permanent des agressions et discriminations commises par Israël serait compromis si la communauté internationale apprenait que les Palestiniens eux-mêmes persécutent leurs compatriotes – essentiellement pour des raisons religieuses. Un peuple soi-disant opprimé aurait du mal à susciter la sympathie s’il apparaissait qu’il opprime lui aussi, sans vergogne d’autres minorités.

Les responsables de l’AP sont si sensibles à cette difficulté « qu’ils font pression localement sur les chrétiens pour que jamais, ils ne dénoncent de tels incidents, lesquels aboutiraient à lever le masque. L’Autorité Palestinienne apparaitrait alors comme un régime islamiste de plus au Moyen-Orient », écrit Cohen dans un autre article.

« Plutôt que d’arrêter les agresseurs des lieux de culte chrétiens, l’Autorité palestinienne préfère empêcher les grands médias de rapporter de tels incidents. Et elle y réussit très bien. A part une poignée de journaux locaux qui se donnent la peine d’informer réellement, les grands médias internationaux observent un silence total ».

Une dynamique similaire est à l’œuvre concernant les réfugiés musulmans. Les politiciens et les médias d’Europe occidentale les présentent comme des personnes persécutées et des opprimés en quête d’une main secourable, alors que ces migrants musulmans persécutent et oppriment eux-mêmes souvent les réfugiés chrétiens qui sont parmi eux. Ils les terrorisent dans les centres d’accueil de réfugiés ou bien les noient en Méditerranée.

Dans tous les cas de figure, la triste et simple évidence est que le christianisme est sur le point de disparaître sur les lieux mêmes où il est né, y compris Bethléem. Justus Reid Weiner, avocat et universitaire, expert de la région, explique :

« La communauté internationale, les défenseurs des droits de l’homme, les médias et les ONG observent un silence presque total sur les persécution systématique dont sont victimes les Arabes chrétiens vivant dans les zones palestiniennes … Dans une société où les chrétiens arabes n’ont ni porte-parole, ni protection, il n’est pas surprenant qu’ils s’en aillent. »

Raymond Ibrahim, auteur du livre Sword and Scimitar, Fourteen Centuries of War between Islam and the West, (Le sabre et le cimeterre, quatorze siècles de guerre entre l’islam et l’Occident), est Distinguished Senior Fellow du Gatestone Institute et Fellow du Judith Rosen Friedman du Middle East Forum.

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